{"id":8120,"date":"2022-05-16T19:07:03","date_gmt":"2022-05-16T16:07:03","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=8120"},"modified":"2022-05-16T19:07:05","modified_gmt":"2022-05-16T16:07:05","slug":"banque-centrale-des-comores","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/economie\/banque-centrale-des-comores\/","title":{"rendered":"Banque centrale des Comores"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>Une note conjoncturelle tr\u00e8s politique<\/strong><\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Le 6 mai, la Banque Centrale des Comores a partag\u00e9 sur son compte Twitter une \u00ab\u00a0note de conjoncture de l\u2019ann\u00e9e 2021\u00a0\u00bb qui dresse la situation \u00e9conomique du pays, \u00e0 travers un bilan de la pand\u00e9mie du COVID-19 et ses variants, tout en faisant des perspectives au regard des mesures prises par le gouvernement Azali et la situation politico-\u00e9conomique mondiale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Par Nezif-Hadj Ibrahim<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Dans le document publi\u00e9 par la Banque centrale des Comores et intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Note de conjoncture de l\u2019ann\u00e9e 2021\u00a0\u00bb, beaucoup de calculs ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s. Pourtant, la r\u00e9alit\u00e9 des Comoriennes et des Comoriens est ignor\u00e9e. Au final, c\u2019est une note dont l\u2019objectif principal est d\u2019appuyer le gouvernement actuel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un r\u00e9gime fiscal draconien au niveau de la douane pass\u00e9 sous silence<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La Banque Centrale des Comores nous apprend dans cette note que la fiscalit\u00e9 comorienne est en bonne sant\u00e9. \u00ab&nbsp;Les recettes totales se sont \u00e9tablies \u00e0 91,3 milliards FC en 2021 contre 101 milliards FC en 2020, soit une contraction de 9,6%, expliqu\u00e9e essentiellement par la baisse des dons ext\u00e9rieurs (-29,5%), les recettes int\u00e9rieures \u00e9tant en augmentation&nbsp;\u00bb, peut-on lire dans sa \u00ab&nbsp;note&nbsp;\u00bb. Si les recettes int\u00e9rieures ont augment\u00e9, c\u2019est essentiellement \u00e0 cause du r\u00e9gime fiscal qui s\u00e9vit aux Comores, notamment \u00e0 la douane. La loi des finances de 2021 marque le coup puisqu\u2019elle a effectu\u00e9 une augmentation des taxes et des amendes. D\u2019ailleurs certains produits comme le fer qui \u00e9tait tax\u00e9 \u00e0 15,5% a vu ce chiffre s\u2019\u00e9lever jusqu\u2019\u00e0 20,5%, le t\u00f4le aussi fait partie des produits faisant l\u2019objet de la hausse des taxes puisqu\u2019auparavant tax\u00e9s \u00e0 14,5% son taux est en effet align\u00e9 \u00e0 celui du fer. En tout ce sont neuf produits en tout qui ont subi une augmentation des taxes douani\u00e8res. Ce qui a naturellement eu des cons\u00e9quences sur le circuit \u00e9conomique. Pourtant, la note de conjoncture de la Banque Centrale ne fait nullement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une relation de cause \u00e0 effet entre l\u2019augmentation des recettes douani\u00e8res et le r\u00e9gime fiscal draconien occasionnant la chert\u00e9 de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une certaine mesure, le pouvoir comme la Banque Centrale justifient la politique fiscale entreprise par le paiement normal des salaires des agents de l&#8217;\u00c9tat. Seulement, avec une forte majorit\u00e9 des fonctionnaires qui re\u00e7oit des salaires incapables d\u2019absorber le co\u00fbt de la vie, une telle justification n\u2019est pas pertinente. Le paiement normal des salaires ne permet pas d\u2019am\u00e9liorer la vie de la population ni de dynamiser le march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019institut National de la Statistique et des \u00c9tudes \u00e9conomiques est plus proche de la v\u00e9rit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9cembre dernier, l\u2019INSEED publie un rapport sur la pauvret\u00e9 aux Comores en 2020. L\u2019institut a enqu\u00eat\u00e9 sur la dimension \u00e9conomique des m\u00e9nages et le r\u00e9sultat est alarmant. Il affirme que \u00ab&nbsp;44,8% de la population&nbsp;\u00bb des Comores vit en dessous du seuil de pauvret\u00e9. Et selon cette enqu\u00eate, c\u2019est le milieu rural, notamment de l\u2019\u00eele de Ndzuani qui est le plus concern\u00e9. La pauvret\u00e9 a gagn\u00e9 du terrain puisque de 2014 \u00e0 2020, l\u2019indigence est pass\u00e9e de 42 % de la population \u00e0 44,8%, prouvant que la politique du pouvoir durant ces ann\u00e9es a fortement contribu\u00e9 \u00e0 cet \u00e9tat d\u2019aggravation des conditions de vie.&nbsp; C\u2019est une tendance qui se confirme alors que la note de la Banque Centrale montre le contraire en mettant tout sur dos de la COVID-19, puis de la crise en Ukraine.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon la Banque Mondiale, entre 2017-2018, la croissance \u00e9conomique comorienne tablait sur un taux de 3,7%, mais, pendant cette p\u00e9riode, la pauvret\u00e9 allait de mal en pis. Malgr\u00e9 cela, la Banque Centrale applaudit les mesures du gouvernement visant \u00e0 revenir \u00e0 la situation \u00e9conomique d\u2019avant la crise sanitaire mondiale. \u00ab&nbsp;Par ailleurs, l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique devrait se consolider en raison des effets attendus de diff\u00e9rentes mesures de soutien \u00e0 l\u2019\u00e9conomie nationale par le gouvernement et les partenaires au d\u00e9veloppement. Dans ce contexte, le taux de croissance du PIB est projet\u00e9 \u00e0 3,5% en 2022 contre une croissance de 2,2% en 2021, soit un gain de 1,3 point de pourcentage&nbsp;\u00bb, rapporte-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les estimations de la Banque mondiale et celles de la Banque Centrale des Comores, la croissance peut revenir \u00e0 la normale, c\u2019est-\u00e0-dire au taux d\u2019avant la pand\u00e9mie, mais alors, c\u2019est que la pauvret\u00e9 n\u2019aura pas recul\u00e9 ou ne le sera que faiblement au regard des projets de constructions d\u2019infrastructures que le gouvernement a envisag\u00e9 et pour lesquels le financement d\u00e9pend des recettes int\u00e9rieures. Les d\u00e9penses d\u2019investissement pourraient maintenir la chert\u00e9 de la vie pour encore quelques ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aucune critique, aucune proposition pour le gouvernement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 une balance commerciale d\u00e9ficitaire, la Banque Centrale n\u2019ose remettre le pouvoir en cause. La note de conjoncture n\u2019apporte aucune critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard du gouvernement ni ne propose d\u2019hypoth\u00e8ses sur des axes de politique \u00e9conomique que le r\u00e9gime pourrait engager. Pourtant, la question de la balance commerciale est toujours probl\u00e9matique. On importe beaucoup plus que ce qu\u2019on exporte. M\u00eame si cette situation d\u2019importation massive arrange le gouvernement d\u2019Azali, en ce sens que la fiscalit\u00e9 est sa poule aux \u0153ufs d\u2019or, cette d\u00e9marche favorise davantage la paup\u00e9risation des populations. Le ch\u00f4mage ne recule pas dans la mesure o\u00f9 on manque de p\u00f4les de production de biens et que nous avons des difficult\u00e9s dans le secteur des services, qui constitue pour la Banque Mondiale un facteur de ralentissement pour la croissance \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, les transferts de la diaspora demeurent un support majeur pour l\u2019\u00e9conomie du pays. La manne financi\u00e8re qu\u2019elle envoie constitue une importante source de devise permettant de combler le d\u00e9s\u00e9quilibre de notre balance commerciale. M\u00eame si la note de conjoncture affirme qu\u2019\u00e0 cause de ces transferts beaucoup de Comoriens ne travaillent pas, c\u2019est-\u00e0-dire ne sont pas productifs \u00e9conomiquement, c\u2019est quand m\u00eame gr\u00e2ce \u00e0 ces transferts que le milieu rural \u00e0 Ngazidja est moins touch\u00e9 par la pauvret\u00e9 que celui de Ndzuani, l\u2019\u00eele de Ngazidja \u00e9tant plus repr\u00e9sent\u00e9e dans la diaspora que Ndzuani.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une note conjoncturelle tr\u00e8s politique Le 6 mai, la Banque Centrale des Comores a partag\u00e9 sur son compte Twitter une \u00ab\u00a0note de conjoncture de l\u2019ann\u00e9e 2021\u00a0\u00bb qui dresse la situation \u00e9conomique du pays, \u00e0 travers un bilan de la pand\u00e9mie du COVID-19 et ses variants, tout en faisant des perspectives au regard des mesures prises [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":8121,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[50],"tags":[157,97],"class_list":["post-8120","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","tag-edition-378","tag-trending"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/8120","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=8120"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/8120\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8122,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/8120\/revisions\/8122"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/8121"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=8120"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=8120"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=8120"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}