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Anjouan Les militaires interviennent sur le village de Sangani depuis hier

Rien ne va plus entre Sangani et le camp de l’armée situé dans ce secteur des hauteurs de Mutsamudu, chef-lieu d’Anjouan. En début de soirée, la situation était toujours tendue.

Tout a commencé, vendredi 26 février en fin d’après-midi, lorsque sept militaires du camp de Sangani auraient passé à tabac un jeune déséquilibré mental d’une trentaine d’années connu sous le pseudonyme de Babylone, car il ne portait pas le masque anticovid. Le jeune sera ensuite conduit au camp situé à quelques mètres de la bourgade, puis aucune nouvelle de lui.

Rien n’est clair sur le sort du jeune homme. Les informations à ce sujet sont contradictoires et à prendre avec des pincettes. Babylone serait toujours en vie pour certaines sources, tandis que d’autres développent la version devenue virale sur la toile depuis ce matin prétendant qu’il serait décédé des suite de ses blessures.

 

(Les images sont des captures d’une vidéo amateure diffusée sur facebook)

Depuis vendredi soir, des barricades de fortune sont érigées le long des voies d’accès à la localité.

Entre temps, l’armée a rappelé en renfort des éléments venus du camp d’Ongoni à 12 km de Mutsamudu. L’Armée a interpellé plusieurs personnes, certaines ont déjà été relâchées. Les habitants ont déserté leurs maisons depuis le matin car ça tirait de partout. Selon des témoignages recueillis ce soir, plusieurs portes de maisons ont été défoncées, certains riverains font le constat de pillages et de véhicules endommagés.

L’armée rechercherait des jeunes qui leur tenaient tête depuis un bout de temps. Aucun officiel ne s’est exprimé sur cette crise à Sangani.

 

Les raisons inavouées de ce qui pourrait s’apparenter à une expédition punitive.

Il semblerait que les relations soient tendues entre les militaires et les jeunes de Sangani depuis le début de la crise sanitaire. Des jeunes excédés par les interventions musclées des militaires dans cette localité se seraient organisés et n’ont pas arrêté de harceler les militaires. Selon des sources concordantes un militaire aurait même été tabassé par ce groupe. Ce serait donc dans ce contexte tendu qu’une patrouille de militaires est tombé nez à nez sur l’un des supposés membres du groupe en la personne de Babylone et que la situation a très rapidement tourné au vinaigre. Ils l’auraient battu puis ramené dans l’enceinte de la caserne. Dans un mouvement spontané, les habitants du quartier ont érigé des barricades et se sont attaqués au mur du portail principal de la caserne et au grillage qui sert de clôture de la caserne.

Un homme habitant dans les environs de Sangani joint au téléphone par Masiwa ce matin confiait que « depuis hier soir nous n’avons pas fermé l’œil. Ça tirait de partout et ce matin, ça n’arrête pas de tirer. J’aperçois d’ici des cabanes saccagées mais personne dans le quartier. Depuis hier soir, les habitants par peur de représailles ont vidé le quartier et se sont réfugiés dans la montagne et dans les autres quartiers de la ville de Mutsamudu ». Une femme joint de Sangani même nous a pourtant confirmé quelques minutes avant que les habitants du quartier, du moins la majorité est restée sur place. Si, à Mutsamudu centre et dans le bloc administratif de Hombo, la population a vaqué à ses occupations, l’accès à Hombo à partir du consulat de France était filtré jusqu’en ce début de soirée.

KAY

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