{"id":9370,"date":"2023-05-22T21:26:48","date_gmt":"2023-05-22T18:26:48","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=9370"},"modified":"2023-05-22T21:46:36","modified_gmt":"2023-05-22T18:46:36","slug":"wuambushu-belou-fakri-msaidie-warhadaa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/wuambushu-belou-fakri-msaidie-warhadaa\/","title":{"rendered":"Wuambushu. \u00ab\u00a0Belou, Fakri, Msaidi\u00e9 warhadaa\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Les bateaux de la soci\u00e9t\u00e9 Maria Galante ont repris leurs rotations avec des gens expuls\u00e9s de Mayotte, malgr\u00e9 les affirmations et les menaces des autorit\u00e9s comoriennes, aussi bien le gouvernement que le gouvernorat et le Directeur du Port de Mutsamudu.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Par MiB<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">La Citadelle, le premier bateau transportant des expuls\u00e9s de Mayotte jusqu\u2019au port de Mutsamudu, est arriv\u00e9e mercredi 17 mai 2023 vers 16 heures 30. La police de Mayotte, dans un tweet repris par le Pr\u00e9fet, avait annonc\u00e9 que \u00ab&nbsp;19 personnes en situation irr\u00e9guli\u00e8re\u2026 \u00e9taient \u00e9loign\u00e9es&nbsp;\u00bb sur Anjouan. Pourtant, une liste nominative \u00e9tablie par la m\u00eame police au Centre de R\u00e9tention administrative (CRA) indique les 16 personnes (13 hommes et 3 femmes) qui devaient embarquer avec la signature du commandant de Police dirigeant le CRA.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Expuls\u00e9s de Mayotte<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur ces 16 hommes et femmes, la section comorienne de la Croix Rouge indique dans son rapport (dont Masiwa s\u2019est procur\u00e9 une copie) qu\u2019un homme n\u2019a finalement pas \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9. Au total, ce sont donc 15 hommes qui ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s de Mayotte ce 17 mai. Ils n\u2019ont re\u00e7u aucun accueil ni du gouvernement comorien ni des autorit\u00e9s de l\u2019\u00eele et la Croix Rouge ne s\u2019est m\u00eame pas pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 les prendre en charge si besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>La Citadelle \u00e9tait tr\u00e8s attendue par une foule nombreuse aux abords du port, mais aussi par de nombreux journalistes. Les fonctionnaires du port \u00e9taient plus nombreux qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, de m\u00eame pour les gendarmes qui \u00e9taient accompagn\u00e9s de leur nouveau commandant, le colonel Takfine, venu de Moroni pour l\u2019occasion.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on s\u2019en tient au rapport produit par la section comorienne de la Croix Rouge, les 15 premiers expuls\u00e9s arriv\u00e9s mercredi \u00e9taient tous Anjouanais, tous adultes, avec une moyenne d\u2019\u00e2ge qui s\u2019\u00e9tablit \u00e0 27 ans. La plupart ont t\u00e9moign\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 retenus au CRA pendant plusieurs jours (certains disent pr\u00e8s d\u2019un mois) et n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 correctement nourris (repas insuffisants). Quelques personnes ont fait part de maltraitance et de violences subies pendant leur d\u00e9tention.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aucun expuls\u00e9 de Mayotte ne serait accueilli<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ils disent avoir \u00e9t\u00e9 contraints d\u2019embarquer, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s. Ces paroles confi\u00e9es aux journalistes par les expuls\u00e9s sont en contradiction avec ce que disaient les autorit\u00e9s comoriennes et particuli\u00e8rement le porte-parole du gouvernement, Houmed Msaidi\u00e9 (voir Masiwa n\u00b0429&nbsp;: \u00ab&nbsp;Wuambushu. Le march\u00e9 de dupes&nbsp;\u00bb) dans une conf\u00e9rence de presse le lundi 15 mai, soit deux jours avant l\u2019arriv\u00e9e des premiers expuls\u00e9s. Il avait notamment affirm\u00e9 qu\u2019aucun Comorien qui serait expuls\u00e9 dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration Wuambushu ne serait admis dans les bateaux qui accostent \u00e0 Anjouan ou \u00e0 la Grande-Comore. Le gouvernement n\u2019accepterait, selon lui, que les d\u00e9parts volontaires de Mayotte.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Gouverneur d\u2019Anjouan, Anissi Chamsidine, qui th\u00e9oriquement ne peut pas prendre de d\u00e9cisions concernant les entr\u00e9es et les sorties de personnes sur le territoire national, avait m\u00eame pris un arr\u00eat\u00e9 interdisant l\u2019entr\u00e9e au port de Mutsamudu de toute personne sans papiers comoriens. Or, plusieurs des expuls\u00e9s n\u2019avaient uniquement qu\u2019une OQTF (Obligation de quitter le territoire fran\u00e7ais). De m\u00eame pour le directeur du Port de Mutsamudu, Mohamed Salim Dahalani, qui avait pr\u00e9venu que les bateaux de la soci\u00e9t\u00e9 Maria Galante ne devaient transporter aucune personne expuls\u00e9e de Mayotte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>48 interpell\u00e9s et expuls\u00e9s de force<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un autre bateau de la compagnie Maria Galante a accost\u00e9 \u00e0 Mutsamudu vendredi 19 mai. Cette fois, il a transport\u00e9 48 personnes qui attendaient depuis plusieurs jours au CRA de Pamandzi. Il est probable que ce chiffre des expuls\u00e9s augmentera au fur et \u00e0 mesure des rotations pour atteindre les 300 expuls\u00e9s par jour pr\u00e9vu depuis le d\u00e9but par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises. Sauf nouvelle r\u00e9action du gouvernement comorien qui n\u2019est pas \u00e0 exclure, d\u2019autant qu\u2019il parait difficile \u00e0 la ville de Mutsamudu et \u00e0 l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan d\u2019accueillir 10.000 personnes en un mois ou deux, sans pr\u00e9paration et sans moyens financiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Vraisemblablement le Directeur de la soci\u00e9t\u00e9 Maria Galante n\u2019a tenu compte d\u2019aucune des indications des autorit\u00e9s comoriennes. Du c\u00f4t\u00e9 de la pr\u00e9fecture de Mayotte, il semble m\u00eame qu\u2019on est sur le mode du d\u00e9fi. En effet, Outremer 1re rapporte les paroles du sous-pr\u00e9fet Fr\u00e9deric Sautront, charg\u00e9 de la Lutte contre l\u2019immigration et il r\u00e9pond clairement aux propos du Porte-Parole du Gouvernement&nbsp;dans sa conf\u00e9rence du 15 mai dernier : <em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>les 48 personnes \u00e9loign\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9es par les forces de l&#8217;ordre, elles ne se sont pas port\u00e9es volontaires&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Humiliation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La honte est telle que les autorit\u00e9s portuaires ont tout tent\u00e9 pour ne pas que les expuls\u00e9s puissent croiser les journalistes. Ils les ont retenus plus longuement et les ont laiss\u00e9s ressortir bien apr\u00e8s les voyageurs normaux, et par une porte d\u00e9rob\u00e9e, semble-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Houmed Msaidi\u00e9 a beaucoup de mal \u00e0 justifier que la parole du gouvernement comorien soit \u00e0 ce point foul\u00e9e aux pieds et m\u00e9pris\u00e9e \u00e0 cause de ses affirmations p\u00e9remptoires. Dans un d\u00e9bat organis\u00e9 par FCBK FM et le journaliste Oubeidillah Mchangama samedi 20 mai, il tente une man\u0153uvre incompr\u00e9hensible pour justifier l\u2019humiliation subie par le gouvernement. Pour lui, les gens qui sont arriv\u00e9s par bateau mercredi et vendredi sont volontaires. \u00ab&nbsp;Toute personne qui refuse de monter dans un bateau ou un avion [il ne peut \u00eatre contraint] \u2026 parmi eux certains veulent revenir&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Interrog\u00e9 par Masiwa sur ces propos de Houmed Msaidi\u00e9, l\u2019avocat Franco-Comorien, sp\u00e9cialiste des Droits de l\u2019Homme, Me Midhoir Ali qui vient d\u2019effectuer un s\u00e9jour de deux semaines \u00e0 Mayotte avec d\u2019autres avocats fran\u00e7ais r\u00e9pond&nbsp;: \u00ab Dans un avion, le commandant peut refuser d\u2019embarquer une personne reconduite \u00e0 la fronti\u00e8re, mais c\u2019est rare. Pour le cas de la personne qui a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e au CRA, son refus d&#8217;embarquer n\u2019est pas pris en consid\u00e9ration car elle fait n\u00e9cessairement l&#8217;objet d&#8217;une obligation de quitter le territoire (OQTF). Pour ex\u00e9cuter cette mesure d&#8217;\u00e9loignement, la Police aux fronti\u00e8res peut contraindre la personne \u00e0 entrer dans le bateau, en usant de la force. Cette derni\u00e8re n&#8217;a donc pas le choix si ce n&#8217;est de se soumettre et d&#8217;embarquer contre sa volont\u00e9 pour \u00eatre \u00e9loign\u00e9e\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Haute trahison&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire ne tourne pas seulement \u00e0 l\u2019humiliation pour le gouvernement d\u2019Azali Assoumani, il pourrait avoir des r\u00e9percussions dans l\u2019avenir pour ceux qui d\u00e9tiennent le pouvoir aujourd\u2019hui. La foule mass\u00e9e au port de Mutsamudu l\u2019a rappel\u00e9 en criant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Haute trahison&nbsp;!&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Belou, Fakri na Msaidi\u00e9 warhaada&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, de passage en France il y a deux semaines, le chef de l\u2019\u00c9tat comorien, Azali Assoumani s\u2019\u00e9tait confi\u00e9 \u00e0 plusieurs m\u00e9dias en France avant sa rencontre avec le pr\u00e9sident Macron. Il avait affirm\u00e9 au journal \u00ab&nbsp;Le Monde&nbsp;\u00bb le 8 mai&nbsp;: \u00ab&nbsp;comment puis-je justifier devant mes compatriotes le fait que j\u2019accepte les bateaux qui renvoient des Comoriens de Mayotte&nbsp;? C\u2019est trahir notre Constitution, qui dit que Mayotte est comorienne. Je peux \u00eatre poursuivi en justice pour cela.&nbsp;\u00bb Sa confidence au \u00ab&nbsp;Monde&nbsp;\u00bb n\u2019est pas tomb\u00e9e dans l\u2019oreille d\u2019un sourd et plusieurs Comoriens et partis politiques ont d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 sa destitution et son jugement pour \u00ab&nbsp;haute trahison&nbsp;\u00bb. C\u2019est le cas du mouvement Ukombozi qui dans une d\u00e9claration du 18 mai 2023 affirme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Azali est le pr\u00e9sident qui a le plus nui \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du pays. Sa trahison est aujourd\u2019hui \u00e9tablie et cr\u00e8ve les yeux. Azali ne peut donc plus continuer \u00e0 diriger le pays.&nbsp;\u00bb Le mouvement cr\u00e9\u00e9 r\u00e9cemment et qui compte dans ses rangs Idriss Mohamed appelle \u00e9galement \u00e0 une d\u00e9sob\u00e9issance civile.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les bateaux de la soci\u00e9t\u00e9 Maria Galante ont repris leurs rotations avec des gens expuls\u00e9s de Mayotte, malgr\u00e9 les affirmations et les menaces des autorit\u00e9s comoriennes, aussi bien le gouvernement que le gouvernorat et le Directeur du Port de Mutsamudu. 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