{"id":4959,"date":"2020-02-29T23:01:06","date_gmt":"2020-02-29T20:01:06","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=4959"},"modified":"2020-03-02T00:01:00","modified_gmt":"2020-03-01T21:01:00","slug":"lancien-premier-ministre-ibrahim-halidi-victime-dun-avc-abandonne-par-le-gouvernement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/lancien-premier-ministre-ibrahim-halidi-victime-dun-avc-abandonne-par-le-gouvernement\/","title":{"rendered":"L\u2019ancien Premier ministre Ibrahim Halidi, victime d\u2019un AVC, abandonn\u00e9 par le gouvernement"},"content":{"rendered":"<p><strong>Dimanche 23 f\u00e9vrier. Il pleuvait fortement, par intermittences sur Mayotte, du nord au sud. En fin de matin\u00e9e, nous apprenions que l\u2019ancien Premier ministre Ibrahim Halidi \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 au Centre Hospitalier. <\/strong><em>Par\u00a0Mahmoud Ibrahime<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir compris que le gouvernement avait choisi de le laisser mourir sur place, sa famille a d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019embarquer dans un kwasa-kwasa en direction de l\u2019\u00eele sous administration fran\u00e7aise et o\u00f9 vivent certains de ses enfants, pour esp\u00e9rer le sauver. L\u2019opinion publique a rapidement compris que si cet homme politique comorien originaire du Nyumakele a \u00e9t\u00e9 contraint de prendre un kwasa-kwasa, c\u2019est parce que le gouvernement comorien n\u2019a pas pris les mesures n\u00e9cessaires qui auraient sans doute permis de le sauver. Masiwa a reconstitu\u00e9 le r\u00e9cit du p\u00e9riple qui a conduit l\u2019ancien Premier ministre vers sa derni\u00e8re demeure \u00e0 Bandrakouni.<\/p>\n<p><strong>Un d\u00e9but d\u2019AVC<\/strong><\/p>\n<p>Lundi 17 f\u00e9vrier l\u2019homme politique a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par un AVC. Un d\u00e9but d\u2019AVC. Au d\u00e9but cela ne parait pas grave, mais les choses s\u2019enveniment assez rapidement, \u00e0 tel point qu\u2019une partie du corps ne r\u00e9pond plus. Le lendemain, la famille d\u00e9cide de le ramener \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Bambao Mtsanga. L\u2019h\u00f4pital construit sous l\u2019\u00e8re Sambi est toujours flambant neuf et quasiment laiss\u00e9 \u00e0 l\u2019abandon par le gouvernement actuel. Il y re\u00e7oit les premiers soins d\u2019un g\u00e9n\u00e9raliste. Insuffisants pour faire face \u00e0 un AVC. Il faut l\u2019\u00e9vacuer au plus vite. Pourtant, il va y rester trois nuits et trois longues journ\u00e9es pendant lesquelles ses enfants et ses proches n\u00e9gocient \u00e0 la fois avec les diplomates fran\u00e7ais et avec le gouvernement comorien.<\/p>\n<p>[ihc-hide-content ihc_mb_type=&#8221;show&#8221; ihc_mb_who=&#8221;2,3,4,5,6,9&#8243; ihc_mb_template=&#8221;1&#8243; ]<\/p>\n<p>Il semble que le Consul fran\u00e7ais \u00e0 Anjouan attendait une garantie du gouvernement comorien et l\u2019Ambassadrice de France attendait d\u2019\u00eatre saisie officiellement par les autorit\u00e9s comoriennes puisqu\u2019Ibrahim Halidi poss\u00e9dait un passeport diplomatique.<\/p>\n<p>Selon les enfants de l\u2019ancien Premier ministre le chef de la diplomatie comorienne, Amine Souef a \u00e9t\u00e9 saisi ainsi que le chancelier du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res et ils connaissaient tr\u00e8s bien la gravit\u00e9 de la situation. Ils savaient clairement qu\u2019\u00e0 tout moment, il pouvait mourir. Jusqu\u2019\u00e0 vendredi vers midi, les enfants \u00e9taient persuad\u00e9s que malgr\u00e9 les dissensions de leur p\u00e8re avec le camp gouvernemental apr\u00e8s le constat de fraudes au d\u00e9but des l\u00e9gislatives, le gouvernement comorien allait saisir les autorit\u00e9s fran\u00e7aises pour permettre \u00e0 leur p\u00e8re d\u2019aller se faire soigner. Il a pes\u00e9 de tout son poids dans le Nyumakele en 2016 pour l\u2019\u00e9lection d\u2019Azali Assoumani, il a refait la m\u00eame chose en 2019 et a organis\u00e9 les grandes messes dans le Nyumakele pour cr\u00e9dibiliser le chef de l\u2019\u00c9tat dans sa r\u00e9gion. On ne pouvait pas le laisser mourir.<\/p>\n<p>Jeudi, dans un moment de conscience, Ibrahim Halidi demande o\u00f9 en sont les d\u00e9marches. Ses enfants le rassurent au vu des esp\u00e9rances qu\u2019ils ont que le gouvernement ne pourra pas refuser d\u2019agir sur cette urgence. Ils lui disent donc que le gouvernement a accept\u00e9 son d\u00e9part en avion, mais la compagnie AB-Aviation exige qu\u2019il puisse s\u2019assoir. Il fait des efforts pour pouvoir se conformer \u00e0 cette exigence. Il se nourrit alors que jusque-l\u00e0 ce n\u2019\u00e9tait pas possible.<\/p>\n<p>Vendredi matin, l\u2019ambulance le r\u00e9cup\u00e8re \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et le ram\u00e8ne \u00e0 l\u2019a\u00e9roport o\u00f9 un avion est pr\u00eat \u00e0 d\u00e9coller. Le plus petit des fils, Salec est post\u00e9 devant le consulat de France \u00e0 Mutsamudu pour prendre le passeport diplomatique de son p\u00e8re d\u00e8s qu\u2019il sera rev\u00eatu du visa et le ramener rapidement \u00e0 l\u2019a\u00e9roport. Le gouverneur de l\u2019\u00eele, Anissi Chamsidini a m\u00eame promis de retarder le d\u00e9collage de l\u2019avion s\u2019il le faut. Mais, le temps passe et le gouvernement comorien ne demande rien aux diplomates fran\u00e7ais. Peu \u00e0 peu, les uns et les autres \u00e9teignent leurs t\u00e9l\u00e9phones. Anissi Chamsidine ne r\u00e9pond plus. Aucune nouvelle ne vient du Minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res. L\u2019avion d\u00e9colle.<\/p>\n<p>Presque instantan\u00e9ment, la solution du kwasa-kwasa s\u2019ouvre. Il faut d\u00e9bourser 2000\u20ac. L\u2019ambulance prend la direction de la mer. Un peu avant la fin de la pri\u00e8re de vendredi, Ibrahim Halidi, encore inconscient est mis dans une barque. Pour l\u2019accompagner, un infirmier, l\u2019ancien d\u00e9put\u00e9 Manrouf et son jeune fils, Salec. En pleine mer, il se r\u00e9veille et quand on lui fait comprendre qu\u2019il est dans un kwasa-kwasa, il s\u2019effondre en pleurs. L\u2019inaction du gouvernement le condamnant \u00e0 la mort est une surprise pour lui.<\/p>\n<p>Le kwasa-kwasa ne s\u2019est pas perdu comme a pens\u00e9 la famille apr\u00e8s 15 heures en mer. Ils sont arriv\u00e9s aux alentours de Mayotte vers 18 heures. Pour \u00e9viter les rondes de la Police aux Fronti\u00e8res, ils d\u00e9cident de passer la nuit en mer. Un peu avant l\u2019aube, ils d\u00e9barquent. L\u2019ambulance des pompiers est l\u00e0 et l\u2019ancien premier ministre est pris en charge. \u00c0 l\u2019h\u00f4pital, il est plac\u00e9 en soins intensifs.<\/p>\n<p>Les enfants reprennent espoir. De temps en temps il peut parler. Le dimanche matin, il est encore conscient, il leur parle, avant de partir soudainement.<\/p>\n<p>Dimanche vers midi, dans la partie Urgence de l\u2019h\u00f4pital, il n\u2019y avait encore que ses enfants, les proches et le \u00ab\u00a0docteur\u00a0\u00bb, en r\u00e9alit\u00e9, il se pr\u00e9sentait comme un infirmier qui avait accompagn\u00e9 l\u2019ancien Premier ministre pour indiquer aux enfants comment maintenir son corps dans une position de s\u00e9curit\u00e9 dans le kwasa. Son fils, Farid, un grand gaillard, habituellement le plus virulent contre ceux qui s\u2019attaquaient \u00e0 son p\u00e8re, avait le visage noy\u00e9 dans les larmes et son smartphone sous les yeux psalmodiait des pri\u00e8res. Devant lui, le corps de son p\u00e8re sur un lit d\u2019h\u00f4pital recouvert d\u2019un simple drap blanc.<\/p>\n<p>Son grand fr\u00e8re \u00e9tait sto\u00efque. Le ciel lui tombait sur la t\u00eate, mais il continuait \u00e0 marcher, car il y avait encore le n\u00e9cessaire \u00e0 r\u00e9aliser. Il rentrait et sortait de la chambre s\u2019arr\u00eatait \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la cour de l\u2019h\u00f4pital, en conciliabules permanents avec son oncle, Djaenfar, le fr\u00e8re de sa m\u00e8re qui assumait son r\u00f4le de chef de famille \u00e0 ce moment pr\u00e9cis.<\/p>\n<p>Le plus petit des fr\u00e8res, Salec, suivait son grand fr\u00e8re et attendait ses instructions ou ceux de son autre grand-fr\u00e8re, l\u2019\u00e9crivain Adjimael Halidi, \u00e0 Nairobi, qui au bout du t\u00e9l\u00e9phone \u00e9tait effondr\u00e9, mais cherchait une solution de transport pour le retour du corps de son p\u00e8re. Un autre fils d\u2019Ibrahim Halidi, Nezif-Hadj, qui fait des \u00e9tudes de droit \u00e0 Tananarive d\u00e9versait aussi son trop-plein d\u2019\u00e9motion dans les r\u00e9seaux en se pr\u00e9parant \u00e0 rentrer pour enterrer son p\u00e8re.<\/p>\n<p>D\u00e8s la fin de la matin\u00e9e, tout semblait r\u00e9gl\u00e9. Les d\u00e9marches administratives \u00e9taient accomplies et le corps plac\u00e9 en lieu s\u00fbr. AB-Aviation disait \u00e0 la famille ne pas avoir les autorisations n\u00e9cessaires pour transporter un corps. Une entente avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie pour un transport en bateau le jour suivant.<\/p>\n<p>Quelles que soient leurs r\u00e9actions imm\u00e9diates et visibles, les enfants d\u2019Ibrahim Halidi laissaient transparaitre l\u2019amour inconditionnel qu\u2019ils portaient \u00e0 leur p\u00e8re et sans doute celui que cet homme politique leur avait donn\u00e9 par sa pr\u00e9sence, permettant \u00e0 chacun de faire des \u00e9tudes et de se r\u00e9aliser. Apr\u00e8s l\u2019admission de leur p\u00e8re au Centre Hospitalier de Mayotte, ils l\u2019avaient cru sauv\u00e9. Ils attendaient qu\u2019il se rel\u00e8ve et fasse face \u00e0 tous ces amis qui l\u2019avaient abandonn\u00e9. Dieu en avait d\u00e9cid\u00e9 autrement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[\/ihc-hide-content]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dimanche 23 f\u00e9vrier. Il pleuvait fortement, par intermittences sur Mayotte, du nord au sud. En fin de matin\u00e9e, nous apprenions que l\u2019ancien Premier ministre Ibrahim Halidi \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 au Centre Hospitalier. 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