{"id":8329,"date":"2022-07-12T18:30:59","date_gmt":"2022-07-12T15:30:59","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=8329"},"modified":"2022-07-12T18:31:01","modified_gmt":"2022-07-12T15:31:01","slug":"mama-keita-la-zone-de-libre-echange-un-vaste-marche-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/economie\/mama-keita-la-zone-de-libre-echange-un-vaste-marche-en-afrique\/","title":{"rendered":"Mama Keita : la Zone de Libre-\u00e9change, un vaste march\u00e9 en Afrique"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Titulaire d\u2019une maitrise en statistique et \u00e9conomie appliqu\u00e9e obtenue \u00e0 l\u2019ENSEA \u00e0, Abidjan (C\u00f4te d\u2019Ivoire) et d\u2019un doctorat en \u00e9conomie de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al (Canada), Mama Keita est la directrice du Bureau sous r\u00e9gional pour l\u2019Afrique de l\u2019Est de la Commission \u00e9conomique des Nations Unies pour l\u2019Afrique bas\u00e9e \u00e0 Kigali, au Rwanda depuis 2011.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Hachim Mohamed.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Elle a enseign\u00e9 l\u2019\u00c9conomie publique et l\u2019\u00c9conomie du d\u00e9veloppement au Canada et a travaill\u00e9 pendant plus de vingt ans dans le domaine de l\u2019\u00c9conomie du d\u00e9veloppement.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En mission \u00e0 Moroni les 30 et l<sup>er<\/sup> juin dans le cadre de l\u2019atelier de la zone de libre-\u00e9change continental africain (ZLECAF), elle a accept\u00e9 de nous pr\u00e9senter les tenants et les aboutissants d\u2019une \u00e9ventuelle ratification des Comores<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; Selon certaines indiscr\u00e9tions, la ZLECAF entend prendre en charge les sujets d\u00e9terminants pour l\u2019int\u00e9gration dans les chaines de valeurs, ceux qui n\u2019ont jamais ou rarement \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s dans les pr\u00e9c\u00e9dents accords r\u00e9gionaux du continent.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mama Keita &#8211; <\/strong>ZLECAF est une initiative de l\u2019Union africaine qui vise \u00e0 cr\u00e9er un vaste march\u00e9 en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment \u00e7a va s\u2019op\u00e9rationnaliser ? C\u2019est avec l\u2019\u00e9limination des tarifs douaniers entre les pays africains et la favorisation de la libre circulation de biens, des services et des personnes. Les produits comoriens vont entrer dans le march\u00e9 africain sans \u00eatre tax\u00e9s, donc ils seront plus comp\u00e9titifs. Les op\u00e9rateurs comoriens vont pouvoir importer des intrants \u00e0 des co\u00fbts relativement bas. Cela va booster le commerce entre les pays africains d\u2019une fa\u00e7on comp\u00e9titive. Les produits qui sont non-africains qui entrent en Afrique vont faire face \u00e0 de tarifs douaniers plus chers que les produits africains. C\u2019est pour in fine rendre les produits africains plus comp\u00e9titifs, favoriser plus de production en Afrique, plus de commerces ainsi que pour moins d\u2019importation venant du reste du monde. On souhaite que chaque pays ait des produits \u00e0 exporter et de produits \u00e0 importer. Concr\u00e8tement, comment cela se passe en mati\u00e8re d\u2019int\u00e9gration des diff\u00e9rentes chaines de valeurs ? Par exemple Smartphone est compos\u00e9 de plusieurs pi\u00e8ces&nbsp; qui viennent de plusieurs endroits du monde. Il y a une entreprise au Rwanda de fabrication de ces appareils. J\u2019ai demand\u00e9 combien de pi\u00e8ces entrent dans la fabrication du Smartphone. On m\u2019a dit 600. Combien de pi\u00e8ces viennent d\u2019Afrique ? Originellement ils m\u2019ont dit 0 pi\u00e8ce. Et pourtant nous savons que le cobalt, le lithium et autres sont pr\u00e9sents en d\u2019Afrique. Diff\u00e9rentes entreprises produisent diff\u00e9rentes parties d\u2019un produit fini. On les ach\u00e8te \u00e0 diff\u00e9rents endroits et on les assemble. Une chaine de valeurs, c\u2019est diff\u00e9rentes \u00e9tapes de processus jusqu\u2019\u00e0 parvenir \u00e0 un produit fini. Pour le cas du t\u00e9l\u00e9phone, un pays peut \u00eatre responsable de l\u2019extraction de caoutchouc et la r\u00e9alisation de la coque du t\u00e9l\u00e9phone, un autre pays peut \u00eatre responsable de l\u2019extraction du cobalt, du lithium, etc. et un autre pays peut \u00eatre responsable de la couverture et de la protection et un autre pays proc\u00e8de \u00e0 l\u2019assemblage de tout \u00e7a et produit un produit fini. C\u2019est \u00e0 \u00e7a qu\u2019on veut parvenir en Afrique. C\u2019est transformer un peu pour pouvoir s\u2019ins\u00e9rer dans un processus de production donn\u00e9. Avec la ZLECAF on veut que les produits interm\u00e9diaires viennent plus d\u2019Afrique. C\u2019est tout ce processus qu\u2019on appelle la chaine des valeurs et c\u2019est aussi \u00e7a ce qu\u2019on appelle le renforcement des chaines de valeurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa \u2013 Quels sont les enjeux si les Comores approuvent la ratification ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mama Keita- <\/strong>Avec la ZLECAF, l\u2019essentiel c\u2019est la capacit\u00e9 \u00e0 diversifier l\u2019\u00e9conomie, \u00e0 promouvoir l\u2019industrialisation \u00e0 cr\u00e9er de l\u2019emploi, \u00e0 renforcer le tissu \u00e9conomique \u00e0 la longue. C\u2019est \u00e7a qui rend l\u2019\u00e9conomie r\u00e9siliente. Dans nos pays, le fait de d\u00e9pendre de l\u2019exportation de deux ou trois produits phares, en nombre limit\u00e9, \u00e7a rend le pays vuln\u00e9rable. D\u00e8s qu\u2019il y a un choc sur ces produits-l\u00e0, le pays perd ses recettes d\u2019exploitation et tout le monde est impact\u00e9. Le potentiel pour cr\u00e9er des emplois pour les jeunes comoriens est aussi \u00e9lev\u00e9. Mais, je ne vais pas croire que c\u2019est automatique, car \u00e7a prend plus d\u2019efforts de la part du secteur priv\u00e9 d\u2019\u00eatre entreprenant, d\u2019\u00eatre au courant des opportunit\u00e9s, se demander o\u00f9 sont les march\u00e9s, o\u00f9 sont les niches.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; Qu\u2019est-ce que les Comores, qui importent 80% des produits de consommation, peuvent apporter dans la ZLECAF&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mama Keita &#8211; <\/strong>Ce qui m\u2019a frapp\u00e9 dans ce pays, c\u2019est son potentiel touristique. Le pays est extr\u00eamement beau. Le site naturel est beau. Le potentiel touristique est \u00e9norme. Il faut le mettre en valeur. Si le pays parvient \u00e0 attirer les investissements qu\u2019il faut. Il y a des atouts dans ce pays. Il y a la s\u00e9curit\u00e9. Il y a une vaste diaspora qui a acquis un certain savoir-faire et connait le gout de visiteurs potentiel et peut aider le gouvernement et le secteur priv\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper le secteur touristique. Prenons l\u2018exemple de Seychelles. Le tourisme repr\u00e9sente plus de 60% du PIB du pays, c\u2019est \u00e9norme. Le Rwanda a d\u00e9velopp\u00e9 un tourisme de conf\u00e9rences. Ils ont mis en place un grand centre de conf\u00e9rences et plusieurs h\u00f4tels. Il y a beaucoup de conf\u00e9rences internationales qui se passent \u00e0 Kigali. \u00c0 partir du tourisme, on peut faire vivre l\u2019agriculture. Les produits agricoles de Comores vont servir les h\u00f4tels comoriens, la client\u00e8le des Comores. Le poisson s\u00e9ch\u00e9 local est excellent. Il<strong> <\/strong>y a des fili\u00e8res qu\u2019il faut travailler. Aux Comores, cela peut se faire avec des aromates, de l\u2019essence dont l\u2019industrie touristique a besoin de restaurer. Bref,&nbsp; produire ici et transformer dans des ar\u00f4mes finis et vendre \u00e7a dans le march\u00e9 africain. Il y a diff\u00e9rents types de produits que ce pays peut d\u00e9velopper. Et en d\u00e9velopper cela, le pays peut arrimer la chaine de valeurs touristiques \u00e0 la chaine de valeurs de l\u2019agriculture. Pour cela, il faut \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute du secteur priv\u00e9, am\u00e9liorer le climat des affaires. En le faisant, l\u2019\u00c9tat pourra parvenir \u00e0 attirer les investisseurs et \u00e0 d\u00e9velopper certains secteurs tels que l\u2019agriculture, la p\u00eache ou le tourisme. Et faire en sorte que le pays tire une partie importante de la ZLECAF et toute autre opportunit\u00e9 offerte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; La ZLECAF n\u2019est-elle qu\u2019un simple accord commercial&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mama Keita &#8211; <\/strong>La ZLECAF ne cherche pas seulement \u00e0 \u00e9liminer les barri\u00e8res tarifaires, elle enl\u00e8ve aussi les barri\u00e8res non tarifaires. Il y en a beaucoup en Afrique. Il y en a qui viennent du manque d\u2019infrastructures pour transporter les produits d\u2019un point A \u00e0 un point B. Cela constitue une barri\u00e8re, un frein au commerce. La ZLECAF \u00e9limine les proc\u00e9dures douani\u00e8res qui sont longues, les proc\u00e9dures administratives qui sont longues avant de pouvoir exporter ou importer. C\u2019est vrai que les pays qui tirent un montant substantiel sur les recettes douani\u00e8res vont \u00eatre quelque peu affect\u00e9s. Ils vont perdre les recettes douani\u00e8res. Toutefois, conscient des pertes possibles de recettes de certains pays africains, conscient que cela &nbsp;peut constituer&nbsp; un frein &nbsp;\u00e0&nbsp; la d\u00e9cision&nbsp; de la ratification de l\u2019accord, la ZLECAF a mis en place un instrument d\u2019ajustement qui va permettre \u00e0 tous les minist\u00e8res de fiances de dispose une alternative. Il y aura une fen\u00eatre pour les aider \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 certaines sources de financement comme compensation et les accompagner pour faire face \u00e0 la perte des recettes douani\u00e8res. Il est entendu que la ZLECAF devrait am\u00e9liorer le tissu \u00e9conomique. Elle devra inciter les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques \u00e0 venir investir, \u00e0 faire cro\u00eetre les activit\u00e9s \u00e9conomiques. L\u2019\u00c9tat qui aura une assiette fiscale plus large, il y aura plus d\u2019entreprises \u00e0 imposer et ces entreprises vont avoir des employ\u00e9s. Cela va permettre \u00e0 l\u2019\u00c9tat d\u2019avoir de nouvelles sources de recettes int\u00e9rieures, par les imp\u00f4ts sur les individus comme sur les entreprises. Il s\u2019agit d\u2019\u00e9largir la base d\u2019imposition et de r\u00e9duire l\u2019informel. J\u2019encourage les jeunes et les femmes qui sont les pi\u00e8ces maitresses. Ces deux segments sont les moteurs de l\u2019innovation dans tous les pays. C\u2019est eux qui sont plus connect\u00e9s. Ils constituent une force et m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre aid\u00e9s avec des facteurs qui sont b\u00e9n\u00e9fiques \u00e0 tous tels que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9nergie pas trop couteuse, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la technologie, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019internet haute vitesse et l\u2019acc\u00e8s aux financements.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Titulaire d\u2019une maitrise en statistique et \u00e9conomie appliqu\u00e9e obtenue \u00e0 l\u2019ENSEA \u00e0, Abidjan (C\u00f4te d\u2019Ivoire) et d\u2019un doctorat en \u00e9conomie de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al (Canada), Mama Keita est la directrice du Bureau sous r\u00e9gional pour l\u2019Afrique de l\u2019Est de la Commission \u00e9conomique des Nations Unies pour l\u2019Afrique bas\u00e9e \u00e0 Kigali, au Rwanda depuis 2011. 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