{"id":8479,"date":"2022-08-22T17:17:51","date_gmt":"2022-08-22T14:17:51","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=8479"},"modified":"2022-08-22T17:17:52","modified_gmt":"2022-08-22T14:17:52","slug":"tribune-libre-du-grand-mariage-en-2022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/opinion\/tribune-libre-du-grand-mariage-en-2022\/","title":{"rendered":"<strong>Tribune Libre&nbsp;: DU GRAND MARIAGE EN 2022<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">La situation que nous vivons dans le pays en ces mois de juillet et ao\u00fbt 2022 devrait amener tout un chacun \u00e0 s\u2019interroger sur le fameux GRAND MARIAGE. La multiplication des mash\u2019huli\u00e0 Ngazidja pose probl\u00e8me. Les c\u00e9l\u00e9brations se chevauchent. Cela a conduit \u00e0 une programmation des festivit\u00e9s pour que chacun puisse y participer.<\/p>\n\n\n\n<p>Une programmation au niveau de chaque localit\u00e9, le probl\u00e8me n\u2019est donc pas r\u00e9solu&nbsp;! Car personne ne limite son mash\u2019huli. Faute de mieux on en est arriv\u00e9 \u00e0 une planification journali\u00e8re. Mais qui peut assister tous les jours, matin, apr\u00e8s-midi et soir \u00e0 des mash\u2019huli&nbsp;? S\u2019imagine-t-on le pays consacrant deux mois \u00e0 des mash\u2019huli&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 une tendance lourde appel\u00e9e \u00e0 se renforcer au fil du temps. De plus en plus, les gens ne se rendent aux mash\u2019huli que de leurs proches, familles, amis, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9normes d\u00e9penses ostentatoires<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le grand mariage perd ainsi et de plus en plus, une de ses dimensions essentielles&nbsp;: son aspect communautaire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9normes d\u00e9penses ostentatoires en cette p\u00e9riode de crise internationale. L\u2019euphorie des mash\u2019huli semble emporter le pays dans un monde virtuel. Comme si les p\u00e9nuries avaient disparu par magie. Comme si l\u2019envol\u00e9e des prix \u00e9tait une illusion. Quels lendemains de mash\u2019huli pr\u00e9pare-t-on au pays&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi une situation aussi ubuesque dans un petit pays pauvre comme le n\u00f4tre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La d\u00e9fense de la culture<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9fendre et pr\u00e9server notre culture. Argument massue des pro \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb&nbsp;! Mais qui semble ne pas peser lourd. La base essentielle de notre culture n\u2019est pas le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb, c\u2019est notre langue dans ses cinq parlers&nbsp;: shibushi (de Maore), shiMaore, shiNdzuwani, shiNgazidja na shiMwali.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne semble pas \u00eatre une v\u00e9ritable pr\u00e9occupation. On assiste m\u00eame impuissant \u00e0 des aberrations en la mati\u00e8re. Des enfants de parents comoriens vivant aux Comores ne sachant pas s\u2019exprimer en comorien. Des enfants de plus en plus nombreux dont les parents se bousculent d\u2019un mash\u2019huli \u00e0 l\u2019autre pour s\u2019asseoir sur les \u00ab&nbsp;places d\u2019honneur&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le para\u00eetre social<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux \u00ab&nbsp;je-viens&nbsp;\u00bb, grands faiseurs de \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb, on pourrait \u00e9voquer des pr\u00e9occupations identitaires. Mais l\u00e0 aussi on constate que leurs enfants portent des noms occidentaux, ignorent le comorien, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>La vraie motivation r\u00e9side dans le para\u00eetre social. Curieusement chacun consid\u00e8re la r\u00e9alisation du \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb comme la r\u00e9ussite finale. C\u2019est d\u2019ailleurs ainsi que l\u2019on peut expliquer le fait que le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb ne soit plus r\u00e9serv\u00e9 aux ain\u00e9s de chaque famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Une anecdote, dans mon enfance, il y a plus d\u2019un demi-si\u00e8cle, lorsque l\u2019on organisait des c\u00e9l\u00e9brations officielles, il y avait les places des cadres et celles des notables. Mon p\u00e8re pr\u00e9f\u00e9rait s\u2019installer sur le coin des cadres alors qu\u2019il \u00e9tait un notable. Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a plus de places pour les cadres, nos \u00ab&nbsp;grands intellectuels&nbsp;\u00bb, y compris ceux qui vivent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, portent fi\u00e8rement leurs parures \u00ab&nbsp;d\u2019hommes accomplis&nbsp;\u00bb et se fondent dans le clan des grands notables.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb et le d\u00e9veloppement local<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb ne serait pas \u00e0 100% n\u00e9gatif. Sorte d\u2019assurance sociale&nbsp;! Il contribue au d\u00e9veloppement de nos localit\u00e9s. Une partie de l\u2019argent distribu\u00e9 est consacr\u00e9e \u00e0 des projets positifs comme des routes, etc. Comme si le monde \u00e9tait manich\u00e9en&nbsp;! Comme si le d\u00e9veloppement communautaire devait passer uniquement et obligatoirement par le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb ou en d\u00e9pendre.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9 le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb a perdu le r\u00f4le positif qu\u2019il jouait dans la soci\u00e9t\u00e9 comorienne en termes de structuration, de promotion de la culture, etc. Ce qui a fait dire \u00e0 Ali Soilihi que le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb est devenu un \u00ab&nbsp;kunkuu&nbsp;\u00bb, une noix de coco d\u00e9pourvue de son lait et de sa chair, une absurdit\u00e9 \u00e0 laquelle on s\u2019attache parce que l\u2019on a perdu le sens du \u00ab&nbsp;anda na mila&nbsp;\u00bb et l\u2019on ne retient que le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb coup\u00e9 de ses racines le mila.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel destin pour le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Certains voudraient le r\u00e8glementer afin de limiter les d\u00e9penses excessives. Cela fait plusieurs dizaines d\u2019ann\u00e9es que le processus est engag\u00e9. On peut noter quelques avanc\u00e9es dans les grandes villes comme Moroni. Mais en g\u00e9n\u00e9ral cela a occasionn\u00e9 des oppositions entre pour et contre d\u00e9bouchant m\u00eame sur des scissions dans les \u00ab&nbsp;midji&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb \u00e9tait au centre de la soci\u00e9t\u00e9 comorienne. Il \u00e9tait le c\u0153ur des \u00ab&nbsp;mila&nbsp;\u00bb (coutumes). Sa pratique a beaucoup \u00e9volu\u00e9. Les festivit\u00e9s ne sont plus les m\u00eames. Le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb propulsait nos danses, chants, po\u00e8mes (honko), notre cuisine. Les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations ignorent bien des danses traditionnelles (certaines sont folkloris\u00e9es dans les alliances fran\u00e7aises), bien des plats ont disparu. Notre culture n\u2019est plus int\u00e9gr\u00e9e dans notre vie, nous perdons nos racines au fil des ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb, \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du temps, s\u2019adaptera-t-il ou dispara\u00eetra-t-il&nbsp;? Comment va \u00e9voluer notre \u00ab&nbsp;anda na mila&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Idriss (20\/08\/2022)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La situation que nous vivons dans le pays en ces mois de juillet et ao\u00fbt 2022 devrait amener tout un chacun \u00e0 s\u2019interroger sur le fameux GRAND MARIAGE. La multiplication des mash\u2019huli\u00e0 Ngazidja pose probl\u00e8me. Les c\u00e9l\u00e9brations se chevauchent. Cela a conduit \u00e0 une programmation des festivit\u00e9s pour que chacun puisse y participer. 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