{"id":8386,"date":"2022-07-25T11:52:20","date_gmt":"2022-07-25T08:52:20","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=8386"},"modified":"2022-07-26T16:57:00","modified_gmt":"2022-07-26T13:57:00","slug":"conference-de-lassociation-uwanga-lhymne-national-et-lidentite-comorienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/conference-de-lassociation-uwanga-lhymne-national-et-lidentite-comorienne\/","title":{"rendered":"Conf\u00e9rence de l\u2019association Uwanga. L\u2019hymne national et l\u2019identit\u00e9 comorienne"},"content":{"rendered":"\n<p>La pol\u00e9mique m\u00e9diatique et m\u00e9diatis\u00e9e d\u00e9clench\u00e9e par la mani\u00e8re&nbsp;\u00ab&nbsp;incorrecte&nbsp;\u00bb dont Fahid le Bled\u2019Art a chant\u00e9 l\u2019hymne national \u00e0 l\u2019occasion de la c\u00e9l\u00e9bration des 47 ans d\u2019ind\u00e9pendance, le 6 juillet dernier, a rebondi encore une fois avec la conf\u00e9rence de presse organis\u00e9e par l\u2019association Uwanga dont les membres actifs ont \u00e9chang\u00e9 avec une trentaine de journalistes au Centre National de Documentation et de Recherche scientifique (CNDRS), le 19 juillet.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Hachim Mohamed<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le souci avec l\u2019hymne national, c\u2019est qu\u2019on nous le fait chanter depuis belle lurette sans avoir la connaissance du texte officiel de ce chant de la nation. Une faille p\u00e9dagogique qui a permis aux gens de \u00ab d\u00e9naturer \u00bb le contenu de son authenticit\u00e9. \u00c0 cette situation de d\u00e9sordre s\u2019ajoute la variante de la langue comorienne, l\u2019anjouanais que les cinq auteurs ont utilis\u00e9 pour l\u2019\u00e9crire. Vous voyez ce que \u00e7a peut faire comme incoh\u00e9rence dans l\u2019appr\u00e9hension du texte de l\u2019hymne originel si on se permet de mettre un mot malgache ou un terme de shingazidja ou de shimwali dedans \u00bb, affirme Salim Idjabou Youssouf, qui \u00e9tait l\u2019animateur de cette conf\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de l\u2019inauthenticit\u00e9 du texte de l\u2019hymne national n\u2019a pas commenc\u00e9 avec le mot \u00ab dini \u00bb qui a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par le terme \u00ab ulimi \u00bb quand, de fa\u00e7on inattendue, nos compatriotes ont entendu la version chant\u00e9e par Fahid le Bled\u2019Art. Sous le pr\u00e9sident Djohar, il y avait d\u00e9j\u00e0 une pol\u00e9mique au sujet du rajout de l\u2019expression \u00ab&nbsp;zi pangiha&nbsp;\u00bb. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, par exemple, c\u2019\u00e9tait le mot \u00ab katruwa \u00bb (\u00e9parpillement) qui avait remplac\u00e9 le terme initial \u00ab katuha \u00bb (briller) avec l\u2019interpr\u00e9tation en roue libre de la chanteuse Samra.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab ulimi<\/strong> <strong>mdzima \u00bb ou \u00ab dini ndzima \u00bb&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour lever toute \u00e9quivoque dans cette affaire, l\u2019association Uwanga, dans le cadre de ses travaux, n\u2019a pas touch\u00e9 le texte de l\u2019hymne national en rempla\u00e7ant tel mot par un autre ou en enlevant quelque chose dedans. Au d\u00e9part, les membres actifs d\u2019Uwanga ont collabor\u00e9 avec des chercheurs et des linguistes qui ont \u00e9pluch\u00e9 le texte du chant officiel.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Sur la base des travaux de ces sp\u00e9cialistes qui ont fait des recherches sur l\u2019hymne national et de leurs conclusions, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9\u00e9crire le texte pour restaurer et sauvegarder la valeur des paroles chant\u00e9es&nbsp;\u00bb, a ajout\u00e9 Youssouf.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, des compatriotes d\u2019Uwanga sont all\u00e9s chercher Fahid le Bled\u2019Art pour qu\u2019il chante l\u2019hymne comme il avait \u00e9t\u00e9 con\u00e7u au d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019agissant de la pol\u00e9mique soulev\u00e9e par le remplacement l\u2019expression&nbsp;\u00ab&nbsp;Dini ndzima &nbsp;\u00bb par \u00ab&nbsp;Ulimi ndzima \u00bb, les conf\u00e9renciers \u00e9taient d\u2019accord pour dire qu\u2019il appartenait \u00e0 l\u2019\u00c9tat de d\u00e9cider laquelle des deux formules doit \u00eatre \u00ab&nbsp;valid\u00e9e&nbsp;\u00bb dans l\u2019hymne national.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Uwanga&nbsp;: une fiert\u00e9 de l\u2019identit\u00e9 comorienne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la doctrine de l\u2019association Uwanga, telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e dans cette conf\u00e9rence de presse, les colonisations actuelles sont principalement culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les questions que soul\u00e8ve l\u2019association, il y a celle de l\u2019identit\u00e9, de ce qui fait de nous des Comoriens. Une question que le public r\u00e9duit&nbsp;souvent \u00e0 : \u00ab Est-ce que nous sommes Africains ou Arabes ?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Un membre actif de l\u2019association Uwanga, Wadjih Abderemane a pris l\u2019exemple d\u2019un mets exquis comorien, le sambusa qui est concoct\u00e9 \u00e0 partir d\u2019\u00e9l\u00e9ments disparates tels que la farine, la viande, le sel, les \u00e9pices\u2026 Pour lui, d\u00e9clarer que nous sommes Arabes ou Africains est un contresens dans la mesure o\u00f9 nous pouvons dire que nous sommes faits comme des sambussa&nbsp;: sang africain, arabe\u2026 et autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les membres d\u2019Uwanga sont \u00e9galement revenus sur certains poncifs qu\u2019on entend dans la soci\u00e9t\u00e9 comorienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les croyances comoriennes, il y a cette id\u00e9e qu\u2019il n\u2019y a pas de valeurs internes que nous ne sommes rien et que seulement les Arabes et les Occidentaux sont quelque chose. Pour certains, la beaut\u00e9, l\u2019intelligence, les valeurs n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 comoriennes, tout ce qui est appr\u00e9ciable, \u00ab vendable \u00bb est arabe ou occidental<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019imaginaire collectif, les gens qui tombent sous le charme d\u2019une femme ne parlent pas de sa beaut\u00e9 comorienne, mais de ses traits arabes. Pire, pour un pays musulman, pour tous, les pri\u00e8res ne sont pas accept\u00e9es si la personne qui demande la mis\u00e9ricorde de Dieu ne le fait pas en arabe, mais en langue comorienne. C\u2019est aussi vrai quand il s\u2019agit de la mani\u00e8re de s\u2019exprimer, de la tenue vestimentaire, de produits agricoles et de tant d\u2019autres choses qui ne valent que lorsque le \u00ab label \u00bb occidental ou arabe leur est accol\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019association Uwanga, les probl\u00e8mes de notre soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9sident dans le v\u00e9cu,&nbsp; l\u2019\u00e9criture authentique de l\u2019histoire de Comores de sorte \u00e0 permettre aux nouvelles&nbsp; g\u00e9n\u00e9rations de s\u00e9parer le bon grain de l\u2019ivraie et pour qu\u2019elles puissent se d\u00e9terminer. Pour les intervenants, il ne s\u2019agit pas seulement de valoriser le patrimoine culturel national, il ne s\u2019agit pas d\u2019entonner un chant des racines, mais de constater une perte d\u2019ancrage et de r\u00e9f\u00e9rences, de reconna\u00eetre des droits linguistiques en demandant aux \u00e9lus de ne pas dilapider le patrimoine humain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qui sommes-nous ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour les Salim, Wadjih ou encore Ngazi, il est difficile de r\u00e9pondre \u00e0 la question du \u00ab&nbsp;Qui sommes-nous&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Pour eux nous ne sommes pas Comoriens parce que nous parlons le shikomori ou parce que nous sommes n\u00e9s de parents de nationalit\u00e9 comorienne.<\/p>\n\n\n\n<p>La seule voie qui nous permet d\u2019affirmer avec fiert\u00e9 et dignit\u00e9 que nous sommes Comoriens, c\u2019est la culture, l\u2019appropriation des biens ou des r\u00e9alisations transmis collectivement par les anc\u00eatres.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce qu\u2019on appelle en langue comorienne utamaduni.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>A lire aussi : <a href=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/quel-est-lhymne-comorien\/\">\u00c9ditorial : Quel est l&#8217;hymne comorien<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pol\u00e9mique m\u00e9diatique et m\u00e9diatis\u00e9e d\u00e9clench\u00e9e par la mani\u00e8re&nbsp;\u00ab&nbsp;incorrecte&nbsp;\u00bb dont Fahid le Bled\u2019Art a chant\u00e9 l\u2019hymne national \u00e0 l\u2019occasion de la c\u00e9l\u00e9bration des 47 ans d\u2019ind\u00e9pendance, le 6 juillet dernier, a rebondi encore une fois avec la conf\u00e9rence de presse organis\u00e9e par l\u2019association Uwanga dont les membres actifs ont \u00e9chang\u00e9 avec une trentaine de journalistes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8387,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56,49],"tags":[158,174,97,175],"class_list":["post-8386","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","category-politique","tag-comores","tag-edition-388","tag-trending","tag-uwanga"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/8386","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=8386"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/8386\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8395,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/8386\/revisions\/8395"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/8387"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=8386"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=8386"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=8386"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}