{"id":8601,"date":"2022-09-20T11:41:06","date_gmt":"2022-09-20T08:41:06","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=8601"},"modified":"2022-09-20T11:41:09","modified_gmt":"2022-09-20T08:41:09","slug":"rapport-de-la-banque-centrale-des-comores-2021-encore-un-coup-de-com-pour-le-gouvernement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/economie\/rapport-de-la-banque-centrale-des-comores-2021-encore-un-coup-de-com-pour-le-gouvernement\/","title":{"rendered":"Rapport de la Banque centrale des Comores 2021. Encore un coup de \u00ab\u00a0Com\u00a0\u00bb pour le gouvernement"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Mercredi dernier la Banque Centrale des Comores (BCC) a publi\u00e9 son rapport pour l\u2019ann\u00e9e 2021 sur l\u2019\u00e9conomie du pays en g\u00e9n\u00e9ral, et les effets conjoncturels relative aux comportements des acteurs \u00e9conomiques. Ce document pr\u00e9sentant la situation macro\u00e9conomique de l\u2019ann\u00e9e 2021 aux Comores, et donnant les pr\u00e9visions des ann\u00e9es \u00e0 venir, non seulement d\u00e9responsabilise l\u2019\u00c9tat eu \u00e9gard \u00e0 ses d\u00e9cisions politiques en mati\u00e8re d\u2019\u00e9conomie et de finances, mais il renvoie la cause de tous nos maux \u00e0 des origines exog\u00e8nes, notamment le conflit en Ukraine et la COVID-19.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Nezif-Hadj Ibrahim<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">La pauvret\u00e9, l\u2019inflation due \u00e0 la politique fiscale et l\u2019impact des d\u00e9ficits notamment des principales entreprises publiques du pays sur l\u2019\u00e9conomie ne sont pas analys\u00e9s dans le rapport produit par la Banque centrale des Comores. Tous les probl\u00e8mes \u00e9conomiques que connait le pays sont expliqu\u00e9s par des \u00e9v\u00e9nements internationaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un rapport relatif et le social n\u00e9glig\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport de la BCC semble d\u00e9crire une r\u00e9alit\u00e9 qui ne correspond pas aux \u00e9v\u00e9nements qui ont marqu\u00e9 l\u2019ann\u00e9e d\u2019un point de vue macro\u00e9conomique. Ses analyses semblent attach\u00e9es \u00e0 l\u2019action de l\u2019\u00c9tat, du moins \u00e0 un raisonnement qui correspond \u00e0 la politique sociale et \u00e9conomique du gouvernement d\u2019Azali Assoumani.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le rapport, le secteur primaire des Comores est sur une meilleure forme croissante apr\u00e8s une ann\u00e9e 2020 perturb\u00e9e profond\u00e9ment par la pand\u00e9mie. \u00ab&nbsp;<em>La valeur ajout\u00e9e du secteur primaire s\u2019est accrue de 3,2% en 2021 apr\u00e8s 2,1% une ann\u00e9e auparavant, soit une contribution \u00e0 la croissance \u00e9conomique de 0,8 point de pourcentage. Cette hausse s\u2019explique essentiellement par la bonne performance du secteur agricole (+3,9% en 2021 apr\u00e8s +2,1% en 2020), notamment \u00e0 travers les produits de rente (girofle, vanille et ylang-ylang) et la hausse de la production vivri\u00e8re et maraich\u00e8re en 2021)\u2026&nbsp;<\/em>\u00bb, soutient le rapport.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, cette affirmation pr\u00e9sente deux difficult\u00e9s&nbsp;: premi\u00e8rement les produits mara\u00eechers sont en grande partie en milieu rural et sont destin\u00e9s \u00e0 faire vivre les familles qui sont les plus grandes victimes de la pauvret\u00e9 aux Comores, selon l\u2019institut national des statistiques. Deuxi\u00e8mement, au vu de la r\u00e9cente crise alimentaire caus\u00e9e par la p\u00e9nurie de riz qui a dur\u00e9 presque deux mois, les importations de ces produits \u00e0 Tanzanie et \u00e0 Madagascar occupent une place importante dans le circuit des produits alimentaires du pays. Peut-\u00eatre que la Banque centrale voulait rassurer les partenaires internationaux de l\u2019impact social du projet, cependant son int\u00e9r\u00eat aurait d\u00fb \u00eatre social. Effectivement, de tels projets devaient permettre de r\u00e9sorber la pauvret\u00e9, du moins son impact dans les m\u00e9nages en apportant de la valeur ajout\u00e9e aux agriculteurs du milieu rural. En tout cas, la r\u00e9cente p\u00e9nurie de riz \u00e0 Ndzuani a montr\u00e9 les limites des Projet int\u00e9gr\u00e9s D\u00e9veloppement cha\u00eenes de valeurs et Comp\u00e9titivit\u00e9s et Productivit\u00e9s des exploitations agricoles familiales et r\u00e9silience. Les produits agricoles sur le march\u00e9 \u00e9tant plus chers.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Plan Comores \u00c9mergent sur la bonne voie selon l\u2019institution<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour la Banque centrale, les Comores ne sont pas dans une situation \u00e9conomique pr\u00e9occupante, certes des conjonctures n\u00e9gatives ont ralenti la tendance \u00e0 la hausse de l\u2019\u00e9conomie du pays, mais selon les perspectives annonc\u00e9es \u00ab&nbsp;l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique au titre de l\u2019ann\u00e9e 2022 devrait se consolider en raison des effets attendus des diff\u00e9rentes mesures de soutien \u00e0 l\u2019\u00e9conomie nationale par le gouvernement dans le cadre de la reprise de la mise en \u0153uvre des projets du Plan Comores Emergent (PCE)&nbsp;\u00bb, projette la BCC. Malheureusement ce n\u2019est pas ce qui est observ\u00e9 aujourd\u2019hui. On est m\u00eame loin de cette affirmation. Et ce ne sont pas les p\u00e9nuries que la population subit qui expliquent les difficult\u00e9s \u00e9conomiques que traverse le pays. Certainement, la balance de paiement ne saurait \u00eatre n\u00e9gative, surtout en raison de la forte c\u00e9l\u00e9bration des mariages, sachant que les fonds qui alimentent les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 ces \u00e9v\u00e9nements viennent en grande partie de la diaspora. Les difficult\u00e9s \u00e9conomiques aujourd\u2019hui sont plus ressenties par le consommateur dont le pouvoir d\u2019achat ne co\u00efncide pas avec l\u2019inflation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La politique budg\u00e9taire de l\u2019\u00c9tat est lou\u00e9e par la BCC<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alors que les principales entreprises publiques nationales sont en d\u00e9ficit budg\u00e9taire en raison de leur gestion, la BCC ne semble pas encore pr\u00eate \u00e0 tirer la sonnette d\u2019alarme. Pourtant, de telles entreprises devraient jouer un r\u00f4le essentiel dans le budget de l\u2019\u00c9tat, surtout en termes de recettes. En effet, si ces \u00e9tablissements publics \u00e0 caract\u00e8re commercial font partie de la sph\u00e8re priv\u00e9e par leur nature marchande, c\u2019est en raison de cette double finalit\u00e9, \u00e0 savoir r\u00e9aliser des prestations en vue de satisfaire la collectivit\u00e9 de biens essentiels, comme le riz pour l\u2019Onicor, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 pour la Sonelec ou les hydrocarbures pour la SHC, et aussi permettre \u00e0 l\u2019\u00c9tat de faire du profit. Ils sont, de ce fait, des acteurs \u00e9conomiques non n\u00e9gligeables pour l\u2019\u00c9tat comorien. Pourtant leur situation n\u2019est pas entr\u00e9e dans le champ d\u2019analyse de la Banque centrale, or les Comoriens subissent tous les jours les cons\u00e9quences de leurs politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cadre budg\u00e9taire, un fait important est \u00e0 relever. En 2020, les recettes de l\u2019\u00c9tat s\u2019\u00e9levaient \u00e0 101 milliards de francs, par contre, pour l\u2019ann\u00e9e 2021, on a connu une baisse et elles se sont r\u00e9duites \u00e0 91,3 milliards. La cause serait la baisse des recettes ext\u00e9rieures qui sont les aides des partenaires. Cela semble \u00e9vident puisqu\u2019en pleine pand\u00e9mie du COVID le pays avait re\u00e7u des aides pour pouvoir contrer la maladie et mieux lutter contre son expansion. Cependant, pour les recettes int\u00e9rieures, sp\u00e9cialement les recettes fiscales, le pays a connu une hausse de 11,1%. C\u2019est aussi compr\u00e9hensible quand on sait que la politique fiscale du pays est drastique. Ce qui fait peser sur la population le poids de l\u2019inflation. Le paradoxe, par ailleurs, vient des termes de la BCC pour pr\u00e9senter la politique budg\u00e9taire du pr\u00e9sident Azali Assoumani&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u2026 l\u2019\u00e9laboration de la loi de finances de l\u2019ann\u00e9e 2021 est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir d\u2019un cadrage macro-budg\u00e9taire s\u2019appuyant sur les orientations du Chef de l\u2019\u00c9tat visant la lutte contre la pr\u00e9carit\u00e9 et le laxisme administratif&nbsp;\u00bb, souligne l\u2019Institution bancaire. Pourtant, dans les faits, rien de la part du gouvernement ne semble destin\u00e9 \u00e0 \u00e9viter la pr\u00e9carit\u00e9, en ce sens que le meilleur moyen de rendre la vie moins pesante pour la population, c\u2019est certainement de faire en sorte que les produits de consommation correspondent au pouvoir d\u2019achat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les perspectives de la dette publique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il y a un sujet qui est peu discut\u00e9 sur la sph\u00e8re politique nationale, c\u2019est la question de la dette publique que contractent nos gouvernants. Contrairement \u00e0 la note de conjoncture de 2020 qui remplissait le r\u00f4le de rapport, le document que la BCC vient de publier fait appara\u00eetre la situation de la dette publique. Selon le rapport, la dette publique est essentiellement ext\u00e9rieure et elle est croissante. M\u00eame si au niveau int\u00e9rieur l\u2019\u00c9tat a contract\u00e9 des engagements financiers pour financer ses activit\u00e9s, c\u2019est au niveau international que le poids de la dette semble plus important. Pour la croissance de la dette publique ext\u00e9rieure, elle \u00ab&nbsp;est expliqu\u00e9e entre autres par les d\u00e9caissements effectu\u00e9s au titre du pr\u00eat contract\u00e9 aupr\u00e8s de la TDB pour le financement du CHU El-Maarouf, mais aussi aupr\u00e8s de la BAD pour le financement des mesures d\u2019accompagnement relatives au choc Covid-19&nbsp;\u00bb. Pourtant, le gouvernement avait d\u00e9clar\u00e9, par le biais du ministre des Finances, que l\u2019h\u00f4pital allait \u00eatre reconstruit sur fonds propres. Ce qui interroge encore plus c\u2019est le financement de mesures d\u2019accompagnements. Nous n\u2019avons aucune id\u00e9e de la nature de ces mesures alors que ce sont les contribuables comoriens qui vont rembourser ces dettes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le d\u00e9veloppement le grand absent du rapport<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alors que la pr\u00e9occupation centrale des pays pauvres, c\u2019est le d\u00e9veloppement, le rapport omet volontairement d\u2019en rendre compte. S\u2019il privil\u00e9gie les chiffres qui se rapportent \u00e0 la croissance, en aucun moment les analyses ne s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la dimension sociale des politiques publiques mises en place par le gouvernement. Cette approche adopt\u00e9e par les r\u00e9dacteurs du rapport de la BCC permet sans doute d\u2019\u00e9viter de parler des corolaires du d\u00e9veloppement, notamment de l\u2019indice du d\u00e9veloppement humain. En privil\u00e9giant la croissance par le maniement de chiffres qui ne rendent pas compte de la redistribution de la richesse cr\u00e9\u00e9e, la Banque centrale fait un choix politique.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mercredi dernier la Banque Centrale des Comores (BCC) a publi\u00e9 son rapport pour l\u2019ann\u00e9e 2021 sur l\u2019\u00e9conomie du pays en g\u00e9n\u00e9ral, et les effets conjoncturels relative aux comportements des acteurs \u00e9conomiques. 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