{"id":6663,"date":"2021-11-22T08:16:24","date_gmt":"2021-11-22T05:16:24","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=6663"},"modified":"2021-11-25T19:37:54","modified_gmt":"2021-11-25T16:37:54","slug":"deux-femmes-comoriennes-harcelees-au-travail-racontent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/deux-femmes-comoriennes-harcelees-au-travail-racontent\/","title":{"rendered":"Deux femmes comoriennes harcel\u00e9es au travail racontent"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Malgr\u00e9 ce que certaines personnalit\u00e9s comoriennes affirment, le harc\u00e8lement des femmes au travail est une r\u00e9alit\u00e9, m\u00eame si peu d\u2019entre elles osent t\u00e9moigner et encore moins se plaindre ou porter plainte.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le 25 novembre est la journ\u00e9e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette ann\u00e9e, le th\u00e8me choisi est \u00ab\u00a0Oranger le monde\u00a0: mettre fin d\u00e8s maintenant \u00e0 la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes\u00a0!\u00a0\u00bb. \u00a0De ce fait, \u00e0 l\u2019occasion de cette journ\u00e9e, Masiwa s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 au harc\u00e8lement de la femme comorienne dans le milieu professionnel. Les t\u00e9moignages sont rares, nous avons recueilli les t\u00e9moignages de deux femmes comoriennes qui ont subi le harc\u00e8lement au travail. <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong>Le harc\u00e8lement au travail fait partie des violences que subissent de nombreuses femmes. Il peut \u00eatre physique, moral, sexuel ou psychologique. Deux femmes comoriennes ont accept\u00e9 de t\u00e9moigner sous anonymat du harc\u00e8lement qu\u2019elles ont endur\u00e9 dans leurs milieux professionnels. Les pr\u00e9noms de nos deux interlocutrices ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s. Ces femmes r\u00e9sident dans l\u2019archipel et y travaillent. Elles viennent de deux milieux professionnels diff\u00e9rents. L\u2019une est technicienne en imagerie m\u00e9dicale et l\u2019autre exerce le m\u00e9tier de journaliste.<\/p>\n<p><strong><em>Bahati, harcel\u00e9e par sa gestionnaire<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Bahati est une femme \u00e2g\u00e9e d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es. Elle a fait des \u00e9tudes dans le secteur de l\u2019imagerie m\u00e9dicale. Elle a \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9e dans un cabinet de radiologie priv\u00e9 aux Comores. Elle travaillait en tant que technicienne en imagerie m\u00e9dicale. C\u2019\u00e9tait son premier boulot apr\u00e8s sa formation. Passionn\u00e9e par son m\u00e9tier, Bahati assurait les missions qui lui incombaient, mais aidait \u00e9galement ses coll\u00e8gues secr\u00e9taires qui \u00e9taient en sous-effectifs\u00a0: \u00ab\u00a0j\u2019acceptais de rendre service au niveau du secr\u00e9tariat \u00e0 titre gracieux. Les t\u00e2ches que je faisais \u00e9taient en rapport avec le secr\u00e9tariat\u00a0: accueil, tenir la caisse, r\u00e9diger les comptes-rendus\u00a0\u00bb, affirme-t-elle. Selon Bahati, c\u2019\u00e9tait une fa\u00e7on de secourir ses coll\u00e8gues et renforcer l\u2019\u00e9quipe tout en essayant de combler le sous-effectif des secr\u00e9taires. Mais cela ne faisait pas partie des t\u00e2ches qu\u2019elle devait accomplir et mentionn\u00e9es dans son contrat.<\/p>\n<p>Cependant, les choses se compliquent pour cette professionnelle de sant\u00e9 lorsqu\u2019elle n\u2019a plus voulu assister ses cons\u0153urs. \u00ab\u00a0J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arr\u00eater parce que mon r\u00f4le \u00e9tait pleinement assimil\u00e9 \u00e0 celui des secr\u00e9taires. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 harcel\u00e9e par la gestionnaire, des mises \u00e0 pied r\u00e9p\u00e9titives et injustifi\u00e9es avec de lourdes sanctions. J\u2019ai subi le harc\u00e8lement moral, des insultes, des d\u00e9nigrements\u00a0\u00bb, raconte-t-elle. La contestation de la jeune femme lui a valu un rapport avec motif \u00ab\u00a0abandon de poste\u00a0\u00bb. Bahati estime que le harc\u00e8lement de sa gestionnaire \u00e9tait d\u00fb au fait qu\u2019elle \u00e9tait la seule employ\u00e9e qui osait contester quand il le faut\u00a0: \u00ab\u00a0elle a un sentiment de sup\u00e9riorit\u00e9. Moi je n\u2019avais pas peur d\u2019elle contrairement aux autres qui craignaient de perdre leur boulot\u00a0\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>Bahati a suivi des formations dans l\u2019\u00eele de Mayotte dans le cadre de son travail. Selon elle, la gestionnaire utilisait le fait qu\u2019elle avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ces formations comme pr\u00e9texte pour lui imposer d\u2019exercer des t\u00e2ches suppl\u00e9mentaires. Le directeur de l\u2019\u00e9tablissement a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de la situation par la plaignante. Mais selon cette derni\u00e8re, il est rest\u00e9 indiff\u00e9rent face aux agissements de la secr\u00e9taire\u00a0: \u00ab\u00a0Le directeur n\u2019a jamais r\u00e9pondu \u00e0 mes mails. Il les a transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 la gestionnaire. La dame s\u2019en servait pour m\u2019insulter. Genre, \u00ab\u00a0le directeur s\u2019en fout de toi. Tu es inexistant ici. On s\u2019en fout de ce que tu penses\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb, regrette-t-elle.<\/p>\n<p>La situation \u00e9tait stressante et angoissante pour cette jeune femme. Elle a tr\u00e8s mal v\u00e9cu cette p\u00e9riode. Elle a donc jet\u00e9 l\u2019\u00e9ponge et a rendu sa blouse apr\u00e8s cinq ans de service. \u00ab\u00a0J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9missionner quand j\u2019ai constat\u00e9 que le directeur \u00e9tait contre moi sans vouloir conna\u00eetre ma version sachant qu\u2019il m\u2019a connue quatre ans avant la gestionnaire. D\u2019ailleurs, c\u2019est lui qui m\u2019a demand\u00e9 d\u2019aider les secr\u00e9taires \u00e0 l\u2019\u00e9poque\u00a0\u00bb. Bahati tire la sonnette d\u2019alarme et conseille aux femmes de bien n\u00e9gocier leurs contrats et de bien mentionner les d\u00e9tails d\u00e8s le d\u00e9part.<\/p>\n<p>Le harc\u00e8lement moral au travail est un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s complexe qui conduit certains professionnels \u00e0 la d\u00e9pression. On ne peut pas dire que le cas de Bahati est une exception aux Comores quand on connait l\u2019atmosph\u00e8re de travail dans cet archipel\u00a0: stages de tr\u00e8s longue dur\u00e9e, souvent non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e, des licenciements abusifs, des recrutements sans normes, etc.<\/p>\n<p><strong><em>Mkaya, une journaliste harcel\u00e9e et \u00ab\u00a0vilipend\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Mkaya exerce le m\u00e9tier de journaliste aux Comores depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans sa profession ne sont pas moindres. Elle \u00e9voque entre autres \u00ab\u00a0la mauvaise r\u00e9mun\u00e9ration, les horaires ingrats avec la particularit\u00e9 d\u2019avoir une pression suppl\u00e9mentaire. Soit de la hi\u00e9rarchie qui censure ou pousse \u00e0 l\u2019autocensure quand on travaille pour une r\u00e9daction sur place, soit directement des pouvoirs politiques quand on est correspondant pour un m\u00e9dia international\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mkaya a en effet subi le harc\u00e8lement au travail\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai connu plusieurs situations de harc\u00e8lement moral, g\u00e9n\u00e9ralement politiques, de diff\u00e9rents partis. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 vilipend\u00e9e dans les m\u00e9dias nationaux publics\u00a0\u00bb, d\u00e9clare-t-elle.\u00a0 Malgr\u00e9 ces d\u00e9sagr\u00e9ments qu\u2019elle a endur\u00e9s, elle estime avoir eu de la chance. \u00ab\u00a0Cependant, je me consid\u00e8re comme chanceuse, car je n\u2019ai vraiment senti la pression du harc\u00e8lement sexuel qu\u2019une seule fois en dix ans d\u2019exercice du journalisme aux Comores\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle.<\/p>\n<p>Si la journaliste parle de chance parce qu\u2019elle n\u2019a pas v\u00e9cu \u00e0 maintes reprises le harc\u00e8lement sexuel au travail, cela peut sous-entendre que dans le milieu professionnel aux Comores, le harc\u00e8lement sexuel pr\u00e9domine par rapport aux autres formes de harc\u00e8lement. \u00a0Elle admet par ailleurs que le harc\u00e8lement sexuel dans le monde du travail aux Comores est une r\u00e9alit\u00e9 incontestable\u00a0: \u00ab\u00a0Les environnements de travail aux Comores sont extr\u00eamement sexualis\u00e9s. J\u2019ai grandi dans un autre pays et ma seule source de shikomori \u00e9tait ma famille. J\u2019ai appris tous les mots en rapport avec le sexe que je connais dans cette langue en travaillant \u00e0 l\u2019ORTC. Les plaisanteries graveleuses, les r\u00e9pliques de drague, c\u2019est tous les jours. C\u2019est la norme. Vous le constatez en tant que client de certaines soci\u00e9t\u00e9s aussi\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle.<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit de la journaliste laisse entendre que les hommes subissent \u00e9galement le harc\u00e8lement sexuel au travail\u00a0: \u00ab Certains sont bien plus sous pression et beaucoup plus r\u00e9guli\u00e8rement que je n\u2019ai pu l\u2019\u00eatre. Je dis \u201ccertains\u201d parce que le harc\u00e8lement sexuel n\u2019est pas un probl\u00e8me r\u00e9serv\u00e9 aux femmes. Elles le subissent probablement majoritairement, mais il m\u2019est arriv\u00e9 de recueillir certaines confidences d\u2019hommes, \u00e0 qui un sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique avait fait des avances, les pla\u00e7ant dans une position de crainte quant \u00e0 la conservation de leur emploi de la m\u00eame mani\u00e8re que \u00e7a arrive aux femmes. Malheureusement cette partie du harc\u00e8lement reste encore plus tabou que le harc\u00e8lement lui-m\u00eame\u00a0\u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n<p>Mkaya revient sur le harc\u00e8lement sexuel qu\u2019elle a subi dans son travail par son sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique. Elle explique qu\u2019\u00e0 l\u2019origine, il y a eu une erreur professionnelle au boulot et qu\u2019elle avait assum\u00e9. On devait lui notifier la sanction. \u00ab\u00a0(\u2026) J\u2019ai crois\u00e9 \u201cle chef\u201d dans les couloirs et lui ai demand\u00e9 o\u00f9 \u00e7a en \u00e9tait. Il m\u2019a r\u00e9pondu que \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas si grave et m\u2019a invit\u00e9e \u00e0 venir en discuter \u201cau bureau\u201d. La conversation fut br\u00e8ve. Il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s magnanime : toute cette histoire ne valait m\u00eame pas une sanction\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e8le-t-elle. Mais les \u00e9v\u00e9nements prennent une autre tournure, selon Mkaya. \u00ab\u00a0En me raccompagnant, il a ouvert la porte une fraction de seconde et l\u2019a referm\u00e9e imm\u00e9diatement en gardant sa main sur la poign\u00e9e\u00a0\u00bb. Elle pr\u00e9cise\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Ces d\u00e9tails sont importants parce que dans ce genre de situation, on ne voit que : la main sur la poign\u00e9e, la proximit\u00e9 inappropri\u00e9e de son corps, son sourire faussement sympathique\u00a0\u00bb. La journaliste continue son r\u00e9cit. \u00ab\u00a0Vous passez en mode survie et vous cherchez l\u2019issue de secours et l\u00e0 vous r\u00e9alisez qu\u2019entre la seule sortie et vous&#8230;il y a Lui. Lui, c\u2019est le chef rassurant qui &#8211; la main sur la poign\u00e9e &#8211; vous invite \u00e0 lui faire un c\u00e2lin parce qu\u2019apr\u00e8s tout, il vient d\u2019\u00eatre gentil. Un c\u00e2lin\u00a0? L\u00e0 franchement, durant trois secondes interminables, vous vous demandez s\u00e9rieusement ce que vous allez faire. Je m\u2019en suis sortie avec une pirouette verbale. J\u2019ai esquiv\u00e9\u00a0\u00bb. Mkaya termine en d\u00e9clarant\u00a0: \u00ab\u00a0Finalement on m\u2019a remis ma sanction le lendemain. Oui, celle qui n\u2019\u00e9tait pas m\u00e9rit\u00e9e. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 &#8220;suspendue jusqu\u2019\u00e0 nouvel ordre\u201d. Les premi\u00e8res semaines, je retournais aux nouvelles, puis j\u2019ai compris. Je n\u2019ai plus jamais travaill\u00e9 l\u00e0-bas\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moignages de nos deux interlocutrices montrent bien les diff\u00e9rentes formes de violences que subissent les femmes comoriennes dans le milieu professionnel. Malheureusement, il est difficile d\u2019envisager des mesures pour \u00e9radiquer ce fl\u00e9au \u00e9tant donn\u00e9 que le Code du travail est \u00e0 peine respect\u00e9, que la justice ne fonctionne pas et qu\u2019une grande majorit\u00e9 des leaders d\u2019opinion estime que le pays est le paradis sur terre pour la femme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 lire \u00e9galement :<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/interview-rozette-yssouf-une-femme-est-un-etre-humain-exceptionnel\/\">Interview Rozette Yssouf : &#8220;Une femme est un \u00eatre humain exceptionnel&#8221; <\/a>(Masiwa n\u00b0355, 22\/11\/21)<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/violences-contre-les-enfants-et-les-femmes\/\">Violences contre les enfants et les femmes <\/a>(Masiwa n\u00b0355, 22\/11\/21)<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 ce que certaines personnalit\u00e9s comoriennes affirment, le harc\u00e8lement des femmes au travail est une r\u00e9alit\u00e9, m\u00eame si peu d\u2019entre elles osent t\u00e9moigner et encore moins se plaindre ou porter plainte. Le 25 novembre est la journ\u00e9e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette ann\u00e9e, le th\u00e8me choisi est \u00ab\u00a0Oranger le monde\u00a0: [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":6665,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-6663","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/6663","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=6663"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/6663\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6690,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/6663\/revisions\/6690"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/6665"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=6663"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=6663"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=6663"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}