{"id":6459,"date":"2021-10-04T10:01:47","date_gmt":"2021-10-04T07:01:47","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=6459"},"modified":"2021-10-04T16:58:06","modified_gmt":"2021-10-04T13:58:06","slug":"abdurahmane-mohamed-ahmed-mkufundi-1921-2002","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/abdurahmane-mohamed-ahmed-mkufundi-1921-2002\/","title":{"rendered":"ABDURAHMANE Mohamed Ahmed Mkufundi (1921-2002)"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Qui, parmi les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui, connait Abdurahman Mohamed Ahmed dit Mkufundi\u00a0? Quand on parle du MOLINACO, le Mouvement de Lib\u00e9ration nationale des Comores, qui apparait sur la sc\u00e8ne politique africaine d\u00e8s f\u00e9vrier 1963, c\u2019est le nom d\u2019Abdou Bakari Boina qui ressort. Ce dernier a port\u00e9, \u00e0 partir de 1965, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et sur les tribunes internationales la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance des Comores et personne ne peut nier son apport essentiel. Pourtant, contrairement \u00e0 Abdou Bakari Boina, Abdurahman Mkufundi est membre fondateur du MOLINACO. Il poss\u00e9dait la carte de membre n\u00b05 et \u00e9tait membre du Bureau politique. <\/em><\/strong><em>Par <\/em><em>Mahmoud Ibrahime<\/em><\/p>\n<p><strong>Un Ing\u00e9nieur en m\u00e9canique<\/strong><\/p>\n<p>Abdurahmane Mkufundi est un de ces Comoriens de Zanzibar qui s\u2019engagent d\u00e8s le d\u00e9but des ind\u00e9pendances africaines pour que leur pays d\u2019origine acqui\u00e8re l\u2019ind\u00e9pendance, \u00e0 l\u2019instar des autres pays en Afrique. Il est n\u00e9 \u00e0 Mitsamihuli en 1921, d\u2019un p\u00e8re issu de cette ville o\u00f9 il a install\u00e9 sa femme de Moroni. Il est encore un enfant quand il quitte la Grande-Comore pour Zanzibar rejoindre sa m\u00e8re Hissani Saleh qui y vit depuis le divorce d\u2019avec son mari Mohamed Ahmed Mkufundi. Le jeune Abdurahmane Mohamed Ahmed y fit des \u00e9tudes et devint, selon son fils, ing\u00e9nieur en m\u00e9canique. Il exer\u00e7a ce m\u00e9tier pendant un temps \u00e0 Dar es Salam, capitale de Tanganyka.<\/p>\n<p><strong>Implanter la lutte anticolonialiste<\/strong><\/p>\n<p>En 1965, il revient dans son pays de naissance en mission pour le MOLINACO, avec comme objectif de former des militants pour l\u2019ind\u00e9pendance sur place. C\u2019est une p\u00e9riode o\u00f9 le gouvernement d\u2019autonomie interne se m\u00e9fie des Comoriens qui reviennent de Tanzanie, et reproche \u00e0 la diplomatie fran\u00e7aise d\u2019en laisser trop arriver. Il est arr\u00eat\u00e9. Mais, le pr\u00e9sident Sa\u00efd Mohamed Cheikh, qui est du m\u00eame village que lui, le rencontre et il croit l\u2019avoir convaincu de quitter le MOLINACO. Il obtient le droit de repartir en Tanzanie. Sit\u00f4t arriv\u00e9 qu\u2019il reprend de plus belle ses activit\u00e9s de militant en attaquant le gouvernement de Sa\u00efd Mohamed Cheikh. Mais, les dirigeants du MOLINACO n\u2019ont plus le choix s\u2019ils veulent continuer \u00e0 recevoir les financements de certains pays et organisations amies, ils doivent implanter la lutte ind\u00e9pendantiste sur place.<\/p>\n<p>Abdurahman Mkufundi revient donc aux Comores le 19 janvier 1967. Il a d\u00e9missionn\u00e9 de son travail et entreprend de conscientiser les paysans. Le MOLINACO commence \u00e0 diffuser une \u00e9mission de 45 minutes sur Radio Dar es Salam, \u00e9mission entendue \u00e0 la Grande-Comore et destin\u00e9e \u00e0 r\u00e9veiller les consciences pour combattre la colonisation et pour pr\u00e9parer les esprits \u00e0 adopter le syst\u00e8me socialiste, \u00e0 la chinoise. Il ne tarde pas \u00e0 \u00eatre arr\u00eat\u00e9 avec d\u2019autres militants pour l\u2019ind\u00e9pendance et devient ainsi l\u2019un des premiers prisonniers politiques des Comores, apr\u00e8s ceux qui ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s par l\u2019\u00c9tat colonial pendant la r\u00e9volte qui embrasa une grande partie de la Grande-Comore en juillet et ao\u00fbt 1915. En prison, les militants du MOLINACO re\u00e7oivent la visite d\u2019un jeune avocat stagiaire de passage dans le pays, Abdou El Aniou. Ils ne s\u2019entendent pas et ce dernier repart pour la France. Ils doivent organiser autrement leur d\u00e9fense. Ce sont des avocats venus de France, pay\u00e9s par le MOLINACO et l\u2019Organisation de l\u2019Unit\u00e9 africaine qui vont les d\u00e9fendre.<\/p>\n<p><strong>Un personnage de l\u00e9gende, un patriote<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019ancien pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale, actuel Directeur de Hayba FM, Mohamed Sa\u00efd Abdallah Mchangama enferm\u00e9 en mars 1968, suite \u00e0 la gr\u00e8ve des lyc\u00e9ens qui refusaient les humiliations coloniales et r\u00e9clamaient de meilleures conditions d\u2019\u00e9tude au lyc\u00e9e de Moroni le fr\u00e9quente pendant six mois. \u00ab\u00a0Je l\u2019ai trouv\u00e9 en prison, mais je sais qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9, maltrait\u00e9 (\u2026) Il ne parlait pas de ses souffrances, il \u00e9tait l\u00e0 \u00e0 encourager les gens\u00a0\u00bb rapporte-t-il \u00e0 Masiwa, avant d\u2019ajouter\u00a0: \u00ab\u00a0Il \u00e9tait extr\u00eamement humain. Il avait la foi en son combat\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mchangama ressort de la prison enrichi intellectuellement et politiquement par les discussions qu\u2019il a eues avec ce cadre charismatique du MOLINACO. Il en parle avec une certaine nostalgie et surtout beaucoup d\u2019admiration \u00ab\u00a0Quand on me parle de combattants et de personnes qui se sont battus pour l\u2019ind\u00e9pendance, moi je mets toujours Abdurahman Mkufundi. C\u2019est un personnage de l\u00e9gende\u2026 C\u2019\u00e9tait vraiment le patriote, il \u00e9tait poss\u00e9d\u00e9 par cette id\u00e9e d\u2019ind\u00e9pendance et il avait tout abandonn\u00e9\u00a0\u00bb. Il ne sera lib\u00e9r\u00e9 qu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1968.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, Abdurahman Mkufundi a v\u00e9cu parmi les gens sans distinction particuli\u00e8re. D\u2019ailleurs, apr\u00e8s son retour au pays dans les ann\u00e9es 1990, Mchangama le retrouve vivant simplement. Il a conscience que l\u2019homme est \u00ab\u00a0rejet\u00e9, car mdjeni alors qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9 aux Comores\u00a0\u00bb. De toute fa\u00e7on, ajoute Mchangama, \u00ab\u00a0il n\u2019a jamais pens\u00e9 qu\u2019il se battait pour devenir un jour ministre\u00a0\u00bb. L\u2019homme n\u2019\u00e9tait anim\u00e9 que par le souci que son pays recouvre son ind\u00e9pendance et ne soit pas sous le joug d\u2019un autre pays.<\/p>\n<p>Le 22 novembre 1968, Abdurahman Mkufundi est condamn\u00e9 par la Justice coloniale en premi\u00e8re instance \u00e0 quatre ans d\u2019emprisonnement et dix ans d\u2019interdiction de s\u00e9jour pour avoir \u00ab\u00a0assum\u00e9 l\u2019administration d\u2019une association \u00e9trang\u00e8re non autoris\u00e9e et du Chef d\u2019atteinte \u00e0 la S\u00fbret\u00e9 ext\u00e9rieure de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb. Comment le gouvernement de l\u2019autonomie interne pouvait-il justifier l\u2019interdiction de s\u00e9jour d\u2019un Comorien aux Comores\u00a0? D\u2019autres membres du MOLINACO \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des Comores re\u00e7oivent des condamnations similaires.<\/p>\n<p>Abdurahmane Mkufundi a eu huit enfants avec deux femmes, cinq n\u00e9s \u00e0 Zanzibar et trois autres \u00e0 Mitsamihuli.<\/p>\n<p>Il est mort dans sa ville de naissance en juillet 2002. Jusqu\u2019a aujourd\u2019hui, aucun pr\u00e9sident comorien n\u2019a eu l\u2019id\u00e9e d\u2019honorer ce combattant de la cause comorienne, alors qu\u2019ils font tous semblant de ch\u00e9rir l\u2019ind\u00e9pendance des Comores. Pour Sa\u00efd Mohamed Abdallah Mchangama, \u00ab\u00a0il aurait fallu cr\u00e9er une statue et en parler aux enfants\u00a0\u00bb. On en parle d\u00e9j\u00e0 si peu aux adultes\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qui, parmi les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui, connait Abdurahman Mohamed Ahmed dit Mkufundi\u00a0? Quand on parle du MOLINACO, le Mouvement de Lib\u00e9ration nationale des Comores, qui apparait sur la sc\u00e8ne politique africaine d\u00e8s f\u00e9vrier 1963, c\u2019est le nom d\u2019Abdou Bakari Boina qui ressort. 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