{"id":8520,"date":"2022-09-05T17:47:57","date_gmt":"2022-09-05T14:47:57","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=8520"},"modified":"2022-09-06T18:09:14","modified_gmt":"2022-09-06T15:09:14","slug":"penurie-de-riz-a-ndzuani-la-famine-guette-lile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/societe\/penurie-de-riz-a-ndzuani-la-famine-guette-lile\/","title":{"rendered":"P\u00e9nurie de riz \u00e0 Ndzuani, la famine guette l\u2019\u00eele"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Depuis un mois et demi, l\u2019\u00eele de Ndzuani est frapp\u00e9e par une p\u00e9nurie de riz ordinaire. Cette denr\u00e9e de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9, la plus consomm\u00e9e dans l\u2019archipel des Comores n\u2019est plus visible dans les magasins occasionnant, dans une certaine mesure, une famine au sein des familles et une invitation \u00e0 revoir le mod\u00e8le d\u2019alimentation de la population.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Par Nezif-Hadj Ibrahim<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">Dans les assiettes des Anjouanais, de nouveaux produits prennent place \u00e0 l\u2019occasion de cette crise alimentaire qui touche \u00e0 des degr\u00e9s divers trois des \u00eeles de l\u2019archipel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a quelques semaines une vid\u00e9o sur Facebook donnait \u00e0 voir une foule dans un magasin \u00e0 Mutsamudu pour s\u2019emparer de la farine de ma\u00efs. Ce produit n\u2019occupait pas une place importante. Actuellement, les familles recourent aux p\u00e2tes. Celles-ci ont fait l\u2019objet d\u2019une hausse comme les autres produits disponibles sur le march\u00e9 et qui pourraient circonscrire la famine. Ces produits alimentaires ont vu leur prix augmenter cependant et ils sont devenus rares.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les produits agricoles encore plus essentiels en milieu rural<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis le d\u00e9but de la p\u00e9nurie, les habitants se tournent de plus en plus vers les produits agricoles. Les localit\u00e9s du milieu rural pratiquent l\u2019agriculture depuis longtemps \u00e9tant donn\u00e9 que ces parties du pays concentrent le plus de victimes des in\u00e9galit\u00e9s sociales du pays. Cependant, depuis quelques jours, m\u00eame les produits issus de l\u2019agriculture ne sont plus visibles sur les march\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On retrouve surtout des l\u00e9gumes comme l\u2019indique Andjamy Maftahou originaire de Mremani. \u00ab&nbsp;La situation actuelle a favoris\u00e9 le renforcement des liens de solidarit\u00e9&nbsp;\u00bb. L\u2019entraide est devenue indispensable, les produits agricoles se vendent de moins en moins. On pr\u00e9f\u00e8re se les offrir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une hausse exponentielle des produits agricoles en milieu urbain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au march\u00e9 de Mutsamudu, on retrouve quelques produits agricoles, surtout du terroir insulaire comme du manioc et de la banane verte. Les tarots venus de Madagascar sont visibles ici et l\u00e0. Les prix de ces produits ont \u00e9t\u00e9 revus \u00e0 la hausse s\u00fbrement en raison de la sp\u00e9culation et du fait que les autres produits alimentaires disponibles sont chers, donc pas accessibles pour tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un kilo de tarot se vend \u00e0 1250 fc alors qu\u2019il \u00e9tait entre 750 et 800 fc. Un tas de bananes dont la quantit\u00e9 est vraiment r\u00e9duite s\u2019ach\u00e8te \u00e0 2000 fc, alors que son prix \u00e9tait de 1000 fc. La tubercule de manioc co\u00fbte 250 fc, le tas de cinq tubercules co\u00fbte davantage, 1000 fc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Domoni, la deuxi\u00e8me ville de l\u2019\u00eele, ces produits sont devenus rares sur les \u00e9tals des march\u00e9s. Apparemment, les gens pr\u00e9f\u00e8rent les garder en raison de l\u2019incertitude sur la fin de la p\u00e9nurie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>D\u00e9territorialisation op\u00e9r\u00e9e par le gouvernement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors que sur l&#8217;\u00eele de Ndzuani l\u2019absence de riz p\u00e8se consid\u00e9rablement sur les m\u00e9nages, \u00e0 Mwali comme \u00e0 Ngazidja la p\u00e9nurie n\u2019est pas encore pr\u00e9sente. De ce fait, certains entreprennent d\u2019envoyer du riz \u00e0 leur famille \u00e0 Ndzuani par solidarit\u00e9. Mais le transport vers de produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 n\u2019est pas possible. Sur les zones d\u2019embarcation la police douani\u00e8re tout comme la police administrative op\u00e8re des contr\u00f4les afin de traquer la moindre once de riz qu\u2019on voudrait faire parvenir \u00e0 ses familles \u00e0 Ndzuani.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant, l\u2019unit\u00e9 territoriale est un principe constitutionnel et la continuit\u00e9 territoriale devrait guider le service public. Malheureusement, ce n\u2019est pas l\u2019approche du gouvernement qui montre ainsi que la population de Ndzuani comme \u00e9tant une population \u00e0 part.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une nouvelle cargaison de riz de 1000 tonnes, un don du Japon, est annonc\u00e9e \u00e0 Moroni pour le 6 septembre. Toutefois, \u00e0 Ndzuani, aucun indice ne semble conduire \u00e0 supposer une arriv\u00e9e prochaine d\u2019un bateau cargo transport \u00ab&nbsp;l\u2019or banc&nbsp;\u00bb. Peut-\u00eatre que le renforcement du contr\u00f4le sur le riz Ngazidja r\u00e9pond \u00e0 un souci strat\u00e9gique. Il s\u2019agit d\u2019emp\u00eacher de frustrer la population \u00e0 Ngazidja dont une manifestation serait plus difficile \u00e0 ma\u00eetriser qu\u2019\u00e0 Ndzuani o\u00f9 on se contentera facilement de mater en pr\u00e9textant une contestation contre un r\u00e9gime diriger par un Grand-Comorien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab&nbsp;Un march\u00e9 noir&nbsp;\u00bb de produits alimentaires s\u2019est install\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De Mayotte ou de Majunga, des particuliers font venir du riz \u00e0 Ndzuani. Tandis que les garde-c\u00f4tes fran\u00e7ais sillonnent les eaux maritimes de Mayotte, \u00e0 la recherche des kwassa qui ram\u00e8nent du riz de l\u2019\u00eele s\u0153ur sous administration fran\u00e7aise. Cette option s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e en m\u00eame temps que le stock de riz s\u2019amenuisait dans les villages et villes c\u00f4ti\u00e8res. Dans le Shisiwani, cette \u00ab&nbsp;importation&nbsp;\u00bb clandestines est davantage recherch\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon une source qui requiert l\u2019anonymat, le sac de 20 kilos s\u2019ach\u00e8te \u00e0 30 euros et pour le transport, il faut jouer des coudes. \u00c0 Mutsamudu, du riz se vend en cachette \u00e0 un prix exorbitant. Le \u00ab&nbsp;Basmati&nbsp;\u00bb se vend \u00e0 2500 fc alors que le prix d\u2019origine \u00e9tait de 1250 fc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un monopole en faillite<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Comores sont un pays qui ne cultive pas le riz, alors qu\u2019il est le produit le plus consomm\u00e9 du pays. L\u2019Office National d\u2019importation et de commercialisation du riz (ONICOR) est en situation de monopole, pourtant, il est tomb\u00e9 en d\u00e9ficit. Dans un communiqu\u00e9 partag\u00e9 sur sa page Facebook, l\u2019Office annonce qu\u2019il subit des pertes depuis deux ans, des pertes dues \u00e0 la mont\u00e9e consid\u00e9rable du prix du riz sur le march\u00e9 mondial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Aujourd&#8217;hui l&#8217;ONICOR enregistre une perte insupportable de 62.000 kmf par tonnes avec un prix de revient de 315.000 kmf la tonne et un prix de vente de 253.000 kmf la tonne <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis, le prix du riz populaire a augment\u00e9 pour r\u00e9sorber ce d\u00e9ficit et sauver la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00c9tat de la faillite. Le gouvernement a fix\u00e9 le prix du riz \u00e0 400 fc le kilo, alors qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 300 fc \u00e0 la mi-juillet. Cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 la crise et la p\u00e9nurie actuelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 26 ao\u00fbt dernier, le Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Onicor a fait une tourn\u00e9e en compagnie du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du gouvernement, le ministre des Sports et des dignitaires du pouvoir pour sensibiliser les populations sur la p\u00e9nurie du riz. \u00c0 cette occasion, Miroidi Aboudou a fait savoir \u00e0 la population que \u00ab&nbsp;le riz ne tombe pas du ciel, il se cultive&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une conf\u00e9rence organis\u00e9e mardi 30 ao\u00fbt, le porte-parole du gouvernement, Houmed, ministre de l\u2019Agriculture appelle les Comoriens \u00e0 prendre \u00e0 bras le corps l\u2019agriculture. Paradoxalement le pouvoir n\u2019a jamais propos\u00e9 une politique agricole dont l\u2019objectif serait de diminuer notre d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019exportation du riz. Depuis le r\u00e9gime communiste d\u2019Ali Soilihi, aucun autre r\u00e9gime aux Comores ne s\u2019est pench\u00e9 concr\u00e8tement sur la question alors que l\u2019urbanisation dans l\u2019archipel a un impact sur notre culture alimentaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis un mois et demi, l\u2019\u00eele de Ndzuani est frapp\u00e9e par une p\u00e9nurie de riz ordinaire. 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