{"id":960,"date":"2018-12-07T21:49:39","date_gmt":"2018-12-07T21:49:39","guid":{"rendered":"http:\/\/masiwakomor.cf\/2018\/12\/07\/former-microsoft-ceo-ballmer-does-about-face-on-linux-technology\/"},"modified":"2018-12-08T13:03:30","modified_gmt":"2018-12-08T13:03:30","slug":"former-microsoft-ceo-ballmer-does-about-face-on-linux-technology","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/former-microsoft-ceo-ballmer-does-about-face-on-linux-technology\/","title":{"rendered":"Les institutions de microfinance sont-elles trop ch\u00e8res?"},"content":{"rendered":"<div class=\"clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item\">\n<p><strong>Les institutions de microfinance (IMF) comoriennes sont parfois accus\u00e9es d\u2019appliquer des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat trop \u00e9lev\u00e9s par rapport \u00e0 ce qui est appliqu\u00e9 dans le monde. Mais qu\u2019en est-il de la r\u00e9alit\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>Dans les faits, les institutions de microfinance comoriennes appliquent un taux d\u2019int\u00e9r\u00eat annuel inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne mondiale qui culminait \u00e0 28% en 2016. Les taux comoriens n\u2019ont aucune commune mesure avec les 125 % de Te Creemos ou les 82% de Compartamos au Mexique et elles sont largement comp\u00e9titives face \u00e0 Mohamed Yunus et les plus de 20% de la Grameen Bank originel.<\/p>\n<p>En France, le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat moyen des pr\u00eats de moins de 3000 euros est de 15,66 % (source rapport Banque de France, tableau taux, 2018 T1). En ce qui concerne les \u00e9tablissements de microcr\u00e9dit fran\u00e7ais, ce sont les subventions des pouvoirs publics qui permettent aux institutions de survivre avec des taux inf\u00e9rieurs aux autres r\u00e9gions du monde. A titre d\u2019exemple, deux tiers des ressources de l\u2019Adie (Association pour le droit \u00e0 l&#8217;initiative \u00e9conomique), l\u2019une des principales actrices du microcr\u00e9dit, proviennent de fonds publics ou de bailleurs. Autrement, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat atteindraient 30%. Ce sont les propos de C\u00e9dric Turini, responsable RSE de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des caisses d\u2019\u00e9pargne.<\/p>\n<p>Si les \u00ab microcr\u00e9dits \u00bb n\u2019ont pas de \u00ab mini-taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00bb c\u2019est parce que cela engendre beaucoup plus de co\u00fbts. Prenons un exemple tr\u00e8s simple et tr\u00e8s concret. Lorsqu\u2019un commer\u00e7ant se rend dans une banque commerciale pour emprunter 100 millions de francs comoriens destin\u00e9s \u00e0 son activit\u00e9, l\u2019institution devra mobiliser un conseiller durant moins d\u2019une heure qui imprimera un contrat. Plus tard il fera des relances par courrier et par t\u00e9l\u00e9phone pour assurer le recouvrement de la cr\u00e9ance. Mais contrairement \u00e0 une banque commerciale, l\u2019institution de microfinance ne pr\u00eate pas 100 millions \u00e0 une seule personne mais plut\u00f4t \u00e0 une centaine de personnes qui ont besoin d\u2019un petit montant pour leurs activit\u00e9s (achat de petits outils pour la p\u00eache ou l\u2019agriculture par exemple). Pour le m\u00eame montant inject\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, l\u2019IMF d\u00e9ploiera 100 fois plus de ressources. Ainsi, pour suivre 100 clients, elle devra mobiliser plusieurs agents durant l\u2019\u00e9quivalent de plus de 100 heures, imprimer 100 contrats, effectuer cent fois plus de visite de terrain dans des localit\u00e9s parfois \u00e9loign\u00e9es, effectuer cent fois plus d\u2019appels de relances et envoyer 100 fois plus de courriers.<\/p>\n<p>Et ce n\u2019est pas seulement une question de nombre de personnes trait\u00e9es mais aussi une question de nature des informations. Dans une banque commerciale europ\u00e9enne, le banquier obtiendra de son client : une d\u00e9claration d\u2019imp\u00f4t, son bilan, son compte de r\u00e9sultat, son bulletin de salaire, ou encore son contrat de bail. Dans une IMF, aux Comores, les agents doivent faire face \u00e0 une forte asym\u00e9trie d\u2019information. La majorit\u00e9 des clients ne font pas de bilan comptable, ni de compte de r\u00e9sultat et encore moins de r\u00e9sultats pr\u00e9visionnels. Une partie des revenus n\u2019a aucune tra\u00e7abilit\u00e9 bancaire.<\/p>\n<p>Beaucoup ne diff\u00e9rencient pas clairement les d\u00e9penses et les revenus destin\u00e9s \u00e0 l\u2019entreprise (l\u2019activit\u00e9) et ceux destin\u00e9s au foyer. De m\u00eame que l\u2019actif de l\u2019entreprise n\u2019est pas toujours distinct du patrimoine personnel. La qualit\u00e9 de l\u2019information financi\u00e8re est faible, ce qui complique la mesure de la capacit\u00e9 de remboursement des emprunteurs et impacte directement le co\u00fbt du risque.<\/p>\n<p>En outre, en microfinance, un nombre important de cr\u00e9dits sont accord\u00e9s pour des petits montants et pour une dur\u00e9e inf\u00e9rieure \u00e0 un an. Comparer des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de petits pr\u00eats inf\u00e9rieurs \u00e0 12 mois avec des pr\u00eats sur 20 ans, biaise le d\u00e9bat. Prenons le cas d\u2019un client qui obtient un pr\u00eat pour une dur\u00e9e de 6 mois \u00e0 un taux de 14% annuel. Dans les faits, ce client ne devra pas payer 14% du montant mais plut\u00f4t moins de la moiti\u00e9 des 14% dans la mesure o\u00f9 la dur\u00e9e est d\u2019une demi-ann\u00e9e. Comparer des petits pr\u00eats, de courtes dur\u00e9es avec des pr\u00eats de longues dur\u00e9es de gros montant, d\u00e9nature le d\u00e9bat.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, lorsqu\u2019il s\u2019agit de traiter des dossiers avec des montants plus grands, des dur\u00e9es plus longues, et des informations financi\u00e8res exhaustives, les IMF comoriennes appliquent des taux tr\u00e8s comp\u00e9titifs qui attirent les TPE et le PME avec des taux pouvant aller jusqu\u2019au minimum du seuil fix\u00e9 par la BCC (7%).<\/p>\n<p>Par ailleurs, dans le calcul du co\u00fbt du cr\u00e9dit, une institution financi\u00e8re doit inclure les co\u00fbts li\u00e9s aux pertes sur cr\u00e9dits. En effet, les institutions de microfinance font face \u00e0 des impay\u00e9s qui donnent lieu \u00e0 plusieurs cons\u00e9quences telles que la r\u00e9duction du r\u00e9sultat \u00e0 cause des provisions pour cr\u00e9ances douteuses, la perte de la partie non recouvrable de l\u2019encours de cr\u00e9dit, le ralentissement de la rotation du portefeuille, l\u2019augmentation des frais de suivi, d\u2019analyse, et de justice, et un certain nombre de co\u00fbts suppl\u00e9mentaires (impact n\u00e9gatif sur la viabilit\u00e9 financi\u00e8re, impact n\u00e9gatif sur l\u2019image de l\u2019institution, impact n\u00e9gatif sur le personnel\u2026)<\/p>\n<p>Aussi, le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat inclut le co\u00fbt de la disposition des fonds permettant de pr\u00eater aux clients tels que la r\u00e9mun\u00e9ration des comptes \u00e9pargne, la mobilisation de ressources financi\u00e8res, humaines et mat\u00e9riels d\u00e9di\u00e9s au suivi des clients et \u00e0 la gestion de leurs comptes ou encore le co\u00fbt du refinancement aupr\u00e8s de bailleurs tels que l\u2019AFD, la BID, ou encore la BAD<\/p>\n<p>De plus, les institutions de microfinance doivent d\u00e9gager des marges suffisantes pour continuer d\u2019exister. En d\u2019autres termes politiquement incorrects, une IMF doit \u00eatre rentable et gagner de l\u2019argent pour garantir la p\u00e9rennit\u00e9 de son activit\u00e9. D\u2019autant plus que la plupart des IMF aux Comores sont des coop\u00e9ratives et des mutuelles. Ainsi, les b\u00e9n\u00e9fices ne sont pas enti\u00e8rement partag\u00e9s par une poign\u00e9e d\u2019actionnaires comme le font les banques commerciales mais sont plut\u00f4t inject\u00e9es dans l\u2019\u00e9tablissement afin de capitaliser l\u2019institution en renfor\u00e7ant les fonds propres et dans le but d\u2019investir dans le d\u00e9veloppement de la structure au service de ses clients-membres (nouveaux produits et services, recrutement de personnels, informatisation, s\u00e9curisation, extension des locaux, ouvertures d\u2019agences, nouveau moyen de paiement etc\u2026)<\/p>\n<p>Enfin, les institutions de microfinance ne peuvent pas \u00e9voluer sans tenir compte de la situation interne de l\u2019\u00e9tablissement mais aussi de l\u2019environnement politique, \u00e9conomique, juridique, social et technologique du pays dans le calcul du risque. Les IMF doivent travailler en interne pour r\u00e9duire le plus possible les co\u00fbts op\u00e9rationnels mais il est aussi primordial que l\u2019ensemble des acteurs politiques et du d\u00e9veloppement travaillent de concert pour que la situation politique soit apais\u00e9e et propice au d\u00e9veloppement d\u2019activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de revenus, que le syst\u00e8me judiciaire s\u2019am\u00e9liore, que les porteurs de projets soient accompagn\u00e9s et soutenus par les pouvoirs publics, que les infrastructures de transport, de t\u00e9l\u00e9communications et d&#8217;\u00e9nergie soient d\u00e9velopp\u00e9s, que le co\u00fbt de l\u2019\u00e9nergie soit r\u00e9duit, que la corruption soit r\u00e9duite, que la fiscalit\u00e9 soit encourageante pour les entrepreneurs, que les formations en personnels qualifi\u00e9s soient r\u00e9alis\u00e9es, que les personnes au ch\u00f4mage soient accompagn\u00e9es par l\u2019Etat, et que le climat des affaires soit am\u00e9lior\u00e9. Ainsi, les taux diminueront irr\u00e9m\u00e9diablement. Aussi, d\u2019autres pays utilisent une multitude d\u2019outils de financement qui compl\u00e8tent les institutions financi\u00e8res (subventions des entreprises par l\u2019Etat, obligation, titrisation, Bourse, Business Angel, Capital-risque). Il serait temps d\u2019ouvrir le champ des possibles.<\/p>\n<p>AMIN SAID AHMED, Expert en Microfinance<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les institutions de microfinance (IMF) comoriennes sont parfois accus\u00e9es d\u2019appliquer des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat trop \u00e9lev\u00e9s par rapport \u00e0 ce qui est appliqu\u00e9 dans le monde. Mais qu\u2019en est-il de la r\u00e9alit\u00e9? Dans les faits, les institutions de microfinance comoriennes appliquent un taux d\u2019int\u00e9r\u00eat annuel inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne mondiale qui culminait \u00e0 28% en 2016. 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