{"id":6260,"date":"2021-08-23T08:45:09","date_gmt":"2021-08-23T05:45:09","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=6260"},"modified":"2021-08-24T13:21:43","modified_gmt":"2021-08-24T10:21:43","slug":"la-diaspora-en-vacances-face-a-la-pression-de-larmee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/la-diaspora-en-vacances-face-a-la-pression-de-larmee\/","title":{"rendered":"La diaspora en vacances, Face \u00e0 la pression de l\u2019arm\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>La crise sanitaire mais aussi la pression du r\u00e9gime en place avaient dissuad\u00e9 un bon nombre de Comoriens vivant \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de passer des vacances au pays en 2020. Les c\u00e9l\u00e9brations des mariages avaient m\u00eame \u00e9t\u00e9 remises \u00e0 plus tard. Le recul de la covid-19 a ramen\u00e9 les membres de la diaspora en vacances au pays. Comme tous les citoyens, ils subissent la pression de l\u2019arm\u00e9e et parfois les vacances tournent au cauchemar, m\u00eame pour les enfants qui se retrouvent incarc\u00e9r\u00e9s. Par MiB<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Alors que nous approchons de la fin des vacances, les jeunes qui ont pass\u00e9 leurs vacances aux Comores ont commenc\u00e9 \u00e0 raconter les probl\u00e8mes qu\u2019ils ont rencontr\u00e9 au pays cette ann\u00e9e. Le constat est qu\u2019au-del\u00e0 des diff\u00e9rentes p\u00e9nuries (gazole, \u00e9lectricit\u00e9, alimentation\u2026), la pression des gendarmes a \u00e9t\u00e9 la plus compliqu\u00e9e et celle qui a provoqu\u00e9 le plus de stress surtout pour certains enfants mineurs qui allaient pour la premi\u00e8re fois aux Comores.<\/p>\n<p>Les militaires semblent agir sans contr\u00f4le ni des politiques, ni du procureur ni de leur hi\u00e9rarchie. Ils ont oubli\u00e9 les r\u00e8gles de base. Le d\u00e9cret n\u00b021-053\/PR, ainsi que les arr\u00eat\u00e9s instituant des amendes ne leur permettent pas d\u2019enfermer les contrevenants et surtout recevoir les payements des amendes qui devraient \u00eatre vers\u00e9es au Tr\u00e9sor public et entrer dans la comptabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>Or, les forces de l\u2019ordre agissent comme si les missions de surveillance pour faire respecter les mesures de luttes contre la covid-19 \u00e9tait un emploi parall\u00e8le permettant de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une deuxi\u00e8me source de revenu.<\/p>\n<p><strong>Des amendes qui ressemblent \u00e0 des ran\u00e7ons<\/strong><\/p>\n<p>Les premi\u00e8res victimes de cette avidit\u00e9 des militaires sont les Jeviens, les membres de la diaspora en vacances, r\u00e9put\u00e9s avoir beaucoup d\u2019argent. Dans son intervention du 18 ao\u00fbt 2021 sur FCBK FM, le journaliste Oubeid Mchangama disait \u00ab\u00a0l\u2019atmosph\u00e8re n\u2019est pas bonne pour les Comoriens qui viennent ici\u00a0\u00bb et il explique cela par le fait que \u00ab\u00a0chaque Jeviens qui arrive ici, le gouvernement pense qu\u2019il a \u00e9norm\u00e9ment d\u2019argent\u00a0\u00bb. L\u2019objectif premier est donc de plumer les Comoriens de la diaspora en vacances et tous les moyens sont bons. Jusque-l\u00e0, les membres de la diaspora \u00e9taient harcel\u00e9s sur les diff\u00e9rents points de la douane et des ports. Certains habitants d\u2019Anjouan allant jusqu\u2019\u00e0 payer deux fois des droits de douanes \u00e0 Moroni et \u00e0 Mutsamudu.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 la covid-19, les militaires s\u2019en donnent \u00e0 c\u0153ur joie dans les festivit\u00e9s organis\u00e9es par les Jeviens. Selon plusieurs t\u00e9moignages, souvent film\u00e9s et diffus\u00e9s sur internet, des c\u00e9l\u00e9brations de mariages sont interrompues, les convives faits prisonniers, y compris les mari\u00e9s, jusqu\u2019au payement des amendes. Directement \u00e0 l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Les Jeviens peuvent payer<\/strong><\/p>\n<p>Tout sert de pr\u00e9texte \u00e0 plumer les Jeviens, r\u00e9put\u00e9s avoir beaucoup d\u2019argent. Un jeune en vacances a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 \u00e0 22h30, soit 30 minutes avant le d\u00e9but du couvre-feu. Les gendarmes le gardent un bon pour contr\u00f4ler ses papiers. A 22h55, il demande ce qui va lui arriver si jamais il est pris apr\u00e8s 23heures dans la rue. Les gendarmes lui r\u00e9pondent\u00a0: \u00ab\u00a0Tu dormiras en prison\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9v\u00e9nement qui a \u00e9t\u00e9 le plus comment\u00e9 dans les r\u00e9seaux sociaux est la rafle qui a eu lieu dans un restaurant populaire de la capitale, Moroni, le vendredi 13 ao\u00fbt. Vers 22 heures le restaurant est plein, essentiellement rempli par des jeunes et m\u00eame tr\u00e8s jeunes venus en vacances aux Comores. Visiblement, les responsables du restaurant n\u2019ont pas respect\u00e9 les r\u00e8gles pos\u00e9es par le gouvernement s\u2019agissant de la protection contre la covid-19, r\u00e8gles qui ne sont pas respect\u00e9es non plus par le gouvernement qui organisent des rencontres avec des centaines de personnes, ignorant la limite des 50 pos\u00e9e dans le d\u00e9cret cit\u00e9 plus haut.<\/p>\n<p>Mais, au lieu de s\u2019en prendre au restaurateur et lui infliger une amende, les gendarmes savent que les jeunes de la diaspora sont de bons clients. Ils d\u00e9cident d\u2019embarquer plus de 50 personnes. Le fr\u00e8re de l\u2019un des jeunes raconte\u00a0: \u00ab\u00a0Ils demandent \u00e0 tout le monde de sortir. Tous ceux qui sortent se font embarquer pour non-respect des mesures barri\u00e8res\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais, parmi les jeunes arr\u00eat\u00e9s, il y a les fils du chef des services secrets, Fakri Mradabi. Un t\u00e9moin raconte\u00a0qu\u2019il est appel\u00e9 \u00e0 la rescousse par un membre de la famille. Il arrive, gare sa voiture devant le pick-up de la gendarmerie et \u00ab\u00a0exige que ses enfants lui soient remis.\u00a0\u00bb Le m\u00eame t\u00e9moin ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s quelques \u00e9changes un peu houleux les gendarmes c\u00e8dent il parvient \u00e9galement \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer quelques amis de ses enfants\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les autres enfants parmi lesquels se trouvent de nombreux mineurs, dont un de 11 ans selon notre t\u00e9moin dorment en prison. Les gendarmes attendaient sans doute que les parents viennent payer des amendes pour les r\u00e9cup\u00e9rer. Ils sont pour la plupart des Jeviens et ont l\u2019argent. Ils exigent 40.000 FC (80\u20ac) pour chacun. Une amende fix\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re arbitraire puisqu\u2019aucun d\u00e9cret ou arr\u00eat\u00e9 ne pr\u00e9voit la verbalisation du client en cas de d\u00e9passement de la jauge dans un restaurant. Finalement, c\u2019est le patron du restaurant, qui est aussi le pr\u00e9sident de la Chambre de Commerce, Chamsidine qui vient payer \u00ab\u00a0la ran\u00e7on\u00a0\u00bb. Au total, il a d\u00fb remettre aux gendarmes plus de 1.400.000 FC (pr\u00e8s de 3000\u20ac) pour faire lib\u00e9rer les jeunes de la diaspora.<\/p>\n<p><strong>Pris dans une mosqu\u00e9e de la gendarmerie<\/strong><\/p>\n<p>Mais, il n\u2019y a pas que dans le domaine des amendes o\u00f9 les forces de l\u2019ordre agissent et mettent la pression sur les vacanciers. Nafissat Ahamed, une femme tr\u00e8s critique envers toutes les injustices commises aux Comores, en a fait l\u2019exp\u00e9rience, apr\u00e8s dix jours de vacances dans son pays d\u2019origine. Elle d\u00e9crit une ambiance de peur\u00a0: \u00ab\u00a0Un s\u00e9jour de 10 jours dans mon pays, la peur au ventre (\u2026) Mon pays va mal, tr\u00e8s mal\u00a0\u00bb. Une surprise l\u2019attend \u00e0 l\u2019a\u00e9roport\u00a0: \u00ab\u00a0au moment d\u2019entrer dans la salle d\u2019attente, un haut responsable de la s\u00e9curit\u00e9 nationale\u00a0\u00bb l\u2019interpelle et lui demande ses papiers qu\u2019il photographie et lui rend. Elle en conclue qu\u2019il voulait juste l\u2019impressionner.<\/p>\n<p>Par contre, les choses se sont cors\u00e9es pour deux amis\u00a0: Nadhir Abdallah, originaire de Moroni et Toihir Hadji Ali surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Colonel\u00a0\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Bob Denard, originaire de Mbeni venu passer des vacances au pays. Ils cherchent une mosqu\u00e9e o\u00f9 prier et ils s\u2019\u00e9garent dans une mosqu\u00e9e de la gendarmerie encore en construction au sud de Moroni. Il eut des \u00e9changes envenim\u00e9s avec des gendarmes qui d\u00e9cident de les arr\u00eater.<\/p>\n<p>Nadhir Abdallah est rel\u00e2ch\u00e9 assez rapidement, libert\u00e9 provisoire avec obligation d\u2019aller pointer \u00e0 la gendarmerie chaque semaine jusqu\u2019au jugement. Son ami, ancien entraineur du mythique club de football \u00ab\u00a0Bombon Ndjema\u00a0\u00bb est incarc\u00e9r\u00e9 pr\u00e8s d\u2019une semaine. L\u2019ordonnance de mise en d\u00e9tention provisoire sign\u00e9 par le juge d\u2019instruction Oussamat Abbas est tr\u00e8s vague. Les motifs de l\u2019inculpation indiqu\u00e9s sont \u00ab\u00a0participation \u00e0 un groupe criminel organis\u00e9, trouble \u00e0 l\u2019ordre public et complicit\u00e9\u00a0\u00bb. Rien qu\u2019en tenant compte du premier chef d\u2019accusation, on ne comprend pas comment le juge a pu accepter une libert\u00e9 provisoire. Or en une matin\u00e9e, jeudi dernier, Toihir Hadji a pu \u00eatre entendu par le juge, ensuite son avocat a d\u00e9pos\u00e9 une demande de mise en libert\u00e9 provisoire et le juge s\u2019est prononc\u00e9 positivement dans la foul\u00e9e. Il est permis de s\u2019interroger sur le pourquoi et le comment un juge peut accorder rapidement une mise en libert\u00e9 provisoire \u00e0 un homme accus\u00e9 de \u00ab\u00a0participation \u00e0 un groupe criminel organis\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Comme son ami Nadhir Abdallah, il a re\u00e7u l\u2019ordre de ne pas communiquer sur l\u2019affaire. Peut-il rentrer en France ou devra-t-il attendre un hypoth\u00e9tique proc\u00e8s\u00a0? C\u2019est ce que nous n\u2019avons pu d\u00e9terminer.<\/p>\n<p><strong>Un membre de la diaspora encore en prison<\/strong><\/p>\n<p>Le dernier cas est celui de Farid Youssouf, un jeune homme originaire de la ville de Banga Kuuni au nord de la Grande-Comore, pr\u00e9sent\u00e9 par certains comme \u00ab\u00a0le cerveau\u00a0\u00bb du parti Juwa en France. Cette d\u00e9signation pourrait servir de justificatif \u00e0 un long enfermement, Juwa \u00e9tant le principal parti d\u2019opposition avant l\u2019arrestation et l\u2019emprisonnement de ses principaux dirigeants dont le pr\u00e9sident d\u2019honneur, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, en r\u00e9sidence surveill\u00e9e depuis plus de trois ans.<\/p>\n<p>Pourtant d\u2019autres t\u00e9moins qui le connaissent bien affirment que rien ne fait de lui le cerveau de ce parti en France, mais qu\u2019il est un peu fanfaron.<\/p>\n<p>L\u2019homme aurait quitt\u00e9 son village pour se rendre \u00e0 Mnungu, pr\u00e8s de Mbeni et il aurait \u00e9t\u00e9 cueilli par les militaires qui visiblement le suivait. Les autorit\u00e9s n\u2019ont pas communiqu\u00e9 sur cette arrestation.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent le gouvernement comorien avait \u00e9vit\u00e9 d\u2019arr\u00eater et mettre en prison des membres de la diaspora. Ces derniers temps, il n\u2019h\u00e9site plus.<\/p>\n<p>Ces arrestations nombreuses cet \u00e9t\u00e9 sont \u00e9galement destin\u00e9es \u00e0 impressionner et faire peur aux jeunes de la diaspora qui arrivent au pays \u00e0 l\u2019occasion des vacances, surtout ceux qui ont annonc\u00e9 qu\u2019ils vont organiser une \u00ab\u00a0manifestation pacifique\u00a0\u00bb, les Mabedja.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise sanitaire mais aussi la pression du r\u00e9gime en place avaient dissuad\u00e9 un bon nombre de Comoriens vivant \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de passer des vacances au pays en 2020. Les c\u00e9l\u00e9brations des mariages avaient m\u00eame \u00e9t\u00e9 remises \u00e0 plus tard. 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