{"id":968,"date":"2018-12-07T21:49:39","date_gmt":"2018-12-07T21:49:39","guid":{"rendered":"http:\/\/masiwakomor.cf\/2018\/12\/07\/after-all-is-said-and-done-more-is-said-than-done-2\/"},"modified":"2018-12-08T12:57:20","modified_gmt":"2018-12-08T12:57:20","slug":"after-all-is-said-and-done-more-is-said-than-done-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/after-all-is-said-and-done-more-is-said-than-done-2\/","title":{"rendered":"Violences faites aux femmes, un d\u00e9bat sans les autorit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<div class=\"clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item\">\n<p><strong>Chaque 24 novembre, une marche pacifique est organis\u00e9e dans le cadre de la journ\u00e9e de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette ann\u00e9e, en plus, un d\u00e9bat public a eu lieu place de l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 Moroni, avec des questions rest\u00e9es sans r\u00e9ponses. Aucune autorit\u00e9 comp\u00e9tente n\u2019a daign\u00e9 y participer.<\/strong><\/p>\n<p>La journ\u00e9e de la lutte contre les violences faites aux femmes a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e samedi 24 novembre place de l\u2019ind\u00e9pendance. T\u00f4t le matin, \u00e0 7 heures, une marche pacifique a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e. Le rendez-vous a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 devant le lyc\u00e9e Sa\u00efd Mohamed Cheik pour le d\u00e9part. Arriv\u00e9e place de l\u2019ind\u00e9pendance, \u00e0 quelques m\u00e8tres du minist\u00e8re de la protection sociale, de celui de la justice, du Tribunal de Moroni et du commissariat au genre.<\/p>\n<p>Pas moins de 80 femmes ont fait la marche. Avec \u00e0 leur t\u00eate les pr\u00e9sidentes de l\u2019ong Hifadhi, Rahamatou Goulam, et\u00a0\u00a0de Mwana Tsi Wamdzima, Najda Said Abdallah. Une cinquantaine de personnes, environ, ont assist\u00e9 au d\u00e9bat public. Des \u00e9changes nourris par les r\u00e9flexions du docteur Abdoulhakim, du directeur des affaires sociales, Ahmed Said Ahmed et \u00a0de Said Ibrahim, psychologue. Objectif, sensibiliser les femmes pr\u00e9sentes sur le genre de violences qu\u2019elles peuvent subir. Que ce soit sexuelle, verbale, \u00e9conomique, physique et autres. Mais aussi pr\u00f4ner la d\u00e9nonciation de ces actes. Encourager les femmes \u00e0 briser la loi du silence impos\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9, rompre les chaines de la honte, du d\u00e9shonneur et du qu\u2019en dira-t-on.<\/p>\n<p>Selon Abdoulhakim, si cette violence se multiplie, c\u2019est par ce que\u00a0\u00a0\u00abla loi n\u2019est pas appliqu\u00e9e. Aujourd\u2019hui, nous n\u2019avons pas de souci de textes mais le probl\u00e8me se pose sur l\u2019application de ces derniers\u00bb<\/p>\n<p>Ahmed Said Ahmed, lui, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 faire l\u2019\u00e9tat actuel sur ce probl\u00e8me aux Comores, 6 ans apr\u00e8s le meurtre commis par Mafoura. Cette ann\u00e9e 2018, rien qu\u2019\u00e0 Ngazidja, 207 cas de violences ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s. On d\u00e9compte 188 agressions sexuelles, 18 s\u00e9vices physiques. 19 petites filles victimes de viols, en plus du crime subi, sont tomb\u00e9es enceintes. Cependant, depuis les actes de Mafoura, les autorit\u00e9s ne peuvent donner des chiffres concrets sur les femmes qui ont succomb\u00e9 des mains de leur mari ou conjoint.<\/p>\n<p><strong>Un d\u00e9bat \u00e0 sens unique<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019assistance \u00e9tait d\u2019accord au moins sur une chose. Cette violence est un probl\u00e8me national. C\u2019est une abomination et qu\u2019il faut \u00e0 tout prix trouver des solutions. Cependant beaucoup de questions sont rest\u00e9es sans r\u00e9ponse. Ni le Minist\u00e8re de la justice, ni le parquet de Moroni, encore plus le Minist\u00e8re de la protection sociale ou le commissariat au genre n\u2019a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent \u00e0 ces \u00e9changes. Ce qui signifie que la voix du pouvoir public a manqu\u00e9 au d\u00e9bat. Etant entendu que seules ces autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pouvaient se justifier sur les d\u00e9faillances et autres mesures de pr\u00e9vention, de protection et de sanctions \u00e0 mettre en place et les dysfonctionnements constat\u00e9s. M\u00eame si l\u2019assistance pouvait proposer des solutions pour infl\u00e9chir la courbe et changer la donne, mais l\u2019application d\u00e9pend de la sph\u00e8re des politiques.<\/p>\n<p><strong>A charge<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est aussi un d\u00e9bat \u00e0 charge. Et pas le moindre, et le Minist\u00e8re de la justice et le parquet de Moroni, grands absents ont \u00e9t\u00e9 point\u00e9s du doigt par les participantes. \u00abCe n\u2019est pas possible de continuer dans cet enfer\u00bb d\u00e9clare une femme. Pendant qu\u2019une autre ajoute \u00abcomment peut-ont me demander de pardonner, d\u2019oublier?\u00bb. Et un homme de rench\u00e9rir, \u00absi moi p\u00e8re qui a port\u00e9 plainte, car ma fille aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e, agress\u00e9e sexuellement, et que le lendemain, malgr\u00e9 la peine inflig\u00e9e ad\u00e9quate ou pas, je croise son agresseur dehors, et le fracasse la t\u00eate avec une pierre, est-ce moi le coupable ou la justice\u00a0?\u00a0\u00bb interroge-t-il.<\/p>\n<p>Ce qui revient sans cesse et surprend, sont \u00e0 la fois les peines inflig\u00e9es et surtout l\u2019ex\u00e9cution des sanctions. Des interrogations sur la non application de la loi Mourad, laquelle qualifie ces actes de criminels. Le choix d\u2019autres qualifications, n\u2019est-ce pas minimiser ces actes\u00a0? Une autre source de m\u00e9contentement des d\u00e9fenseurs de la protection des femmes et des enfants, c\u2019est le sentiment d\u2019impunit\u00e9 dont b\u00e9n\u00e9ficieraient les coupables. Le fait que certaines personnes condamn\u00e9es se retrouvent en libert\u00e9, parfois, quelques jours apr\u00e8s le verdict prononc\u00e9. Une situation qui nourrit des vell\u00e9it\u00e9s\u00a0\u00a0de se faire justice.<\/p>\n<p>Par Hayatte Abdou<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque 24 novembre, une marche pacifique est organis\u00e9e dans le cadre de la journ\u00e9e de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette ann\u00e9e, en plus, un d\u00e9bat public a eu lieu place de l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 Moroni, avec des questions rest\u00e9es sans r\u00e9ponses. Aucune autorit\u00e9 comp\u00e9tente n\u2019a daign\u00e9 y participer. 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