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Awax Victorious, meilleur rappeur de l’année au Como’awards 2019

«Cette distinction a été une agréable surprise»

Un jeune talent à suivre de près. Doctorant et rappeur. Son flow, ses rimes et son talent musical ont conquis les membres du jury de la première édition des Comor’Awards,  qui l’ont désigné «meilleur rappeur de l’année». C’est depuis le Maroc où il prépare  une thèse de doctorat en «langage et société» à l’Université Ibn Toffail de Kenitra que ce jeune prodige de 25 ans a appris sa distinction au cours de cette cérémonie de remise de trophées aux différents talents de l’Archipel des Comores qui s’est tenue le 2 mars dernier en région parisienne. Un prix qu’il considère comme un «encouragement» pour ses projets à venir. Selon les organisateurs, l’objectif des Comor’Awards était «d’unir nos 4 îles dans un seul et même événement et mettre en avant les différents talents de notre communauté ». Pari réussi. Auteur de deux opus «Tafauti» en 2017 et «Ni yenshi» en 2019, Walid Ben Ahmed, Awax Victorious pour son nom de scène, propose un rap plein d’énergie à travers lequel, il propose les valeurs qui lui tiennent à cœur. Un rap qu’il juge engagé. Propos recueillis par Faïssoili Abdou

 Masiwa : Que vous inspire votre distinction à la première édition de  Comor’Award qui s’est déroulée samedi dernier en région parisienne ?

Awax Victorious: J’ignore sur quels critères on choisissait les artistes qui allaient concourir mais ma nomination était déjà une victoire pour moi. En plus elle a fait la promo de ma deuxième mixtape qui sortait quelques jours après qu’on ait annoncé les artistes nominés. Cela a beaucoup joué en ma faveur, je pense.

Il y avait dans ma catégorie des artistes très talentueux et certains beaucoup plus connus que moi. Cette distinction a été une agréable surprise. C’est aussi très encourageant par rapport à mes projets à venir.

Masiwa : Comment vous êtes arrivé dans la musique ?

A V: Ce que j’aime dans la musique c’est le travail d’écriture. Même si, je dois avouer que je n’écris plus vraiment mes chansons comme à mes débuts. J’ai écris mes premiers textes à 14 ans. Je me souviens précisément de l’âge parce que je me rappelle que j’étais en classe de 4 ème. Je pense que quand on est enfant on aime créer des choses. On construit des châteaux de sable, on dessine, on joue à plein de jeux qui éveillent l’esprit créatif en nous. Pour mon cas, la musique  en était un. D’ailleurs de mes jeux d’enfance, c’est celui  auquel je joue encore. C’est, avec la lecture, mes deux grandes passions.

 Masiwa : Pourquoi avez-vous choisi le rap au lieu d’autres styles musicaux ?

A V: Je pense que lorsqu’un jeune garçon décide un jour, pour une raison ou pour une autre, d’écrire une chanson, il en fera une du genre qu’il écoute habituellement. Pour mon cas, de tous les styles musicaux que j ai consommés plus jeune, le rap est celui auquel je pouvais m’essayer sans beaucoup de difficultés. C’est d’ailleurs ce que beaucoup pensent du rap; que c’est un genre sans rythme et qu’il suffit d’enchaîner les phrases comme on parle avec un petit accent pour faire un morceau de rap. Mais celui qui s’est essayé une fois sait combien cette idée est fausse. Maintenant je continue à en faire parce que c’est le  style approprié pour les discours alternatifs. On peut reprocher à certains registres du rap de ne pas être consensuels sur le plan moral, mais on devrait de la même façon reprocher à un genre comme le toirab sa complaisance avec l’ordre social et le fait que c’est un genre qui s’accommode aux goûts des puissants.

Masiwa : Vous êtes à votre deuxième album. Pouvez-vous nous présenter  vos disques, ils parlent de quoi?

A V: J’ai sorti une première mixtape en 2017 qui s appelle Tafauti. Mais avant ce projet, j’en ai sorti un en commun en 2013 avec d’autres artistes. Tafauti est un opus de 10 titres dont 5 collaborations.

Je considère que faire de la musique c’est d’une certaine manière entrer en communication. Donc quand je fais un morceau, je me représente des gens à qui je m’adresse. Cela me permet d’identifier mes interlocuteurs et de trouver la bonne manière de dire ce que j’ai à dire et de savoir dans quels termes ils peuvent me comprendre. C’est important pour moi. Si vous trouvez mes textes puérils sur un morceau, c’est peut être parce que je m’adresse à des enfants et que vous n’étiez pas le public cible.  C’est comme cela que je vois la musique, ou du moins le rap.

Dans mon premier projet, je parle généralement de ma condition de jeune dans une société où être jeune c’est ne pas exister. J’en parle à ma manière à travers des histoires vécues doublées d’un peu d’imagination.

C’est aussi le cas dans mon deuxième projet « Ni Yenshi ». Tous les thèmes tournent autour de ma personne. Je ne parle pas de moi pour parler de moi. Ce qui m’intéresse c’est parler de la société à travers mon expérience personnelle et par là, partager par suggestion ma vision du cours de la vie sociale. Je me trouverais prétentieux si je me mettais à dire aux gens dans mes morceaux comment ils doivent vivre ou se comporter. Personne ne supporte facilement qu’on lui dise quoi faire.

C’est ma vision de l’engagement et je pense, dans ce sens là, être un rappeur engagé.

 Masiwa : Quels sont vos projets à venir ?

A V: Le projet immédiat est de  défendre mon nouveau projet Ni Yenshi et le faire découvrir à un plus large public. Pour ça, je compte mettre en image plus de la moitié des morceaux.

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