{"id":5707,"date":"2021-04-26T09:01:06","date_gmt":"2021-04-26T06:01:06","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=5707"},"modified":"2021-05-02T08:28:58","modified_gmt":"2021-05-02T05:28:58","slug":"vawo-la-ki-aswili-lhabit-de-la-femme-comorienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/vawo-la-ki-aswili-lhabit-de-la-femme-comorienne\/","title":{"rendered":"Vawo la ki aswili : L\u2019habit de la femme comorienne"},"content":{"rendered":"<p><strong>Lors des c\u00e9r\u00e9monies, la femme comorienne d\u00e9file avec ses plus beaux v\u00eatements traditionnels. <em>Sahare<\/em> et <em>subayiya<\/em>, <em>saluva<\/em>, <em>gauni<\/em>, <em>shiromani<\/em>, <em>leso<\/em>, milles couleurs magnifient la femme comorienne, d\u00e9terminant son statut social, son origine insulaire et v\u00e9hiculant son identit\u00e9 \u00e0 travers le monde.<\/strong> <em>Par\u00a0Nawal MSAIDIE<\/em><\/p>\n<p><strong>Une \u00eele, un tissu ? Une \u00eele, une tenue\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons pos\u00e9 une premi\u00e8re question \u00e0 nos diff\u00e9rentes interlocutrices \u00ab\u00a0pour vous quel v\u00eatement serait id\u00e9alement port\u00e9 par une femme pour un concours miss Comores\u00a0?\u00a0\u00bb. Leurs r\u00e9ponses divergent.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/instagram.com\/najphotography5?igshid=8zj3so4xyf2q\">NAJPhotography<\/a> , une photographe d\u2019origine comorienne qui vit en r\u00e9gion parisienne et qui consacre une partie de son formidable travail \u00e0 ses story Instagram sur la connaissance et la valorisation du patrimoine des Comores, sugg\u00e8re que ce soit une femme qui serait par\u00e9e comme une mari\u00e9e de Domoni: \u00ab\u00a0un <em>gauni<\/em> en mizline fleuri, une coiffure sublim\u00e9e par de l\u2019or et du jasmin\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour Rasoamiaramanana Mireille, styliste de la maison <a href=\"https:\/\/instagram.com\/shiromani_design?igshid=l4m4bojudd9e\">Shiromani DESIGN<\/a> \u00e0 Ngazidja, une maison qui a fait du shiromani la pi\u00e8ce ma\u00eetresse de ses cr\u00e9ations, imagine une Comorienne drap\u00e9e dans un \u00ab\u00a0shiromani rouge avec des formes g\u00e9om\u00e9triques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/leso.vaya\/\">Vaya leso<\/a> , styliste d\u2019origine comorienne qui a sa boutique \u00e0 Paris, elle partage une de ses cr\u00e9ations, une jeune femme qui porte un <em>saluva nabawani<\/em> et <em>leso<\/em> compos\u00e9 par un cama\u00efeu de bleu.<\/p>\n<p>Anssifati Halidi, g\u00e9rante de Maypat (structure \u0153uvrant pour la valorisation du patrimoine de Mayotte), imagine une femme avec un <em>saluva nabawani<\/em> noir avec des motifs satin dor\u00e9s repr\u00e9sentant une fleur d\u2019ylang agr\u00e9ment\u00e9 d&#8217;un body satin et dor\u00e9.<\/p>\n<p>Les v\u00eatements cit\u00e9s sont des v\u00eatements qui, pour la plupart, \u00e0 l&#8217;origine \u00e9taient port\u00e9s sur l&#8217;\u00eele de Ndzuani.<\/p>\n<p><strong>La reine shiromani<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 Ngazidja, les femmes porteraient des robes faites \u00e0 partir de <em>sahare subayiya mkumi wa hariri<\/em>, <em>kanga mawuwa, kaplana, mawuwa, tafsida, plinki, djawa<\/em>, de couleur rouge violet orange rose bleu vert. Ces derniers sont offerts en cadeau \u00e0 la nouvelle mari\u00e9e lors du <em>mtriya dahoni<\/em> (ou <em>zifafa<\/em>). Porter ces v\u00eatements, en plus de bijoux sp\u00e9cifiques, illustre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la notabilit\u00e9 lors des diff\u00e9rentes c\u00e9r\u00e9monies o\u00f9 la femme mari\u00e9e sera convi\u00e9e. Les s\u0153urs de <em>bwana harusi<\/em> qui ont fait le <em>anda<\/em> portent aussi le <em>sahare<\/em> et le <em>subayiya<\/em> lors du <em>zifafa<\/em>.<\/p>\n<p>Cependant, on trouve aussi dans le <em>vawo<\/em> (toilette) de la Grande-Comorienne, un tissu qui est port\u00e9 aujourd&#8217;hui quotidiennement sur les quatre \u00eeles\u00a0: le <em>shiromani<\/em>. Le <em>shiromani<\/em> \u00e9tait d\u2019abord port\u00e9 sur l&#8217;\u00eele d\u2019Anjouan, mais on le retrouve de plus en plus sur les quatre \u00eeles dans ses diff\u00e9rentes d\u00e9clinaisons de couleurs (rouge, noir, bordeaux, vert, bleu\u2026) et de forme (carr\u00e9, rond, fleur). Il permet \u00e0 la femme comorienne de se couvrir le corps. Il est un \u00e9l\u00e9ment qui sublime les tenues. Lors des c\u00e9r\u00e9monies de mariage, il permet de maintenir le myst\u00e8re sur l&#8217;apparence de la mari\u00e9e jusqu&#8217;au moment o\u00f9 son futur \u00e9poux la d\u00e9couvre.<\/p>\n<p>\u00c0 Ndzuani, on trouve aussi, le <em>gauni la shindzuani<\/em> compos\u00e9 de deux-pi\u00e8ces, le haut, le <em>kandzu<\/em> et le bas, le <em>saluva<\/em>. C\u2019est le v\u00eatement traditionnel principal que l&#8217;on observe chez les femmes. \u00ab\u00a0Le <em>gauni<\/em> est port\u00e9 presque tous les jours \u00e0 Anjouan pour les grandes c\u00e9r\u00e9monies, le vendredi, le mois de ramadan, etc.\u00a0\u00bb (NAJ Photography). Il est en g\u00e9n\u00e9ral cousu \u00e0 partir de tissu en <em>kanga, nabawani et leso<\/em>.\u00a0 On peut aussi en trouver \u00ab\u00a0en strass et en wax\u00a0\u00bb, mais on peut \u00e9galement croiser des <em>gauni<\/em> en <em>sahare<\/em>\u2026<\/p>\n<p>La mari\u00e9e anjouanaise est par\u00e9e de son plus beau <em>gauni<\/em> pour se d\u00e9marquer des invit\u00e9es lors des diff\u00e9rentes c\u00e9r\u00e9monies li\u00e9es \u00e0 l\u2019accomplissement de son grand mariage.<\/p>\n<p>Enfin, le <em>saluva<\/em> et kishali, que l&#8217;on porte beaucoup \u00e0 Mwali et Maore. Tout comme pour le <em>gauni<\/em>, les tissus utilis\u00e9s ont beaucoup \u00e9volu\u00e9 et s&#8217;adaptent \u00e0 la mode. Autrefois, la megaline \u00e9tait privil\u00e9gi\u00e9e et aujourd&#8217;hui on peut en voir dans toutes les mati\u00e8res : <em>nabawani<\/em>, broderie, strass, wax.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la question insulaire ou encore du tissu, le v\u00eatement de la femme comorienne illustre son \u00e9l\u00e9gance et son charme. La diversit\u00e9 des tissus d\u00e9montre que les femmes rivalisent pour se d\u00e9marquer en groupe ou de fa\u00e7on individuelle.<\/p>\n<p><strong>La mode \u00e0 la comorienne<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 Mayotte, est organis\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es, le concours \u00ab\u00a0Miss saluva\u00a0\u00bb : la gagnante est la femme qui aura su se mettre en valeur par la qualit\u00e9 de son tissu, son body et les motifs qu\u2019elle aura mis en valeur avec ses bijoux et son maquillage.<\/p>\n<p>Il y a aussi les concours de danses traditionnelles o\u00f9 encore une fois les tenues tiennent une grande importance pour les r\u00e9sultats finals.<\/p>\n<p>Les tissus port\u00e9s par les Comoriennes sont import\u00e9s et viennent pour la plupart du continent africain. Le <em>sahare<\/em> et le <em>subayiya<\/em> seraient originaires de Somalie par exemple. Les commer\u00e7ants se rendent en Tanzanie pour se fournir en <em>leso<\/em> et <em>nabawani<\/em>. Autrefois, les tissus \u00e9taient personnalis\u00e9s et on pouvait lire des adages en <em>shikomori<\/em> sur les tissus ou encore en temps de campagne des <em>leso<\/em>, <em>gauni<\/em> \u00e0 l\u2019effigie des candidats. De nos jours, les commer\u00e7ants ont cess\u00e9 de proposer ce type de produits et on peut regretter cette perte de notre folklore. Aux derni\u00e8res \u00e9lections, on voyait d\u00e9filer des <em>leso<\/em> et ch\u00e2les de couleurs, une adaptation \u00e0 une certaine uniformisation de la mode\u00a0?<\/p>\n<p>\u00c0 Mayotte, cette mode r\u00e9siste pourtant, connaissez-vous le <em>saluva<\/em> Marine Le Pen ?<\/p>\n<p>Les choses changent, mais pas la valorisation des tissus \u00e0 la comorienne. Elle \u00e9volue et s\u2019adapte \u00e0 la modernit\u00e9.<\/p>\n<p>Mireille de Shiromani Design \u00e9voque de sa passion pour ce tissu\u00a0: \u00ab\u00a0le shiromani est un tissu qui m&#8217;a toujours plu depuis toute petite. Gr\u00e2ce \u00e0 ses motifs, ses couleurs, et sa mati\u00e8re&#8230; J&#8217;en ai fait mon tissu de pr\u00e9dilection, car je trouve que l\u2019on peut se couvrir diff\u00e9remment. En faisant des habits, des accessoires et pourquoi pas des bijoux. Mettre le <em>shiromani<\/em> en valeur et qu&#8217;il devient <em>the<\/em> tissu du quotidien\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Vaya Lesso propose des cr\u00e9ations unisexes et m\u00eame de magnifiques robes de c\u00e9r\u00e9monie. Elle \u00ab\u00a0cr\u00e9e ses propres <em>leso<\/em> avec ses propres expressions tout en expliquant \u00e0 chaque client(e) la valeur et les traditions qui se cachent derri\u00e8re la tenue qu\u2019elle propose&#8221;.<\/p>\n<p>Le v\u00eatement comorien tel qu&#8217;il est port\u00e9 est non seulement une institution \u00e0 lui seule, mais aussi un des symboles de notre identit\u00e9 et de notre patrimoine qui est constamment mis en avant au gr\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements marquants d&#8217;un individu ou de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Des remerciements chaleureux \u00e0 ma grand-m\u00e8re Assimari Soueffou.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors des c\u00e9r\u00e9monies, la femme comorienne d\u00e9file avec ses plus beaux v\u00eatements traditionnels. Sahare et subayiya, saluva, gauni, shiromani, leso, milles couleurs magnifient la femme comorienne, d\u00e9terminant son statut social, son origine insulaire et v\u00e9hiculant son identit\u00e9 \u00e0 travers le monde. Par\u00a0Nawal MSAIDIE Une \u00eele, un tissu ? Une \u00eele, une tenue\u00a0? 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