{"id":6839,"date":"2022-02-14T08:47:36","date_gmt":"2022-02-14T05:47:36","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=6839"},"modified":"2022-03-23T17:02:51","modified_gmt":"2022-03-23T14:02:51","slug":"le-rapport-sur-les-prisonniers-politiques-anjouanais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/le-rapport-sur-les-prisonniers-politiques-anjouanais\/","title":{"rendered":"Le Rapport sur les prisonniers politiques anjouanais"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em> <span class=\"dropcap\">A<\/span>lors que le gouvernement d\u2019Azali Assoumani continue d\u2019affirmer qu\u2019il n\u2019y a pas de prisonniers politiques aux Comores et poursuit les pr\u00e9parations d\u2019un Dialogue national qui promet de co\u00fbter au moins aussi cher que les Assises de 2018, un groupe d\u00e9nomm\u00e9 Coordination anjouanaise de la R\u00e9sistance a publi\u00e9 le 5 f\u00e9vrier dernier un rapport sur les prisonniers politiques d\u2019origine anjouanaise, encore en d\u00e9tention.<\/em><\/strong> Par MiB<\/p>\n\n\n\n<p>Quand le pr\u00e9sident Azali Assoumani s\u2019adresse \u00e0 la communaut\u00e9 internationale, il affirme qu\u2019il n\u2019y a pas de prisonniers politiques aux Comores. Suite \u00e0 la visite d\u2019une commission dirig\u00e9e par le Commissaire aux Affaires Politiques, \u00e0 la Paix et \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9, Bankole Adeoye, l\u2019Union africaine avait quelque peu surpris les observateurs de la politique comorienne en s\u2019\u00e9loignant des affirmations du gouvernement comorien en demandant, dans un communiqu\u00e9 publi\u00e9 le 29 octobre 2021, la lib\u00e9ration des prisonniers politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport publi\u00e9 par la Coordination de la R\u00e9sistance anjouanaise le 5 f\u00e9vrier dernier, le \u00ab&nbsp;Rapport sur les prisonniers politiques originaires de l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan d\u00e9tenus sur la base de fausses accusations et en violation de la loi&nbsp;\u00bb vient apporter les preuves de l\u2019existence de nombreux prisonniers politiques anjouanais, enferm\u00e9s \u00e0 Anjouan ou \u00e0 la Grande-Comore.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un rapport succinct de sept pages et trois parties. Les r\u00e9dacteurs n\u2019ont pas pris le temps d\u2019approfondir l\u2019analyse des donn\u00e9es recueillies, mais ils affirment que c\u2019est une base qui doit \u00eatre enrichie r\u00e9guli\u00e8rement. La premi\u00e8re partie (cinq pages) est une liste de 65 noms de prisonniers politiques indiquant les lieux de d\u00e9tention, les dates et les circonstances de leurs arrestations. La deuxi\u00e8me partie (une page) traite des conditions de d\u00e9tention dans la prison de Koki \u00e0 Anjouan, sur les hauteurs de Ouani. Vingt-neuf des 63 prisonniers politiques d\u2019origine anjouanaise sont enferm\u00e9s dans cette sinistre prison. La troisi\u00e8me partie du rapport constitue la conclusion.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un ancien pr\u00e9sident et un ancien gouverneur toujours en prison<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la t\u00eate de cette liste de 65 personnes dont on nous dit en conclusion qu\u2019elle n\u2019est pas exhaustive, il y a les deux hommes politiques anjouanaises les plus populaires et les plus influents avant leurs arrestations. L\u2019un, l\u2019ancien pr\u00e9sident Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 le 19 mai 2018, mis en r\u00e9sidence surveill\u00e9e dans un premier temps dans sa r\u00e9sidence de Voidjou (Ngazidja) sur ordre du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, Sa\u00efd Abdou Dja\u00e9 pour trouble \u00e0 l\u2019ordre public. Il a ensuite \u00e9t\u00e9 mis en d\u00e9tention et \u00e0 l\u2019isolement dans une chambre de sa r\u00e9sidence, devenue une annexe de la prison de Moroni par arr\u00eat\u00e9 du ministre de la Justice, pour \u00ab&nbsp;corruption, d\u00e9tournement de deniers publics, complicit\u00e9 de faux et usage de faux et forfaiture&nbsp;\u00bb depuis le 20 ao\u00fbt 2018.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre est l\u2019ancien gouverneur Salami Abdou arr\u00eat\u00e9 depuis le 21 octobre 2018, alors que son mandat n\u2019\u00e9tait pas encore arriv\u00e9 \u00e0 terme, accus\u00e9 d\u2019\u00ab&nbsp;atteinte \u00e0 l\u2019unit\u00e9 nationale, complicit\u00e9 de meurtre, r\u00e9bellion, participation \u00e0 un mouvement insurrectionnel, trouble \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 publique et port ill\u00e9gal d\u2019arme&nbsp;\u00bb. Comme Sambi, il s\u2019\u00e9tait oppos\u00e9 \u00e0 la r\u00e9forme constitutionnelle qui permettait \u00e0 Azali Assoumani de prolonger son mandat en repoussant \u00e0 2029 la tournante en faveur d\u2019Anjouan. Il est rendu responsable de l\u2019insurrection de rebelles dans la m\u00e9dina de Mutsamudu, une semaine avant son arrestation. Le ministre de l\u2019\u00c9ducation nationale de l\u2019\u00e9poque, Mahamoud Salim Hafi avait m\u00eame affirm\u00e9 que le gouvernement d\u00e9tenait une vid\u00e9o dans laquelle on pouvait voir le Gouverneur en train de distribuer des armes aux rebelles. Depuis, le m\u00eame homme a reconnu que cette vid\u00e9o n\u2019a jamais exist\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le d\u00e9mant\u00e8lement du parti Juwa<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Deux personnalit\u00e9s pr\u00e9sentes sur cette liste, l\u2019ex-Vice-pr\u00e9sident d\u2019Ikililou Dhoinine (lui-m\u00eame assign\u00e9 \u00e0 r\u00e9sidence \u00e0 Mwali), Nourdine Bourhane et l\u2019ancien ministre de l\u2019ex-pr\u00e9sident Mohamed Abdallah Ahmed Sambi (en d\u00e9tention) et d\u2019Azali Assoumani, Mohamed Bacar Dossar, ne sont pas \u00e0 proprement parler en prison, mais sont priv\u00e9s de leur libert\u00e9 de circuler (libert\u00e9 inscrite dans la Constitution), assign\u00e9s \u00e0 r\u00e9sidence dans l\u2019\u00eele de Ngazidja depuis octobre 2018. Et de fait priv\u00e9 de parole publique, sans jugement depuis plus de trois ans. Ils sont tous les deux associ\u00e9s aux accusations qui ont permis de mettre en prison sans jugement l\u2019ancien pr\u00e9sident Mohamed Sambi.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des prisonniers sont membres du parti Juwa, le parti qui avait le plus d\u2019adh\u00e9rents dans le pays avant le d\u00e9but de la r\u00e9pression et ils \u00e9taient proches de Mohamed Sambi et Salami Abdou.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs Anjouanais avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s apr\u00e8s le complot suppos\u00e9 destin\u00e9 \u00e0 tuer le vice-pr\u00e9sident Moustadrane Abdou (18 balles auraient \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es sur sa voiture sans toucher l\u2019un des trois occupants) et apr\u00e8s l\u2019affaire de la M\u00e9dina de Mutsamudu pendant laquelle quelques rebelles arm\u00e9s ont tenu t\u00eate \u00e0 l\u2019arm\u00e9e comorienne pendant une semaine avant de dispara\u00eetre dans la nature. Ces deux affaires avaient permis d\u2019arr\u00eater plusieurs opposants politiques sans vraiment \u00e9tablir le lien entre ceux-ci et les \u00e9v\u00e9nements. La plupart ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s ou graci\u00e9s et celui qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 comme l\u2019organisateur du complot contre le Vice-Pr\u00e9sident est devenu un proche du r\u00e9gime avant d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9 r\u00e9cemment avec d\u2019autres dans l\u2019affaire des lingots d\u2019or trouv\u00e9s \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Hahaya. Sur ces deux affaires, il ne reste plus que quatre prisonniers politiques. Mais, les cadres du parti Juwa ont compris la le\u00e7on et n\u2019osent plus parler, encore moins organiser des rencontres politiques ou des manifestations.<\/p>\n\n\n\n<p>Les affaires pour lesquelles il y a encore de nombreux prisonniers politiques anjouanais en d\u00e9tention sont \u00ab&nbsp;l\u2019affaire du colis pi\u00e9g\u00e9&nbsp;\u00bb (24 prisonniers) et \u00ab&nbsp;l\u2019affaire des mines&nbsp;\u00bb (15). Dans la premi\u00e8re affaire, des militants de l\u2019opposition ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, car un homme, Inssa Mohamed alias Bouboucha aurait pr\u00e9par\u00e9 une bombe qu\u2019un autre homme aurait tent\u00e9 d\u2019introduire dans un avion qui transportait le pr\u00e9sident Azali. L\u2019affaire des mines implique des hommes qui auraient pos\u00e9 des mines explosives sur des routes et m\u00eame \u00e0 l\u2019a\u00e9roport d\u2019Ouani. Tout cela dans un contexte o\u00f9 \u00e0 Anjouan, toute activit\u00e9 politique est interdite et que des leaders du principal parti du pays ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, puis condamn\u00e9s \u00e0 six mois de prison pour avoir appel\u00e9 \u00e0 une manifestation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Koki et Hombo, principaux lieux de d\u00e9tention<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La liste montre \u00e9galement que la plupart des prisonniers politiques sont d\u00e9tenus soit \u00e0 Koki (29) soit \u00e0 la gendarmerie de Hombo sur les hauteurs de Mutsamudu (). Un rapport de l\u2019ONU a d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 des tortures au sein des gendarmeries des Comores lors des interrogatoires, et le gouvernement avait interdit l\u2019acc\u00e8s de cette gendarmerie de Hombo au Rapporteur sp\u00e9cial des Nations Unies sur la torture, Nils Melzer.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 la prison de Koki, le Rapport de la Coordination de la R\u00e9sistance anjouanaise indique qu\u2019elle contient environ 140 prisonniers de tous genres qui dorment \u00e0 m\u00eame le sol sur un matelas ou pas et qui comptent sur les repas amen\u00e9s par la famille..<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une prison o\u00f9 ces derniers temps des prisonniers ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s et o\u00f9 l\u2019administration a juste dit qu\u2019ils ont tent\u00e9 de s\u2019\u00e9vader sans la moindre enqu\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e0 noter que parmi les prisonniers politiques figurant sur cette liste cinq d\u2019entre eux avaient demand\u00e9 l\u2019asile politique \u00e0 Mayotte, l\u2019\u00eele sous administration fran\u00e7aise. Ils ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s vers Anjouan avec le risque de subir des tortures ou d\u2019\u00eatre tu\u00e9s comme le major Bapale. Pire, selon ce rapport, un des prisonniers, Fayad Halidi, avait une carte de r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Mayotte et malgr\u00e9 cela, il aurait \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;enlev\u00e9 par la police fran\u00e7aise et le GIPN depuis Mamoudzou&nbsp;\u00bb le 14 septembre 2020 et renvoy\u00e9 Anjouan. Il a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 au camp militaire de Sangani, puis \u00e0 la gendarmerie de Hombo.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 lire \u00e9galement : <a href=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/extrait-du-rapport-sur-les-prisonniers-politiques-originaires-de-lile-danjouan\/\">Extrait du Rapport sur les prisonniers politiques originaires de l&#8217;\u00eele d&#8217;Anjouan<\/a> (Masiwa n\u00b0366 du lundi 14 f\u00e9vrier 2022)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que le gouvernement d\u2019Azali Assoumani continue d\u2019affirmer qu\u2019il n\u2019y a pas de prisonniers politiques aux Comores et poursuit les pr\u00e9parations d\u2019un Dialogue national qui promet de co\u00fbter au moins aussi cher que les Assises de 2018, un groupe d\u00e9nomm\u00e9 Coordination anjouanaise de la R\u00e9sistance a publi\u00e9 le 5 f\u00e9vrier dernier un rapport sur les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":6840,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49],"tags":[92],"class_list":["post-6839","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politique","tag-a-la-une"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/6839","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=6839"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/6839\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7377,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/6839\/revisions\/7377"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/6840"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=6839"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=6839"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=6839"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}