{"id":4020,"date":"2019-08-16T22:08:15","date_gmt":"2019-08-16T19:08:15","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=4020"},"modified":"2019-08-16T22:08:15","modified_gmt":"2019-08-16T19:08:15","slug":"la-laiterie-de-nyumakele-renait-de-ses-cendres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/la-laiterie-de-nyumakele-renait-de-ses-cendres\/","title":{"rendered":"La laiterie de Nyumakele rena\u00eet de ses cendres"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le Nyumakele est souvent per\u00e7u comme la r\u00e9gion la plus pauvre d\u2019Anjouan, pourtant c\u2019est une r\u00e9gion naturellement riche avec ses parcelles agricoles entour\u00e9es de haies fourrag\u00e8res, ses grosses vaches laiti\u00e8reset maintenant, sa laiterie&#8230;\u00a0<\/strong><em>Fa\u00efssoili Abdou<\/em><\/p>\n<p>[ihc-hide-content ihc_mb_type=&#8221;show&#8221; ihc_mb_who=&#8221;2,3,4,5,6,9&#8243; ihc_mb_template=&#8221;1&#8243; ]<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Brune des Alpes et Montb\u00e9liard,\u00a0 Frison holstein, jersaise ou jersey,Sahiwal\u00a0\u00bb. Derri\u00e8re ces noms baroques pour les profanes se cachent les races bovines qui font le bonheur des \u00e9leveurs du Nyumakele depuis plus de 20 ans. Elles viennent de France, de l\u2019\u00eele de La R\u00e9union, du Kenya, d\u2019Afrique du Sud, de Tanzanie, etc. Le croisement entre ces races bovines d\u2019importations et la race locale a donn\u00e9 naissance \u00e0 des vaches laiti\u00e8res am\u00e9lior\u00e9es pouvant produire jusqu\u2019\u00e0 12 litres de lait par jour et par vache. C\u2019est ainsi que naitra, d\u00e9but 2000, \u00a0l\u2019id\u00e9e de la mise en place d\u2019une laiterie dans la r\u00e9gion. Un projet lanc\u00e9e\u00a0 par l\u2019ONG Initiative D\u00e9veloppement (ID), une association internationale de d\u00e9veloppement ayant son si\u00e8ge \u00e0 Poitiers (France) et V\u00e9t\u00e9rinaires sans fronti\u00e8res (VSF) Belgique en soutien aux \u00e9leveurs du \u00ab\u00a0haut\u00a0\u00bb Nyumakele r\u00e9unis au sein de l\u2019association \u00ab\u00a0Nema Ya lidziya la Nyumakele\u00a0\u00bb.Inaugur\u00e9e en 2003, l\u2019unit\u00e9 de transformation et de commercialisation du lait construite sur financement de la France dans le cadre du programme de d\u00e9veloppement local aux Comores (PDLC) amis les cl\u00e9s sous le paillasson quatre ann\u00e9es plus tard \u00e0 cause d\u2019une mauvaise gestion imput\u00e9e alors \u00e0 la direction de l\u2019entreprise. Il faut reconnaitre aussi que la laiterie a eu des probl\u00e8mes dans l\u2019\u00e9coulement de ces produits surtout dans le domaine du transport jusqu\u2019\u00e0 Moroni. Plus de dix ann\u00e9es se sont \u00e9coul\u00e9es depuis cette premi\u00e8re exp\u00e9rience, le temps de remettre sur les rails une nouvelle association d\u2019\u00e9leveurs et producteurs de lait mais aussi monter un projet viable sur le plan technique et financi\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Et c\u2019est reparti<\/strong><\/p>\n<p>Nema est morte vive la coop\u00e9rative des \u00e9leveurs bovins des Comores (COOPEBC)\u00a0! C\u2019est sous cette nouvelle appellation que les \u00e9leveurs bovins du Nyumakeleont d\u00e9cid\u00e9 de relancer les activit\u00e9s de cette laiterie qui risquait ainsi de tomber en ruine. \u00ab\u00a0L\u2019objectif est de cr\u00e9er un d\u00e9bouch\u00e9 pour la production laiti\u00e8re et r\u00e9guler les stocks. Le lait \u00e9tant un produit tr\u00e8s p\u00e9rissable, il n\u00e9cessite alors un conditionnement pr\u00e9alable. De ce fait, et sans d\u00e9bouch\u00e9, les producteurs subissaient des pertes \u00e9normes qui mettaient en p\u00e9ril le d\u00e9veloppement du secteur. Ils \u00e9taient d\u00e9courag\u00e9s bien que l\u2019\u00e9levage laitier pr\u00e9sente une marge de croissance importante et devra constituer une source principale de revenus pour les \u00e9leveurs. Le deuxi\u00e8me objectif de ce projet est d\u2019int\u00e9grer les produits laitiers en tant que source de prot\u00e9ines dans le syst\u00e8me nutritionnel pour la population locale\u00a0\u00bb, confie Naoildine Houmadi, un des techniciens qui ont aid\u00e9 \u00e0 la reprise de la laiterie. La commercialisation des produits (lait caill\u00e9 et yaourts) a commenc\u00e9 mi-juillet dernier. En 2007, un rapport estimait \u00e0 1000 litres la production journali\u00e8re de lait dans la r\u00e9gion. Du lait qui \u00e9tait surtout vendu dans les grandes villes d\u2019Anjouan et \u00e0 Moroni.<\/p>\n<p><strong>La concurrence des produits import\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Un rapport publi\u00e9 en avril dernier par le projet int\u00e9gr\u00e9 de d\u00e9veloppement des chaines de valeurs et la comp\u00e9titivit\u00e9 (Pidc)d\u00e9crit ainsi la fili\u00e8re lait au niveau de l\u2019archipel\u00a0: \u00ab\u00a0La production de lait a connu une hausse exponentielle \u00e0 partir de 2006, apr\u00e8s l\u2019introduction des nouvelles races de vaches laiti\u00e8res de Tanzanie et de l\u2019Afrique du Sud (de vari\u00e9t\u00e9s <em>Frisons<\/em>, <em>jersey<\/em> et <em>Ngounis<\/em>). De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les importations de produits laitiers n\u2019ont cess\u00e9 de cro\u00eetre, face \u00e0 une demande de consommation de plus en plus \u00e9lev\u00e9e dans les centres villes, surtout pendant les p\u00e9riodes festives (grands mariages, arriv\u00e9e des diasporas, etc.).<\/p>\n<p>Autrement dit, aux Comores, on produit du lait autant que l\u2019on importe des produits laitiers.<\/p>\n<p>Il importe de pr\u00e9ciser que la transformation laiti\u00e8re n\u2019est pas pour autant une innovation dans le pays. On recense d\u00e9j\u00e0 quelques initiatives, bien qu\u2019elles soient tr\u00e8s peu nombreuses. Force est de constater que ces initiatives priv\u00e9es (cas de <em>Yako<\/em>\u00e0 Moroniet de <em>Laiterie de Nyoumak\u00e9l\u00e9<\/em>\u00e0 Anjouan) n\u2019ont pas v\u00e9ritablement prosp\u00e9r\u00e9 pour diverses raisons. Premi\u00e8rement, il y a la concurrence entre la production locale et les produits import\u00e9s, plus particuli\u00e8rement concernant le lait caill\u00e9.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, on assiste \u00e0 une d\u00e9sorganisation du commerce au sein de la fili\u00e8re de lait. Cela concerne le prix pratiqu\u00e9 par les producteurs du lait aupr\u00e8s des unit\u00e9s de transformateurs, ce qui n\u2019avantage pas ces derniers en termes de rendement.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, le d\u00e9lestage r\u00e9current de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans les villesestune probl\u00e9matique suppl\u00e9mentaire, ce qui p\u00e9nalise lourdement les transformateurs\u00a0\u00bb.Logiquement, ce constat juste des techniciens du minist\u00e8re de l\u2019agriculture et de l\u2019\u00e9levage appelle ainsi les d\u00e9cideurs \u00e0 trouver une solution \u00e0 ces probl\u00e8mes qui peuvent \u00e9touffer le d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re locale au profit des produits import\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Une r\u00e9gion agricole en d\u00e9veloppement<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9laiss\u00e9e pendant plusieurs ann\u00e9es, connue jusque l\u00e0 pour son extr\u00eame pauvret\u00e9, la r\u00e9gion de Nyumakele,\u00e0 la pointe Sud de l\u2019\u00eele Ndzuani,a entam\u00e9 une transformationau niveau agricole au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 avec la mise en place du projet d\u2019Appui aux petits producteurs du Nyumakele (APPN) financ\u00e9 par le Fonds internationale de d\u00e9veloppement agricole (Fida). Ce projet a eu \u00ab\u00a0 un impact positif au niveau des communaut\u00e9s villageoises en particulier au niveau de la maitrise de la technique d\u2019embocagement et de l\u2019int\u00e9gration de l\u2019\u00e9levage par l\u2019introduction de la vache au piquet sur des sites de d\u00e9veloppement intensifs\u00a0\u00bb, relevait un rapport du Programme national de d\u00e9veloppement humain durable (Pndhd) datant de 2007. Ce document souligne \u00e9galement que gr\u00e2ce \u00e0ce projet \u00ab\u00a0le paysage du Nyumakele de haut est compl\u00e8tement transform\u00e9 et des centaines d\u2019hectares de <em>padza<\/em> ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9habilit\u00e9s et remis en culture. Les revenus des paysans de la zone ont \u00e9t\u00e9 sensiblement accrus et leurs conditions de vie am\u00e9lior\u00e9es gr\u00e2ce aux cultures associ\u00e9es et la production laiti\u00e8re\u00a0\u00bb. En quelques ann\u00e9es, Nyumakele est ainsi devenu la premi\u00e8re r\u00e9gion productrice de lait dans l\u2019archipel. Cette r\u00e9gion o\u00f9 plusieurs familles vivent uniquement de l\u2019agriculture a \u00e9galement progress\u00e9 au niveau agricole par l\u2019introduction de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de produits (manioc, banane et patate) \u00e0 forte rendements.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[\/ihc-hide-content]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Nyumakele est souvent per\u00e7u comme la r\u00e9gion la plus pauvre d\u2019Anjouan, pourtant c\u2019est une r\u00e9gion naturellement riche avec ses parcelles agricoles entour\u00e9es de haies fourrag\u00e8res, ses grosses vaches laiti\u00e8reset maintenant, sa laiterie&#8230;\u00a0Fa\u00efssoili Abdou [ihc-hide-content ihc_mb_type=&#8221;show&#8221; ihc_mb_who=&#8221;2,3,4,5,6,9&#8243; ihc_mb_template=&#8221;1&#8243; ] \u00ab\u00a0Brune des Alpes et Montb\u00e9liard,\u00a0 Frison holstein, jersaise ou jersey,Sahiwal\u00a0\u00bb. 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