{"id":9284,"date":"2023-04-17T07:40:05","date_gmt":"2023-04-17T04:40:05","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=9284"},"modified":"2023-04-17T07:40:06","modified_gmt":"2023-04-17T04:40:06","slug":"ramadan-les-produits-vivriers-sources-de-revenus-considerables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/economie\/ramadan-les-produits-vivriers-sources-de-revenus-considerables\/","title":{"rendered":"Ramadan. Les produits vivriers sources de revenus consid\u00e9rables"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Aux Comores, pendant le mois de ramadan, la population consomme davantage de produits vivriers (banane, manioc, patate douce, taro, etc.). Ces produits agricoles sont presque devenus des denr\u00e9es alimentaires rares dans l\u2019archipel. Certains commer\u00e7ants n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 les acheter en Tanzanie et \u00e0 Madagascar (\u2026) pour les vendre aux Comores. Les prix de ces aliments augmentent pendant ce mois sacr\u00e9 dans notre pays, qu\u2019il s\u2019agisse de produits locaux ou de ceux import\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Natidja HAMIDOU<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Les produits vivriers moins cultiv\u00e9s \u00e0 Ngazidja<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quel Comorien peut se passer de son <em>ndrovi ya pvisiwa <\/em>(banane frite<em>)<\/em>, de son <em>batata ya rohosiwa <\/em>(patate douce cuite \u00e0 la vapeur<em>)<\/em> \u00e0 l\u2019heure de la rupture du jeune&nbsp;? Banane et patate douce frites, manioc grill\u00e9, sans oublier le fameux taro frit ou au lait de coco constituent les principaux menus des Comoriens pendant le mois sacr\u00e9 de ramadan. Quelles que soient les cat\u00e9gories sociales des familles comoriennes, \u00e0 l\u2019heure de rompre le je\u00fbne, on retrouve presque un des produits cit\u00e9s \u00e0 table. Les prix ne sont pas moindres par rapport au pouvoir d\u2019achat des Comoriens, et le contexte du mois de je\u00fbne n\u2019arrange pas les choses. Toutefois, il faut souligner qu\u2019aux Comores, l\u2019agriculture est d\u00e9laiss\u00e9e, notamment \u00e0 Ngazidja. Cela ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019agriculteurs sur cette \u00eele, mais ils sont insuffisants par rapport \u00e0 la consommation et aux besoins de la population, \u00e9tant donn\u00e9 que la majorit\u00e9 des habitants ne veut pas cultiver la terre. D\u2019ailleurs, certains commer\u00e7ants importent du manioc ainsi que d\u2019autres produits alimentaires des pays voisins, de Madagascar et de Tanzanie.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est sur les autres \u00eeles, surtout \u00e0 Moh\u00e9li, que la production agricole des produits vivriers locaux est en hausse. Beaucoup de marchands ach\u00e8tent \u00e0 l\u2019\u00eele de Djumbe Fatima pour vendre \u00e0 Ngazidja. Il suffit de se rendre au port de Moroni ou \u00e0 la ville de Chindini, dans la r\u00e9gion de Mbadjini, pour voir les petits bateaux accoster. Ces kwasa-kwasa transportent les produits agricoles locaux. Les ventes peuvent se d\u00e9rouler au sein m\u00eame du port de la capitale de l\u2019archipel ou \u00e0 Chindini. Certains particuliers n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 se d\u00e9placer jusqu\u2019\u00e0 cette ville au cours de ce mois de ramadan avec l\u2019espoir d\u2019acheter directement de l\u2019agriculteur \u00e0 bas prix avant que le produit n\u2019atterrisse au march\u00e9 de Moroni, o\u00f9 il sera vendu par un commer\u00e7ant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Un jeune agriculteur passionn\u00e9 et entrepreneur d\u00e9vou\u00e9<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Moh\u00e9li, l\u2019agriculture conna\u00eet une progression consid\u00e9rable, contrairement aux autres \u00eeles des Comores. Elle attire de plus en plus de jeunes puisqu\u2019elle est rentable financi\u00e8rement. Beaucoup d\u2019entre eux se consacrent exclusivement \u00e0 l\u2019agriculture et ouvrent leurs petites entreprises. C\u2019est le cas de Fay\u00e7al Bianrifi Youssouf. C\u2019est un agriculteur moh\u00e9lien \u00e2g\u00e9 de trente-huit ans. Dipl\u00f4m\u00e9 en Gestion de Ressources naturelles et Environnement \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Tamatave, \u00e0 Madagascar, Fay\u00e7al Bianrifi Youssouf a occup\u00e9 le poste de chef de service de Marketing \u00e0 la Direction r\u00e9gionale de Comores T\u00e9l\u00e9com \u00e0 Moh\u00e9li. Fils d\u2019un agriculteur, il a d\u00e9missionn\u00e9 de son travail pour cultiver la terre comme ce fut le cas de son p\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je suis agriculteur depuis mon tr\u00e8s jeune \u00e2ge, mais c\u2019est \u00e0 partir de 2019, ann\u00e9e au cours de laquelle j\u2019ai quitt\u00e9 Comores Telecom, que j\u2019ai r\u00e9volutionn\u00e9 l\u2019agriculture, jusqu\u2019\u00e0 nos jours. J\u2019ai compris que c\u2019\u00e9tait le seul secteur o\u00f9 je pouvais garantir ma vie en tant que jeune. Aujourd\u2019hui, l\u2019agriculture est le secteur qui fait l\u2019objet de plusieurs d\u00e9bats \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale et r\u00e9gionale<\/em>&nbsp;\u00bb, affirme cet entrepreneur. Fondateur de l\u2019entreprise FABI Production, cet homme cultive de la banane, du manioc, des taros, de la patate douce, les past\u00e8ques, du piment, de l\u2019ananas, du fruit de la passion et de la papaye. Il emploie onze personnes dans son entreprise&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nos produits se vendent dans l\u2019ensemble de l\u2019archipel, que ce soit les denr\u00e9es alimentaires, mais aussi les semences banani\u00e8res et autres<\/em>&nbsp;\u00bb, d\u00e9clare-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Passionn\u00e9 par son m\u00e9tier, cet agriculteur et ses employ\u00e9s peuvent r\u00e9colter quatre cents r\u00e9gimes de bananes ainsi que quarante \u00e0 cinquante tonnes de manioc par mois. Il travaille la terre \u00e0 travers la m\u00e9thode traditionnelle, mais aussi par la m\u00e9thode moderne, en faisant usage des engrais. Malgr\u00e9 la quantit\u00e9 que produit son entreprise par mois, Fay\u00e7al Bianrifi Youssouf souligne qu\u2019il n\u2019arrive pas \u00e0 satisfaire tous ses clients. Il ne peut honorer que 40% des commandes pass\u00e9es. Selon lui, au cours de ce mois de ramadan, c\u2019est la banane qui est plus demand\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Par rapport \u00e0 la commande que je re\u00e7ois, c\u2019est tr\u00e8s difficile de r\u00e9pondre \u00e0 cette demande plus \u00e9lev\u00e9e que l\u2019offre. Mais, si j\u2019arrivais \u00e0 avoir 1 tonne de chaque produit, je pourrais faire tout \u00e9couler sans difficult\u00e9. Le souci, c\u2019est que nous sommes en p\u00e9riode de pluie, et certains produits ne tub\u00e9risent pas. Ce qui fait qu\u2019\u00e0 Moh\u00e9li, ces produits restent introuvables&nbsp;<\/em>\u00bb, regrette l\u2019entrepreneur. C\u2019est surprenant de voir qu\u2019une petite entreprise arrive \u00e0 produire autant de denr\u00e9es alimentaires, m\u00eame c\u2019est insuffisant. On comprend en effet que la terre comorienne est fertile, et le climat est adapt\u00e9. Il est probable que si une majorit\u00e9 de personnes cultivaient, l\u2019archipel pourrait avoir une s\u00e9curit\u00e9 alimentaire en ce qui concerne les produits locaux. Cependant, il faudrait que la jeunesse qui est au ch\u00f4mage et qui tra\u00eene sur les places publiques accepte de passer le cap et de prendre les choses en main.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La banane fait entrer un chiffre d\u2019affaires de 3 millions de francs comoriens pendant le mois de ramadan<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les clients de FABI production sont des marchands, mais aussi des particuliers&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>On vend nos produits en organisant des foires, des salons et des march\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb, atteste Fay\u00e7al Bianrifi. Selon lui, le chiffre d\u2019affaires pendant ce mois de ramadan peut atteindre plusieurs millions de francs comoriens&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Le chiffre d\u2019affaires durant le mois de ramadan peut s\u2019\u00e9lever \u00e0 3 millions,<\/em> <em>vu qu\u2019il s\u2019agit juste de la banane. Ce chiffre peut s\u2019\u00e9lever pendant les p\u00e9riodes de<\/em> Machouhouli <em>(mariages), de juillet \u00e0 octobre. Pendant cette p\u00e9riode, il y a une forte demande, et les produits sont presque pr\u00eats<\/em>&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise le patron. C\u2019est une somme remarquable \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale. Toutefois, cet entrepreneur souligne que \u00ab&nbsp;<em>le produit le plus rentable pour moi est la past\u00e8que, car elle a un cycle de 3 mois et elle p\u00e8se&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet agriculteur nous a confi\u00e9 qu\u2019\u00e0 Moh\u00e9li, les prix des produits agricoles sont les m\u00eames, quel que soit le producteur. C\u2019est uniquement lors des foires, des salons\u2026 que les prix changent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Fondateur d\u2019une coop\u00e9rative agricole<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le but d\u2019aider les agriculteurs confront\u00e9s \u00e0 beaucoup d\u2019obstacles, Fay\u00e7al Bianrifi Youssouf a fond\u00e9 en 2018 une coop\u00e9rative agricole d\u00e9nomm\u00e9e <em>Dima Djema<\/em>. Celle-ci regroupe une trentaine de personnes, dont cinq permanents et vingt-cinq saisonniers. Cet entrepreneur consacre 40% de son temps \u00e0 cette coop\u00e9rative&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai eu l\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er cette coop\u00e9rative, car il y a un v\u00e9ritable probl\u00e8me d\u2019espace, s\u2019agissant des terrains cultivables d\u2019envergure. Donc, les paysans sont oblig\u00e9s de travailler sur des petites parcelles et souvent livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames. Je me suis dit que je dois essayer de les rapprocher et les regrouper afin de les aider&nbsp;<\/em>\u00bb, d\u00e9clare notre interlocuteur. Cette coop\u00e9rative a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une subvention de la Banque mondiale \u00e0 travers le projet PIDC du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture. Il s\u2019agit de l\u2019achat d\u2019une vedette pour transporter les produits vers les autres \u00eeles.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aux Comores, pendant le mois de ramadan, la population consomme davantage de produits vivriers (banane, manioc, patate douce, taro, etc.). Ces produits agricoles sont presque devenus des denr\u00e9es alimentaires rares dans l\u2019archipel. Certains commer\u00e7ants n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 les acheter en Tanzanie et \u00e0 Madagascar (\u2026) pour les vendre aux Comores. 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