{"id":8281,"date":"2022-06-27T13:16:13","date_gmt":"2022-06-27T10:16:13","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=8281"},"modified":"2022-06-27T13:16:15","modified_gmt":"2022-06-27T10:16:15","slug":"le-vivre-ensemble-a-la-comorienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/opinion\/le-vivre-ensemble-a-la-comorienne\/","title":{"rendered":"Le vivre-ensemble \u00e0 la comorienne"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>La solidarit\u00e9 \u00e9tait autrefois la cl\u00e9 du vivre-ensemble et elle a toujours \u00e9t\u00e9, pour les Comoriens, un garant de la s\u00e9curit\u00e9 sociale.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Noussa\u00efbaty Ouss\u00e9ni Mohamed Ouloub\u00e9<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Le principe du \u00ab\u00a0Un pour tous et tous pour un\u00a0\u00bb suffisait \u00e0 prot\u00e9ger les enfants et \u00e0 les \u00e9duquer, soigner les malades et combler les ventres creux. Les mutations socio-culturelles et la mondialisation se sont h\u00e9las bien install\u00e9es dans l\u2019archipel. Le \u00ab\u00a0mind your business \u00bb a eu raison de la solidarit\u00e9 communautaire. Aujourd\u2019hui, la radio et t\u00e9l\u00e9vision nationales ont besoin de diffuser des spots sur la responsabilit\u00e9 de chaque individu \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son prochain quand les pays riches votent des lois autour de la responsabilit\u00e9 sociale des entreprises.<\/p>\n\n\n\n<p>Une jeunesse d\u00e9laiss\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement au ciel qui peut passer du bleu au gris l\u2019instant d\u2019un battement de cils, la soci\u00e9t\u00e9 met du temps \u00e0 se transformer et beaucoup sont ceux qui ignorent ses changements ou qui pensent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une chose sans importance puisqu\u2019il ne s\u2019agit que des autres. Selon un jeune comorien \u00e9tudiant \u00e0 Madagascar, les Comoriens tendent vers la culture du chacun pour soi car ils copient les comportements des civilisations dites dominantes et ce au d\u00e9triment de leurs valeurs qui leur sont pourtant fondamentales. Ce laisser-aller peut \u00eatre mis en \u00e9vidence par l\u2019\u00e9ducation des enfants qui reste d\u00e9sormais l\u2019affaire des parents alors qu\u2019il y a encore un peu moins de quatre d\u00e9cennies, la communaut\u00e9 s\u2019occupait des prog\u00e9nitures des uns et des autres, veillant \u00e0 construire une harmonie pareille \u00e0 celle qui d\u00e9coule des chants traditionnels. D\u00e9sormais, il est courant d\u2019entendre les gens dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;mtru ahilidza nalarie&nbsp;\u00bb, soit \u00ab&nbsp;la poule qui pond l\u2019\u0153uf la couve&nbsp;\u00bb ou dire pour faire plus fran\u00e7ais, \u00ab&nbsp;comme on fait son lit, on s\u2019y couche&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9linquance juv\u00e9nile se r\u00e9pand ainsi qu\u2019une mauvaise herbe dans un pays qui poss\u00e8de peu de ressources et dont la majorit\u00e9 des habitants enchainent les petits boulots pour contourner le ch\u00f4mage. Encore \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire, les enfants forment de mignonnes petites bandes qui ne se contentent plus de cueillir des mangues dans des champs remplis de manioc et de bananes. Pourtant, il y a quelques ann\u00e9es, le manioc pouvait \u00eatre s\u00e9ch\u00e9 sur les champs sans surveillance et les bananes y murissaient paisiblement. Les jeunes \u00ab&nbsp;hors-la-loi&nbsp;\u00bb se contentaient de faire l\u2019\u00e9cole buissonni\u00e8re afin de partir \u00e0 la p\u00eache, d\u2019autres pouvaient aller d\u00e9rober des tubercules dans les champs familiaux, du riz et des oignons dans les modestes cuisines dans le seul but d\u2019aller cuisiner entre amis et profiter de la pr\u00e9sence des uns et des autres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La pauvret\u00e9 plus visible<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9sormais, il n\u2019est plus question de cuisiner dans les champs ou sur les plages de galets juste pour s\u2019amuser. Pour beaucoup d\u2019entre eux, il s\u2019agit d\u2019une question de survie. Pendant longtemps, les comoriens ont v\u00e9cu dans la bienveillance et nul ne pouvait manger en ignorant le fr\u00e8re, le voisin, le petit fils du cousin de l\u2019arri\u00e8re-grand-p\u00e8re ou encore l\u2019\u00e9tranger qui vient de s\u2019installer. Entre pauvret\u00e9, polygamie, femmes au foyer, p\u00e8res au ch\u00f4mage, travail sans salaire, vie cher et individualisme, trop d\u2019enfants sont mal nourris et apprennent le vol et l\u2019arnaque d\u00e8s le petit \u00e2ge. Parmi ces enfants, certains abandonnent l\u2019\u00e9cole pour travailler, d\u2019autres trichent dans la vie de tous les jours jusqu\u2019\u00e0 obtention des grands dipl\u00f4mes et c\u2019est dans les diff\u00e9rents services publics ou priv\u00e9s dans lesquels les employ\u00e9s sont souvent mal pay\u00e9s qu\u2019ils iront continuer leur vocation d\u2019o\u00f9 la c\u00e9l\u00e8bre phrase&nbsp;: \u00ab&nbsp;hazini hamtru de uvwahano mtru ahibao&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;on ne vole que dans son lieu de travail&nbsp;\u00bb).. Ces enfants-l\u00e0 n\u2019\u00e9taient pas pouss\u00e9s par la famine, mais par le besoin de cr\u00e9er des liens, ces m\u00eames liens qui faisaient des Comoriens un peuple solidaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les superstitions prennent le dessus<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les relations de voisinages ont \u00e9galement \u00e9volu\u00e9. D\u00e9sormais plus personnes ne part chercher du feu chez le voisin. Chacun peut s\u2019offrir des allumettes venues tout droit d\u2019Afrique du sud et il n\u2019est plus question de frapper \u00e0 la porte du voisin arm\u00e9 d\u2019une coque vide de noix de coco pour chercher des braises. Pour avoir du sel, soit tu paies, soit tu t\u2019endettes&nbsp;; l\u2019avantage en est que m\u00eame le soir si tu as ton argent, tu peux en acheter chose qui \u00e9tait impossible il y a quelques ann\u00e9es car les gens avaient peur des djinns et l\u2019une des fa\u00e7ons de s\u2019en prot\u00e9ger \u00e9tait de ne pas faire sortir de chez soi du sel ou des \u0153ufs pendant la nuit. Il serait faux de croire que les superstitions disparaissent quand l\u2019une de raisons qui font que la proximit\u00e9 entre voisins diminue et la peur de se faire ensorceler dans ce pays o\u00f9 les maladies psychologiques ou les accidents sont l\u2019\u0153uvre du diable et le peuple de foi musulmane a plus peur des mauvais djinns qu\u2019il n\u2019a confiance en Dieu. Et la cerise sur le g\u00e2teau est la mauvaise gouvernance qui fait qu\u2019il n\u2019existe pas de structures qui peuvent permettre aux plus d\u00e9munis d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 la sant\u00e9, aux enfants en difficult\u00e9 d\u2019aller au bout de leurs \u00e9tudes ou encore emp\u00eacher les personnes mentalement d\u00e9rang\u00e9es souvent agressives de sillonner les rues v\u00eatues de guenille. Les comoriens ont toujours pu compter sur la chance donc il ne reste qu\u2019\u00e0 prier pour que jamais le vent ne tourne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0 <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La solidarit\u00e9 \u00e9tait autrefois la cl\u00e9 du vivre-ensemble et elle a toujours \u00e9t\u00e9, pour les Comoriens, un garant de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. 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