{"id":4463,"date":"2019-11-23T11:20:03","date_gmt":"2019-11-23T08:20:03","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=4463"},"modified":"2019-11-23T11:20:03","modified_gmt":"2019-11-23T08:20:03","slug":"convention-des-droits-de-lenfant-lenfant-comorien-en-danger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/convention-des-droits-de-lenfant-lenfant-comorien-en-danger\/","title":{"rendered":"Convention des Droits de l\u2019Enfant. L\u2019enfant comorien en danger"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Comme tous les pays du monde, les Comores ont c\u00e9l\u00e9br\u00e9 les 30 ans de la Convention internationale des Droits de l\u2019Enfant (CIDE). Ce trait\u00e9 international a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 le 20 novembre 1989 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019ONU et est entr\u00e9 en vigueur \u00e0 partir du 2 septembre 1990 avec les premi\u00e8res signatures. Les diff\u00e9rents pays l\u2019ont ratifi\u00e9 au fur et \u00e0 mesure jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Il n\u2019y a plus que les \u00c9tats-Unis qui ne l\u2019ont toujours pas encore ratifi\u00e9. <\/em><\/strong><em>Par\u00a0<\/em><em>Mahmoud Ibrahime<\/em><\/p>\n<p>[ihc-hide-content ihc_mb_type=&#8221;show&#8221; ihc_mb_who=&#8221;2,3,4,5,6,9&#8243; ihc_mb_template=&#8221;1&#8243; ]<\/p>\n<p>Les Comores connaissant la d\u00e9stabilisation suivie par l\u2019assassinat d\u2019Ahmed Abdallah en novembre 1989 ne ratifieront le texte que le 22 juin 1993 sous le gouvernement du pr\u00e9sident Djohar. Pourtant, les conditions de vie des enfants comoriens n\u2019ont pas \u00e9volu\u00e9 de mani\u00e8re significative dans ce pays, comme l\u2019indique la protection dont peuvent b\u00e9n\u00e9ficier les pr\u00e9dateurs des enfants. Elles semblent m\u00eame empirer pour certains aspects.<\/p>\n<p>La convention internationale des Droits des Enfants contient 54 articles qui recouvrent divers aspects des droits et de la protection des enfants. Malheureusement, d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, le sort des enfants comoriens ne s\u2019arrange que d\u2019une mani\u00e8re marginale et la communaut\u00e9 internationale continue \u00e0 accompagner les mauvaises pratiques des gouvernants, en fermant les yeux sur des horreurs par une strat\u00e9gie diplomatique des plus \u00e9tonnante.<\/p>\n<p>Il suffit de prendre deux th\u00e8mes importants de cette convention internationale (l\u2019\u00e9ducation et la protection des enfants en danger) et de les analyser au regard de ce qui se passe aux Comores et on se rend compte que le pays est loin du respect de ce trait\u00e9, loin de l\u2019image idyllique affich\u00e9e par l\u2019UNICEF et le gouvernement comorien lors de la c\u00e9l\u00e9bration des 30 ans de la CIDE.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9ducation pour tous\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Dans le domaine de l\u2019\u00e9ducation, la convention affirme le droit \u00e0 l\u2019\u00e9ducation pour tous les enfants sans distinction. C\u2019est le sens de l\u2019article 28, alin\u00e9a 1\u00a0: \u00ab\u00a0Les \u00c9tats reconnaissent le droit de l&#8217;enfant \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation (\u2026)<\/p>\n<ol>\n<li>a) Ils rendent l&#8217;enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous ;<\/li>\n<li>b) Ils encouragent l&#8217;organisation de diff\u00e9rentes formes d&#8217;enseignement secondaire, tant g\u00e9n\u00e9ral que professionnel, les rendent ouvertes et accessibles \u00e0 tout enfant, et prennent des mesures appropri\u00e9es telles que l&#8217;instauration de la gratuit\u00e9 de l&#8217;enseignement et l&#8217;offre d&#8217;une aide financi\u00e8re en cas de besoin ;<\/li>\n<li>c) Ils assurent \u00e0 tous l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur, en fonction des capacit\u00e9s de chacun, par tous les moyens appropri\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Or que constate-t-on\u00a0? L\u2019\u00e9ducation est rel\u00e9gu\u00e9e au dernier rang. C\u2019est le dernier souci du gouvernement, qui ne construit plus d\u2019\u00e9coles, qui ne paye les enseignants qu\u2019au compte-gouttes, qui n\u2019investit pas dans des manuels scolaires et qui ne se pr\u00e9occupe pas de savoir que de nombreux enfants sont en dehors des classes, livr\u00e9s \u00e0 des dangers divers.<\/p>\n<p>La convention insiste sur le fait que les enfants handicap\u00e9s \u00ab\u00a0doivent mener une vie pleine et d\u00e9cente, dans des conditions qui garantissent leur dignit\u00e9, favorisent leur autonomie et facilitent leur participation active \u00e0 la vie de la collectivit\u00e9.\u00a0\u00bb Mais, pour que les enfants handicap\u00e9s puissent vivre dignement comme tous les autres enfants, il faudrait qu\u2019ils soient scolaris\u00e9s. Il n\u2019existe pas de mesures concr\u00e8tes permettant d\u2019int\u00e9grer ces enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou dans la vie sociale. Les parents continuent \u00e0 les cacher pour leur \u00e9viter d\u2019autres difficult\u00e9s. Ils sont ainsi exclus de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00c9tat contre les enfants<\/strong><\/p>\n<p>Le droit \u00e0 la protection contre les abus sexuels et les mauvais traitements est \u00e9voqu\u00e9 dans plusieurs articles de la Convention dont l\u2019article 19 qui demande \u00e0 l\u2019\u00c9tat de prendre \u00ab\u00a0toutes les mesures l\u00e9gislatives, administratives, sociales et \u00e9ducatives appropri\u00e9es pour prot\u00e9ger l&#8217;enfant contre toutes formes de violence, d&#8217;atteinte ou de brutalit\u00e9s physiques ou mentales, d&#8217;abandon ou de n\u00e9gligence, de mauvais traitements ou d&#8217;exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu&#8217;il est sous la garde de ses parents ou de l&#8217;un d&#8217;eux, de son ou ses repr\u00e9sentants l\u00e9gaux ou de toute autre personne \u00e0 qui il est confi\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cet article 19 est renforc\u00e9 par l\u2019article 34 qui affirme que les \u00ab\u00a0Les \u00c9tats s&#8217;engagent \u00e0 prot\u00e9ger l&#8217;enfant contre toutes les formes d&#8217;exploitation sexuelle et de violence sexuelle.\u00a0\u00bb Le m\u00eame article demande que \u00ab\u00a0Nul enfant ne soit soumis \u00e0 la torture ni \u00e0 des peines ou traitements cruels, inhumains ou d\u00e9gradants\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant dans ce domaine essentiel de la protection des enfants contre les abus sexuels et contre les mauvais traitements, on peut dire que non seulement l\u2019\u00c9tat ne remplit pas sa mission, mais en plus qu\u2019il contribue par son inaction \u00e0 encourager les abus sexuels et par son action \u00e0 renforcer les mauvais traitements que subissent les enfants.<\/p>\n<p><strong>Les mauvais traitements<\/strong><\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment au moment o\u00f9 des enfants habill\u00e9s en bleu blanc marchaient avec l\u2019UNICEF dans les rues des trois \u00eeles et que le chef de l\u2019\u00c9tat, Azali Assoumani et le Repr\u00e9sentant de l\u2019Unicef, Marcel Ouattara (voir interview dans ce num\u00e9ro de Masiwa) menaient ensemble les c\u00e9r\u00e9monies de la c\u00e9l\u00e9bration du 30<sup>e<\/sup> anniversaire de la Convention \u00e0 Moh\u00e9li, que le lanceur d\u2019alerte Soilihi Kays annon\u00e7ait sur le r\u00e9seau facebook d\u00e9tenir un rapport d\u2019inspection des affaires judiciaires, un rapport demand\u00e9 par le ministre de la Justice, mais jamais rendu public. Ce rapport d\u00e9noncerait selon le facebooker le fait que deux juges ont lib\u00e9r\u00e9 52 hommes accus\u00e9s de p\u00e9dophilie. Jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui il n\u2019y a eu aucune r\u00e9action du gouvernement apr\u00e8s la r\u00e9ception par le ministre de la Justice de ce rapport.<\/p>\n<p>Pire le gouvernement participe aux mauvais traitements inflig\u00e9s aux enfants. Il y a deux ans, la gendarmerie a donn\u00e9 l\u2019assaut dans le lyc\u00e9e de Moroni, des enfants ont \u00e9t\u00e9 tabass\u00e9s et certains ont re\u00e7u des balles en caoutchouc. L\u2019un d\u2019eux bless\u00e9s gravement a \u00e9t\u00e9 conduit par ses proches dans l\u2019\u00eele de Mayotte, par kwasa-kwasa, pour \u00eatre soign\u00e9. Il b\u00e9n\u00e9ficie jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui de la protection due aux mineurs et a pu poursuivre sa scolarit\u00e9 dans cette \u00eele.<\/p>\n<p>De nombreuses personnalit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 civile ont d\u00e9nonc\u00e9 vainement le fait que le gouvernement envoie dans la prison de Moroni, au milieu d\u2019adultes dangereux, y compris des p\u00e9dophiles, des enfants qui entrent en prison pour la premi\u00e8re fois. Or l\u2019ONU et le gouvernement ne peuvent pas ignorer cette phrase de l\u2019article 34 de la Convention\u00a0: \u00ab\u00a0Tout enfant priv\u00e9 de libert\u00e9 [doit \u00eatre] trait\u00e9 avec humanit\u00e9 et avec le respect d\u00fb \u00e0 la dignit\u00e9 de la personne humaine, et d&#8217;une mani\u00e8re tenant compte des besoins des personnes de son \u00e2ge: en particulier, tout enfant priv\u00e9 de libert\u00e9 sera s\u00e9par\u00e9 des adultes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Comment un enfant peut-il \u00eatre trait\u00e9 avec \u00ab\u00a0humanit\u00e9\u00a0\u00bb dans une prison o\u00f9 m\u00eame les adultes sont bris\u00e9s au bout de quelques jours \u00e0 cause des conditions d\u2019hygi\u00e8ne, notamment le manque de toilettes et le manque d\u2019intimit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Tout cela a \u00e9t\u00e9 soigneusement cach\u00e9 sous le tapis par les diplomates et par le gouvernement comorien pour f\u00eater en grande pompe, mais tout en restant \u00e0 la surface, les 30 ans de la Convention internationale des droits des enfants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[\/ihc-hide-content]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme tous les pays du monde, les Comores ont c\u00e9l\u00e9br\u00e9 les 30 ans de la Convention internationale des Droits de l\u2019Enfant (CIDE). Ce trait\u00e9 international a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 le 20 novembre 1989 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019ONU et est entr\u00e9 en vigueur \u00e0 partir du 2 septembre 1990 avec les premi\u00e8res signatures. Les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":4464,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-4463","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/4463","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=4463"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/4463\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4465,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/4463\/revisions\/4465"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/4464"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=4463"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=4463"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=4463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}