{"id":4204,"date":"2019-09-29T08:22:45","date_gmt":"2019-09-29T05:22:45","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=4204"},"modified":"2019-10-02T19:28:40","modified_gmt":"2019-10-02T16:28:40","slug":"contre-le-diabete-une-prise-en-charge-insuffisante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/contre-le-diabete-une-prise-en-charge-insuffisante\/","title":{"rendered":"Contre le diab\u00e8te : Une prise en charge insuffisante"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Faute de moyens financiers et par manque de ressources humaines qualifi\u00e9es, notre pays fortement touch\u00e9 par le diab\u00e8te peine \u00e0 prendre correctement en charge les personnes atteintes par cette pathologie. C\u2019est en substance ce qui ressort du rapport annuel de l\u2019ONG fran\u00e7aise Sant\u00e9 Diab\u00e8te qui, depuis 2016,\u00a0 appuie le gouvernement comorien dans sa lutte contre cette maladie<em>. <\/em><\/strong><em>Par\u00a0<\/em><em>Fa\u00efssoili Abdou<\/em><\/p>\n<p>[ihc-hide-content ihc_mb_type=&#8221;show&#8221; ihc_mb_who=&#8221;2,3,4,5,6,9&#8243; ihc_mb_template=&#8221;1&#8243; ]<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le probl\u00e8me est assez s\u00e9rieux\u00a0\u00bb, alertait, il y a deux ans, Fouad Mohadji, l\u2019ancien vice-pr\u00e9sident en charge du minist\u00e8re de la sant\u00e9, en parlant de l\u2019explosion des maladies non transmissibles dont le diab\u00e8te dans l\u2019archipel des Comores. Une situation qu\u2019il attribue, en partie, \u00e0 la \u00ab\u00a0consommation excessive de la viande surgel\u00e9e et des ailes de poulet venant du Br\u00e9sil\u00a0\u00bb, mais aussi les produits transform\u00e9s vendus dans les commerces.\u00a0 \u00ab\u00a0<em>Vous savez avec la mondialisation, la pand\u00e9mie du diab\u00e8te a r\u00e9duit la plan\u00e8te terre \u00e0 sa simple dimension d\u2019un village. Avec l\u2019internationalisation du commerce, \u00e0 Paris comme \u00e0 Moroni on mange pratiquement tous les m\u00eames produits<\/em>\u00a0\u00bb, a-t-il soulign\u00e9 appelant \u00e0 \u00ab <em>manger comorien pour mieux se nourrir et pour \u00eatre en bonne sant\u00e9 <\/em>\u00bb. L\u2019ancien vice-pr\u00e9sident qui s\u2019exprimait alors dans une \u00e9mission radio diffus\u00e9e en d\u00e9cembre 2017 sur RFI, a estim\u00e9 qu\u2019il y a beaucoup de diab\u00e9tiques dans l\u2019archipel, mais qui ne sont pas connus faute de d\u00e9pistage. Il \u00e9voquait alors les enqu\u00eates men\u00e9es en 2011 et 2013 qui \u00e9valuaient la pr\u00e9valence nationale du diab\u00e8te \u00e0 pr\u00e8s de 5 %. Un chiffre qu\u2019il ne conteste pas, mais qu\u2019il semble juger en de\u00e7\u00e0 de la r\u00e9alit\u00e9. \u00ab\u00a0<em>On peut dire que pr\u00e8s de 8 \u00e0 9% de la population est diab\u00e9tique, mais plus de 80% ne connaissent pas leurs statuts\u00a0\u00bb, <\/em>a-t-il d\u00e9montr\u00e9 soulignant qu<em>\u2019\u00a0\u00ab\u00a0ici, il y a un probl\u00e8me de culture qui se pose\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Dans les pays du Nord ayant v\u00e9cu ces maladies, il y a une culture de faire un bilan annuel alors qu\u2019ici ce n\u2019est pas encore le cas et ceux qui ont la volont\u00e9 de faire ce bilan, les conditions ne sont pas encore r\u00e9unies au niveau de toutes les structures sanitaires<\/em>\u00a0\u00bb, a-t-il d\u00e9montr\u00e9.<\/p>\n<p>Un constat qui rejoint en partie l\u2019observation faite r\u00e9cemment par l\u2019ONG Sant\u00e9 Diab\u00e8te qui intervient dans l\u2019archipel depuis 2016. En effet, dans son rapport annuel 2017-2018 rendu public la semaine derni\u00e8re, cette ONG fran\u00e7aise qui intervient au Mali, au Burkina-Faso et aux Comores estime que la faible couverture\u00a0 des professionnels de sant\u00e9 dans l\u2019archipel\u00a0\u00ab\u00a0<em>ne permet pas encore aujourd\u2019hui de fournir \u00e0 la population des services de sant\u00e9 suffisants, notamment pour les Maladies Non Transmissibles (MNTs) qui sont devenues un fardeau \u00e9pid\u00e9miologique dans\u00a0 l\u2019ensemble du pays, avec l\u2019exemple du diab\u00e8te qui touche \u00e0 pr\u00e9sent 5% de la population<\/em>\u00a0\u00bb. Cette couverture est \u00ab\u00a0<em>seulement 1,90 m\u00e9decin et 0,23 pharmacien en moyenne pour 10000 habitants et \u00e0 peine 2,60 infirmiers pour 5000 habitants<\/em>\u00a0\u00bb note Sant\u00e9 Diab\u00e8te dans son rapport.<\/p>\n<p>Alors que la maladie prend de l\u2019ampleur, les moyens financiers et humains ne suivent pas. Il n\u2019existe pas encore des sp\u00e9cialistes du diab\u00e8te dans le pays. On peut aussi constater que seulement 7% du budget national est affect\u00e9 au secteur de la sant\u00e9. \u00ab\u00a0<em>Durant longtemps nous avions croupi sous le fardeau d\u2019autres maladies telles que la tuberculose, la l\u00e8pre, la fi\u00e8vre typho\u00efde et le paludisme qui constituaient 60% des cas d\u2019hospitalisations. Et durant ce temps on a cru comprendre que le diab\u00e8te \u00e9tait une maladie des pays riches. Mais quand on a fini cette lutte notamment pour le cas du paludisme, on a d\u00e9couvert qu\u2019il y avait des maladies qui \u00e9taient encore plus graves, les maladies non transmissibles, dont le diab\u00e8te\u00a0<\/em>\u00bb, a expliqu\u00e9 Fouad Mohadji pour d\u00e9montrer le retard mis par les autorit\u00e9s sanitaires \u00e0 prendre la mesure du ravage de ces maladies dans l\u2019archipel.<\/p>\n<p>Ainsi, en 2011, avec l\u2019appui financier et technique de l\u2019OMS, une enqu\u00eate \u00ab Stepwise \u00bb\u00a0 sur les facteurs de risque des Maladies Non Transmissibles a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e aux Comores.\u00a0 Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude montrent que la pr\u00e9valence nationale du diab\u00e8te est de 4,8%. Elle est plus fr\u00e9quente chez les hommes (5,4%) que chez les femmes (4,3%). Les sujets plus \u00e2g\u00e9s sont plus touch\u00e9s que les autres avec 8,6% chez les 55-64 ans. Cependant, ce ph\u00e9nom\u00e8ne se pr\u00e9senterait diff\u00e9remment entre l\u2019\u00eele de Ngazidja (4,2%), Ndzouani (5,2%) et Mwali (5,4%). Cette \u00e9tude a aussi montr\u00e9 l\u2019incidence importante des facteurs de risque du diab\u00e8te aux Comores avec une incidence de l\u2019inactivit\u00e9 physique de 6,9% (4,8 chez les hommes et 9,1% chez les femmes) et une incidence du surpoids de 20,1 % chez les plus de 20 ans (19,4% chez les hommes et 21,1 chez les femmes). Selon les sp\u00e9cialistes, les causes de l\u2019accroissement rapide de ces maladies auparavant qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0maladies des riches\u00a0\u00bb sur le continent africain dont l\u2019archipel des Comores est d\u00fb essentiellement \u00e0 l\u2019urbanisation rapide et aux changements des habitudes alimentaires. En plus de la s\u00e9dentarit\u00e9, les gens mangent trop sucr\u00e9 et consomment moins de l\u00e9gumes.<\/p>\n<p>En 2015, avec l\u2019appui de l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement, le gouvernement comorien a sign\u00e9 un partenariat avec l\u2019ONG Sant\u00e9 diab\u00e8te afin d\u2019aider les autorit\u00e9s sanitaires locales \u00e0 mettre en place une politique nationale de pr\u00e9vention et de lutte contre le diab\u00e8te, mais aussi \u00e0 \u00e9tablir un plan d\u2019action concret sur le terrain pour endiguer la progression alarmante de la maladie tout en permettant un acc\u00e8s \u00e0 des soins de qualit\u00e9 pour les patients. \u00ab\u00a0<em>Nous pensons que cette coop\u00e9ration avec Sant\u00e9 Diab\u00e8te pouvait donner les bases n\u00e9cessaires pour avancer vers la sensibilisation de la population et des professionnels de sant\u00e9, mais aussi donner les soins de base afin que les patients puissent survivre le plus longtemps possible en attendant la formation de sp\u00e9cialistes<\/em>\u00a0\u00bb, a soulign\u00e9 Fouad Mohadji. Selon les sp\u00e9cialistes, en Afrique, la progression alarmante\u00a0 du diab\u00e8te aura des r\u00e9percussions \u00e9conomiques et sociales tr\u00e8s importantes, la condition (la maladie, NDLR) touchant les personnes dans leurs ann\u00e9es de vie les plus productives. Le co\u00fbt des soins du diab\u00e8te pour les individus et les \u00c9tats, le manque de ressources humaines pour s\u2019occuper du nombre accru de malades seront des freins importants \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs du mill\u00e9naire sur l\u2019\u00e9radication de la pauvret\u00e9.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\">Pour la p\u00e9riode 2017-2018, l\u2019ONG Sant\u00e9 Diab\u00e8te indique avoir d\u00e9pist\u00e9 6088 personnes pr\u00e9sentant des facteurs de risques qui ont permis de diagnostiquer 488 nouvelles personnes atteintes de diab\u00e8te, form\u00e9 184 professionnels de sant\u00e9 au diab\u00e8te ainsi que trois associations de patients. L\u2019ONG affirme aussi qu\u2019elle a \u00e9quip\u00e9 les h\u00f4pitaux des trois \u00eeles de quatre lecteurs d\u2019h\u00e9moglobine glyqu\u00e9e (les premiers du pays).<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[\/ihc-hide-content]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Faute de moyens financiers et par manque de ressources humaines qualifi\u00e9es, notre pays fortement touch\u00e9 par le diab\u00e8te peine \u00e0 prendre correctement en charge les personnes atteintes par cette pathologie. C\u2019est en substance ce qui ressort du rapport annuel de l\u2019ONG fran\u00e7aise Sant\u00e9 Diab\u00e8te qui, depuis 2016,\u00a0 appuie le gouvernement comorien dans sa lutte [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":4205,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-4204","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/4204","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=4204"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/4204\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4211,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/4204\/revisions\/4211"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/4205"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=4204"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=4204"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=4204"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}