{"id":6634,"date":"2021-11-15T08:23:15","date_gmt":"2021-11-15T05:23:15","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=6634"},"modified":"2021-11-15T13:15:44","modified_gmt":"2021-11-15T10:15:44","slug":"ndzaouze-apres-lassaut-de-larmee-nationale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/ndzaouze-apres-lassaut-de-larmee-nationale\/","title":{"rendered":"Ndzaouze. Apr\u00e8s l\u2019assaut de l\u2019arm\u00e9e nationale\u2026"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les \u00e9v\u00e9nements dramatiques ne cessent de s\u2019enchainer aux Comores. Le mercredi 10 novembre, apr\u00e8s l\u2019assassinat d\u2019un homme \u00e0 Ndzaouze, les jeunes ont laiss\u00e9 \u00e9clater leur col\u00e8re, bloqu\u00e9 la route nationale et d\u00e9truit des v\u00e9hicules de particuliers. Le lendemain l\u2019Arm\u00e9e nationale de D\u00e9veloppement est intervenue pour nettoyer la route. Puis, tandis que la nuit s\u2019installait, elle s\u2019est livr\u00e9 \u00e0 un saccage syst\u00e9matique des maisons aux abords de la Nationale et autres biens de ce village situ\u00e9 au nord de la Grande-Comore. <\/strong><em>Par\u00a0MiB<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>En moins d\u2019un mois, l\u2019\u00eele de Ngazidja a connu trois crimes crapuleux dont deux ont entrain\u00e9 la mort. Le 24 octobre dernier, le d\u00e9nomm\u00e9 Cheytoine a agress\u00e9 \u00e0 l\u2019arme blanche \u00e0 Mitsamihuli-ville un jeune homme et il est toujours en fuite. Le 7 novembre, c\u2019est un notable de Moroni, la soixantaine, qui a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. Et voici que trois jours apr\u00e8s, un homme a eu le cr\u00e2ne fracass\u00e9 par son ami \u00e0 Ndzaouze.<\/p>\n<p><strong>Des jeunes en col\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>Pour Ndzaouze, c\u2019est le deuxi\u00e8me assassinat cette ann\u00e9e. En effet, le 15 mai dernier, Hamada Msaidi\u00e9, un homme \u00e2g\u00e9 d\u2019environ 55 ans, a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 d\u00e9capit\u00e9. Le pr\u00e9sum\u00e9 assassin est en prison, depuis, sans jugement.<\/p>\n<p>Donc, d\u00e8s que les habitants ont appris qu\u2019un homme a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 dans leur village, les nerfs \u00e9taient \u00e0 vif. Ils exigent de conna\u00eetre l\u2019identit\u00e9 de l\u2019homme. Ils veulent savoir si c\u2019est encore un habitant de la ville. Les gendarmes leur ont fait croire que le mort n\u2019\u00e9tait pas de Ndzaouze. Les jeunes voulaient en avoir le c\u0153ur net. Ils ont donc harcel\u00e9 les gendarmes pour voir le corps. Ceux-ci d\u00e9cident d\u2019envoyer l\u2019assassin \u00e0 la gendarmerie de Moroni pour lui \u00e9viter les foudres des habitants, qui sont persuad\u00e9s qu\u2019il n\u2019y a rien \u00e0 attendre de la Justice. Mais, jusqu\u2019au soir, les jeunes de la ville ont exig\u00e9 de voir le corps de l\u2019homme assassin\u00e9 et ils ont fini par le voir. Il s\u2019agissait bien d\u2019un habitant de la ville, charpentier de la commune, selon le maire.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019enterrement, le soir m\u00eame, les jeunes de Ndzaouze, en col\u00e8re, ont d\u00e9cid\u00e9 de barrer la route nationale. M\u00eame le maire de la commune, pr\u00e9sent \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie n\u2019a pas pu passer et a d\u00fb laisser sa voiture dans la ville. Il l\u2019a retrouv\u00e9e le lendemain saccag\u00e9e, sans pouvoir d\u00e9terminer quels \u00e9taient les auteurs du d\u00e9lit. Le soir du 10 novembre, plusieurs voitures sont d\u00e9truites par les jeunes, le 11 l\u2019Arm\u00e9e nationale a fait de m\u00eame. Le point d\u2019orgue de la violence des jeunes est l\u2019incendie de la gendarmerie. Fort heureusement, il n\u2019y avait sans doute qu\u2019un ou deux gendarmes de permanence qui ont pu fuir.<\/p>\n<p><strong>La contre-attaque de l\u2019arm\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Jeudi matin, les militaires font d\u2019abord face aux jeunes de Ndzaouze au niveau de la ville de Djomani. Puis, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 remonter la route pour enlever les troncs d\u2019arbres et autres objets qui obstruaient la route. Ils ont m\u00eame embarqu\u00e9 pendant un moment dans un pick-up quelques journalistes pour leur montrer les d\u00e9g\u00e2ts commis par les jeunes en col\u00e8re et le fait qu\u2019ils \u00e9taient l\u00e0 pour r\u00e9tablir la situation. Puis, ils ramen\u00e8rent les journalistes en arri\u00e8re pour entreprendre un assaut sur la ville. Les journalistes avaient alors interdiction de les suivre ou d\u2019entrer dans la ville. Apr\u00e8s le blocus mis en place par les jeunes, les gendarmes n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 \u00e9tablir leur propre blocus du village.<\/p>\n<p>Pendant plusieurs heures, jusqu\u2019\u00e0 tard dans la nuit, les militaires ont parcouru la nationale en saccageant les maisons qui sont au bord de la route, sans t\u00e9moins sinon les habitants qui n\u2019avaient pu fuir par mer vers Djomani. En effet, les p\u00eacheurs de la ville voisine ont pris le risque de faire des allers-retours entre les deux villes pour \u00e9vacuer les femmes et les enfants et les emp\u00eacher de subir la col\u00e8re de l\u2019Arm\u00e9e nationale. Certains ont t\u00e9moign\u00e9 dans les r\u00e9seaux sociaux que m\u00eame en mer, ils ont essuy\u00e9 des tirs de l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais, ce n\u2019est qu\u2019au matin, quand la ville est enfin de nouveau accessible que les gens se rendent compte du d\u00e9sastre, cons\u00e9quence de l\u2019assaut de l\u2019arm\u00e9e. Plusieurs lanceurs d\u2019alerte et journalistes sont sur place et filment la ville et les maisons, de l\u2019ext\u00e9rieur et de l\u2019int\u00e9rieur. Les habitants ramassent les restes de projectiles et de grenades. Ils constatent que les vitres des maisons ont \u00e9t\u00e9 cass\u00e9es et les portes parfois d\u00e9fonc\u00e9es. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur des maisons, les meubles ont \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9s et d\u00e9truits. Les maisons ont \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement fouill\u00e9es. Un originaire du village nous a affirm\u00e9 que de l\u2019argent a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9 dans la maison familiale.<\/p>\n<p><strong>Mission accomplie<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir renvers\u00e9 et cass\u00e9 les effets personnels dans les maisons, particuli\u00e8rement les \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9visions, l\u2019arm\u00e9e a quitt\u00e9 la ville. Elle a voulu revenir le matin, mais les habitants \u00e9tant tr\u00e8s remont\u00e9s, elle a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rebrousser chemin.<\/p>\n<p>Depuis lors, il y a une certaine tension dans le village, mais aussi dans toute la commune et m\u00eame dans la r\u00e9gion de Mitsamihuli-Mbude.<\/p>\n<p>Certains habitants de la ville de Ndzaouze ont d\u00e9plor\u00e9 le fait que ceux qui se plaignent en permanence de l\u2019absence d\u2019un \u00c9tat de droit n\u2019ont pas suivi ce mouvement pour lutter en faveur de l\u2019instauration de la d\u00e9mocratie. D\u2019autres font des reproches aux habitants des villages limitrophes et particuli\u00e8rement \u00e0 ceux des autres villages de la commune dont Mitsamihuli, le chef-lieu qui ne leur ont pas apport\u00e9 de l\u2019aide, comme l\u2019ont fait les habitants de Djomani.<\/p>\n<p><strong>Carence de justice<\/strong><\/p>\n<p>Le maire de la commune, Abdou Ntsode, ne croit pas que les reproches proviennent de l\u2019ensemble du village. \u00ab\u00a0C\u2019est l\u2019heure de l\u2019apaisement et nous nous y attelons\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Plusieurs habitants du village ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s au camp militaire de Md\u00e9. Il y avait au d\u00e9part neuf femmes, dont une enfant de 17 ans qui souffre encore \u00e0 cause des coups qu\u2019elle a re\u00e7us, selon une source du village. L\u2019arm\u00e9e a d\u2019ailleurs d\u00fb rel\u00e2cher le soir m\u00eame (jeudi) l\u2019une des femmes qui a eu un malaise, puis l\u2019ensemble des femmes le vendredi soir, apr\u00e8s plusieurs n\u00e9gociations. Il resterait encore treize hommes au camp de Md\u00e9. Aucune proc\u00e9dure judiciaire n\u2019a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e contre eux depuis leur \u00ab\u00a0enl\u00e8vement\u00a0\u00bb jeudi soir. Par contre, la m\u00eame source du village de Ndzaouze affirme que l\u2019arm\u00e9e demande 500.000 FC (1000\u20ac) au village pour lib\u00e9rer ces hommes. Cette somme devrait servir \u00e0 remettre en fonctionnement la gendarmerie de Mitsamihuli saccag\u00e9e par la population mercredi soir.<\/p>\n<p>Bien des commentateurs expliquent le regain de violence actuel par le fait d\u2019une d\u00e9faillance de la Justice. Et il est vrai que cette d\u00e9faillance encourage la violence, chacun se disant qu\u2019il ne sert \u00e0 rien de faire appel \u00e0 cette justice. Le saccage de maisons, l\u2019enl\u00e8vement d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants par une arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re, le fait qu\u2019ils soient parqu\u00e9s dans un camp militaire et soumis \u00e0 de travaux forc\u00e9s, sans qu\u2019aucun juge \u00e9prouve le besoin d\u2019intervenir montre bien que nous sommes dans un pays o\u00f9 il n\u2019y a plus que l\u2019apparence de la Justice. Jusqu\u2019\u00e0 ce dimanche ni le porte-parole originaire de la r\u00e9gion, ni le ministre de la Justice qui aime tant parler, ni les religieux, ni les notables, ni la Pr\u00e9sidente de la CNDHL n\u2019ont pris la parole pour d\u00e9noncer les actes inqualifiables de l\u2019Arm\u00e9e nationale \u00e0 Ndzaouze.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9v\u00e9nements dramatiques ne cessent de s\u2019enchainer aux Comores. 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