{"id":6137,"date":"2021-07-26T15:44:10","date_gmt":"2021-07-26T12:44:10","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=6137"},"modified":"2021-07-27T18:43:26","modified_gmt":"2021-07-27T15:43:26","slug":"portrait-2-idriss-mohamed-chanfi-le-patriotisme-cheville-au-corps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/portrait-2-idriss-mohamed-chanfi-le-patriotisme-cheville-au-corps\/","title":{"rendered":"Portrait. 2. Idriss Mohamed Chanfi : Le patriotisme chevill\u00e9 au corps"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>R\u00e9volutionnaire, apparatchik, militant associatif, chef d\u2019entreprise, Idriss Mohamed Chanfi a v\u00e9cu plusieurs vies. Il est parmi les anciens leaders du Front D\u00e9mocratique (FD) celui qui refuse encore de concilier ses convictions politiques et personnelles avec le anda et le mila na ntsi, cette constitution non \u00e9crite des Comores qui supplante les institutions d\u00e9mocratiques dans les villages. Faute d\u2019avoir pu se rallier \u00e0 la facilit\u00e9, il a rompu avec son parti politique qui n\u2019incarnait plus depuis des ann\u00e9es les id\u00e9aux de la r\u00e9volution. Mais, il est toujours debout, parmi ceux qui luttent. <\/em><\/strong><em>Par\u00a0<\/em><em>Mahmoud Ibrahime<\/em><\/p>\n<p>Le temps passe et semble n\u2019avoir aucun effet sur Idriss Mohamed. La barbe qui a pris quelques pinc\u00e9es de sel, le <em>kandzu<\/em> traditionnel, le <em>kofia<\/em> et des lunettes de grand-p\u00e8re, attach\u00e9es au cou pour ne pas avoir \u00e0 les chercher partout. C\u2019est ainsi que vous le rencontrerez dans les rues de Moroni ou au <em>Jardin de la Paix<\/em>, le restaurant que g\u00e8re sa famille. Pourtant l\u2019homme passe pour un dur, comme la plupart des anciens ex-communistes et marxistes, m\u00eame ceux qui au fil du temps se sont accommod\u00e9s des inconv\u00e9nients de la soci\u00e9t\u00e9 comorienne. Il a gard\u00e9 et cultive, \u00e0 sa mani\u00e8re, l\u2019image du r\u00e9volutionnaire froid et direct, uniquement riv\u00e9 sur ses objectifs lointains.<\/p>\n<p><strong>Le militant de l\u2019ASEC<\/strong><\/p>\n<p>Ceux qui l\u2019ont connu sous l\u2019ASEC se rappellent comment il pouvait \u00ab\u00a0terroriser\u00a0\u00bb un militant soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019embourgeoisement. Il \u00e9tait craint et aidait sans doute pour contraindre un jeune \u00e9tudiant d\u00e9couvrant les facilit\u00e9s de Paris \u00e0 faire son autocritique et \u00e0 rentrer dans les rangs. Certains en parlent encore aujourd\u2019hui avec un petit sourire en coin en le voyant dans les r\u00e9unions de la diaspora, dans les d\u00e9bats et les conf\u00e9rences.<\/p>\n<p>Il a conserv\u00e9 l\u2019image de quelqu\u2019un qui ne fait que tr\u00e8s rarement de concessions dans les d\u00e9bats. Pourtant, en 2014, dans un r\u00e9cit d\u2019une partie de sa vie de militant, il fait lui-m\u00eame son autocritique, dans les r\u00e8gles de l\u2019art\u00a0: \u00ab\u00a0Il nous fallait faire des militants les plus aguerris des r\u00e9volutionnaires d\u2019une autre trempe. Cela devint ma t\u00e2che principale en tant que SG, ce qui m\u2019avait conduit \u00e0 mettre en avant la critique et l\u2019autocritique, \u00e0 devenir de plus en plus intransigeant, y compris envers moi-m\u00eame. Cela m\u2019avait conduit \u00e0 heurter bien des camarades qui avaient bien des raisons de m\u2019en vouloir\u00a0\u00bb (<em>Fragments d\u2019exp\u00e9rience<\/em>, Coelacanthe, 2014). Le livre, en plus de retracer son parcourir dans les mouvements r\u00e9volutionnaires comoriens, est en lui-m\u00eame une autocritique bas\u00e9e sur les erreurs individuelles, d\u2019\u00e9tudiants qui, comme lui, d\u00e9barquent en France sans aucun bagage id\u00e9ologique, mais qui sont conscients, surtout depuis la gr\u00e8ve de 1968 de l\u2019iniquit\u00e9 de la colonisation, de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019y mettre fin, mais aussi de rattraper un retard profond en politique et en termes d\u2019\u00e9galit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p>Par la fr\u00e9quentation des ain\u00e9s et par les nombreuses lectures, le timide \u00e9tudiant comorien qui arrive en France en 1970, sans aucune connaissance du marxisme ni de la lutte des classes se transforme en moins de cinq ans en un grand r\u00e9volutionnaire capable de galvaniser les foules pour mener des actions en faveur de la population. Comme il le fait au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 1974, en vacances \u00e0 Ngazidja, en mobilisant les gens pour obtenir du gouvernement l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019hygi\u00e8ne \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Mitsamihuli, sa ville de naissance.<\/p>\n<p>En 1975, les anciens du mouvement r\u00e9volutionnaire lui imposent d\u00e9j\u00e0 la direction de l\u2019ASEC. Il devient le Pr\u00e9sident du Bureau ex\u00e9cutif. C\u2019est dire que Moustoifa et les autres ont per\u00e7u assez t\u00f4t les capacit\u00e9s et la droiture de l\u2019homme.<\/p>\n<p><strong>Sous la torture<\/strong><\/p>\n<p>Avec<em> Fragments d\u2019exp\u00e9rience<\/em>, Idriss Mohamed r\u00e9v\u00e9la au grand public le combat men\u00e9 par les militants r\u00e9volutionnaires contre le r\u00e9gime mercenarial d\u2019Ahmed Abdallah, et ce que furent les tortures et les conditions de d\u00e9tention apr\u00e8s les arrestations cons\u00e9cutives \u00e0 une tentative de coup d\u2019\u00c9tat men\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments de la Garde Pr\u00e9sidentielle (GP)contre la dictature en mars 1985.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le putsch d\u2019Ahmed Abdallah et la restauration du pouvoir des Verts en mai 1978, les chefs du mouvement r\u00e9volutionnaire comorien en France avaient d\u00e9cid\u00e9 de porter la lutte sur le terrain. Youssouf Moussa puis Moustafa Sa\u00efd Cheikh partent. Idriss garde la maison ASEC, impatient qu\u2019on lui ordonne de rentrer aussi. Mais, finalement, il n\u2019arriva \u00e0 Moroni qu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1983, sans enthousiasme, ob\u00e9issant aux directives du mouvement, en laissant en France un travail assur\u00e9 et une femme enceinte.<\/p>\n<p>Les camarades rentr\u00e9s plus t\u00f4t sont constamment harcel\u00e9s par le r\u00e9gime des mercenaires \u00e0 cause d\u2019un succ\u00e8s relatif du mouvement. Certains comme Moustoifa et Abdou Mhoumadi faisaient d\u00e9j\u00e0 des s\u00e9jours en prison.<\/p>\n<p>En mars 1985, apr\u00e8s une tentative de mutinerie d\u2019\u00e9l\u00e9ments de la Garde pr\u00e9sidentielle, exc\u00e9d\u00e9s par les humiliations que leur font subir les mercenaires, Idriss fait partie des cadres du Front D\u00e9mocratique qui sont arr\u00eat\u00e9s. Il sera d\u00e9tenu dans le camp militaire de Voidjou jusqu\u2019en ao\u00fbt 1987, soit un peu plus de deux ans, enferm\u00e9 seul dans une minuscule cellule. Il t\u00e9moigne dans <em>Fragments d\u2019exp\u00e9rience<\/em>\u00a0: \u00ab On pouvait facilement toucher le toit, un toit en b\u00e9ton arm\u00e9 qui emmagasinait la chaleur dans la journ\u00e9e et la restituait la nuit. On pouvait s\u2019allonger dans un sens seulement. Il n\u2019y avait strictement rien dans la cellule, ni couchette ni tinette\u2026\u00a0\u00bb. C\u2019est dans la nuit qu\u2019ils \u00e9taient tortur\u00e9s. Les FAC les frappaient et chez les mercenaires ils subissaient surtout des tortures morales. Et m\u00eame les gendarmes s\u2019adonnaient \u00e0 la torture physique. Idriss passa chez les trois, continuant \u00e0 affirmer qu\u2019il n\u2019\u00e9tait qu\u2019un simple militant alors que ses interlocuteurs savaient d\u00e9j\u00e0 qu\u2019il \u00e9tait le secr\u00e9taire \u00e0 l\u2019organisation. Il comprit plus tard que la plupart des cadres avaient c\u00e9d\u00e9 sous la torture et avaient donn\u00e9 tous les renseignements.<\/p>\n<p><strong>Le rejet du parti<\/strong><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il est lib\u00e9r\u00e9 en ao\u00fbt 1987, il se sent rejet\u00e9 par les dirigeants du parti qui lui reprochent d\u2019avoir invent\u00e9 une histoire et avoir fait semblant de c\u00e9der aux tortures. Il pr\u00e9f\u00e8re rejoindre sa petite famille en France. Dans la t\u00eate, il s\u2019\u00e9loigne du parti qui ne reconnait pas le courage qu\u2019il a d\u00e9montr\u00e9 pendant son incarc\u00e9ration. Il a \u00e9t\u00e9 parmi les derniers \u00e0 \u00eatre lib\u00e9r\u00e9s. Il a laiss\u00e9 en prison Abdou Mhoumadi (qui sera lib\u00e9r\u00e9 peu apr\u00e8s) et Moustoifa qui ne sortira de prison qu\u2019apr\u00e8s la chute du r\u00e9gime. Son image de \u00ab\u00a0dur\u00a0\u00bb s\u2019accentue, car il ne fait aucune concession et n\u2019accepte pas d\u2019arrondir les angles avec la direction du FD ou de l\u2019ASEC.<\/p>\n<p>Il se trouve un travail dans l\u2019informatique et reprend des \u00e9tudes pour obtenir un DESS, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 47 ans. Entre-temps, il a accept\u00e9 de prendre la direction du parti en France entre 1992 et 1993.<\/p>\n<p>De retour au pays en 1996, il est de nouveau ignor\u00e9 par le Bureau Ex\u00e9cutif National, mais cela ne le d\u00e9courage pas et il s\u2019ins\u00e8re dans une structure de base et continue \u00e0 militer. Il se pr\u00e9sente sans l\u2019appui du BEN, et m\u00eame avec son hostilit\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9lection \u00e0 la direction de la F\u00e9d\u00e9ration de Ngazidja. Seul candidat, il est \u00e9lu. Puis avec la participation du FD au gouvernement d\u2019union nationale cons\u00e9cutif \u00e0 la mort du pr\u00e9sident Taki, il int\u00e8gre le BEN.<\/p>\n<p>La prise de la f\u00e9d\u00e9ration de Ngazidja sans l\u2019avis du BEN avait montr\u00e9 une tension entre Idriss Mohamed et le dirigeant historique du parti. Moustoifa Sa\u00efd Cheikh l\u2019avait souvent contredit ou montr\u00e9 qu\u2019il ne l\u2019appuyait plus. Idriss avait fait la preuve qu\u2019il pouvait se faire \u00e9lire sans l\u2019aval de Moustoifa. Ce dernier avait une conception du cadre politique qui \u00e9tait enti\u00e8rement au service du parti, un salari\u00e9 du parti en quelque sorte. Or, apr\u00e8s sa sortie de prison, Idriss avait cherch\u00e9 \u00e0 retrouver ses responsabilit\u00e9s de p\u00e8re apr\u00e8s le r\u00f4le assum\u00e9 par sa femme pendant son absence. Il avait repris un travail et avait fond\u00e9 Comores informatique, tandis que sa femme g\u00e9rait le restaurant-h\u00f4tel <em>Jardin de la Paix<\/em>. Moustoifa ne pouvait voir que d\u2019un mauvais \u0153il ces soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es. Pourtant, d\u2019autres membres du mouvement avaient cr\u00e9\u00e9 des entreprises pour pouvoir survivre.<\/p>\n<p><strong>Le FD\u00a0: un parti comme un autre<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s le coup d\u2019\u00c9tat d\u2019Azali en 1999, le parti h\u00e9sita. Moustoifa et Abdou Mhoumadi \u00e9taient dans le gouvernement qui venait d\u2019\u00eatre renvers\u00e9. Abdou Soefou \u00e9tait le Directeur de cabinet du Premier ministre, Abbas Djoussouf et il a particip\u00e9 au putsch. Idriss assuma publiquement, dans les r\u00e9seaux sociaux de l\u2019\u00e9poque cet attentisme de son parti, attentisme auquel il n\u2019adh\u00e9rait s\u00fbrement pas. Mais, il expliquait que peut-\u00eatre que le coup d\u2019\u00c9tat apporterait quelque chose de nouveau. Les jeunes militaires derri\u00e8re le colonel Azali parlaient effectivement d\u2019un changement des mentalit\u00e9s. Lorsqu\u2019au deuxi\u00e8me tour des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2002, le parti d\u00e9cida de soutenir Azali, cette fois Idriss Mohamed manifesta publiquement sa d\u00e9sapprobation, appelant \u00e0 l\u2019abstention. La rupture \u00e9tait faite, d\u2019autant que par la suite, la direction du parti se rapprocha d\u2019Elbak devenu pr\u00e9sident de l\u2019\u00eele de Ngazidja.<\/p>\n<p>Lors des pr\u00e9sidentielles de l\u2019\u00cele de Ngazidja en 2007, pour s\u2019opposer \u00e0 un ralliement \u00e0 la candidature d\u2019Elbak, Idriss pose sa candidature sur la table sans l\u2019aval de Moustoifa qui a tout fait tout pour le d\u00e9courager, vu qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 un accord de soutien \u00e0 Elbak. Au final, Idriss, membre fondateur du FD est suspendu pour deux ans, mais il tient sur sa position et fait campagne, bien que le succ\u00e8s ne fut pas au rendez-vous.<\/p>\n<p>Au lendemain du Congr\u00e8s de d\u00e9cembre de 2007, constatant les entraves, il d\u00e9missionne du parti. Mais, il n\u2019a pas abandonn\u00e9 ses id\u00e9aux. Il a consacr\u00e9 les ann\u00e9es suivantes \u00e0 la question de Mayotte, d\u2019abord en tant que Pr\u00e9sident du Comit\u00e9 Maore, puis en tant que simple citoyen. Le livre qu\u2019il vient de publier aux \u00e9ditions Coelacanthe (voir encadr\u00e9) reprend les nombreux articles qu\u2019il a publi\u00e9s dans la presse locale \u00e0 propos de Mayotte. Sur cette question, il reste encore un des rares qui n\u2019a pas l\u00e2ch\u00e9 prise et qui suit au jour le jour les \u00e9carts du gouvernement comorien et d\u00e9nonce les entraves de la France.<\/p>\n<p><strong>Ukombozi<\/strong><\/p>\n<p>R\u00e9cemment encore, ses d\u00e9tracteurs lui reprochent un rapprochement avec Azali notamment lors des Assises dont il a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019organisation au tout d\u00e9but, croyant sinc\u00e8rement que l\u2019initiative pouvait amener les Comoriens \u00e0 repenser l\u2019avenir de leur pays. L\u2019exp\u00e9rience de 1999 ne lui a pas servi, car il croyait cette fois qu\u2019Azali respecterait la voix des anciens qui s\u2019\u00e9taient prononc\u00e9s pour des Assises qui auraient \u00e9t\u00e9 une sorte de bilan pour mieux assoir la d\u00e9mocratie. Les mises en garde publiques de certains d\u2019entre nous dans les r\u00e9seaux sociaux ont fini par l\u2019amener \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les objectifs r\u00e9els d\u2019Azali. Ce qui, s\u2019il le fallait, d\u00e9montre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence qu\u2019Idriss Mohamed n\u2019est pas cet homme ent\u00eat\u00e9 et refusant d\u2019examiner la r\u00e9alit\u00e9 des faits. Comme, il n\u2019\u00e9tait pas particuli\u00e8rement attir\u00e9 par les fortes sommes qu\u2019Azali avait introduites dans l\u2019organisation pour convaincre les plus r\u00e9ticents, il quitta les Assises sans \u00e9clat. D\u2019autres suivirent plus tard. Et d\u2019autres ferm\u00e8rent les yeux sur la mise en place de la dictature. L\u2019argent coula \u00e0 flots pour ceux qui acceptaient de valider le chemin vers la dictature.<\/p>\n<p>Son dernier combat aujourd\u2019hui est d\u2019essayer de monter un parti d\u00e9mocratique compos\u00e9 de militants patriotes. Le projet, \u00e0 l\u2019\u00e9tat embryonnaire, s\u2019appelle Ukombozi. Idriss l\u2019a d\u00e9j\u00e0 dit\u00a0et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 : vu son \u00e2ge avanc\u00e9, ce sera sa derni\u00e8re tentative pour laisser \u00e0 la jeunesse un parti capable de faire face aux coups port\u00e9s contre la d\u00e9mocratie et contre l\u2019unit\u00e9 du pays. L\u2019id\u00e9alisme n\u2019est pas un mal, surtout dans l\u2019\u00e9tat lamentable o\u00f9 se trouve le pays. Il faut des penseurs, des visionnaires. Idriss continue \u00e0 tenter et retenter. D\u2019autres poursuivront.<\/p>\n<p>Idriss Mohamed, se l\u00e8ve et dit \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb, encore \u00e0 73 ans, un peu comme ailleurs un St\u00e9phane Hessel. Il y a tant de sujets d\u2019indignation au moment o\u00f9 le bateau Comores est pouss\u00e9 par la dictature et ses soutiens droit vers un gouffre. Inflexible, comme un dernier rempart. Beaucoup de gens de sa g\u00e9n\u00e9ration se sont pos\u00e9 ces derniers temps la question du gain personnel apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es de luttes contre la dictature, contre les mercenaires, pour les droits civiques, pour la libert\u00e9 d\u2019expression, pour les travailleurs, pour l\u2019\u00e9ducation\u2026 certains ont fini par c\u00e9der aux honneurs et \u00e0 l\u2019argent facile. Idriss Mohamed reste encore un des rares mod\u00e8les sur lequel la jeunesse patriotique peut encore s\u2019appuyer pour combattre la dictature et la corruption ambiante. Pour continuer \u00e0 croire que la lutte pour le grand nombre n\u2019est jamais inutile.<\/p>\n<p>\u00c0 lire \u00e9galement :<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/mayotte-le-combat-didriss-mohamed\/\">Mayotte, le combat d&#8217;Idriss Mohamed<\/a> (Masiwa n\u00b0338, 26\/07\/21)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9volutionnaire, apparatchik, militant associatif, chef d\u2019entreprise, Idriss Mohamed Chanfi a v\u00e9cu plusieurs vies. 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