{"id":8182,"date":"2022-05-30T12:34:10","date_gmt":"2022-05-30T09:34:10","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=8182"},"modified":"2022-05-30T16:10:24","modified_gmt":"2022-05-30T13:10:24","slug":"azali-la-politique-au-point-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/azali-la-politique-au-point-mort\/","title":{"rendered":"Azali. La politique au point mort."},"content":{"rendered":"\n<p><strong>La politique r\u00e9pressive qui a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e depuis 2018 a mis \u00e0 mort la vie politique aux Comores, mais cela a \u00e9galement paralys\u00e9 l\u2019ex\u00e9cutif dans un contexte de crise g\u00e9n\u00e9rale o\u00f9 il serait n\u00e9cessaire de mener le combat avec le soutien d\u2019une grande partie de la population.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Mib<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Il y a 10 ans, le 28 juin 2012 exactement, le parti du pr\u00e9sident Azali, la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) organisait avec ses alli\u00e9s, dans la capitale, une r\u00e9union publique contre la vie ch\u00e8re, le ch\u00f4mage et le manque de justice. Le Foyer des Femmes \u00e9tait plein et il y avait encore du monde \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. La CRC \u00e9tait alors le principal parti d\u2019opposition. C\u2019est l\u2019ancien temps, celui o\u00f9 les partis de l\u2019opposition pouvaient organiser des r\u00e9unions et se plaindre de la politique men\u00e9e par la majorit\u00e9. Le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00e9poque, Houmed Msa\u00efdi\u00e9, l\u2019actuel ministre de l\u2019Agriculture et Porte-parole du Gouvernement s\u2019\u00e9criait alors\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat ne peut se glorifier alors que le peuple souffre. Les engagements \u00e9lectoraux sont bafou\u00e9s par les gouvernants\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019opposition \u00e9limin\u00e9e de l\u2019\u00e9chiquier politique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, plus qu\u2019en 2012, la situation est explosive. Les prix ont augment\u00e9 dans tous les secteurs, les taxes continuent de grimper, le ch\u00f4mage est au plus haut, et la Justice n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi arbitraire. Peut-on encore imaginer un meeting de l\u2019opposition \u00e0 Moroni&nbsp;? Le gouvernement fait tout pour que cela ne soit plus jamais possible.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quatre ann\u00e9es de r\u00e9pressions qui ont fait fuir les principaux opposants du pays et on fait passer l\u2019autre partie par la case prison, il ne se trouve aucun opposant pour organiser une r\u00e9union. D\u2019ailleurs, toutes les tentatives pour organiser ce qui ressemblerait \u00e0 une manifestation politique, un meeting, ou une r\u00e9union, m\u00eame dans un lieu priv\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 interdites. Parfois un simple texte du pr\u00e9fet a suffi, parfois il a fallu convaincre avec la brutalit\u00e9, comme cela a \u00e9t\u00e9 fait contre les jeunes Mabedja en ao\u00fbt-septembre 2021. L\u2019ancien pr\u00e9sident Sambi a \u00e9t\u00e9 mis en r\u00e9sidence surveill\u00e9e, avant de conna\u00eetre la prison sans jugement depuis quatre ans, d\u2019abord parce qu\u2019il s\u2019\u00e9tait fait applaudir par ses partisans devant la mosqu\u00e9e du vendredi de Moroni. Plusieurs opposants, dont le fameux Abdallah Agwa, ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, jug\u00e9s et emprisonn\u00e9s parce qu\u2019ils ont os\u00e9 \u00e9mettre l\u2019id\u00e9e d\u2019organiser une manifestation dans la capitale.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2018, le gouvernement Azali s\u2019est employ\u00e9 \u00e0 d\u00e9truire petit \u00e0 petit toute l\u2019opposition nationale. Pourtant, la nouvelle constitution affirme que l\u2019opposition doit avoir un statut et une loi devait pr\u00e9ciser ce statut. Elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e et encore moins \u00e9labor\u00e9e par les d\u00e9put\u00e9s tous acquis \u00e0 l\u2019Ex\u00e9cutif. Sur l\u2019\u00e9chiquier politique aujourd\u2019hui, il n\u2019y a que les membres de la CRC et leurs alli\u00e9s. Un discours qui va dans un seul sens. Cela n\u2019est pas sans cons\u00e9quences sur la vie politique, puisque celle-ci est tout simplement inexistente.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La paralysie politique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tout semble aller de soi. On s\u2019habitue au manque de d\u00e9bats \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e et par cons\u00e9quent aux nombreuses erreurs dans les lois vot\u00e9es \u00e0 chaque fois \u00e0 la quasi-unanimit\u00e9, si ce n\u2019est \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9. Pourtant, on voit bien que l\u2019absence de vie politique a aussi des cons\u00e9quences sur l\u2019Ex\u00e9cutif, sur l\u2019inaction des ministres, sur l\u2019immobilisme du gouvernement et qu\u2019elle entraine actuellement une certaine paralysie. Cette impression que ceux qui dirigent le pays ne savent pas quoi faire et attendent un miracle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident et ses hommes ont pens\u00e9 qu\u2019il suffisait d\u2019\u00e9liminer l\u2019opposition, y compris par la brutalit\u00e9 pour pouvoir \u00eatre tranquilles et atteindre l\u2019\u00e9mergence avant 2030. Ils se rendent comptent, \u00e0 pr\u00e9sent, que m\u00eame avec l\u2019Assembl\u00e9e de l\u2019Union, la Justice, la Cour Supr\u00eame, l\u2019Arm\u00e9e, les gouvernorats d\u2019Anjouan, de Moh\u00e9li et de Ngazidja soumis aux volont\u00e9s de l\u2019ex\u00e9cutif, on ne peut pas faire avancer un pays, sans la stabilit\u00e9 qui est une assurance donn\u00e9e aux investisseurs, \u00e0 commencer par les Comoriens de la diaspora. C\u2019est la le\u00e7on qui se joue aux Comores depuis 2018 et la modification de la Constitution. C\u2019est la le\u00e7on qui apparait de plus en plus \u00e9vidente dans certains cercles du pouvoir, mais que les dirigeants refusent d\u2019accepter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le temps qui fuit<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On se rappelle qu\u2019apr\u00e8s deux ans de pouvoir (2016-2018), le pr\u00e9sident Azali a pris conscience que pendant les trois ans qu\u2019il lui restait, il n\u2019aurait pas le temps de mettre en place sa politique et qu\u2019il ne serait probablement pas r\u00e9\u00e9lu, surtout s\u2019il a l\u2019ancien pr\u00e9sident Sambi contre lui. La solution a \u00e9t\u00e9 d\u2019int\u00e9grer dans son gouvernement des personnalit\u00e9s importantes de l\u2019opposition et de suspendre la Cour constitutionnelle, puis de manipuler la Constitution ainsi devenue sans d\u00e9fense, pour s\u2019accorder cinq nouvelles ann\u00e9es. Mais, apr\u00e8s trois ans de ce nouveau mandat (2019-2022), et au total six ans de pouvoir, il se rend compte aussi qu\u2019il n\u2019a rien fait de significatif, et que son r\u00e9gime est \u00e0 pr\u00e9sent associ\u00e9 \u00e0 la dictature et aux tortures. Que faire&nbsp;? Aucune solution ne s\u2019offre \u00e0 lui, d\u2019autant plus que la crise \u00e9conomique est venue s\u00e9rieusement compliquer la situation. Face \u00e0 la hausse des prix, aucune autre r\u00e9plique n\u2019a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 maintenant que la hausse des taxes et la r\u00e9pression contre les commer\u00e7ants qui ont r\u00e9percut\u00e9 cette hausse sur les produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une nouvelle politique est-elle possible&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident Azali Assoumani pourrait relancer une nouvelle politique avec un nouveau gouvernement, mais on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019il ne sait plus sur quels hommes politiques comp\u00e9tents faire reposer ce nouvel \u00e9lan. M\u00eame l\u2019appel \u00e0 des comp\u00e9tences du monde \u00e9conomique comme l\u2019ancien Directeur de la Banque centrale, Mz\u00e9 Aboudou Mohamed Chanfiou, nomm\u00e9 dans un premier temps ministre de l\u2019\u00c9conomie, puis r\u00e9cemment ministre des Finances \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un remaniement, n\u2019apporte pas le dynamisme et la volont\u00e9 n\u00e9cessaire pour une relance de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Il en est de m\u00eame pour l\u2019ancien pr\u00e9sident de la Chambre de commerce, Ahmed Ali Bazi, qui est pass\u00e9 du minist\u00e8re des Transports \u00e0 celui de l\u2019\u00c9conomie sans qu\u2019on ne s\u2019en rende compte.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident Azali voudrait r\u00e9ellement changer de gouvernement, mais il craint de se mettre \u00e0 dos des barons qui sont fatigu\u00e9s et qui n\u2019ont plus d\u2019id\u00e9es nouvelles. Des jeunes aux dents longues sont pr\u00eats \u00e0 prendre la place, mais il se m\u00e9fie de ces intellectuels qui sont pr\u00eats \u00e0 tout pour obtenir des titres ronflants. Il aurait souhait\u00e9 refaire la belle \u00e9quipe du d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, mais les plus avis\u00e9s comme Souef Mohamed El-Amine ou Hamada Madi Bol\u00e9ro ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 fuir discr\u00e8tement un r\u00e9gime qui a perdu l\u2019essentiel des rep\u00e8res d\u00e9mocratiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00c9tat comorien est donc aujourd\u2019hui un bateau qui navigue \u00e0 vue en ziguezaguant. Le gouvernement n\u2019esp\u00e8re plus que dans la Communication&nbsp;: il faut transformer des \u00e9checs en victoires, inverser le sens de lecture des chiffres, voir des f\u00e9licitations des organisations internationales l\u00e0 o\u00f9 il y a des mises en garde, montrer des lanternes l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y a que des vessies. Mais, il faut reconna\u00eetre que la t\u00e2che n\u2019est pas ais\u00e9e, loin de l\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La politique r\u00e9pressive qui a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e depuis 2018 a mis \u00e0 mort la vie politique aux Comores, mais cela a \u00e9galement paralys\u00e9 l\u2019ex\u00e9cutif dans un contexte de crise g\u00e9n\u00e9rale o\u00f9 il serait n\u00e9cessaire de mener le combat avec le soutien d\u2019une grande partie de la population. 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