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vendredi 16 octobre 2026 | Édition n° 601 | Moroni, Union des Comores
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3 juillet 2019. Une demande d’autorisation à manifester à Moroni, la capitale a été déposée pour le 7 juillet 2019.

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3 juillet 2019. Une autorisation à manifester à Moroni, la capitale a été déposée pour le 7 juillet 2019.

La demande d’autorisation à manifester déposée auprès du préfet du centre, émane de trois personnes dont l’avocat Me Abdoulbastoi Moudjahid et l’historien et enseignant Boinaidi Abdou Elhghaniyou.

Cette demande est en soi une audace vu que le régime en place  a refusé toutes les demandes de manifestations dans la capitale (et même ailleurs) depuis trois ans et n’a pas hésité à réprimer, souvent très violemment, toute tentative de manifestation. La dernière en date à Moroni est celle des 11 candidats qui étaient en compétition contre Azali Assoumani aux présidentielles et qui a été dispersée à coups de grenades lacrymogène et de matraques.

Les demandeurs se basent sur les articles 96 et 98 du code pénal. Or pour interdire toute manifestation le régime en place brandit une note de service qui date du gouvernement du président Sambi et fait semblant qu’elle pouvait être au-dessus des libertés énoncées dans la Constitution. Bien que cette note a été récemment abolie, le gouvernement continue à se prévaloir de celle-ci pour refuser toute manifestation, comme se justifiait le chef de l’État dans sa dernière conférence de presse.

Des manifestations ont toutefois eu lieu dans certaines villes loin de la capitale sous la menace d’une intervention de la gendarmerie. Celle-ci a fait intervenir plusieurs éléments il y a quelques jours dans une manifestation qui a eu lieu dans la ville de Tsinimoichongo et plusieurs notables et enfants mineurs ont été mis en garde à vue. Le leader politique issu de cette ville, Aboudou Soefo a été convoqué par la gendarmerie, renvoyé devant un juge qui lui a donné un avertissement, le prévenant que s’il s’avisait à organiser une autre manifestation, il serait enfermé.

Maitre Moudjahid, avocat de la place, qui défend souvent avec ses propres moyens les femmes et les enfants victimes de violence, mais aussi des journalistes poursuivis par le gouvernement, fait ainsi le pari que le chef de l’État, Azali Assoumani, acculé à cause de son élection irrégulière et non reconnue par aucun de ses concurrents, va autoriser la première manifestation depuis son élection.

MIB

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