{"id":5242,"date":"2021-01-31T22:39:56","date_gmt":"2021-01-31T19:39:56","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=5242"},"modified":"2021-01-31T22:39:56","modified_gmt":"2021-01-31T19:39:56","slug":"lecole-et-la-crise-de-covid-19","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/lecole-et-la-crise-de-covid-19\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9cole et la crise de covid-19"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le respect de la distanciation physique n\u2019est pas encore une r\u00e9alit\u00e9 dans les \u00e9coles comoriennes.<\/strong> <strong><em>La rentr\u00e9e scolaire 2020-2021 aux Comores a eu lieu officiellement le 24 novembre 2020 dans les \u00e9tablissements publics. Une rentr\u00e9e tardive caus\u00e9e par une fin d\u2019ann\u00e9e scolaire 2019-2020 retard\u00e9e \u00e0 cause de la fermeture des \u00e9coles suite \u00e0 la premi\u00e8re vague du COVID 19. \u00c0 la reprise des cours en novembre, le port du masque ainsi que le respect des gestes barri\u00e8res ne sont pas respect\u00e9s notamment dans les \u00e9coles publiques.\u00a0<\/em><\/strong><em>Par Natidja HAMIDOU<\/em><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong>Les autorit\u00e9s comoriennes ont autoris\u00e9 la rentr\u00e9e scolaire alors que les recommandations du pr\u00e9sident sur le coronavirus \u00e9taient toujours en vigueur. Port du masque, distanciation physique, respect des gestes barri\u00e8res, lavage des mains avec du savon ou avec du gel hydro alcoolique, font entre autres partie de ces exigences. Les \u00e9tablissements scolaires \u00e9taient cens\u00e9s les respecter. Ce qui n\u2019est pas le cas jusqu\u2019\u00e0 lors, notamment dans les \u00e9coles publiques. \u00ab\u00a0\u00c0 la reprise des cours, aucune disposition particuli\u00e8re n\u2019est prise pour cette rentr\u00e9e. Les choses sont rest\u00e9es les m\u00eames comme en p\u00e9riode normale. Personnellement, je portais le masque parce que je me consid\u00e8re comme une personne \u00e0 risque. Mais ce n\u2019est pas le cas pour mes coll\u00e8gues. N\u2019en parlons plus pour les \u00e9l\u00e8ves dans les \u00e9coles publiques\u00a0\u00bb, affirme Bacar Mvoulana, enseignant de math\u00e9matiques au lyc\u00e9e Said Mohamed Cheikh de Moroni. Thourayat Aliani,\u00a0professeur de SVT dans un coll\u00e8ge public tient le m\u00eame discours : \u00ab\u00a0avant l\u2019allocution du pr\u00e9sident le 25 janvier dernier, ni les \u00e9l\u00e8ves, ni les professeurs, ne portions de masques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9coles priv\u00e9es suivent les consignes<\/strong><\/p>\n<p>Pourtant, des mesures ont \u00e9t\u00e9 prises, selon cette m\u00eame enseignante, \u00e0 savoir la prise des temp\u00e9ratures \u00e0 l\u2019entr\u00e9e et \u00e0 la sortie de l\u2019\u00e9tablissement, le lavage des mains, ne pas d\u00e9passer l\u2019effectif de 21 \u00e9l\u00e8ves par classe, le port du masque. Mais c\u2019est le respect qui fait d\u00e9faut\u00a0: \u00ab\u00a0Certaines conditions \u00e9taient respect\u00e9es. D\u2019autres n\u2019\u00e9taient pas r\u00e9unies\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle. Hassane Mohamed, parent d\u2019\u00e9l\u00e8ve admet que son fils ne portait pas de masque pour aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 donner le masque \u00e0 mon fils quand j\u2019ai appris qu\u2019\u00e0 Moh\u00e9li, il y a eu des d\u00e9c\u00e8s \u00e0 cause du virus. Pourtant, on le laissait entrer en classe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Un encadreur p\u00e9dagogique qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder l\u2019anonymat a affirm\u00e9 qu\u2019aucune mesure concr\u00e8te n\u2019a \u00e9t\u00e9 prise\u00a0: \u00ab pour l\u2019instant, les moyens d\u00e9ploy\u00e9s sont uniquement des thermoflash pour prendre la temp\u00e9rature des \u00e9l\u00e8ves chaque matin. \u00a0Nous, encadreurs, avions suivi une formation afin que nous puissions former les directeurs des \u00e9tablissements scolaires sur les mesures barri\u00e8res. Des b\u00e9n\u00e9voles et des agents de propret\u00e9 ainsi que des associations villageoises devraient \u00eatre \u00e9galement form\u00e9s ce samedi 30 janvier sur la d\u00e9sinfection des salles de classe. Il n\u2019y a que les \u00e9coles publiques qui sont convi\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Toutefois, certains \u00e9tablissements priv\u00e9s suivent \u00e0 la lettre certaines exigences\u00a0: \u00ab Les \u00e9coles se sont soumises aux recommandations du minist\u00e8re. Les \u00e9l\u00e8ves portent les masques et les surveillants veillent \u00e0 ce que les \u00e9coliers respectent les gestes barri\u00e8res\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Abdoulfatah Ali, enseignant en classe de 3<sup>e<\/sup> \u00e0 l\u2019\u00e9cole priv\u00e9e Fundi Abdoulhamid. \u00a0\u00ab\u00a0Nous portons les masques en classe, mais les mesures barri\u00e8res ne sont pas respect\u00e9es. Nous sommes plus de 30 personnes dans une m\u00eame classe\u00a0\u00bb, affirme Anziza Ahamada, \u00e9l\u00e8ve en premi\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9cole priv\u00e9e Groupe Scolaire Avenir de Moroni. \u00ab\u00a0D\u00e8s la rentr\u00e9e en novembre, le masque \u00e9tait obligatoire. On ne nous laisse pas entrer si nous n\u2019avons pas le masque. Et apr\u00e8s le discours du pr\u00e9sident, c\u2019est encore plus strict. Car on ne peut m\u00eame pas descendre le masque sur le menton. Sinon, on est suspendu de cours pour une semaine\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Nasrine Mohamed, \u00e9l\u00e8ve en classe de 2<sup>de<\/sup>, \u00e0 l\u2019\u00e9cole priv\u00e9e Mouigni Baraka.<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9tablissements restent ouverts<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 Moh\u00e9li, avant la fermeture des \u00e9coles, Mouayad Salim, qui enseigne \u00e0 la fois au lyc\u00e9e de Fomboni et dans des \u00e9coles priv\u00e9es affirme que \u00ab\u00a0le port du masque \u00e9tait obligatoire pour les \u00e9l\u00e8ves et enseignants ainsi que le lavage syst\u00e9matique des mains\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la deuxi\u00e8me vague de la Covid-19 due \u00e0 la variante sud-africaine, les autorit\u00e9s maintiennent l\u2019ouverture des \u00e9coles alors qu\u2019il est impossible de respecter la distanciation physique. Les \u00e9tablissements scolaires ne disposent pas des moyens logistiques pour r\u00e9pondre aux recommandations et \u00e9viter la contamination du virus. \u00ab\u00a0La distanciation physique doit \u00eatre respect\u00e9e. Ce qui ne me parait pas facile. Donc, des dispositions doivent \u00eatre prises\u00a0\u00bb, r\u00e9clame Mouayad Salim. \u00ab\u00a0Dans ma classe, il est impossible de faire de la distanciation physique. Les tables sont tellement serr\u00e9es. Nous sommes quarante-quatre \u00e9l\u00e8ves\u00a0\u00bb, affirme cet \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole Mouigni Baraka.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0S\u2019agissant de la distanciation physique, je crois que le minist\u00e8re n\u2019a pas insist\u00e9 sur cette mesure comme il l\u2019avait exig\u00e9 pour la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire 2019-2020. Je pense que \u00e7a aurait \u00e9t\u00e9 difficile \u00e9tant donn\u00e9 que le gouvernement n\u2019a pas honor\u00e9 les engagements envers les \u00e9tablissements priv\u00e9s\u00a0\u00bb, d\u00e9plore Aboulfatah Ali. Cet enseignant de Lettres souligne que le gouvernement \u00ab\u00a0avait promis d\u2019accompagner financi\u00e8rement les \u00e9coles priv\u00e9es. Celles-ci avaient divis\u00e9 les effectifs dans les classes afin de respecter la distanciation physique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>La crainte des enseignants et des parents<\/strong><\/p>\n<p>Cette situation inqui\u00e8te les enseignants. \u00ab\u00a0Je crains une recrudescence de la maladie et une contamination accrue chez les enseignants. Car, si on n\u2019accompagne pas les \u00e9tablissements, on s\u2019expose au danger\u00a0\u00bb, d\u00e9plore Bacar Mvoulana. M\u00eame inqui\u00e9tude chez la professeure de SVT\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai peur surtout que le nouveau virus se propage rapidement puisque les gestes barri\u00e8res ne sont pas respect\u00e9es\u00a0\u00bb, se pr\u00e9occupe Thourayat Aliani.<\/p>\n<p>Certains parents sont tracass\u00e9s et ne souhaitent pas le maintien de l\u2019ouverture des \u00e9coles. \u00ab\u00a0Je suis tr\u00e8s inqui\u00e8te au point d\u2019appeler l\u2019\u00e9cole de mes enfants pour les sensibiliser \u00e0 fermer provisoirement l\u2019\u00e9tablissement comme c\u2019est une \u00e9cole priv\u00e9e. J\u2019ai deux enfants. L\u2019ain\u00e9e qui est en 6<sup>e<\/sup> porte le masque et a toujours son gel hydroalcoolique dans son sac. Mais son petit fr\u00e8re qui a trois ans et demi ne supporte pas le masque. Je pense que je vais le garder \u00e0 la maison \u00bb, s\u2019indigne Loulou Said Issilamou.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Hassane Mohamed, ce p\u00e8re de famille souhaite \u00e9galement que les \u00e9coles soient ferm\u00e9es et que la population soit confin\u00e9e comme \u00e0 Moh\u00e9li. Quant \u00e0 Hadidja Moussa, m\u00e8re de cinq enfants, tous scolaris\u00e9s dans l\u2019enseignement public, elle regrette ne pas avoir les moyens pour que ses enfants portent quotidiennement le masque \u00e0 l\u2019\u00e9cole\u00a0: \u00ab\u00a0que les \u00e9coles soient ferm\u00e9es. C\u2019est la seule solution. Que mes enfants refassent une autre ann\u00e9e au lieu de mourir\u00a0\u00bb, clame cette vendeuse de l\u00e9gumes. \u00ab\u00a0Je ne cache pas que j\u2019ai peur d\u2019attraper cette maladie. Mais je n\u2019ai pas le choix. Je dois suivre les cours\u00a0\u00bb, affirme Badria, \u00e9l\u00e8ve en terminale au lyc\u00e9e de Moroni.<\/p>\n<p>Si les enseignants de Ngazidja affirment ne pas l\u2019avoir attrap\u00e9 pour le moment ni \u00eatre au courant pour leurs \u00e9l\u00e8ves, ce n\u2019est pas le cas pour Mouayad Salim\u00a0: \u00ab\u00a0avant la fermeture des \u00e9coles \u00e0 Moh\u00e9li, je l\u2019ai attrap\u00e9 ainsi que quatre de mes coll\u00e8gues\u00a0\u00bb, d\u00e9clare-t-il.<\/p>\n<p>Ces enseignants appellent leurs sup\u00e9rieurs hi\u00e9rarchiques \u00e0 prendre les mesures n\u00e9cessaires afin que toutes les recommandations soient respect\u00e9es. Certains estiment que les \u00e9coles doivent fermer si les moyens ne sont pas d\u00e9ploy\u00e9s pour le respect des recommandations. D\u2019autres veulent le maintien des cours comme Abdoulfatah Ali qui pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0pour l\u2019instant, les \u00e9coles ne constituent pas de foyers de contamination. Sinon, on l\u2019aurait su. Donc, inutile de p\u00e9naliser les \u00e9l\u00e8ves\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Afin de conna\u00eetre les dispositions prises et les moyens mis en place suite au discours du chef de l\u2019\u00e9tat, Masiwa est entr\u00e9 en contact avec trois directeurs d\u2019\u00e9tablissements publics, mais aucun n\u2019a voulu r\u00e9pondre \u00e0 nos questions. L\u2019opinion s\u2019interroge sur les raisons du maintien des cours alors que le chef de l&#8217;\u00c9tat a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 une urgence sanitaire. Rappelons qu\u2019\u00e0 Moh\u00e9li, les \u00e9coles sont toujours ferm\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le respect de la distanciation physique n\u2019est pas encore une r\u00e9alit\u00e9 dans les \u00e9coles comoriennes. La rentr\u00e9e scolaire 2020-2021 aux Comores a eu lieu officiellement le 24 novembre 2020 dans les \u00e9tablissements publics. 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