{"id":5831,"date":"2021-05-17T15:03:32","date_gmt":"2021-05-17T12:03:32","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=5831"},"modified":"2021-05-19T19:31:12","modified_gmt":"2021-05-19T16:31:12","slug":"linformel-pendant-le-mois-de-ramadan-infraction-fiscale-toleree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/linformel-pendant-le-mois-de-ramadan-infraction-fiscale-toleree\/","title":{"rendered":"L\u2019informel pendant le mois de Ramadan, Infraction fiscale tol\u00e9r\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ils avaient donn\u00e9 un d\u00e9cor particulier \u00e0 Moroni durant tout le mois de ramadan. Les marchands saisonniers red\u00e9finissaient le r\u00f4le du trottoir de la capitale. Dans une p\u00e9riode de saison pleine, ils offraient un passage divers dans l\u2019allure d\u2019une foire de produits agricoles et d\u2019un souk. Une activit\u00e9 commerciale d\u00e9passant l&#8217;informel. Une infraction commise par une part importante de la population pauvre. Ils profitaient de l\u2019occasion pour se faire un peu d\u2019argent, afin de mieux pr\u00e9parer la f\u00eate de l\u2019A\u00efd<\/strong>.<em> Par\u00a0Salec Halidi Abderemane<\/em><\/p>\n<p>Dans un rapport de l\u2019organisation internationale du travail datant de 2015, il est not\u00e9 que la pauvret\u00e9 aux Comores est tr\u00e8s anxiog\u00e8ne. Dans ce document officiel, le taux de ch\u00f4mage est indiqu\u00e9 \u00e0 14,3%, au niveau national. Cela traduit une croissance en mati\u00e8re de cr\u00e9ation d\u2019emplois \u00e0 un taux relativement faible de 49,4 %. Dans un autre rapport de la Banque Mondiale de juin 2018, l\u2019institution n\u2019indique que 42,4 % de population pauvre aux Comores, c\u2019est-\u00e0-dire 316\u00a0000 personnes concern\u00e9es. Cette pauvret\u00e9 s&#8217;\u00e9tablit et se d\u00e9termine dans le co\u00fbt des besoins de base s\u2019\u00e9levant \u00e0 25\u00a0341 FKM, soit \u00e0 peu pr\u00e8s 51,60 euros par habitant et par mois. L&#8217;extr\u00eame pauvret\u00e9, quant \u00e0 elle, aurait atteint 23,5 % de la population.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ils revendaient diff\u00e9rents produits et dans de lieux divers<\/strong><\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, ils revendaient les produits du terroir. On les retrouvait entre autres avec des bananes vertes, des patates douces et des ignames. Ces aliments venaient tous de la petite entreprise agricole familiale. Ils colonisaient le trottoir jusqu\u2019\u00e0 la porte de la boutique d\u2019un membre de la famille ou d\u2019une connaissance, de ce dernier jusqu\u2019au pied de leurs logements. Dans des lieux permettant d\u2019\u00e9chapper aux embouteillages monstres du quotidien. Le manque de stationnement dans le centre accentu\u00e9 par le mois en question, donnait raison \u00e0 l\u2019achat aupr\u00e8s de ces marchands.<\/p>\n<p>D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, il y avait les revendeurs des produits de l\u2019import. Des hommes et des femmes oblig\u00e9s de travailler au noir par la pauvret\u00e9 consid\u00e9rable du pays. Il s\u2019agit de marchandises manufactur\u00e9es qu\u2019ils achetaient aupr\u00e8s de grossistes locaux. Le plus souvent, ils se localisaient dans des axes routiers menant vers les principaux march\u00e9s de la capitale. Ils envahissaient aussi les contours, mais surtout des trottoirs de la p\u00e9riph\u00e9rie. \u00c0 Caltex plus pr\u00e9cis\u00e9ment, o\u00f9 l\u2019activit\u00e9 est continuelle durant toute l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fourniture et ravitaillement <\/strong><\/p>\n<p>Ils se distinguaient par le produit \u00e0 revendre. Les revendeuses des denr\u00e9es agricoles se pr\u00e9sentaient sous trois cat\u00e9gories. La premi\u00e8re cat\u00e9gorie regroupait les pratiquants de l\u2019achat-revente au niveau de l\u2019\u00eele de Ngazidja. Ces marchands saisonniers effectuaient plusieurs d\u00e9placements quotidiens durant le mois. Des mouvements d\u2019un lieu \u00e0 un autre pour acheter la marchandise dans les diff\u00e9rentes localit\u00e9s de l\u2019\u00eele. Puis ils revenaient \u00e9couler cette derni\u00e8re sur les trottoirs de la capitale. Une deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie allait un peu plus loin. Ils se livraient \u00e0 l\u2019achat-revente extra insulaire, et se fournissaient plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Moh\u00e9li. Une minorit\u00e9 se tournait vers Ndzuani. Ces derniers se mettaient en contact avec des membres de leurs familles ou avec des amis vivant dans les autres \u00eeles. Ils leur envoyaient de l\u2019argent pour que ceux-l\u00e0 leur fournissent en produits. Une troisi\u00e8me cat\u00e9gorie recouvre quelques similitudes dans les deux premi\u00e8res. Mais avec la diff\u00e9rence qu&#8217;ils se rapprochaient plus au moins de la solidarit\u00e9. En effet, ils se ravitaillaient aupr\u00e8s de leurs familles vivant dans les autres localit\u00e9s de l\u2019\u00eele de Ngazidja et des autres \u00eeles pour profiter de la saison, afin d\u2019arrondir leurs petits revenus.<\/p>\n<p>Les marchands des produits manufactur\u00e9s avaient presque le m\u00eame profil. Ils se procuraient la marchandise aupr\u00e8s des grossistes locaux. Des hommes d\u2019affaires de Ndzuani en l\u2019occurrence. Et plus pr\u00e9cis\u00e9ment des grossistes de Bazimini, dans le moyen-centre de l\u2019\u00eele. La localit\u00e9 porte aujourd\u2019hui le nom de Duba\u00ef. Cela est d\u00fb \u00e0 son paysage de commerce de produits \u00e9trangers, suspendus devant les boutiques et les magasins tout au long de la route nationale num\u00e9ro 21, qui traverse la petite ville. Le lieu est r\u00e9put\u00e9 pour \u00eatre le plus grand point d\u2019approvisionnement de produits import\u00e9s du pays.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Du transport et la voie, jusqu\u2019au trottoir<\/strong><\/p>\n<p>Les produits extra-insulaires sont achemin\u00e9s \u00e0 Moroni par des petites embarcations (<em>Djapawa<\/em>) via Ourov\u00e9ni. La localit\u00e9 est situ\u00e9e dans l&#8217;extr\u00eame sud de Ngazidja. Un emplacement strat\u00e9gique qui joue le r\u00f4le de port de fortune. Le littoral de ce dernier est bord\u00e9 par une mangrove. Celle-ci permet \u00e0 ces petites embarcations de bien d\u00e9barquer \u00e0 Ngazidja. Elles partent aussi dans des endroits pr\u00e9cis, en quittant Fomboni, dans la capitale de l&#8217;\u00eele de Moh\u00e9li et de Dodin au sud du port de Mutsamudu pour venir s&#8217;accoster facilement dans le sable du rivage de Ourov\u00e9ni. L\u2019emprunt de cette voie est courant pour les marchands de la capitale. Ils se font livrer ainsi durant toute l\u2019ann\u00e9e. Une voie choisie pour un acheminement plus rapide, surtout pour les produits agricoles.<\/p>\n<p>Pour les produits de l\u2019import, ils ont recours \u00e0 la m\u00eame voie. Mais cette fois-ci pour une raison administrative. C\u2019est une taxe douani\u00e8re \u00e0 s\u2019acquitter aupr\u00e8s de l\u2019autorit\u00e9 nationale. La loi comorienne exige cette taxe pour des produits manufactur\u00e9s \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des ports du pays, et qu\u2019elle qu&#8217;en soit le lieu de provenance. Les produits qui sont destin\u00e9s \u00e0 la revente, plus pr\u00e9cis\u00e9ment. Cet acquittement fiscal leur faisait choisir ce raccourci en marge de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Une infraction fiscale soutenue par l\u2019autorit\u00e9 nationale<\/strong><\/p>\n<p>Tout laisse croire \u00e0 une infraction fiscale consentie par l\u2019autorit\u00e9 nationale. Car celle-ci pr\u00e9f\u00e8re se taire et ne pas mettre en place une exon\u00e9ration officielle. Pour pouvoir lutter contre cette pratique contraignante, l\u2019exercice du commerce au niveau national, il faudrait des moyens mat\u00e9riel, financier et humain. C\u2019est pourquoi ce trafic inter-\u00eeles refl\u00e8te l\u2019\u00e9tat d\u2019une \u00e9conomie gangren\u00e9e par le travail au noir o\u00f9 les activit\u00e9s d\u00e9lictuelles sont dominantes. Autrement dit, un d\u00e9veloppement croissant d\u2019une \u00e9conomie souterraine. Un d\u00e9veloppement d\u2019une activit\u00e9 autour de services publics d\u00e9faillants. La fourniture de ces produits est fr\u00e9quemment assur\u00e9e par des r\u00e9seaux clandestins dans la production ou dans le ravitaillement, dans la distribution et dans l&#8217;\u00e9change qui \u00e9chappent \u00e0 tout contr\u00f4le statistique, mais qui rendent des services indispensables \u00e0 une population du voisinage au seuil de la pauvret\u00e9. Dans le pays, surtout dans la zone urbaine de Moroni, elle gagne chaque jour. Un rapport conjoint du groupe de la Banque africaine de d\u00e9veloppement et de l\u2019ONU-femme de 2014, souligne un niveau de vie moyen dans la zone urbaine de la capitale des Comores, hautement mis\u00e9rable de 588\u00a0455 FKM par t\u00eate et par an, soit environ 1280 euros.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Une autorit\u00e9 urbaine inefficace<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019ensemble de ces produits et de ces marchandises confisqu\u00e9es ont des lieux non conventionnels. Des endroits qui \u00e9loignent toute taxation ordinaire. Ils ne rel\u00e8vent pas de l\u2019activit\u00e9 de commerce exerc\u00e9e, et les autorit\u00e9s locale et nationale ne s\u2019\u00e9taient pas donn\u00e9 les moyens d\u2019intervenir. Ces lieux \u00e9taient assez strat\u00e9giques pour le mois du ramadan. H\u00e9las d\u2019une port\u00e9e \u00e0 contraindre les revendeurs traditionnels.<\/p>\n<p><strong>Un contribuable concurrenc\u00e9 par une activit\u00e9 souterraine<\/strong><\/p>\n<p>Ils louent et paient une taxe journali\u00e8re de 200 FKM, soit moins de 0,5 euro. Ils s\u2019acquittent de cette somme pour pouvoir vendre dans les march\u00e9s de Volo-volo, de Chindo Cha Mbwani et les autres structures reconnues. Les autorit\u00e9s nationale et locale les consid\u00e8rent toujours comme exer\u00e7ant dans l\u2019informel. Les marchands saisonniers qui ont revendu leurs produits sur le trottoir \u00e9taient des concurrents illicites. Puisqu\u2019ils sont les seuls \u00e0 contribuer, par cette activit\u00e9, \u00e0 l\u2019attractivit\u00e9 de la ville et du pays.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019autorit\u00e9 nationale et la mairie laissent se d\u00e9velopper cette activit\u00e9 de travail au noir durant ce mois particulier. Tout au long des autres mois de l\u2019ann\u00e9e, cette activit\u00e9 ill\u00e9gale demeure. La situation exprime l\u2019inefficacit\u00e9 de ces autorit\u00e9s. Car au lieu de combattre la pauvret\u00e9 par une strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement, elles contiennent cette derni\u00e8re dans une absence de mesures fiscales efficaces.<\/p>\n<p>A lire aussi dans Masiwa n\u00b0328 :<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/aid-el-fitr-est-enfin-la\/\">L&#8217;\u00efd el-fitr est enfin l\u00e0 !<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils avaient donn\u00e9 un d\u00e9cor particulier \u00e0 Moroni durant tout le mois de ramadan. Les marchands saisonniers red\u00e9finissaient le r\u00f4le du trottoir de la capitale. Dans une p\u00e9riode de saison pleine, ils offraient un passage divers dans l\u2019allure d\u2019une foire de produits agricoles et d\u2019un souk. Une activit\u00e9 commerciale d\u00e9passant l&#8217;informel. Une infraction commise par [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":5833,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-5831","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/5831","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=5831"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/5831\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5844,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/5831\/revisions\/5844"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/5833"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=5831"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=5831"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=5831"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}