{"id":9142,"date":"2023-02-20T18:34:39","date_gmt":"2023-02-20T15:34:39","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=9142"},"modified":"2023-02-20T18:34:43","modified_gmt":"2023-02-20T15:34:43","slug":"les-comores-dans-la-zone-de-libre-echange-dafrique-un-ecran-de-fumee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/economie\/les-comores-dans-la-zone-de-libre-echange-dafrique-un-ecran-de-fumee\/","title":{"rendered":"<strong>Les Comores dans la Zone de libre-\u00e9change d\u2019Afrique\u00a0: un \u00e9cran de fum\u00e9e<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Le 11 f\u00e9vrier 2023, Azali Assoumani a promulgu\u00e9 la Loi n\u00b023-001 du 6 f\u00e9vrier 2023 qui autorise \u00e0 ratifier l\u2019Accord portant Cr\u00e9ation de la Zone de libre-\u00e9change continentale d\u2019Afrique. Alors signataire de l\u2019accord depuis 2018, ce n\u2019est que 5 ans plus tard que l\u2019Union des Comores vont ratifier le trait\u00e9, notamment \u00e0 quelques jours de la prise de la pr\u00e9sidence de l\u2019organisation panafricaine par les Comores. Pour un pays avec une industrialisation embryonnaire, un pays fortement d\u00e9pendant des importations, cette ratification tardive appara\u00eet comme une strat\u00e9gie hasardeuse impos\u00e9e par le contexte, sachant que le pays faisait partie des 10 \u00c9tats sur les 55 qui n\u2019avaient pas \u00e9mis un instrument de ratification. On peut aussi parler d\u2019une d\u00e9marche qui repose sur les limites actuelles que pr\u00e9sente la ZLECAF&nbsp;; ce qui interroge sur les ann\u00e9es \u00e0 venir pour les Comores face \u00e0 cette situation d\u2019int\u00e9gration nouvelle qui impliquera forc\u00e9ment des remises \u00e0 niveau d\u2019ordre structurel important.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Afrique, seulement 8% des importations aux Comores<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Int\u00e9grer une zone de libre-\u00e9change commercial implique la perte ou la cessation de sa souverainet\u00e9, en contrepartie d\u2019une plus grande opportunit\u00e9 de d\u00e9veloppement que le march\u00e9 national arrive peu ou prou \u00e0 satisfaire. En effet, la zone de libre-\u00e9change commercial se caract\u00e9rise par la lev\u00e9e progressive de fronti\u00e8res fiscales jusqu\u2019\u00e0 90% de produits pour leur permettre ainsi qu\u2019aux services de parvenir librement au march\u00e9 des pays membres. Pour les Comores, la plus grande ressource fiscale est la Douane, dont <em>les recettes s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 42%. Or, avec la ZLECAF, les Comores vont devoir lib\u00e9raliser \u00ab&nbsp;le commerce des marchandises, le commerce des services, les investissements, les droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et politique de concurrence<\/em>&nbsp;\u00bb apprend-t-on par l\u2019Accord. Certainement, l\u2019impact qu\u2019occasionne la ZLECAF pour les Comores est moindre. Au regard de la configuration actuelle des \u00e9changes commerciaux entre les Comores et le reste du monde, seulement 8% des importations vont \u00eatre concern\u00e9es par la nouvelle donne \u00e9conomique, puisque selon le dernier Rapport annuel de la Banque centrale des Comores (BCC), les r\u00e9gions qui exportent d\u2019avantages de produits aux Comores sont le golfe Persique, avec 41%, l\u2019Est de l&#8217;Asie avec 31%, et l\u2019Europe avec 19%. Cela semble avoir, en partie, motiv\u00e9 le gouvernement \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la ratification. L\u2019autre raison est selon toute vraisemblance la pr\u00e9sidence de l&#8217;Union africaine, qui a \u00e9chu les Comores, compte tenu surtout de la place centrale que la Zone de libre-\u00e9change continentale occupe dans l\u2019Agenda de l\u2019Organisation r\u00e9gionale. Toutefois, il est essentiel de relever combien les Comores pr\u00e9sentent des retards consid\u00e9rables par rapport aux objectifs vis\u00e9s par cette initiative.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une strat\u00e9gie \u00e0 court terme discutable<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les Comores seront exempt\u00e9es de cons\u00e9quences pour les prochaines ann\u00e9es, si on se fonde sur les habitudes commerciales de l\u2019archipel. Il y a \u00e9galement le fait que le continent est encore en voie d\u2019industrialisation. Mais, ce contexte sera largement d\u00e9pass\u00e9, selon les experts. La ZLECAF \u00ab&nbsp;<em>aidera l\u2019Afrique \u00e0 diversifier et industrialiser son \u00e9conomie, et \u00e0 \u00eatre moins d\u00e9pendante de l\u2019exportation d\u2019un petit nombre de produits de base tels que le cuivre, le p\u00e9trole et le caf\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, selon Mari Elka Pangestu, Directrice g\u00e9n\u00e9rale de la Banque mondiale pour les politiques de d\u00e9veloppement et les partenariats. On peut donc esp\u00e9rer que le retard du gouvernement pour ratifier l\u2019Accord rel\u00e8ve du fait que les d\u00e9cideurs ont conscience de l\u2019indice d\u2019industrialisation du pays, et que cela s\u2019accompagnera d\u2019une politique d\u2019industrialisation qui apportera des ressources nouvelles \u00e0 l\u2019\u00c9tat. Le r\u00e9gime politique en place peut compter sur une industrie africaine peu dynamique pour pouvoir reposer sa strat\u00e9gie qui s\u2019apparente \u00e0 un choix purement d\u00e9magogique en l\u2019\u00e9tat actuel des choses&nbsp;? Toutefois, cela sera le cas jusqu\u2019\u00e0 quand&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sur le long terme, une strat\u00e9gie risqu\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La finalit\u00e9 de la Zone de libre-\u00e9change continentale est de stimuler les investissements et l\u2019industrialisation des pays d\u2019Afrique. Et selon une nouvelle \u00e9tude de la Banque mondiale, cet objectif sera atteint puisque <em>\u00ab&nbsp;la ZLECAF a le potentiel d\u2019encourager les investissements directs \u00e9trangers n\u00e9cessaires pour que l\u2019Afrique se diversifie dans de nouvelles industries, telles que l\u2019agroalimentaire, l\u2019industrie manufacturi\u00e8re et les services, et de r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de la r\u00e9gion aux cycles d\u2019expansion et de ralentissement des produits de base<\/em>&nbsp;\u00bb. Effectivement, le march\u00e9 continental rev\u00eat un attrait particulier&nbsp;: sur le territoire, on retrouve les mati\u00e8res premi\u00e8res strat\u00e9giques et une main-\u0153uvre jeune. Cette attractivit\u00e9 devra faire pencher la balance en faveur des pays d\u2019Afrique pour les importateurs nationaux, o\u00f9 les biens seront faciles \u00e0 d\u00e9placer parce que moins co\u00fbteux. Cela va engendrer des pertes fiscales importantes pour les Comores, une situation de crise probable que le pays doit dor\u00e9navant anticiper en permettant l\u2019\u00e9tablissement d\u2019autres ressources fiscales. Pour tout \u00c9tat, la fiscalit\u00e9 est ce qui fait fonctionner d\u2019abord l\u2019administration publique. Donc, la logique voudrait les Comores s\u2019adaptent \u00e0 ces nouveaux param\u00e8tres. Le gouvernement est invit\u00e9 dans une autre mesure \u00e0 se doter d\u2019un meilleur secteur public&nbsp;; or, au regard de l\u2019\u00e9tat des entreprises publiques actuellement, on peut dire qu\u2019on est loin de sortir de l\u2019auberge. Ce sera dangereux, \u00e0 n\u2019en pas douter, si les Comores se retrouvent dans une situation o\u00f9 les produits qui seront consomm\u00e9s par ses habitants sont issus du march\u00e9 de libre-\u00e9change. En effet, cela apportera la faillite \u00e0 l\u2019\u00c9tat comorien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La population comorienne, premi\u00e8re b\u00e9n\u00e9ficiaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des produits agricoles qui arrivent sur le march\u00e9 comorien sont import\u00e9s soit de Tanzanie, soit de Madagascar. Pour l\u2019instant, la Grande \u00eele n\u2019a pas ratifi\u00e9 l\u2019Accord&nbsp;; ce qui fait que les flux entre les Comores et Antananarivo ne seront pas encore r\u00e9gis par les dispositions de la ZLECAF. Par contre, avec la Tanzanie, les Comores vont devoir appliquer la r\u00e8gle de la lib\u00e9ralisation, puisque ce pays a ratifi\u00e9 le trait\u00e9 le 17 janvier 2023. Cela consistera donc \u00e0 retirer une \u00e9pine sous le pied pour une population comorienne en proie \u00e0 l\u2019inflation \u00e0 cause de la hausse des taxes douani\u00e8res. La viande de b\u0153uf, le songe, l\u2019ail et la pomme de terre et beaucoup d\u2019autres aliments qui arrivent de la Tanzanie vont certainement voir leur prix baisser&nbsp;; ce qui va permettre aux m\u00e9nages de souffler. De toute fa\u00e7on, nous aurons \u00e0 observer les comportements \u00e9conomiques des importateurs et des autorit\u00e9s politiques pour relever comment ils vont r\u00e9agir face \u00e0 la lev\u00e9e des restrictions aux fronti\u00e8res. Ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que le mois de ramadan 2023 devra \u00eatre plus abordable pour les consommateurs comoriens, puisque, par ricochet, les produits de terroir devront \u00e9galement subir des baisses de prix, \u00e9tant donn\u00e9 que sur le march\u00e9, on aura des produits moins chers, concurrents.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, d\u2019autres avantages sont \u00e0 mettre sur le compte de la ZLECAF pour la population. La Banque mondiale estime <em>\u00ab&nbsp;qu&#8217;une fois enti\u00e8rement mis en \u0153uvre pour harmoniser les r\u00e8gles d\u2019investissement et de concurrence, l\u2019accord commercial pourrait accro\u00eetre les revenus r\u00e9gionaux de 9%, soit 571 milliards de dollars<\/em>&nbsp;\u00bb. Le march\u00e9 continental va donc jouer un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans la lutte contre la pauvret\u00e9 dans nos \u00eeles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 11 f\u00e9vrier 2023, Azali Assoumani a promulgu\u00e9 la Loi n\u00b023-001 du 6 f\u00e9vrier 2023 qui autorise \u00e0 ratifier l\u2019Accord portant Cr\u00e9ation de la Zone de libre-\u00e9change continentale d\u2019Afrique. 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