{"id":7936,"date":"2022-04-08T10:21:40","date_gmt":"2022-04-08T07:21:40","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=7936"},"modified":"2022-04-09T09:46:21","modified_gmt":"2022-04-09T06:46:21","slug":"hommage-a-salim-hatubou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/hommage-a-salim-hatubou\/","title":{"rendered":"Hommage \u00e0 Salim Hatubou."},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><\/h2>\n\n\n\n<p>Sept ans apr\u00e8s, la disparation de Salim Hatubou est comme une de ces nuits mornes, vides de sacr\u00e9, d\u2019une tristesse infinie qui emplit nos c\u0153urs ; celle, qui dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9, nous \u00f4tait la justesse phrastique, la prose et le lyrisme po\u00e9tique d\u2019un \u00e9crivain, d\u2019un g\u00e9nie de la langue fran\u00e7aise, d\u2019un monument de la litt\u00e9rature comorienne. Son \u0153uvre nous indiquait, que dans la persistance du temps, apr\u00e8s qu\u2019elle eut rejoint le firmament, \u00e9toil\u00e9 par sa plume, restera celle qui aura rendu \u00e0 la litt\u00e9rature comorienne, un sentiment immense de grandeur, de reconnaissance et de puissance.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Par Houdheif Mdziani<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 le 20 juin 1972 \u00e0 Hahaya, Salim Hatubou a eu une enfance baign\u00e9e dans l\u2019affection des livres, un monde \u00e0 l\u2019\u00e9poque difficilement accessible o\u00f9 il fallait avoir ce d\u00e9sir excitant de voyager pour bercer ces r\u00eaves. Ce loisir, c\u2019est-\u00e0-dire la lecture, qui ralentit le temps, prolonge la vie, ce plaisir offert par l\u2019imagination, passionn\u00e9ment beau, infiniment plaisant, devenant de plus en plus important, qui en f\u00fbt sa d\u00e9votion, son m\u00e9tier, c\u2019est par sa grand-m\u00e8re qu\u2019il doit cette sensibilit\u00e9 litt\u00e9raire puisque c\u2019est cette derni\u00e8re qui a illumin\u00e9 les nuits de l\u2019enfant Salim par la douceur po\u00e9tique de sa voix lorsqu\u2019elle lui r\u00e9citait les contes comoriens. Salim Hatubou enfant, avant l\u2019implication culturelle de sa grand-m\u00e8re, ne connaissait pas cet univers imaginaire, d\u2019une emprise br\u00fblante par le feu de la passion, rendant cette illusion n\u00e9cessaire, adulaire, pour voyager \u00e0 la d\u00e9couverte de ce qu\u2019on appelle la litt\u00e9rature. C\u2019est ainsi que celui qui deviendra conteur et \u00e9crivain a eu l\u2019initiative de parcourir nos \u00eeles \u00e0 la recherche de ce patrimoine litt\u00e9raire inestimable qu\u2019est notre litt\u00e9rature orale.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e2ge de dix-ans encore dans son adolescence fleurissante, il atterrit \u00e0 Marseille, dans le quartier de Saint-Antoine ramenant comme souvenirs, la belle nostalgie de son enfance comorienne berc\u00e9e par les contes, les mythes et les l\u00e9gendes racont\u00e9s par sa grand-m\u00e8re. En 1994, alors qu\u2019il n\u2019a que 22 ans, il publie aux \u00e9ditions l\u2019Harmattan, son premier ouvrage, un recueil de contes, qu\u2019il intitula nostalgiquement : \u00ab Contes de ma grand-m\u00e8re \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Son g\u00e9nie s\u2019est empar\u00e9 des contes, des romans et de la po\u00e9sie, versifiant la litt\u00e9rature comorienne d\u2019expression fran\u00e7aise d\u2019une lumi\u00e8re lyrique brillante, rayonnante, orn\u00e9e de prix et de cons\u00e9crations litt\u00e9raires cr\u00e9pitant par son \u00e9criture solaire. Au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9criture, Salim Hatubou, a fait de son vivant, voyager nos contes et notre litt\u00e9rature orale partout o\u00f9 son \u00e2me po\u00e9tique a eu le plaisir ardent d\u2019y s\u00e9journer : dans les \u00e9coles, les biblioth\u00e8ques et les festivals.<\/p>\n\n\n\n<p>Salim aimait passionn\u00e9ment la litt\u00e9rature. C\u2019est cet amour passionnel qui nous submerge par tant d\u2019\u00e9motions, de satisfactions et d\u2019admirations. Son \u0153uvre est indissociable de son identit\u00e9, de son enfance et de son histoire. L\u2019\u0153uvre de Salim, qui n\u2019est l\u00e9g\u00e8re que pour ceux et celles qui ne l\u2019ont pas lue, et reste infiniment grande et profonde pour ceux et celles qui ont eu la curiosit\u00e9 de la visiter, est riche de tournures phrastiques, de vo\u00fbtes et d\u2019une po\u00e9sie sublime, d\u2019une s\u00e9mantique linguistique inou\u00efe, d\u2019une beaut\u00e9 cr\u00e9pusculaire. Son total g\u00e9nie vient du fait, entre autres, qu\u2019en le lisant, on a toujours l\u2019impression qu\u2019il vient de trouver, directement et sans le moindre labeur, la formulation la plus simple pour d\u00e9crire une situation donn\u00e9e, m\u00eame la plus complexe du monde. Bien qu\u2019il ne f\u00fbt pas historien, son \u0153uvre est un t\u00e9moigne sur notre m\u00e9moire collective.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait aussi un citoyen engag\u00e9, et par exemple, il n\u2019a cess\u00e9 de t\u00e9moigner de son implication dans les relations tendues entre les Comores et Mayotte.<\/p>\n\n\n\n<p>Amoureux des biblioth\u00e8ques, conscient de leurs valeurs \u00e9ducatives profondes, la ville de Marseille, l\u00e0 o\u00f9 il a grandi, lui a rendu un tr\u00e8s bel hommage en lui d\u00e9diant \u00e9ternellement, une m\u00e9diath\u00e8que portant son nom : la m\u00e9diath\u00e8que Salim Hatubou.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce lieu am\u00e9nag\u00e9 pour le savoir, on y trouve la polyvalence de son \u0153uvre, d\u2019une sensibilit\u00e9 profonde. C\u2019est un univers \u00e9toil\u00e9 d\u2019imagination, d\u2019humour \u00e0 l\u2019exemple de \u00ab Mar\u00e2tre \u00bb, \u00ab Un conteur dans ma cit\u00e9 \u00bb ou m\u00eame de trag\u00e9die comme \u00ab Comores-Zanzibar \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, bien qu\u2019il ne soit pas physiquement parmi nous, son visage de clair de lune, attachant et souriant et son \u0153uvre litt\u00e9raire vivent en nous, parmi nous, illuminant notre conscience.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sept ans apr\u00e8s, la disparation de Salim Hatubou est comme une de ces nuits mornes, vides de sacr\u00e9, d\u2019une tristesse infinie qui emplit nos c\u0153urs ; celle, qui dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9, nous \u00f4tait la justesse phrastique, la prose et le lyrisme po\u00e9tique d\u2019un \u00e9crivain, d\u2019un g\u00e9nie de la langue fran\u00e7aise, d\u2019un monument de la litt\u00e9rature comorienne. 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