{"id":4183,"date":"2019-09-21T18:41:01","date_gmt":"2019-09-21T15:41:01","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=4183"},"modified":"2019-09-22T08:15:54","modified_gmt":"2019-09-22T05:15:54","slug":"les-usines-sucrieres-a-mayotte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/les-usines-sucrieres-a-mayotte\/","title":{"rendered":"Les usines sucri\u00e8res \u00e0 Mayotte"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ce week-end se d\u00e9roulent les Journ\u00e9es europ\u00e9ennes du Patrimoine en France et dans toute l\u2019Europe. \u00c0 Mayotte, ces journ\u00e9es sont organis\u00e9es depuis 2005 et c\u2019est l\u2019occasion pour de nombreuses associations li\u00e9es \u00e0 la culture de montrer le patrimoine de Mayotte. L\u2019association des Naturalistes de Mayotte a ouvert le bal le vendredi \u00e0 18 heures au restaurant La Croisette. Michel Charpentier, pr\u00e9sident de l\u2019association et connu des chercheurs comoriens, pour avoir travaill\u00e9 avec nombre d\u2019entre eux, a choisi de faire une communication sur \u00ab\u00a0Le patrimoine sucrier de Mayotte\u00a0\u00bb, en compagnie d\u2019une \u00e9tudiante, Andila Souffou.<\/strong><em> Par\u00a0Mahmoud Ibrahime<\/em><\/p>\n<p>[ihc-hide-content ihc_mb_type=&#8221;block&#8221; ihc_mb_who=&#8221;2,3,4,5,6,9&#8243; ihc_mb_template=&#8221;1&#8243; ]<\/p>\n<p><strong>Les richesses du patrimoine<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019ancien professeur d\u2019histoire a commenc\u00e9 par faire un rappel sur ce qu\u2019est le patrimoine\u00a0en listant les diff\u00e9rents types : le patrimoine immat\u00e9riel (Chants, danses\u2026 les traditions dont les Maorais s\u2019approprient facilement), le patrimoine naturel, le patrimoine mat\u00e9riel, \u00ab\u00a0relativement modeste et mal connu\u00a0\u00bb et le patrimoine b\u00e2ti comme les anciennes mosqu\u00e9es ou les b\u00e2timents coloniaux.<\/p>\n<p>Mais, c\u2019est du patrimoine industriel dont il voulait parler ce vendredi soir. Il en est passionn\u00e9 et on l\u2019\u00e9couterait pendant des heures sans l\u2019interrompre. Avec le sucre, l\u2019historien aborde la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019histoire \u00e9conomique, sociale et d\u00e9mographique de Mayotte.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9volution des machines<\/strong><\/p>\n<p>Cette p\u00e9riode sucri\u00e8re fut courte, mais marquante. Elle a permis d\u2019importer la r\u00e9volution industrielle de France et d\u2019Angleterre par les machines tr\u00e8s modernes qui arrivent dans l\u2019\u00eele (moteurs \u00e0 vapeur, machine \u00e0 fabriquer le sucre\u2026). La p\u00e9riode a \u00e9galement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 les constructions de b\u00e2timents en pierres et les pistes. Entre les villages et les usines de sucre et entre les usines elles-m\u00eames, puis vers des embarcad\u00e8res qui permettent l\u2019exportation.<\/p>\n<p>La transformation\u00a0importante de cette p\u00e9riode sucri\u00e8re est la d\u00e9mographie. Il y avait peu d\u2019habitants au milieu du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e0 Mayotte, quasiment tous regroup\u00e9s sur la Petite Terre. Des travailleurs engag\u00e9s arrivent des trois autres \u00eeles des Comores et du Mozambique. Vers 1870, l\u2019\u00eele compte d\u00e9j\u00e0 4000 habitants, soit plus du tiers. Charpentier note les apports de ces \u00ab\u00a0nouvelles populations\u00a0\u00bb, notamment en termes de m\u00e9tissage, mais il remarque \u00e9galement que cette histoire a laiss\u00e9 peu de traces dans la m\u00e9moire maoraise. \u00ab\u00a0Un pays qui ne fait pas ressurgir son histoire est un pays qui ne se donne pas les clefs pour l\u2019avenir\u00a0\u00bb finit-il par l\u00e2cher. Dans l\u2019auditoire, un \u00e9cho \u00e0 ses propos\u00a0: aucun maorais. Tous des m\u00e9tropolitains.<\/p>\n<p><strong>De grandes exploitations agricoles<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est une maoraise, \u00e9tudiante en Patrimoine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lille, Andila Souffou, qui a poursuivi la conf\u00e9rence. Elle a les propos sur l\u2019organisation de la production apr\u00e8s la prise de possession de l\u2019\u00eele par la France en 1843. Le commandant Passot donne des terres aux Europ\u00e9ens, en concession pour cinq ans. Les suivants durent payer, mais c\u2019\u00e9tait encore avantageux pour eux. Ils ont de grands domaines agricoles et ils y plantent cannelle, girofle, vanille, ylang-ylang, et surtout de la canne \u00e0 sucre. D\u00e8s 1870, il y a une douzaine de concessions pour les cannes \u00e0 sucre, toutefois, elles n\u2019\u00e9taient pas enti\u00e8rement plant\u00e9es. Soulou, Mirereni, Kaweni, Dembeni\u2026 les usines appartiennent d\u2019abord \u00e0 des R\u00e9unionnais, mais aussi des m\u00e9tropolitains.<\/p>\n<p>Michel Charpentier a repris la parole pour d\u00e9crire le processus de fabrication du sucre avec les nouvelles machines arriv\u00e9es d\u2019Europe. De la chaudi\u00e8re \u00e0 vapeur d\u2019eau jusqu\u2019\u00e0 la centrifugeuse, en passant par le broyage des cannes dans les moulins, l\u2019historien s\u2019est mu\u00e9 en passionn\u00e9 pour d\u00e9crire les d\u00e9tails sur la production du sucre et le stockage pour l\u2019exportation.<\/p>\n<p><strong>La fin des usines sucri\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p>Vers l\u2019ann\u00e9e 1870, c\u2019est le d\u00e9clin des usines de sucre. De la R\u00e9union jusqu\u2019aux Antilles, la production fran\u00e7aise \u00e9tait trop importante, cela d\u2019autant plus que la concurrence de la betterave a commenc\u00e9 \u00e0 se faire ressentir.<\/p>\n<p>\u00c0 Mayotte, les plantations et les usines \u00e0 sucre connaissent la crise, les faillites et les rachats. M. Charpentier en conclut que le syst\u00e8me \u00e9conomique induit par les usines \u00e0 sucre n\u2019\u00e9tait pas viable\u00a0: les investisseurs n\u2019avaient pas les moyens financiers n\u00e9cessaires et les al\u00e9as climatiques n\u2019arrangeaient pas la situation.<\/p>\n<p>D\u00e8s la fin du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les usines \u00e9taient endett\u00e9es et disparaissent lentement mais s\u00fbrement. La derni\u00e8re usine \u00e0 fermer est celle de Dzoumogn\u00e9 en 1955. L\u2019usine en activit\u00e9 depuis plus de 100 ans, ne produisait plus exclusivement du sucre.<\/p>\n<p>Lorsque Chiris reprend certaines grandes exploitations, ce n\u2019est que pour faire des essences de parfum comme il faisait \u00e0 la Grande-Comore ou \u00e0 Anjouan.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les anciennes usines sucri\u00e8res ne sont plus que des friches industrielles, laiss\u00e9es \u00e0 l\u2019abandon. Il y en a exactement 9 r\u00e9pertori\u00e9es, dont Mirereni, Soulou, Hajangwa, Dembeni, Kaweni. Les machines sont encore l\u00e0 et m\u00eame parfois les b\u00e2timents en pierres, quand celles-ci n\u2019ont pas servi \u00e0 construire d\u2019autres maisons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[\/ihc-hide-content]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce week-end se d\u00e9roulent les Journ\u00e9es europ\u00e9ennes du Patrimoine en France et dans toute l\u2019Europe. \u00c0 Mayotte, ces journ\u00e9es sont organis\u00e9es depuis 2005 et c\u2019est l\u2019occasion pour de nombreuses associations li\u00e9es \u00e0 la culture de montrer le patrimoine de Mayotte. 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