{"id":9046,"date":"2023-01-23T11:20:39","date_gmt":"2023-01-23T08:20:39","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=9046"},"modified":"2023-01-23T11:20:58","modified_gmt":"2023-01-23T08:20:58","slug":"le-peuple-est-il-responsable-de-lamplification-de-la-crise-alimentaire-aux-comores","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/societe\/le-peuple-est-il-responsable-de-lamplification-de-la-crise-alimentaire-aux-comores\/","title":{"rendered":"<strong>Le peuple est-il responsable de l\u2019amplification de la crise alimentaire aux Comores\u00a0?<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019augmentation des prix des denr\u00e9es alimentaires a enflamm\u00e9 les d\u00e9bats sur les r\u00e9seaux sociaux, comme sur les places publiques, jusqu\u2019\u00e0 ce que les gens s\u2019en lassent et acceptent leur sort avec fatalisme, tout en sachant qu\u2019ils jouent eux-m\u00eames un r\u00f4le important dans l\u2019amplification de cette crise qui peut \u00e0 la longue an\u00e9antir l\u2019\u00e9conomie du pays. La nature humaine poussant les masses populaires \u00e0 chercher plus \u00e0 trouver des coupables au lieu de penser \u00e0 chercher des solutions fait que le gouvernement et le peuple veulent que cela soit la faute de l\u2019autre. \u00c9tant donn\u00e9 que les citoyens n\u2019ont jamais vu les pouvoirs publics apporter des solutions \u00e0 leurs soucis du quotidien, beaucoup pr\u00e9f\u00e8rent pointer le peuple du doigt, car comme dit la sagesse populaire comorienne, \u00ab\u00a0le seul qui peut savoir qu\u2019un toit fuit est celui qui dort \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la maison\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Noussa\u00efbaty Ouss\u00e9ni Mohamed Ouloub\u00e9<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">L\u2019augmentation des prix des denr\u00e9es alimentaires a enflamm\u00e9 les d\u00e9bats sur les r\u00e9seaux sociaux, comme sur les places publiques, jusqu\u2019\u00e0 ce que les gens s\u2019en lassent et acceptent leur sort avec fatalisme, tout en sachant qu\u2019ils jouent eux-m\u00eames un r\u00f4le important dans l\u2019amplification de cette crise qui peut \u00e0 la longue an\u00e9antir l\u2019\u00e9conomie du pays. La nature humaine poussant les masses populaires \u00e0 chercher plus \u00e0 trouver des coupables au lieu de penser \u00e0 chercher des solutions fait que le gouvernement et le peuple veulent que cela soit la faute de l\u2019autre. \u00c9tant donn\u00e9 que les citoyens n\u2019ont jamais vu les pouvoirs publics apporter des solutions \u00e0 leurs soucis du quotidien, beaucoup pr\u00e9f\u00e8rent pointer le peuple du doigt, car comme dit la sagesse populaire comorienne, \u00ab&nbsp;le seul qui peut savoir qu\u2019un toit fuit est celui qui dort \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la maison&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le manque de produits agricoles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La diminution de la production agricole est vue par un grand nombre de personnes comme \u00e9tant la premi\u00e8re cause de l\u2019insuffisance des produits alimentaires, et ce, bien avant la crise dont tout le monde parle d\u00e9sormais. L\u2019offre \u00e9tant plus petite que la demande, les marchands ont toujours fix\u00e9 les prix \u00e0 leur guise, et les consommateurs n\u2019ont jamais eu de choix que de se soumettre \u00e0 leur volont\u00e9 puisqu\u2019aucune police ne prot\u00e8ge celui qui a faim et qui est pr\u00eat \u00e0 payer le prix cher pour manger. En raison des faibles r\u00e9coltes, beaucoup de l\u00e9gumes qui \u00e9taient autrefois abondamment cultiv\u00e9s aux Comores sont, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, import\u00e9s de Madagascar et de Tanzanie.<\/p>\n\n\n\n<p>Nombreux sont ceux qui disent \u00eatre choqu\u00e9s de voir que des Comoriens partent acheter des tomates fra\u00eeches \u00e0 Madagascar pour les revendre \u00e0 plus de 1.500 francs comoriens (KMF, 3 euros) le kilogramme alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un l\u00e9gume qui pousse facilement et que quelques ann\u00e9es auparavant, les producteurs locaux criaient \u00e0 la surabondance des r\u00e9coltes de tomates. Le kilo d\u00e9passait rarement les 500 KMF (1 euro). Le risque de voir leurs marchandises pourrir en cas de retard sur les dates de d\u00e9part des bateaux est grand, et cela est arriv\u00e9 trop de fois sans que les acheteurs ne se d\u00e9couragent, comme s\u2019ils pr\u00e9f\u00e9raient perdre de l\u2019argent que travailler dur pour en gagner.<\/p>\n\n\n\n<p>Commerce extraverti<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes Anjouanais sont travailleurs, et bien souvent leur seule source de revenus est la nature. Certains feront de l\u2019agriculture, d\u2019autres iront \u00e0 la p\u00eache\u2026 et d\u00e8s qu\u2019ils accumulent une somme d\u2019argent importante, ils abandonnent ces boulots pour partir acheter des choses \u00e0 vendre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et ne pensent en aucun cas qu\u2019ils peuvent investir cet argent dans le m\u00eame domaine et devenir ceux aupr\u00e8s de qui ils ach\u00e8tent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Un jeune qui gagne de l\u2019argent gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019agriculture ou \u00e0 la p\u00eache et qui part acheter des produits alimentaires en Tanzanie ou \u00e0 Duba\u00ef contribue \u00e0 la crise alimentaire au sein de son propre pays, et c\u2019est ce que beaucoup de personnes semblent vouloir d\u00e9noncer.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des gens accusent la jeune g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00eatre responsable de la baisse de la production agricole, car elle abandonne les champs pour les bureaux de la Fonction publique. Cependant, les cultivateurs identifient d\u2019autres causes plus ou moins naturelles, comme les animaux qui ravagent les cultures, la s\u00e9cheresse ou m\u00eame les fortes pluies.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Mirontsy, sur l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan, plusieurs personnes tiennent les animaux responsables du fait qu\u2019elles ne cultivent plus certaines choses. La ville \u00e9tait connue pour sa grande production de pois de bambara connu localement sous le nom de \u00ab&nbsp;<em>nkundre za uzimu<\/em>&nbsp;\u00bb, mais, d\u00e9sormais, quelques personnes seulement prennent le risque d\u2019en planter, et tout le monde peut constater la diminution de ce produit, pourtant tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rats, les souris ou m\u00eame les h\u00e9rissons se plaisent \u00e0 creuser les champs pour consommer les tubercules de manioc, mais il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que les pois de terre sont leur produit favori. Les cultivateurs n\u2019oublient pas toutefois de pr\u00e9ciser que, quand ils \u00e9taient nombreux \u00e0 en planter, les rongeurs mangeaient un peu chez chaque personne et \u00e0 la fin, chacun avait sa r\u00e9colte. Comme la plupart des champs sont d\u00e9sormais abandonn\u00e9s, car les jeunes ne veulent plus se salir les mains, ceux qui ont le courage de le faire ne plantent souvent que du manioc, car les rats et autres animaux ne peuvent pas le ravager totalement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019argent appelle l\u2019argent<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les cacahu\u00e8tes font partie des produits qui ne sont plus autant produits sur l\u2019\u00eele, que donc beaucoup d\u2019enfants risquent de ne jamais vivre le plaisir de voir ou faire un \u00e9pouvantail pour prot\u00e9ger les champs d\u2019arachides des corbeaux. Les gens ont fini par se rendre compte que l\u2019oiseau n\u2019avait plus peur de ce gardien de bois. Si certains commen\u00e7aient \u00e0 penser que les oiseaux sont devenus plus intelligents, d\u2019autres se sont rappel\u00e9s des habitudes qui ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es apr\u00e8s la mort des vielles femmes qui faisaient vivre des longues ann\u00e9es de tradition. Une femme nous a confi\u00e9 que quand elle voyait les vieilles femmes mettre du riz sur la plage pour les esprits, elle les prenait pour des personnes mentalement instables, car les corbeaux \u00e9taient les seuls qui venaient manger ce riz. La g\u00e9n\u00e9ration moderne, trop \u00ab&nbsp;\u00e9clair\u00e9e&nbsp;\u00bb pour croire aux forces invisibles, a cess\u00e9 de nourrir les corbeaux, et ces derniers ont envahi les champs, poussant la plupart de ceux qui plantaient les arachides \u00e0 les abandonner. D\u00e9sormais, les cacahu\u00e8tes viennent g\u00e9n\u00e9ralement de la Grande \u00cele, et il suffit que les bateaux prennent du temps \u00e0 arriver pour que le \u00ab&nbsp;shihondro&nbsp;\u00bb commence \u00e0 dispara\u00eetre du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La rapidit\u00e9 avec laquelle les Comoriens se sont adapt\u00e9s \u00e0 la crise d\u2019une grande ampleur montre \u00e0 la fois leur force et leur courage \u00e0 faire face sans trop se plaindre aux probl\u00e8mes auxquels ils se sont depuis longtemps habitu\u00e9s, mais aussi leur manque de volont\u00e9 dans la lutte pour leur bien-\u00eatre, se contentant de solutions \u00e9ph\u00e9m\u00e8res qui nourrissent la pr\u00e9carit\u00e9 de la vie. Si pour certains, le temps est de l\u2019argent et <em>que \u00ab&nbsp;l\u2019argent appelle l\u2019argent&nbsp;\u00bb<\/em>, pour le peuple comorien, c\u2019est la crise qui appelle l\u2019argent. Partout dans le monde, les gens savent que leurs malheurs rendent les autres heureux et que la flamb\u00e9e des prix appauvrit les pauvres et enrichit ceux qui dorment sur la fortune.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, les pays vers lesquels les Comoriens partent acheter tous les produits n\u00e9cessaires \u00e0 leur existence ont-ils augment\u00e9 les prix&nbsp;? Le gouvernement comorien a-il augment\u00e9 les taxes&nbsp;? D\u00e8s lors, les commer\u00e7ants n\u2019ont pas trouv\u00e9 de moyen de riposte que d\u2019augmenter brutalement le prix de chaque chose. Les paysans, qui ne comptent que sur leurs r\u00e9coltes pour vivre, ont compris que la meilleure d\u00e9fense restait l\u2019attaque, et fixent des prix hors normes tout en criant qu\u2019ils veulent aussi survivre et que cela n\u2019est pas de leur faute. Il est donc \u00e9tonnant de voir que des milliers de personnes d\u00e9cident de prendre le risque de s\u2019entretuer en nourrissant la crise alimentaire au lieu de faire face \u00e0 un gouvernement de quelques personnes qui ont \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00e9lues&nbsp;\u00bb pour servir le peuple et qui doivent leur rendre des comptes. L\u2019inaction des uns et l\u2019envie des autres de montrer qu\u2019ils font leurs propres lois font que chaque semaine, les prix augmentent comme si chaque jour, le gouvernement faisait monter les taxes ou que chaque jour les commer\u00e7ants se rendaient \u00e0 Duba\u00ef.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le manque de produits agricoles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La diminution de la production agricole est vue par un grand nombre de personnes comme \u00e9tant la premi\u00e8re cause de l\u2019insuffisance des produits alimentaires, et ce, bien avant la crise dont tout le monde parle d\u00e9sormais. L\u2019offre \u00e9tant plus petite que la demande, les marchands ont toujours fix\u00e9 les prix \u00e0 leur guise, et les consommateurs n\u2019ont jamais eu de choix que de se soumettre \u00e0 leur volont\u00e9 puisqu\u2019aucune police ne prot\u00e8ge celui qui a faim et qui est pr\u00eat \u00e0 payer le prix cher pour manger. En raison des faibles r\u00e9coltes, beaucoup de l\u00e9gumes qui \u00e9taient autrefois abondamment cultiv\u00e9s aux Comores sont, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, import\u00e9s de Madagascar et de Tanzanie.<\/p>\n\n\n\n<p>Nombreux sont ceux qui disent \u00eatre choqu\u00e9s de voir que des Comoriens partent acheter des tomates fra\u00eeches \u00e0 Madagascar pour les revendre \u00e0 plus de 1.500 francs comoriens (KMF, 3 euros) le kilogramme alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un l\u00e9gume qui pousse facilement et que quelques ann\u00e9es auparavant, les producteurs locaux criaient \u00e0 la surabondance des r\u00e9coltes de tomates. Le kilo d\u00e9passait rarement les 500 KMF (1 euro). Le risque de voir leurs marchandises pourrir en cas de retard sur les dates de d\u00e9part des bateaux est grand, et cela est arriv\u00e9 trop de fois sans que les acheteurs ne se d\u00e9couragent, comme s\u2019ils pr\u00e9f\u00e9raient perdre de l\u2019argent que travailler dur pour en gagner.<\/p>\n\n\n\n<p>Commerce extraverti<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes Anjouanais sont travailleurs, et bien souvent leur seule source de revenus est la nature. Certains feront de l\u2019agriculture, d\u2019autres iront \u00e0 la p\u00eache\u2026 et d\u00e8s qu\u2019ils accumulent une somme d\u2019argent importante, ils abandonnent ces boulots pour partir acheter des choses \u00e0 vendre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et ne pensent en aucun cas qu\u2019ils peuvent investir cet argent dans le m\u00eame domaine et devenir ceux aupr\u00e8s de qui ils ach\u00e8tent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Un jeune qui gagne de l\u2019argent gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019agriculture ou \u00e0 la p\u00eache et qui part acheter des produits alimentaires en Tanzanie ou \u00e0 Duba\u00ef contribue \u00e0 la crise alimentaire au sein de son propre pays, et c\u2019est ce que beaucoup de personnes semblent vouloir d\u00e9noncer.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des gens accusent la jeune g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00eatre responsable de la baisse de la production agricole, car elle abandonne les champs pour les bureaux de la Fonction publique. Cependant, les cultivateurs identifient d\u2019autres causes plus ou moins naturelles, comme les animaux qui ravagent les cultures, la s\u00e9cheresse ou m\u00eame les fortes pluies.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Mirontsy, sur l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan, plusieurs personnes tiennent les animaux responsables du fait qu\u2019elles ne cultivent plus certaines choses. La ville \u00e9tait connue pour sa grande production de pois de bambara connu localement sous le nom de \u00ab&nbsp;<em>nkundre za uzimu<\/em>&nbsp;\u00bb, mais, d\u00e9sormais, quelques personnes seulement prennent le risque d\u2019en planter, et tout le monde peut constater la diminution de ce produit, pourtant tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rats, les souris ou m\u00eame les h\u00e9rissons se plaisent \u00e0 creuser les champs pour consommer les tubercules de manioc, mais il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que les pois de terre sont leur produit favori. Les cultivateurs n\u2019oublient pas toutefois de pr\u00e9ciser que, quand ils \u00e9taient nombreux \u00e0 en planter, les rongeurs mangeaient un peu chez chaque personne et \u00e0 la fin, chacun avait sa r\u00e9colte. Comme la plupart des champs sont d\u00e9sormais abandonn\u00e9s, car les jeunes ne veulent plus se salir les mains, ceux qui ont le courage de le faire ne plantent souvent que du manioc, car les rats et autres animaux ne peuvent pas le ravager totalement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019argent appelle l\u2019argent<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les cacahu\u00e8tes font partie des produits qui ne sont plus autant produits sur l\u2019\u00eele, que donc beaucoup d\u2019enfants risquent de ne jamais vivre le plaisir de voir ou faire un \u00e9pouvantail pour prot\u00e9ger les champs d\u2019arachides des corbeaux. Les gens ont fini par se rendre compte que l\u2019oiseau n\u2019avait plus peur de ce gardien de bois. Si certains commen\u00e7aient \u00e0 penser que les oiseaux sont devenus plus intelligents, d\u2019autres se sont rappel\u00e9s des habitudes qui ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es apr\u00e8s la mort des vielles femmes qui faisaient vivre des longues ann\u00e9es de tradition. Une femme nous a confi\u00e9 que quand elle voyait les vieilles femmes mettre du riz sur la plage pour les esprits, elle les prenait pour des personnes mentalement instables, car les corbeaux \u00e9taient les seuls qui venaient manger ce riz. La g\u00e9n\u00e9ration moderne, trop \u00ab&nbsp;\u00e9clair\u00e9e&nbsp;\u00bb pour croire aux forces invisibles, a cess\u00e9 de nourrir les corbeaux, et ces derniers ont envahi les champs, poussant la plupart de ceux qui plantaient les arachides \u00e0 les abandonner. D\u00e9sormais, les cacahu\u00e8tes viennent g\u00e9n\u00e9ralement de la Grande \u00cele, et il suffit que les bateaux prennent du temps \u00e0 arriver pour que le \u00ab&nbsp;shihondro&nbsp;\u00bb commence \u00e0 dispara\u00eetre du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La rapidit\u00e9 avec laquelle les Comoriens se sont adapt\u00e9s \u00e0 la crise d\u2019une grande ampleur montre \u00e0 la fois leur force et leur courage \u00e0 faire face sans trop se plaindre aux probl\u00e8mes auxquels ils se sont depuis longtemps habitu\u00e9s, mais aussi leur manque de volont\u00e9 dans la lutte pour leur bien-\u00eatre, se contentant de solutions \u00e9ph\u00e9m\u00e8res qui nourrissent la pr\u00e9carit\u00e9 de la vie. Si pour certains, le temps est de l\u2019argent et <em>que \u00ab&nbsp;l\u2019argent appelle l\u2019argent&nbsp;\u00bb<\/em>, pour le peuple comorien, c\u2019est la crise qui appelle l\u2019argent. Partout dans le monde, les gens savent que leurs malheurs rendent les autres heureux et que la flamb\u00e9e des prix appauvrit les pauvres et enrichit ceux qui dorment sur la fortune.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, les pays vers lesquels les Comoriens partent acheter tous les produits n\u00e9cessaires \u00e0 leur existence ont-ils augment\u00e9 les prix&nbsp;? Le gouvernement comorien a-il augment\u00e9 les taxes&nbsp;? D\u00e8s lors, les commer\u00e7ants n\u2019ont pas trouv\u00e9 de moyen de riposte que d\u2019augmenter brutalement le prix de chaque chose. Les paysans, qui ne comptent que sur leurs r\u00e9coltes pour vivre, ont compris que la meilleure d\u00e9fense restait l\u2019attaque, et fixent des prix hors normes tout en criant qu\u2019ils veulent aussi survivre et que cela n\u2019est pas de leur faute. Il est donc \u00e9tonnant de voir que des milliers de personnes d\u00e9cident de prendre le risque de s\u2019entretuer en nourrissant la crise alimentaire au lieu de faire face \u00e0 un gouvernement de quelques personnes qui ont \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00e9lues&nbsp;\u00bb pour servir le peuple et qui doivent leur rendre des comptes. L\u2019inaction des uns et l\u2019envie des autres de montrer qu\u2019ils font leurs propres lois font que chaque semaine, les prix augmentent comme si chaque jour, le gouvernement faisait monter les taxes ou que chaque jour les commer\u00e7ants se rendaient \u00e0 Duba\u00ef.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Noussa\u00efbaty Ouss\u00e9ni Mohamed Ouloub\u00e9<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019augmentation des prix des denr\u00e9es alimentaires a enflamm\u00e9 les d\u00e9bats sur les r\u00e9seaux sociaux, comme sur les places publiques, jusqu\u2019\u00e0 ce que les gens s\u2019en lassent et acceptent leur sort avec fatalisme, tout en sachant qu\u2019ils jouent eux-m\u00eames un r\u00f4le important dans l\u2019amplification de cette crise qui peut \u00e0 la longue an\u00e9antir l\u2019\u00e9conomie du pays. 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