{"id":9285,"date":"2023-04-17T07:43:18","date_gmt":"2023-04-17T04:43:18","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=9285"},"modified":"2023-04-17T07:43:19","modified_gmt":"2023-04-17T04:43:19","slug":"wuambushu-ou-la-france-aux-aguets","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/wuambushu-ou-la-france-aux-aguets\/","title":{"rendered":"Wuambushu, ou la France aux aguets\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p>Avec l\u2019op\u00e9ration Wuambushu qui signifie \u00ab\u00a0provoquer\u00a0\u00bb, la France officielle, continue \u00e0 montrer son vrai ADN\u00a0: la violence. Parce que l\u2019histoire entre la France et les Comores s\u2019est construite sur une base caract\u00e9rielle de sang, de m\u00e9pris, de violences verbales et physiques. Elle constitue la m\u00e9moire collective de ce jeune pays. Les comportements et agissements de la France coloniale dans cette partie du monde soulignent sa d\u00e9termination \u00e0 s\u2019implanter et exploiter la terre, la mer et les braves gens de ces quatre \u00eeles d\u00e8s le XVIe si\u00e8cle.\u00a0 L\u2019esclavage, instrument de domination morale et physique, y fit son apparition surtout au XVIIe si\u00e8cle. Son extraordinaire particularit\u00e9 de traite et d\u2019exploitation des hommes a r\u00e9ellement explos\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019installation des Europ\u00e9ens dans l\u2019oc\u00e9an Indien. Ils d\u00e9portaient hommes, femmes et enfants vers les Mascareignes o\u00f9 ils \u00e9taient vendus comme du b\u00e9tail (Yahaya S., 2013\u00a0; Toibibou I., 2014). L\u2019empire colonial ne s\u2019est jamais bien port\u00e9. Mieux encore, n\u2019a jamais bien instaur\u00e9 ses diverses puissances de culture de l\u2019effacement dans cette atmosph\u00e8re de haine de l\u2019autre, d\u2019invisibilisation et de s\u00e9paration. \u00a0Ce qui est appel\u00e9 par les historiens, les \u00ab\u00a0Politiques de l\u2019inimiti\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0(Mbembe, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Par A. A. Bassur Ismael<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Du transfert du chef-lieu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les man\u0153uvres et d\u00e9cisions, comme le transfert du chef-lieu de l\u2019archipel de Dzaoudzi \u00e0 Moroni, ont dissimul\u00e9 les vices et malices de l\u2019administration fran\u00e7aise suivant des trajectoires politiques de d\u00e9stabilisations programm\u00e9es. Ce transfert du chef-lieu consid\u00e9r\u00e9 par les Maorais comme le point de rupture avec les autres \u00eeles a \u00e9t\u00e9 imput\u00e9 \u00e0 Said Mohamed Cheick. Alors que les historiens parlent d\u2019une volont\u00e9 de l\u2019administrateur sup\u00e9rieur (Mattoir, 2004). Les Maorais ont cru \u00e0 cette version partielle de leur histoire. La rupture politique avec l\u2019ensemble de l\u2019archipel fut consomm\u00e9e. L\u2019organisation de la consultation du 22 d\u00e9cembre 1974, puis la d\u00e9partementalisation de 2009, concordent avec ce que les partis politiques Maorais revendiquaient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 savoir, leur <em>continuum administratif colonial<\/em>. La question principale de cette consultation concernait la prise de l\u2019ind\u00e9pendance ou non pour l\u2019ensemble de l\u2019archipel. Mais celle-ci a subi une transformation profonde pour concerner uniquement le suffrage exprim\u00e9 dans chaque \u00eele. La session ordinaire du S\u00e9nat 1974-1975 n\u00b0 388 pr\u00e9sentait ce sc\u00e9nario.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9termin\u00e9e \u00e0 s\u2019implanter au carrefour du canal de Mozambique o\u00f9 les grands p\u00e9troliers transitent, la France trouve un point strat\u00e9gique pour s\u2019agrandir territorialement et s\u2019enrichir. Car,&nbsp;celui \u00ab&nbsp;qui tient la mer tient le commerce du monde, tient la richesse, tient le monde&nbsp;; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-m\u00eame&nbsp;\u00bb (Royer, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les exactions \u00e0 Zanzibar et \u00e0 Madagascar<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, dans les ann\u00e9es 1950-1960, la migration comorienne \u00e9tait beaucoup plus dirig\u00e9e vers Zanzibar. Elle repr\u00e9sentait 1.1 % de la population locale. Soit, environ 15.000 \u00e2mes compos\u00e9es en majorit\u00e9 de fonctionnaires et de commer\u00e7ants. En 1964, une r\u00e9volution men\u00e9e par le mercenaire Ougandais John Okello \u00e9clata.&nbsp; Elle amena au pouvoir Amani Abeidi Karume.&nbsp; 600 <em>freedom fighters<\/em> faisaient r\u00e9gner la terreur et attaquaient les communaut\u00e9s dites musulmanes, notamment la communaut\u00e9 comorienne consid\u00e9r\u00e9e \u00e0 la fois comme arabe et fran\u00e7aise. Le nouveau gouvernement invita les Comoriens de Zanzibar \u00e0 prendre la nationalit\u00e9 zanzibarite et renoncer \u00e0 la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise. Dans cette ambiance particuli\u00e8re, 15 Comoriens ont trouv\u00e9 la mort et 30 autres bless\u00e9s dans la seule nuit du 11 au 12 janvier 1964 sans compter le nombre important de prisonniers (Toibibou, 2006). La France a \u00e9t\u00e9 saisie par le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res d\u2019alors pour organiser urgemment le rapatriement de ses concitoyens (106 personnes). La r\u00e9ponse n\u2019\u00e9tait pas satisfaisante. Alors, les disparitions devinrent constantes et des menaces pes\u00e8rent sur les prisonniers. Des jeunes tortur\u00e9s en prison se d\u00e9fenestr\u00e8rent pour en finir avec leurs souffrances.<\/p>\n\n\n\n<p>La proclamation de l\u2019ind\u00e9pendance en 1975 sans l\u2019accord r\u00e9el de la France n\u2019a pas facilit\u00e9 les relations diplomatiques entre les deux pays. L\u2019arriv\u00e9e au pouvoir du Mongozi Ali Soilih dans la m\u00eame ann\u00e9e et la rupture d\u00e9finitive avec Paris toucha l\u2019orgueil fran\u00e7ais. La Fran\u00e7afrique a pris son b\u00e2ton de p\u00e8lerin. Matignon l\u2019a organis\u00e9e et d\u00e9ploy\u00e9e dans ces \u00eeles&nbsp;: coup d\u2019\u00c9tat chronique, assassinats permanents et \u00e9rection de fronti\u00e8res par l\u2019instauration injuste du visa Balladur qui aurait fait plus de 10.000 morts dans le bras de mer entre Anjouan et Mayotte. Le pogrome anti Comoriens de 1977 \u00e0 Madagascar a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 par le gouvernement r\u00e9volutionnaire malgache de man\u0153uvre perp\u00e9tr\u00e9e par l\u2019imp\u00e9rialisme et ses valets de l\u2019int\u00e9rieur, une provocation pour semer d\u00e9finitivement la division entre les Comoriens de Mayotte et ceux des autres \u00eeles (Le Monde, 01 janvier 1977). Le gouvernement comorien a pu d\u00e9nombrer 1974 tu\u00e9s et des centaines de bless\u00e9s sans compter les milliers de rapatri\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019histoire se r\u00e9p\u00e8te-t-elle \u00e0 Mayotte&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Souvenez-vous qu\u2019entre 1940 et 1944, la France a collabor\u00e9 avec l\u2019Allemagne nazie pour des actes antis\u00e9mites. Andr\u00e9 Laran\u00e9 les nomme, \u00ab&nbsp;Les ann\u00e9es noires de la collaboration&nbsp;\u00bb. L\u2019histoire ne nous aide pas aujourd\u2019hui. Elle nous permet de constater et de nous poser les questions suivantes&nbsp;: pourquoi&nbsp;? Qu\u2019est-ce que la France vise ? &nbsp;Elle vise \u00e0 d\u00e9porter un peuple de ses terres&nbsp;? Un peuple avec qui elle a des liens de sang, d\u2019amiti\u00e9 et de culture&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons qu\u2019en 1975, le ministre comorien de l\u2019\u00c9conomie, M. Said Athouman a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab&nbsp;la France et l\u2019Archipel ont un pass\u00e9 commun qui doit influer sur l\u2019avenir. L\u2019un est le p\u00e8re, l\u2019autre le fils. Le maintien d\u2019une \u00e9troite coop\u00e9ration va dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des deux pays&nbsp;\u00bb. En 2019, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Mohamed El-Amine Souef, signe des accords-cadres avec la France pour stopper les migrations provenant des trois autres \u00eeles des Comores vers Mayotte.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet \u00e9tat d\u2019esprit alimente les relations entre ces deux nations. Telle est la vision des gouvernants d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui qui n\u2019est pas forc\u00e9ment celle du peuple en phase de son temps, form\u00e9, en qu\u00eate de paix, et de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Celui-ci aspire comme tous les peuples du monde \u00e0 la vie, et au respect de la dignit\u00e9 humaine. Ce peuple est jeune. Il a moins de 40 ans et vit dans le monde, vit avec le monde surtout il suit l\u2019actualit\u00e9 africaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rejet de la France dans beaucoup de pays africains peut avoir un \u00e9cho retentissant dans la soci\u00e9t\u00e9 comorienne d\u2019aujourd\u2019hui. Mais cette soci\u00e9t\u00e9 refuse les amalgames parce qu\u2019ils sont les soupapes constitutives d\u2019un environnement semblable \u00e0 la jungle et qui institue la loi du plus fort et autres lois injustes. Saint Augustin a dit&nbsp;: \u00ab \u00e0 une loi injuste, nul n\u2019est tenu d\u2019ob\u00e9ir&nbsp;\u00bb. Ce qui veut dire que le peuple comorien a le droit et m\u00eame le devoir de r\u00e9sister. Priez pour qu\u2019il choisisse cette solution.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec l\u2019op\u00e9ration Wuambushu qui signifie \u00ab\u00a0provoquer\u00a0\u00bb, la France officielle, continue \u00e0 montrer son vrai ADN\u00a0: la violence. Parce que l\u2019histoire entre la France et les Comores s\u2019est construite sur une base caract\u00e9rielle de sang, de m\u00e9pris, de violences verbales et physiques. Elle constitue la m\u00e9moire collective de ce jeune pays. 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