{"id":8306,"date":"2022-07-05T07:52:06","date_gmt":"2022-07-05T04:52:06","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=8306"},"modified":"2022-07-05T07:52:07","modified_gmt":"2022-07-05T04:52:07","slug":"delinquance-et-crimes-odieux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/societe\/delinquance-et-crimes-odieux\/","title":{"rendered":"D\u00e9linquance et crimes odieux."},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\">L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 publique dans la soci\u00e9t\u00e9 comorienne<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Les actes criminels se sont intensifi\u00e9s depuis quelques ann\u00e9es aux Comores. Entre les viols, les meurtres, les assassinats, le pays est confront\u00e9 \u00e0 des faits d\u2019ins\u00e9curit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Ce 9 septembre 2021, un homme a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert \u00e9gorg\u00e9 sur son lieu de travail \u00e0 Domoni, sur l\u2019\u00eele de Ndzuani. Le 27 juin 2022, les Comores se r\u00e9veillent avec une nouvelle macabre. La femme de l\u2019op\u00e9rateur \u00e9conomique Abdoulghafar Manfou Kassim, Sitty Hafsoit a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e par coups de couteaux au cours d\u2019un cambriolage qui a mal tourn\u00e9.<br>\u00c0 Moroni, le 16 juin, les autorit\u00e9s annoncent l\u2019arrestation de 12 suspects dans l\u2019affaire des coupeurs de routes. Quelques jours plus tard, l\u2019ancien journaliste Ali Oubeidillah dit Yazid, accompagn\u00e9 de sa femme, est victime de ce ph\u00e9nom\u00e8ne sur la route de Nyumadzaha. Ces actes sont les sympt\u00f4mes d\u2019un pays en pleine crise s\u00e9curitaire. Pourtant le gouvernement, au premier plan duquel Azali Assoumani ne cesse de r\u00e9p\u00e9ter d\u00e8s que l\u2019occasion se pr\u00e9sente que \u00ab\u00a0la plus grande richesse\u00a0\u00bb de notre pays c\u2019est la paix.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un ordre social nouveau pr\u00e9vaut<\/strong><br>Surtout observ\u00e9 \u00e0 Mayotte, le ph\u00e9nom\u00e8ne des coupeurs de routes apparait \u00e0 Ngazidja. L\u2019op\u00e9ration consiste pour les d\u00e9linquants \u00e0 stopper des v\u00e9hicules pour soutirer de l\u2019argent aux passagers sous la menace d\u2019armes blanches. C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 au chauffeur Ali Youssouf, originaire de Mvouni Bambao. Au micro de la RCM 13, il raconte qu\u2019apr\u00e8s avoir raccompagn\u00e9 son client \u00e0 Moroni, il est surpris par la pr\u00e9sence d\u2019un barrage sur la route. Il s\u2019arr\u00eate, des individus en cagoule se rapprochent du v\u00e9hicule avec des armes blanches. Avec un ton mena\u00e7ant, ils ont demand\u00e9 de l\u2019argent en \u00e9change de sa vie et de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du v\u00e9hicule. Apr\u00e8s des h\u00e9sitations de sa part, les brigands ont pu lui prendre son argent. Sauf qu\u2019au moment de laisser partir le chauffeur avec sa cliente, ils ont bris\u00e9 les vitres. il est all\u00e9 \u00e0 la gendarmerie pour expliquer ce qui lui \u00e9tait arriv\u00e9 et la situation sur la route de Zilimadju. Sur les lieux, les hommes en treillis ont trouv\u00e9 une femme retenue prisonni\u00e8re, toujours selon Ali Youssouf, et ils ont permis de la lib\u00e9rer sans arriver \u00e0 attraper un des coupeurs.<br>Ali Youssouf a rappel\u00e9 qu\u2019au d\u00e9but du mois de juin, un de ses confr\u00e8res, victime des coupeurs de routes, avait \u00e9t\u00e9 tabass\u00e9.<br>Dans la soir\u00e9e du 25 juin, Ali Oubeidillah Yazid a v\u00e9cu lui aussi le m\u00eame sc\u00e9nario alors qu\u2019il rentrait d\u2019une soir\u00e9e avec sa femme. Cette fois l\u2019un des malfrats avait \u00ab\u00a0le visage d\u00e9couvert\u00a0\u00bb. Il a racont\u00e9 les faits sur son compte Facebook. Il affirme avoir v\u00e9cu un \u00ab\u00a0choc\u00a0\u00bb qui a traumatis\u00e9 sa femme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le gouvernement a \u00e9t\u00e9 surpris par les \u00e9v\u00e8nements<\/strong><br>Gouverner c\u2019est pr\u00e9voir, pourtant les autorit\u00e9s ne semblent pas prendre en compte ce principe vieux de plusieurs si\u00e8cles. R\u00e9p\u00e9tant \u00e0 tue-t\u00eate que la plus grande richesse des Comores c\u2019est la paix, le gouvernement Azali n\u2019est pas encore en phase avec la r\u00e9alit\u00e9. Pour Ali Oubeidillah, il est \u00e9vident que les autorit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat portent une responsabilit\u00e9 dans l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 grandissante dans le pays. Bien des raisons peuvent expliquer cela, \u00ab\u00a0d\u2019abord il faut rappeler que bon nombre de jeunes comoriens sont d\u00e9laiss\u00e9s et souvent ce sont ces concitoyens qui deviennent des d\u00e9linquants. Ensuite, bien que je ne pense pas que c\u2019est une cause majeure, il y a l\u2019abus de stup\u00e9fiants, la grande majorit\u00e9 de ces jeunes ne font cela que pour pouvoir s\u2019en procurer. On peut aussi citer le manque de s\u00e9curit\u00e9 et de surveillance sur l\u2019ensemble du territoire. Si tout cela peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme les principales causes alors il faut rappeler que le seul responsable c\u2019est l\u2019appareil \u00e9tatique.\u00a0\u00bb<br>La mis\u00e8re sociale grandissant devait avertir les autorit\u00e9s sur les agissements que conna\u00eet le pays actuellement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La terreur s\u2019installe<\/strong><br>Que ce soit \u00e0 Moroni ou \u00e0 Mutsamudu, la peur s\u2019installe. \u00c0 Moroni rouler la nuit est une prise de risques tandis qu\u2019\u00e0 Mutsamudu le maire vient d\u2019interdire l\u2019organisation de Tari \u00e0 20 heures, m\u00eame si la d\u00e9cision en question est juridiquement sans force ex\u00e9cutoire. L\u2019autorit\u00e9 municipale devait r\u00e9agir sauf qu\u2019ici il est question de l\u2019exercice de libert\u00e9s publiques de ses administr\u00e9s. Pour changer leur ordonnancement, un acte l\u00e9gal est n\u00e9cessaire.<br>Personne ne peut pas nier qu\u2019un climat de peur balaie les rues du chef-lieu de Ndzuani. \u00ab\u00a0Depuis le matin du lundi 27 juin, c\u2019est un vent de peur qui souffle \u00e0 Mutsamudu. Cette histoire est dans toutes les bouches. En ce qui me concerne, je ne dors plus sans avoir v\u00e9rifi\u00e9 si les portes de la maison sont bien ferm\u00e9es. La terreur gagne les citadins de ne plus se savoir en s\u00e9curit\u00e9 chez eux\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne Dhoulkarnaine Youssouf, journaliste \u00e0 l\u2019ORTC et originaire de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un \u00c9tat d\u00e9faillant<\/strong><br>Globalement la situation s\u00e9curitaire du pays s\u2019est nettement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e. Les faits criminels se succ\u00e8dent de fa\u00e7on r\u00e9currente. Dans un communiqu\u00e9 publi\u00e9 le lendemain de la nuit du cambriolage qui a men\u00e9 au d\u00e9c\u00e8s de Sitty Hafsoit Dhoiffir \u00e0 Mutsamudu, le mouvement Daula Ya Haki \u00ab\u00a0constate une recrudescence de la violence qui r\u00e9sulte d\u2019une justice vid\u00e9e de sa rigueur par l\u2019ex\u00e9cutif, permettant ainsi \u00e0 la d\u00e9linquance et aux bandits de gagner en confiance\u00a0\u00bb. Cette complaisance de l\u2019\u00c9tat explique une n\u00e9gligence dans sa mission de prot\u00e9ger la population et ses biens en mettant en \u0153uvre, par les moyens que le peuple lui a conf\u00e9r\u00e9s, des politiques publiques dont l\u2019objectif est de pr\u00e9venir tout acte jug\u00e9 nuisible vis-\u00e0-vis de la tranquillit\u00e9 publique.<br>Dans une autre mesure, on ne peut pas omettre le fait que ces jeunes criminels sont la cons\u00e9quence de la gestion de l\u2019\u00c9tat. Comme l\u2019a relev\u00e9 l\u2019ancien journaliste Ali Oubeidillah Yazid, ces jeunes ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0d\u00e9laiss\u00e9s\u00a0\u00bb alors que le pays connait le diktat qu\u2019impose la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. L\u2019argent est ma\u00eetre. \u00c0 Moroni comme \u00e0 Mutsamudu, ce sont des jeunes entre 19 et 35 ans qui sont arr\u00eat\u00e9s par la gendarmerie et dans les deux cas ce sont des motifs p\u00e9cuniaires qui les ont guid\u00e9s.<br>Il apparait comme une \u00e9vidence que les valeurs v\u00e9hicul\u00e9es \u00e0 travers le shungu ou les hirimu ne sont plus suffisantes pour garder les liens sociaux. La soci\u00e9t\u00e9 de consommation favorise l\u2019individualisation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des valeurs qui s\u2019effondrent<\/strong><br>Il n\u2019y a pas longtemps la soci\u00e9t\u00e9 comorienne se vantait de la solidarit\u00e9 qui liait les habitants des villes et villages. Le partage ou la peur de d\u00e9cevoir les membres du groupe social pesait sur chaque individu. Ce communautarisme n\u2019est plus aussi d\u00e9cisif qu\u2019avant. Peut-\u00eatre que le pouvoir traditionnel tente tant bien que mal de garder le statu quo, seulement les \u00e9v\u00e8nements le rattrapent.<br>Certes le pays a toujours connu des crimes dont certains \u00e9taient couverts par le principe traditionnel du sitara, mais de nos jours les r\u00e9alit\u00e9s sont autres.<br>\u00ab\u00a0Pour ce qui est de nos valeurs comoriennes, il est sans nul doute que nous avons perdu cette richesse. Nous \u00e9tions connus comme un pays de paix, une paix qui n\u2019existe plus de nos jours.\u00a0\u00bb, explique Ali Oubeidillah. Il rajoute que \u00ab\u00a0nous avons perdu toute valeur, toute tradition. Quand un homme est capable de tuer pour l\u2019argent, cela ne nous ressemble pas du tout. Quand deux hommes, sans juger leur orientation sexuelle, osent filmer leurs \u00e9bats sexuels, \u00e7a nous pousse \u00e0 nous poser beaucoup de questions et j\u2019en passe. \u00a0Seulement je me demande \u00e0 qui incombe la responsabilit\u00e9 de tout cela. L\u2019appareil \u00e9tatique (politique) seul\u00a0? Les ulemas\u00a0? Les notables\u00a0? Les parents\u00a0? O\u00f9 se situe la responsabilit\u00e9 de chacun\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 publique dans la soci\u00e9t\u00e9 comorienne Les actes criminels se sont intensifi\u00e9s depuis quelques ann\u00e9es aux Comores. Entre les viols, les meurtres, les assassinats, le pays est confront\u00e9 \u00e0 des faits d\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Ce 9 septembre 2021, un homme a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert \u00e9gorg\u00e9 sur son lieu de travail \u00e0 Domoni, sur l\u2019\u00eele de Ndzuani. 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