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COSEP, La sécurité civile fragilisée

16 novembre 2019
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COSEP, La sécurité civile fragilisée
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Elle a pour mission de veiller à la sécurité des citoyens. Avec des moyens très limités, un personnel en situation professionnelle très précaire et une organisation qui laisse à désirer, la sécurité civile peine à répondre aux objectifs. L’absence de nomination de son directeur général fragilise encore plus son fonctionnement. Par BIM

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«C’est la désorganisation totale !» L’amer constat émane d’un haut cadre de la direction générale de la sécurité civile à Moroni. Mohamed Omar Ben Cheikh, directeur général adjoint qui assure l’intérim, lui reconnaît, sans hésitation aucune, un manque criant de moyens. Les déboires de la maison de ces derniers mois ne le surprennent pas. « C’était prévisible ! »

Quoi donc ? Auréolée d’un gros capital crédit en termes d’efficacité et de réactivité lors du passage du cyclone Kenneth en avril dernier, la sécurité civile des Comores a essuyé une pluie de critiques suite à deux incendies à Moroni.

Mouigni Daho, licencié

La nuit du 14 août, un incendie a ravagé les locaux de la Banque Fédérale des Comores (BFC).  Situés à moins de 5 km du lieu du sinistre, les pompiers du centre de la capitale sont arrivés bien tardivement et sans camion-citerne. L’emblématique directeur général de l’institution, le Colonel Mouigni Daho est démis de ses fonctions par la suite, sans ménagement.

Le 9 octobre au soir, ce sont des maisons en tôles qui s’embrasent dans le quartier populaire de Caltex. Là aussi à deux kilomètres de la caserne. Les soldats du feu brillent par leur absence. Tollé des habitants qui, en furie, convergent immédiatement vers la caserne et caillassent les véhicules stationnés, tout en dénonçant l’immobilisme des soldats du feu. La sécurisation des lieux par la gendarmerie nationale a permis d’éviter le pire.

Bien des versions ont circulé pour expliquer l’absence d’intervention de la sécurité civile. De l’aveu même du directeur général adjoint, assurant l’intérim, la raison est simple, prévisible et inquiétante. Jusqu’au soir de l’incendie à Caltex, la caserne ne disposait d’aucun véhicule d’incendie en état de fonctionnement. Et toute la hiérarchie était au courant. «Ce n’est que le soir même de l’accident de Caltex, qu’un véhicule nous a été livré par le ministère de l’Intérieur».

Des contractuels sans matricules

Cette triste réalité témoigne de la précarité, du dénuement et surtout de la désorganisation de la structure, supposée assurer la sécurité des citoyens.

Les 243 personnes composant cette structure (33 à Anjouan, 16 à Mohéli et 194 à Ngazidja) sont presque tous des contractuels et ne disposent même pas «de numéro de matricule» confie le directeur général adjoint. En cas d’accident en service, il n’y a pas de prise en charge. Il ne faut pas compter non plus sur des primes : de risque ou de permanence. La grille salariale suit celle du service public, plus particulièrement celle de la police. Elle n’est donc pas incitative.

L’insuffisance des moyens matériels a fait l’objet d’une «lettre de doléance » adressée au ministère, faisant l’inventaire des besoins, tant en matériels qu’en capital humain. Un seul véhicule d’incendie sur le plan national suffit pour tout expliquer. Heureusement que les partenaires (les organismes onusiens) ont pourvu les trois centres régionaux de véhicules d’intervention. Des formations en renforcement de capacités sont en cours, en matière de « commandement des unités d’intervention, de gestion de crise, d’extinction de feu ou de préservation forestière » déclare Ben Cheikh.

Une rationalisation du travail qui semble nécessaire, compte tenu de la désorganisation qui s’accentue depuis la mise à l’écart de Mouigni Daho. Pour illustration, sur les 194 salariés déclarés au centre de Moroni, 30 d’entre eux n’ont jamais mis le pied à la caserne. En général, les équipes de garde qui font les trois-huit, pour assurer la continuité de service, comptent 41 personnes en théorie.

Sur le terrain, un effectif de dix par rotation, c’est le maximum, confie un cadre de la maison. Le non-respect des horaires de travail est un fléau qui n’est pas l’apanage de ce corps de métier. Voir le directeur général superviser des opérations basiques est monnaie courante. La volatilisation sans effraction des produits (Kenneth) stockés dans le hangar soulève des interrogations.

Quatre mois après l’éviction du colonel, le poste de Directeur général à la direction générale de la sécurité civile demeure vacant. Est-ce un signe du peu de cas accordé à l’institution ?

 

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