{"id":4084,"date":"2019-08-31T12:13:39","date_gmt":"2019-08-31T09:13:39","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=4084"},"modified":"2019-09-01T15:21:11","modified_gmt":"2019-09-01T12:21:11","slug":"hommage-a-khadija-baramia-chanteuse-de-twarab","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/hommage-a-khadija-baramia-chanteuse-de-twarab\/","title":{"rendered":"Hommage \u00e0 Khadija Baramia, chanteuse de twarab"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Mohamed Saleh, Anthropologue\u00a0: \u00ab\u00a0<\/strong>Khadija Baramia faisait partie des derni\u00e8res artistes d\u2019origine comorienne qui ont eu un impact consid\u00e9rable dans la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><strong><em>Elle a \u00e9teint le micro. Sa voix s\u2019est tue, mais elle continuera de r\u00e9sonner dans les oreilles des milliers de fans du twarab classique de Zanzibar, un art dans lequel Khadidja Baramia, artiste zanzibari d\u2019origine comorienne, morte la semaine derni\u00e8re, excellait. Cette femme \u00ab\u00a0\u00e9tait parmi les d\u00e9fenseures jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie du twarab asilia dont la survie est menac\u00e9e par le twarab moderne, qui utilise les instruments de musique moderne avec des chansons souvent tr\u00e8s crues\u00a0\u00bb, nous explique Mohamed Saleh dans cette interview en forme d\u2019hommage qu\u2019il a accept\u00e9 d\u2019accorder \u00e0 Masiwa. <\/em><\/strong><em>Par\u00a0<\/em><em>Propos recueillis par Fa\u00efssoili Abdou<\/em><\/p>\n<p>[ihc-hide-content ihc_mb_type=&#8221;show&#8221; ihc_mb_who=&#8221;2,3,4,5,6,9&#8243; ihc_mb_template=&#8221;1&#8243; ]<\/p>\n<p>Masiwa &#8211; Khadija Baramia, une ic\u00f4ne de la musique Taarab \u00e0 Zanzibar est morte la semain<strong>e derni\u00e8re. Cette artiste d&#8217;origine comorienne est moins connue dans l&#8217;archipel des Comores. Pouvez-vous nous dresser un bref portrait de cette femme exceptionnelle ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mohamed Saleh<\/strong> &#8211; Khadija Omar Baramia est une personnalit\u00e9 qui a marqu\u00e9 l\u2019histoire r\u00e9cente de Zanzibar, pas seulement dans le domaine de la musique, mais aussi dans le monde du sport. Elle est n\u00e9e \u00e0 Zanzibar de parents d\u2019origine comorienne, plus pr\u00e9cis\u00e9ment de Moroni, o\u00f9 les membres de sa famille \u00e9tendue continuent \u00e0 y vivre. Elle est morte \u00e0 Mascate, Oman, le jeudi 22 ao\u00fbt 2019 o\u00f9 elle \u00e9tait all\u00e9e pour se faire soigner. Elle est enterr\u00e9e le lendemain, vendredi 23 ao\u00fbt 2019 au cimeti\u00e8re de Mwanakwerekwe, dans l\u2019\u00eele d\u2019Unguja, \u00e0 Zanzibar.<\/p>\n<p>Rares sont les Zanzibaris qui ne connaissent pas Khadija Omar Baramia. Elle \u00e9tait un personnage hors pair, humble, tr\u00e8s ouvert et partie int\u00e9grante de la vie de la ville de Zanzibar. Elle \u00e9tait toujours pr\u00eate \u00e0 partager le peu qu\u2019elle pouvait avoir avec autrui. Ainsi elle a pu construire une image de leader naturel qui inspirait confiance. Elle a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans le d\u00e9veloppement de la musique de <em>twarab asilia<\/em> (twarab classique), qui est jou\u00e9 avec les instruments de musique traditionnelle et les chansons sont compos\u00e9es avec beaucoup d\u2019art et d\u2019imagination. Les paroles de cette musique, qui est arriv\u00e9e \u00e0 Zanzibar de l\u2019\u00c9gypte au cours du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, sont souvent l\u2019expression de l\u2019amour ou de l\u2019angoisse, et am\u00e8ne \u00e0 une r\u00e9flexion approfondie pour saisir le sens. Elle \u00e9tait parmi les d\u00e9fenseures jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie du <em>twarab asilia<\/em> dont la survie est menac\u00e9e par le twarab moderne, qui utilise les instruments de musique moderne avec des chansons souvent tr\u00e8s crues.<\/p>\n<p><strong>Masiwa &#8211; La presse locale a largement fait \u00e9cho de la mort de cette figure du Twarab ainsi que les obs\u00e8ques qui ont rassembl\u00e9 une foule assez nombreuse. Pouvez-vous nous en dire plus ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mohamed Saleh<\/strong> &#8211; Non seulement la presse locale a largement fait \u00e9cho, mais aussi la presse internationale surtout les services des radios internationaux par exemple la radio allemande, Deutswelle et BBC pour ne citer qu\u2019eux deux. Les obs\u00e8ques ont rassembl\u00e9 une foule nombreuse puisque toute la ville pour ne pas dire tout le pays, Zanzibar, \u00e9tait mobilis\u00e9e pour enterrer une femme du pays. Tout le monde se sentait concern\u00e9, puisque Khadija a form\u00e9 un nombre substantiel de femmes dans l\u2019art de la musique et le sport. On compare souvent Khadija Omar Baramia \u00e0 une autre ic\u00f4ne de la musique de twarab de Zanzibar, Bi Kikude ou Fatma Baraka, mais la diff\u00e9rence entre les deux c\u2019est que Khadija faisait tout \u00e0 la fois\u00a0: compositeur de musique et de chansons et chanteuse \u00e0 la voix d\u2019or.<\/p>\n<p><strong>Masiwa &#8211; Existe-t-il encore des artistes Zanzibari d&#8217;origine comorienne ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mohamed Saleh<\/strong> &#8211; Bien \u00e9videmment, il reste encore des artistes zanzibari d\u2019origine comorienne, mais il faut avouer que Khadija Baramia faisait partie des derni\u00e8res artistes d\u2019origine comorienne qui ont eu un impact consid\u00e9rable dans la soci\u00e9t\u00e9. Il y avait avant des artistes comme Maulid Mohamed (Machaprala) et son fr\u00e8re Mohamed Juma Mzula, originaires de Ntsaoueni qui ont grav\u00e9 leurs noms dans l\u2019histoire de la musique de Twarab de Zanzibar. Aujourd\u2019hui il y a encore des jeunes qui participent activement dans le d\u00e9veloppement de la musique de l\u2019archipel de Zanzibar et de la c\u00f4te swahili.<\/p>\n<p><strong>Masiwa &#8211; D&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, sur le plan historique quels sont les originaires des Comores qui ont marqu\u00e9 la culture Zanzibarie ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mohamed Saleh<\/strong> &#8211; Les Zanzibari d\u2019origine comorienne n\u2019ont pas seulement fait partie int\u00e9grante de l\u2019environnement social de Zanzibar, mais ils ont aussi particip\u00e9 activement dans la construction de l\u2019identit\u00e9 swahili de Zanzibar et ont m\u00eame laiss\u00e9 des marques dans certains aspects de la vie sociale du pays. Les c\u00e9l\u00e9brations de mariage dans la ville de Zanzibar sont marqu\u00e9es par les aspects du grand mariage comorien. Les Zanzibari d\u2019origine comorienne ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l\u2019enseignement aussi bien religieux que la\u00efc. Ils ont produit des grands sportifs du pays et dans tous les domaines\u00a0: football, tennis, hockey, cricket, etc. Ils ont aussi particip\u00e9 dans le processus du d\u00e9veloppement de la langue et de la litt\u00e9rature swahili de Zanzibar. Aujourd\u2019hui un auteur zanzibari tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre dans le monde dont les \u0153uvres sont traduites en plusieurs langues y compris en fran\u00e7ais, Adam Shafi Adam, ses anc\u00eatres sont venus de Mitsamihuli, Comores. La musique de Khadija Omar Baramia ne s\u2019est pas limit\u00e9e au monde swahili, mais elle a voyag\u00e9 et elle est \u00e9cout\u00e9 partout o\u00f9 se trouve la Diaspora swahili, en Afrique de l\u2019Est, pays du golfe tout particuli\u00e8rement, Oman et Emirats Arabes Unis, sans oublier l\u2019Am\u00e9rique du Nord et l\u2019Europe.<\/p>\n<p><strong>Masiwa &#8211; Avez-vous personnellement connu cette femme ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mohamed Saleh<\/strong> &#8211; Oui, absolument, je l\u2019ai connue pour plusieurs raisons. Tout d\u2019abord parce que toutes les familles zanzibari d\u2019origine comorienne se connaissent. Ensuite, elle \u00e9tait de la g\u00e9n\u00e9ration de ma m\u00e8re et elle nous consid\u00e9rait comme ses propres enfants. Cette attitude de Khadija Baramia ne s\u2019est pas limit\u00e9e aux enfants dont elle connaissait les parents, mais elle s\u2019est \u00e9tendue \u00e0 tous les enfants de son quartier de Kikwajuni. Nous \u00e9tions voisins et nos familles \u00e9taient aussi tr\u00e8s proches et solidaires. Khadija avait marqu\u00e9 le quartier de Kikwajuni lorsqu\u2019elle dirigeait le groupe f\u00e9minin de musique de twarab tr\u00e8s populaire au nom de Nour Uyun. Ce group \u00e9tait en concurrence avec deux autres groupes f\u00e9minins de musique de twarab, Royal Air Force et Navy. Ces trois groupes \u00e9taient par cons\u00e9quent dirig\u00e9s par trois femmes zanzibari d\u2019origine comorienne. Par la suite Khadija chantait avec le groupe Ikhwan Safaa et elle a marqu\u00e9 ce groupe avec beaucoup de ses chansons qui restent jusqu\u2019\u00e0 nos jours tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bres. Mais la chanson qui a surtout touch\u00e9 les c\u0153urs de tous les Zanzibaris et au-del\u00e0 de Zanzibar est celle sur son mari qui a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par le r\u00e9gime au lendemain de l\u2019assassinat du premier pr\u00e9sident de Zanzibar, Abeid Amani Karume, le 7 avril 1972. Le mari de Khadija Baramia, s\u2019appelait Mikidadi Kayaya. Il \u00e9tait lieutenant de l\u2019arm\u00e9e tanzanienne avant son assassinat. Cette disparition inattendue, et l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019offrir une s\u00e9pulture d\u00e9cente \u00e0 son mari boulevers\u00e8rent Khadija qui v\u00e9cut toute sa vie dans la douleur comme en t\u00e9moigne cette chanson qui a fait le tour du monde.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\">Traduction en fran\u00e7ais de\u00a0 \u00ab\u00a0Nyamaza Usiliye Ndio Hali ya dunia\u00a0\u00bb\u00a0:\u00a0Ne pleure pas, c\u2019est la vie, laisse tout \u00e7a entre les mains de Dieu, Il t\u2019aidera (Refrain)<\/span><\/p>\n<p>Le c\u0153ur bless\u00e9, je ne sais plus o\u00f9 m\u2019appuyer<\/p>\n<p>Je n\u2019ai plus de d\u00e9sir pour ce monde<\/p>\n<p>Je ne cesse de pleurer, car mon c\u0153ur est bless\u00e9<\/p>\n<p>Je pleure, je suis seule, car mon mari n\u2019est plus<\/p>\n<p>Il a laiss\u00e9 ceux qu\u2019ils lui \u00e9taient chers et s\u2019en est all\u00e9<\/p>\n<p>Que Dieu me prot\u00e8ge pour que j\u2019en prenne soin<\/p>\n<p>A qui pourrai-je compter pour m\u2019aider \u00e0 \u00e9lever nos enfants<\/p>\n<p>Les mains derri\u00e8re la t\u00eate les orphelins te pleurent<\/p>\n<p>D\u00e9pass\u00e9 par la situation nous pleurons tous ensemble<\/p>\n<p>Je n\u2019essaie pas de te corriger mon Dieu dans ton \u0153uvre, mais j\u2019exprime ma douleur<\/p>\n<p>Beaucoup de choses me causent de la peine<\/p>\n<p>Je pleure surtout, nostalgique de nos habitudes<\/p>\n<p>Mon Dieu donne<\/p>\n<p>moi la force de m\u2019occuper de mes enfants<\/p>\n<p>Donne-moi la sagesse de discerner les bons des mauvais<\/p>\n<p>Donne-moi la paix afin que toujours je t\u2019ob\u00e9isse mon Dieu<\/p>\n<p>[\/ihc-hide-content]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mohamed Saleh, Anthropologue\u00a0: \u00ab\u00a0Khadija Baramia faisait partie des derni\u00e8res artistes d\u2019origine comorienne qui ont eu un impact consid\u00e9rable dans la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb. 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