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Éditorial : Une émergence sans l’éducation

S’il y a un domaine qui montre la vacuité du discours gouvernemental sur le développement, c’est bien l’éducation nationale. Chaque année les résultats des examens montrent que le pays est loin, très loin des critères d’un pays émergent, pourtant aucune décision n’est prise pour relever le niveau.

Le gouvernement méprise le métier d’enseignant, estimant qu’on peut y classer tous les militants, que n’importe qui peut prendre la craie. Du coup, les salaires restent bas et ne sont payés que d’une manière très irrégulière. Les professeurs font semblant que tout va bien, les élèves font de même et la machine tourne.

Cette année encore, la rentrée commence par les grèves des enseignants qui accusent plusieurs mois de salaires impayés et surtout qui réclament une revalorisation de leur métier.

La grève aurait pu être évitée d’autant qu’il était prévu des Assises de l’éducation. Les enseignants demandaient au préalable une table ronde pour une revalorisation de leur métier. Ils ont trouvé porte close.

Et une fois la grève entamée, on s’aperçoit que non seulement le ministre de l’Éducation refuse le dialogue, mais qu’en plus il a un mépris évident du droit du travail et particulièrement du métier d’enseignant. A la demande d’une table ronde pour discuter, il répond par la menace : si les enseignants ne reprennent pas le travail, il les remplacera par des professeurs embauchés à l’étranger. Une menace qui n’a aucun sens : à Mayotte, l’État français propose au moins 2500€ et n’arrive pas à trouver tous les professeurs dont il a besoin. Alors, où irait puiser le ministre de l’Éducation pour trouver des enseignants à 200€ qui accepteraient d’être payés tous les quatre mois ? Parfois, des déclarations de nos ministres, il vaut mieux en rire.

Mahmoud Ibrahime

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