{"id":6006,"date":"2021-06-21T19:20:33","date_gmt":"2021-06-21T16:20:33","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=6006"},"modified":"2021-06-24T13:28:50","modified_gmt":"2021-06-24T10:28:50","slug":"les-rituels-de-beaute-a-la-comorienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/les-rituels-de-beaute-a-la-comorienne\/","title":{"rendered":"Les rituels de beaut\u00e9 \u00e0 la comorienne"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le 19 mai dernier, la maison Beaucor recevait la certification biologique \u00ab\u00a0validant la qualit\u00e9 naturelle de sa gamme Ridaaah\u00a0\u00bb, une certification qui permet de valoriser le made in Comores au niveau international.<\/strong> <em>Par\u00a0Nawal Msa\u00efdi\u00e9<\/em><\/p>\n<p>Le produit cosm\u00e9tique phare de la marque est le <em>msindzanu<\/em>, \u00e9l\u00e9ment de beaut\u00e9 indispensable de la femme comorienne. Quels sont les secrets de beaut\u00e9 des \u00eeles Comores et quels rituels se cachent derri\u00e8re leur utilisation ?<\/p>\n<p><strong>Le <em>msindzanu<\/em> fil conducteur de la vie de la Comorienne<\/strong><\/p>\n<p>P\u00e2te issue du frottement du bois de santal et de la pierre de corail, originaire de Madagascar (on la retrouve chez les femmes sakalaves et de nombreux Comoriens ont v\u00e9cu dans la r\u00e9gion de Diego Suarez), le <em>msindzanu<\/em> se retrouve dans toutes les maisons comoriennes et se transmet de m\u00e8re en fille.<\/p>\n<p>Le <em>msindzanu<\/em> est une p\u00e2te dont les couleurs et l&#8217;odeur varient selon l\u2019ingr\u00e9dient qui est utilis\u00e9 en plus du bois de santal : dzindzanu (curucuma), yasmin (jasmin), bonobo (avocat), etc. Pour la femme il est avant tout un masque qui la prot\u00e8ge des effets du soleil sur la peau. Elle le porte souvent chez elle pour sublimer son teint, mais aussi \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur pour celles qui travaillent aux champs, sur les march\u00e9s, etc.<\/p>\n<p>\u00c9l\u00e9ment du quotidien, il est aussi mis en avant lors de diff\u00e9rentes c\u00e9r\u00e9monies.<\/p>\n<p>\u00c0 Ndzuani, la jeune fille se voit parer de son masque de beaut\u00e9 lors de son <em>ponzo<\/em>, lors de la f\u00eate organis\u00e9e \u00e0 l&#8217;occasion de l&#8217;apparition de ses premi\u00e8res r\u00e8gles, la petite reine se distingue non seulement par ses bijoux et ses v\u00eatements, mais aussi par le <em>msindzano<\/em> qui sublime son teint.<\/p>\n<p>Sur tout l&#8217;archipel, lors de son mariage la <em>bibi harusi<\/em> doit porter le masque de beaut\u00e9 lors de la pr\u00e9paration, mais aussi jusqu&#8217;au <em>tsihu ya shenda <\/em>(le neuvi\u00e8me jour), elle retire le masque juste avant sa premi\u00e8re sortie de jeune mari\u00e9e. L&#8217;effet du port de <em>msindzanu<\/em> est cens\u00e9 distinguer son visage de celui des autres femmes.<\/p>\n<p>\u00c0 Anjouan, Mayotte et Moh\u00e9li, le visage de la jeune mari\u00e9e est maquill\u00e9 avec des dessins \u00e0 base de msindzanu ou de <em>tanimalandi<\/em> (argile blanche issue de la pierre de kaolin).<\/p>\n<p>Enfin, tout au long des 40 jours suivant l&#8217;accouchement, la jeune maman re\u00e7oit des soins du corps \u00e0 base de msindzanu pour sublimer son corps. Certaines familles font des pr\u00e9parations qui s&#8217; apparentent au \u00ab\u00a0musc tahara\u00a0\u00bb utilis\u00e9 dans les pays arabo-musulmans : de petites boules de savon sont form\u00e9es \u00e0 partir de <em>msindzanu<\/em>, jasmin et de <em>upvamba<\/em> (pi\u00e8ce de tissu, coton).<\/p>\n<p>Pour Karida Jaffar, cr\u00e9atrice de la Maison Beaucor \u00ab\u00a0quand on parle de la cosm\u00e9tique comorienne, c&#8217;est le msindzanu, un des meilleurs masques au monde avec ses diverses vertus\u00a0\u00bb. Avec ses produits, l\u2019esth\u00e9ticienne permet d&#8217;avoir acc\u00e8s au msindzanu plus facilement pour la diaspora, pour toutes les femmes convaincues de ses vertus et qui n\u2019ont pas la possibilit\u00e9 de le pr\u00e9parer elles-m\u00eames. En effet, elle le commercialise d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L\u2019h\u00e9ritage arabo-musulman ?<\/strong><\/p>\n<p>Si le <em>msindzanu<\/em> se porte \u00e0 des \u00e9tapes vari\u00e9es de la vie d\u2019une jeune jeune fille, il y a du maquillage qui autrefois \u00e9tait exclusivement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la femme mari\u00e9e, que l&#8217;on peut aussi trouver chez les hommes.<\/p>\n<p>Le <em>gwena<\/em> est l&#8217;\u00e9quivalent du crayon noir et a pour premi\u00e8re fonction de sublimer le regard. Autrefois la femme portait pour la premi\u00e8re fois le <em>gwena<\/em> le jour de son mariage. \u00c0 Mayotte et \u00e0 Anjouan, <em>bwana harusi<\/em> lors de son <em>barzangue<\/em> ou du <em>manzarka<\/em> a aussi son trait de <em>gwena<\/em>, il a \u00ab\u00a0valeur de protection contre le mauvais \u0153il\u00a0\u00bb, le <em>husuda<\/em> selon Dr Sa\u00efd Hassani Mohamed, ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0l\u2019Universit\u00e9 des Comores. Cette protection est aussi visible chez les enfants comoriens lorsqu&#8217;ils sortent en public, lorsque les parents doivent les ramener \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur dans la nuit, parfois dans les yeux ou pour les plus petits une marque sur le front et\/ou derri\u00e8re les oreilles. Certains <em>djaula<\/em> se distinguent des autres aussi avec le <em>gwena<\/em>.<\/p>\n<p>Le <em>ina<\/em> ou <em>hene<\/em> est utilis\u00e9 pour rendre beau les mains, les bras, les pieds, les jambes de <em>bibi harusi<\/em>. La mari\u00e9e est en g\u00e9n\u00e9ral la seule qui en a le plus sur le corps. \u00c0 Anjouan, lors de la c\u00e9r\u00e9monie du <em>hene<\/em> la future mari\u00e9e partage un moment intime avec ses amies proches qui, elles, portent le <em>hene<\/em> uniquement sur une ou les deux mains et nulle part ailleurs sur le corps. Cette pratique s&#8217;observe sur les jeunes mari\u00e9s originaires des autres villes surtout celle de la diaspora qui semble suivre une coutume qu&#8217;elle observe dans les communaut\u00e9s musulmanes des pays o\u00f9 elles vivent. Le <em>hene<\/em> et aussi utilis\u00e9 comme \u00e9l\u00e9ment de coloration des cheveux et de la barbe chez l&#8217;homme comorien. Enfin, il peut \u00eatre utilis\u00e9 comme \u00e9l\u00e9ment curatif sur un ongle ou une partie du corps bless\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le <em>msiwaki<\/em> a avant tout fonction de maintien de l&#8217;hygi\u00e8ne bucco-dentaire. La substance carmin qui en ressort \u00e9tait utilis\u00e9e autrefois pour rougir les l\u00e8vres et les rendre plus belles\u00a0\u00bb. Les vertus du b\u00e2ton de <em>msiwaki<\/em> sont \u00e9voqu\u00e9es dans les \u00e9crits coraniques.<\/p>\n<p>L&#8217;une des paroles de la chanteuse Samra est &#8220;mwana mshe beaut\u00e9 &#8220;, la femme comorienne comme beaucoup de femmes dans le monde accorde une grande importance au soin du corps et cherche \u00e0 le sublimer. Les produits traditionnels permettent de maintenir cette beaut\u00e9 dans un cadre naturel et rendre uniques les nombreux moments de partage et de joie qui rythment la vie sociale aux Comores.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 19 mai dernier, la maison Beaucor recevait la certification biologique \u00ab\u00a0validant la qualit\u00e9 naturelle de sa gamme Ridaaah\u00a0\u00bb, une certification qui permet de valoriser le made in Comores au niveau international. 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