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Football. L’Affaire Crystal Valley ressort des cartons

Un conteneur. 160 cartons contenant 1759 chaussures de marque Joma. C’est le lot reçu ce mercredi 25 mars par la Fédération de Football des Comores (FFC). Ce conteneur fait partie (avec 187 autres cartons de matériels qui se trouvent dans le fret de l’aéroport de Hahaya) d’un don de la FIFA pour équiper le football féminin, le football des jeunes et les équipes nationales, d’une manière générale. Par BSA

Des cartons, ressort également l’affaire Crystal Valley et les mauvaises pratiques de la FFC qui ont conduit à la mise en place du Comité de normalisation.

Arrivés dans les locaux de la douane comorienne depuis août et novembre 2019, ces colis n’ont pas pu sortir faute de moyens, nous disait-on. En réalité, la guerre interne qui sévissait alors au sein du comité exécutif national était la cause principale de ce frein. Chacun voulant tirer les louanges de son côté.

Derrière les sourires de circonstance se cache un lourd passif qui a éclaboussé et faillit emporter le football comorien et qui risque dans un avenir proche de plonger certains dans l’incertitude juridique. L’affaire Crystal Valley ou certains accusent l’ancien président de la fédération Said Ali Said Athoumane d’avoir passé un marché de plus 300 000 $ presque de gré à gré avec un ami mauricien, Samir Sobha, président de la Mauritius Football Association sans suivre les règles de procédure en la matière.

Interrogé par Masiwa sur la livraison de ce premier lot de matériel Said Ali a dit ne pas vouloir s’étaler sur la question. Seulement, il dit regretter l’attitude de certains journalistes attirés par le buzz et qui oublient de vérifier leurs sources. Il ajoute que toute la documentation concernant cette affaire se trouve à la fédération, à la portée de tout le monde. Contrairement à d’autres, il se dit serein dans l’attente des résultats des auditions faites par la FIFA au mois de janvier. En clair les rivalités qui ont conduit à la suspension et à la nomination d’un comité de normalisation pour redresser le football comorien sont loin de s’éteindre. Si les gros bonnets semblent hors circuit, du moins pour l’instant, les hommes de main sont toujours présents et prêts à accomplir les sales besognes.

Jusqu’à l’arrivée du Comité de normalisation (Conor) en novembre 2019, la FFC était une institution amorphe au sein de laquelle toute tentative de redressement était considérée comme une déclaration de guerre par les tenants de l’immobilisme. Tant les dossiers sensibles étaient légion. Entre 2016 et 2018 selon le bilan quadriennal de la FIFA, la FFC aurait reçu en tout 2 240 000 $ de subvention de la part de la FIFA. 1 500 000 $ en coup opérationnel, 525 000 $ en frais de déplacements et d’équipements et 149 000 $ pour des projets. Or l’on sait que durant cette période tous les projets présentés par la FFC ont été refusés par la FIFA selon l’ancien vice-président de la Fédération, Omar Hassan Aly lors d’un entretien accordé à nos confrères de la radio HaYba FM en septembre 2019. Il a remis en cause la véracité des sommes tout en expliquant que ces sommes viennent en remboursement de dépenses déjà consommées. On parle des fonds alloués par la FIFA et non les 100 000 $ passés à 200 000 $ de la CAF depuis avril 2019. En avril 2018 le cabinet d’audit MAZARS FIVOARANA (Antananarivo), sur demande de la FIFA, a auditionné sur les subventions octroyées par cette dernière et qui s’élevaient pour l’année 2017 à 282 079 854 KMF et le résultat de l’audition est plus que mitigé quant à la gestion de la fédération.

Ce rapport que nous avons pu consulter note qu’il n’existait pas une comptabilité qualifiée et qu’il y a des manquements graves aux règles de la comptabilité. Ainsi, les avances étaient enregistrées dans le journal de banque et imputées dans les activités sans passer par les comptes des tiers. Au niveau du contrôle interne, des défaillances ont été constatées notamment le fait de ne pas exiger de pièces justificatives pour les avances. Ce fut le cas de la société Chapeau bas de Marseille et de Ben Amir, ancien manager des Coelacanthes, plusieurs fois cités dans ce rapport. Sur les dépenses, des paiements ont été effectués sans qu’il n’y ait de fiches de paiement, seulement de simples quittances. Ou encore des proforma ne comportant aucun numéro fiscal.

Au vu de toutes ces irrégularités, on se demande, en toute objectivité, s’il ne serait pas utile de donner du temps au temps et de permettre à la normalisation d’assainir de fond en comble l’institution. Si en septembre un nouveau Comité exécutif prend les rênes et que nous retombions dans la surenchère des ego, ce ne serait pas la suspension que nous risquerions, mais carrément l’exclusion. Dieu nous en préserve.

 

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