{"id":7932,"date":"2022-04-08T10:06:01","date_gmt":"2022-04-08T07:06:01","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=7932"},"modified":"2022-04-09T21:37:40","modified_gmt":"2022-04-09T18:37:40","slug":"recueil-de-la-slameuse-bacar-nawiya","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/recueil-de-la-slameuse-bacar-nawiya\/","title":{"rendered":"Recueil de la slameuse Bacar Nawiya"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Entre prose et po\u00e9sie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong><em>Les slameurs veulent \u00eatre le levain dans la p\u00e2te et parler aux sourds dans leur langue. Dans un contexte de combat pour les droits des femmes o\u00f9 l\u2019effondrement du syst\u00e8me patriarcal entra\u00eene une n\u00e9cessaire reconfiguration des r\u00f4les sexu\u00e9s, l\u2019artiste comorienne Bacar Nawiya a pr\u00e9sent\u00e9 r\u00e9cemment son premier recueil de slams au public \u00e0 l\u2019Alliance franco-comorienne de Moroni.<\/em><\/strong> <em>Par Hachim Mohamed<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-small-font-size\">Le livre de la rentr\u00e9e 2022, une v\u00e9ritable r\u00e9v\u00e9lation de la fibre litt\u00e9raire du Slam est incontestablement celui de Bacar Nawiya, une \u00e9crivaine \u00ab&nbsp;en&nbsp;herbe&nbsp;\u00bb qui a sorti son premier recueil,&nbsp;\u00ab&nbsp;Le temps d\u2019un Slam, je suis une guerri\u00e8re&nbsp;\u00bb en d\u00e9cembre 2021, aux \u00e9ditions C\u0153lacanthe. Elle l\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 avec beaucoup de brio au public dans la grande salle l\u2019Alliance fran\u00e7aise le jeudi 17 d\u00e9cembre, avec dans le r\u00f4le de la mod\u00e9ratrice de l\u2019\u00e9v\u00e8nement Hayatte Abdou.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019amour toujours<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai toujours voulu que les premiers mots rappellent l\u2019id\u00e9e principale du recueil, d\u2019o\u00f9 le premier titre \u00e9ponyme \u00ab&nbsp;Le temps d\u2019un Slam&nbsp;\u00bb, explique la native de Mitsoudje.<\/p>\n\n\n\n<p>Les prises de parole pr\u00e9c\u00e9dant le d\u00e9bat autour du premier recueil de slams de la Comorienne ont r\u00e9serv\u00e9 une place de choix \u00e0 cette po\u00e9sie de la rue scand\u00e9e ou chant\u00e9e, en forme de tribune de libre expression.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de l\u2019amour et la probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes qui ont toujours illumin\u00e9 et enflamm\u00e9 la bave fertile des po\u00e8tes ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s sur sc\u00e8ne par Ame Rit avec son texte intitul\u00e9&nbsp;\u00ab&nbsp;Je t\u2019aime tout court&nbsp;\u00bb, Intissam Dahilou avec \u00ab&nbsp;Ce soir&nbsp;\u00bb, et aussi par Bacar Nawiya, elle-m\u00eame, avec&nbsp;\u00ab&nbsp;Mes bleus le diront. \u00bb Et l\u2019accompagnement d\u2019un arri\u00e8re-fond sonore, une d\u00e9licate m\u00e9lodie jou\u00e9e au son limpide d\u2019une corde de nylon gratt\u00e9e sur une guitare s\u00e8che de Louceyf Hamid.<\/p>\n\n\n\n<p>Par les th\u00e9matiques abord\u00e9es comme par la fa\u00e7on d\u2019explorer et transmettre cet amour de la langue, qui parle autant par les sons que par les mots, tour \u00e0 tour Bacar Nawiya, Ame Rit et Intissam Dahilou ont scand\u00e9 avec calme, r\u00e9serve et mesure les textes et ont su toucher l\u2019assistance.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 aux larmes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Docteur en lettres, Nourdine Iliyas a expliqu\u00e9 pos\u00e9ment, ce qu\u2019il faut comprendre de l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteure qui passe par la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, les larmes pour aborder des th\u00e8mes tr\u00e8s violents.<\/p>\n\n\n\n<p>A la lecture de ce livre, dans lequel se m\u00ealent observation directe, t\u00e9moignages bouleversants et interpr\u00e9tations lucides des faits sur le combat des femmes, c\u2019est comme si dans l\u2019expression des vers sans rimes et l\u2019utilisation du langage codifi\u00e9 des po\u00e8tes, on utilisait une main pour \u00e9crire de la prose et l\u2019autre pour \u00e9crire de la po\u00e9sie&nbsp;! Tellement l\u2019\u0153uvre de Bacar Nawiya est \u00e9maill\u00e9e de ces deux confortations litt\u00e9raires et une propension \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e9motionnelle, \u00e0 la f\u00e9minit\u00e9 textuelle qui se traduit par des fontaines de larmes qui ne peuvent tarir.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le sillage de la prise de parole de Nourdine Iliyas, une petite fille de 9 ans, Oumayah a lu des slams de l\u2019\u0153uvre de Nawiya Bacar qui dressent le portrait sans concessions d\u2019une femme comorienne qui se bat\u2026 se cherche. L\u00e0, encore quelque chose de fort fonctionnait, revenait en leitmotiv pour marteler certains passages \u00e9mouvants.<\/p>\n\n\n\n<p>Par des refrains r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, rythmiques, entra\u00eenants, accrocheurs, le public entendait la voix d\u2019Oumayah qui disait \u00ab&nbsp;Femme de ma vie\u2026 je t\u2019envie&nbsp;! Femme de ma vie\u2026 je t\u2019envie !&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rebelle dans l\u2019\u00e2me<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Interrog\u00e9e dans la grande salle par l\u2019un des intervenants qui la consid\u00e8re comme une femme engag\u00e9e, Bacar Nawiya refuse de se couler dans ce moule. Elle estime que dans l\u2019\u00e9ducation chacun a sa propre v\u00e9rit\u00e9 et qu\u2019on peut la trouver partout selon les questions qu\u2019on se pose.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 toujours rebelle dans l\u2019\u00e2me. Mais \u00e0 ma mani\u00e8re. Bien que j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s assidue pendant mon parcours scolaire et estudiantin, je me rebelle souvent contre la vie, car je suis impulsive de nature. Je suis, nous sommes et avons toujours \u00e9t\u00e9 des femmes avant mon recueil. Je n\u2019aime pas l\u2019\u00e9tiquette \u00ab engag\u00e9 \u00bb, j\u2019\u00e9cris pour \u00e9crire. L\u2019importance c\u2019est que le livre puisse parler \u00e0 celles qui y pr\u00eateront l\u2019oreille, \u00e0 traverser le temps, peu importe le temps et non pendant une p\u00e9riode sp\u00e9cifique \u00bb, nous confie Bacar Nawiya.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle dit qu\u2019elle a d\u00e9couvert le slam au coll\u00e8ge. Depuis, elle a fait un long chemin en participant \u00e0 plusieurs sc\u00e8nes nationales et internationales.<\/p>\n\n\n\n<p>Partant du constat selon lequel nous ne pouvons plus vivre dans un monde o\u00f9 l\u2019ordre patriarcal et l\u2019impitoyable machine du pouvoir broient les femmes, l\u2019\u0153uvre de Bacar Nawiya s\u2019attaque \u00e0 fond \u00e0 un syst\u00e8me social qui renforce la subordination des femmes et restreint leur capacit\u00e9 \u00e0 entreprendre, leur participation \u00e0 la sph\u00e8re publique et aux lieux de d\u00e9cision.<\/p>\n\n\n\n<p>Rares sont les \u00e9crivains qui ne puisent dans leur v\u00e9cu pour \u00e9crire un livre. Bacar Nawiya est formelle sur cette question. Dans chacun de ses textes, il y a une partie d\u2019elle, une histoire personnelle, un t\u00e9moignage ou encore une retranscription de sc\u00e8nes auxquelles elle a assist\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je pense que peu importe la mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire, le th\u00e8me, le type de texte, il y aura toujours une partie de lui \/elle, ne serait-ce que sa perception de ce qu\u2019il (elle) d\u00e9crit \u00bb, d\u00e9clare celle qui a remport\u00e9 le deuxi\u00e8me prix du concours meilleur slameur sur le th\u00e8me de l\u2019avortement en cas de viol et d\u2019inceste organis\u00e9 par la Task-Force \u00e0 Dakar en 2019.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ces passages qui sont plus que des passages po\u00e9tiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour revenir \u00e0 la question centrale des prises de parole durant cette rencontre, de nombreuses voix ont entonn\u00e9 le refrain l\u00e9nifiant des \u00ab avanc\u00e9es notables \u00bb du combat des femmes, de la crise ou du d\u00e9litement du lien social associ\u00e9 \u00e0 la perte des valeurs et des rep\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, l\u2019\u0153uvre de Bacar Nawiya est loin de tout cela, dans la mesure o\u00f9, pour citer George Sand, \u00ab le plus honn\u00eate des hommes est celui qui pense et qui agit le mieux, mais le plus puissant est celui qui sait le mieux \u00e9crire et parler \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il y a une intervention qui nous a gratifi\u00e9s de la perception de cette fibre litt\u00e9raire du slam, c\u2019est celle de la militante f\u00e9ministe Amina Ali qui a lu ces passages du recueil qui sont plus que des passages po\u00e9tiques. Il s\u2019agit de ces phrases grav\u00e9es sur la pierre, sur l\u2019\u00e9corce, ces phrases qui calment un peu l\u2019effroi et la soif, ces phrases qui sont comme une cruche que l\u2019on tendrait, le soir venu, au visiteur cherchant un g\u00eete.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je suis une femme, j\u2019en souffre\/Je ne suis pas coupable de mon corps, du choix de mon habillement, de votre inculture&#8230; \u00bb. Ce sont quelques-uns des vers qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9s en leitmotiv pour r\u00e9sumer le combat de femmes qui est port\u00e9 du Moyen-Orient en Afrique en passant par l\u2019Occident.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre prose et po\u00e9sie Les slameurs veulent \u00eatre le levain dans la p\u00e2te et parler aux sourds dans leur langue. 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