{"id":3320,"date":"2019-05-14T07:50:23","date_gmt":"2019-05-14T04:50:23","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=3320"},"modified":"2019-05-14T07:50:23","modified_gmt":"2019-05-14T04:50:23","slug":"autrefois-dans-notre-enveloppe-sociale-wafunguzi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/autrefois-dans-notre-enveloppe-sociale-wafunguzi\/","title":{"rendered":"Autrefois, dans notre enveloppe sociale,  Wafunguzi"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le mois de ramadan a ses traditions dans la culture comorienne parmi lesquelles le partage du repas et le plaisir que procure le plus haut degr\u00e9 de la convivialit\u00e9. Cela est aussi source de respectabilit\u00e9 qui se fait distinguer par le nombre des invit\u00e9s \u00e0 la rupture du je\u00fbne qu\u2019on appelle wafunguzi.<\/strong><\/p>\n<p>Le terme wafunguzi vient du verbe ufunguwa (litter: d\u00e9tacher, d\u00e9nouer). C\u2019est l\u2019antonyme du verbe ufunga (attacher, condamner) utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les privations consenties au ramadan. Les wafunguzi sont donc les personnes invit\u00e9es \u00e0 la rupture du ramadan et qui peuvent pratiquer le partage tout au long du mois sacr\u00e9. Ils sont g\u00e9n\u00e9ralement les proches du chef de famille \u00e0 savoir les enfants (owana), les neveux (owananashe) et les beaux fr\u00e8res ( ezimedji). Il sont pr\u00e9venus quelques jours avant le d\u00e9but du ramadan et leur accord doit \u00eatre de mise pour qu\u2019il n\u2019y ait pas de risque qu\u2019ils soient convi\u00e9s par quelqu\u2019un d\u2019autre.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019origine, ce nombre de convives qui peut \u00eatre beaucoup plus important que possible explique la garniture des mets compos\u00e9s \u00a0en g\u00e9n\u00e9ral de trois menus : ubu ( bouillon de sagou ou de ma\u00efs) et grillades pour entr\u00e9e, shahula (bananes vertes au lait de coco avec poisson et tsahu, ma\u00efs au lait de coco ou riz).<br \/>\nLe ubu et le shahula sont servis sur un tapis soit au salon (obandani) ou dans la cours arri\u00e8re ( isahari).\u00a0 Les wafunguzi doivent s\u2019installer sur le tapis avant l\u2019arriv\u00e9e du chef de famille et apr\u00e8s que \u00ab table \u00bb soit mise. Apr\u00e8s que le chef revienne du jamaa ya magharibi (pri\u00e8re de 18h00), faire le bismillah ( invocation de Dieu pour commencer \u00e0 manger). Les wafunguzi ne peuvent pas parler pendant le repas car cela est consign\u00e9 comme marque de respect. Ils ne peuvent pas non plus arr\u00eater de manger avant que le chef de famille n\u2019appelle \u00e0 lever la table.<br \/>\nDes r\u00e8gles de bon comportement sont scrupuleusement observ\u00e9es pour que le repas soit consomm\u00e9 avec \u00a0\u00e9l\u00e9gance. Le ubu et les grillades sont pris en m\u00eame temps et \u00e0 tour de r\u00f4le par une redistribution suivant le droit d\u2019a\u00eenesse. Une fois le tout consomm\u00e9, on sert le plat de r\u00e9sistance et une fois le chef de famille ouvre la premi\u00e8re bouch\u00e9e, les wafunguzi suivent avec une remarquable discipline qui renforce le bon sens. Mais, personne n\u2019a le droit de se servir du poisson ou de la viande. C\u2019est encore le chef de famille qui distribue les morceaux \u00e0 chacun et d\u2019une mani\u00e8re \u00e9quitable. On re\u00e7oit le morceau de de viande ou de poisson sous le plat et devant soi et c\u2019est \u00e0 consommer mod\u00e9r\u00e9ment sans l\u2019avaler en une bouch\u00e9e.<br \/>\nApr\u00e8s avoir fini le repas, on reste quelques instants \u00e0 \u00e9changer des nouvelles jusqu\u2019\u00e0 ce que le muezzin appelle pour la derni\u00e8re pri\u00e8re du jour suivie du taraweh facultatif mais pratiqu\u00e9 par tous.<br \/>\nEn milieu de la nuit, les wafunguzi adultes reviennent pour le tsahu appel\u00e9 jadis mna kalimotro ( les enfants n\u2019en mangent pas). Ce n\u2019est pas du tout une forme de discrimination mais, un privil\u00e8ge r\u00e9serv\u00e9 aux adultes qui ont \u00e0 je\u00fbner le lendemain. Les enfants prennent leur part le matin en guise de petit d\u00e9jeuner qu\u2019on appelle Ncea.<br \/>\n\u00c0 remarquer que les femmes ne sont pas \u00e0 table en m\u00eame temps que les hommes. Elles se servent \u00e0 part et ne commencent \u00e0 manger qu\u2019apr\u00e8s avoir servi les hommes.<br \/>\nCette tradition de la bonne bouffe et de l\u2019abondance pendant le ramadan, c\u2019est aussi une exigence d\u2019avoir un budget bien \u00e9quilibr\u00e9 en pr\u00e9vision du mois sacr\u00e9. Il n\u2019est peut \u00eatre compr\u00e9hensible qu\u2019un homme mari\u00e9 ne fasse pas l\u2019approvisionnement comme il se doit (uhudumu etsumu). Il doit aussi avoir la d\u00e9cence de le faire pour sa famille maternelle. Celui qui ne l\u2019a pas fait devient la ris\u00e9e de tout le monde (kahudumu tsumu).<br \/>\nEn ce qui concerne les enfants, ils aimaient ce mois, le seul o\u00f9 on est certain de manger \u00e0 une heure fixe, tous ensemble et en quantit\u00e9 et qualit\u00e9 suffisantes. C\u2019est aussi pour l\u2019attente de la joie de l\u2019a\u00efd, jour de f\u00eate o\u00f9 tout enfant re\u00e7oit un nouvel habit, un petit d\u00e9jeuner bien garni mais quand m\u00eame avec un peu de regrets pour les repas d\u00e9lectables en disette jusqu\u2019au prochain ramadan.<br \/>\n<em>Par Dini Nassur\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mois de ramadan a ses traditions dans la culture comorienne parmi lesquelles le partage du repas et le plaisir que procure le plus haut degr\u00e9 de la convivialit\u00e9. Cela est aussi source de respectabilit\u00e9 qui se fait distinguer par le nombre des invit\u00e9s \u00e0 la rupture du je\u00fbne qu\u2019on appelle wafunguzi. 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