{"id":2801,"date":"2019-04-01T08:55:13","date_gmt":"2019-04-01T05:55:13","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=2801"},"modified":"2019-04-01T08:55:13","modified_gmt":"2019-04-01T05:55:13","slug":"le-journaliste-toufe-torture-a-la-gendarmerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/le-journaliste-toufe-torture-a-la-gendarmerie\/","title":{"rendered":"Le journaliste Touf\u00e9, tortur\u00e9 \u00e0 la gendarmerie"},"content":{"rendered":"<p><strong>Alors que le pays vit une crise post-\u00e9lectorale particuli\u00e8rement pr\u00e9occupante , la gendarmerie n\u2019a rien trouv\u00e9 de mieux que de torturer\u00a0 et s\u00e9questrer pendant plusieurs heures un journaliste connu pour sa d\u00e9ontologie\u00a0: Touf\u00e9 Maecha. Il est accus\u00e9 \u00abd\u2019espionnage\u00bb. <\/strong><\/p>\n<p>Le r\u00e9dacteur en chef du quotidien Masiwa, Touf\u00e9 Maecha a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par la gendarmerie le 30 mars \u00e0 Moroni. Il a \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 au bout de plusieurs heures apr\u00e8s avoir subi, torture, vexations et autres intimidations au sein de la brigade de recherche.<\/p>\n<p>Le Collectif des journalistes comoriens a publi\u00e9 un communiqu\u00e9 dans la soir\u00e9e du samedi. \u00abNous, collectif des journalistes, condamnons l\u2019arrestation arbitraire de Touf\u00e9 Maecha. Il est dans un premier temps, accus\u00e9 d\u2019avoir forc\u00e9 le portail de la gendarmerie, portail qui, lorsqu\u2019il n\u2019est pas ouvert est surveill\u00e9 par un garde \u00e0 la gu\u00e9rite. (\u2026). On nous informe dans un second temps, qu\u2019il serait soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019espionnage\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Espionnage. Le mot est l\u00e2ch\u00e9. Une accusation qui a cours dans tous les pays autoritaires ou qui ont amorc\u00e9 \u00ab\u00a0cette regrettable transition\u00a0\u00bb. Notre pays, clairement, en tout cas le r\u00e9gime au pouvoir a une tendance accrue de d\u00e9rives autoritaires. Mais revenons au pr\u00e9sident de la section comorienne de l\u2019Union de la Presse Francophone (UPF).<\/p>\n<p>Tout commence entre 13h00 et 14. Le jeune reporter d\u00e9cide alors de se rendre \u00e0 la gendarmerie pour avoir des informations relatives \u00e0 un sujet qu\u2019il traitait. Il s\u2019y rend donc, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e qui se trouve du c\u00f4t\u00e9 de la Sant\u00e9 Militaire. Si le portail principal est condamn\u00e9, il n\u2019en est pas de m\u00eame pour le portillon. Il le pousse donc et entre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cette administration publique. Il y trouve un garde aupr\u00e8s duquel, il d\u00e9cline son identit\u00e9. Celui-ci le laisse passer, apr\u00e8s que le reporter lui donne le motif de sa visite l\u00e0-bas.<\/p>\n<p>A partir de l\u00e0, tout s\u2019encha\u00eene. Il est pris \u00e0 partie par un officier qui lui pose mille et une questions\u00a0: comment il a fait pour entrer, ce qu\u2019il cherchait, qui il cherchait, etc. Le r\u00e9dacteur en chef, lui explique, vainement qu\u2019il \u00e9tait venu pour y recueillir des informations. Le ton monte un peu et celui-ci, appelant un soldat, ordonne qu\u2019il soit mis en cellule. Cellule sombre, naus\u00e9abonde, au parterre sale. Il y a trouv\u00e9 un groupe de gens, qui \u00e9taient crasseux. Touf\u00e9 Maecha perd la notion du temps dans ce sombre cachot.<\/p>\n<p>Quelques temps apr\u00e8s, on lui demande de sortir de la cellule. Le pr\u00e9texte fallacieux relatif \u00e0 l\u2019espionnage est de nouveau ressorti par les officiers qui l\u2019interrogent, qui veulent savoir pour le compte de qui, il le fait. Notre confr\u00e8re donne exactement la m\u00eame r\u00e9ponse. Ces derniers lui demandent de se mettre \u00e0 genou et d\u2019enlever sa chemise. Il s\u2019ex\u00e9cute. Deux soldats sont plac\u00e9s de part et d\u2019autre de lui, l\u2019un muni d\u2019une esp\u00e8ce de cravache, l\u2019autre d\u2019une matraque. Un troisi\u00e8me homme, lui triture la barbe et \u00e0 plusieurs reprises lui pousse la t\u00eate, avec force menaces. La r\u00e9ponse de Toufe est la m\u00eame, \u00ab\u00a0 je suis venu chercher des infos\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De nouveau, il rentre dans le cachot. Le temps s\u2019\u00e9gr\u00e8ne lentement. On lui demande de nouveau de sortir et d\u2019entrer dans le bureau o\u00f9 il avait subi humiliations et exactions. Cette fois, apr\u00e8s la chemise, on lui demande de se mettre nu. On lui pose les m\u00eames questions. Il subit les m\u00eames humiliations, toujours genoux \u00e0 terre et livre encore les m\u00eames r\u00e9ponses. Un gendarme lui dit alors \u00abnous viendrons te rendre une petite visite \u00e0 minuit\u00bb. La menace est \u00e0 peine voil\u00e9e.<\/p>\n<p>Vers 20h00, Touf\u00e9 Maecha se rend dans le bureau d\u2019un des chefs de la gendarmerie. On lui dit alors juste avant qu\u2019il ne quitte le b\u00e2timent: \u00absi tu t\u2019avises de salir l\u2019image de la gendarmerie, tu auras affaire \u00e0 nous\u00bb.<\/p>\n<p>Toufe a d\u00e9cid\u00e9 de briser le silence, de dire ce qu\u2019il a v\u00e9cu et les s\u00e9vices subis. Avec cette lancinante question qui tourne en boucle dans sa t\u00eate: \u00abs\u2019ils ont os\u00e9 s\u2019en prendre de la sorte \u00e0 un journaliste connu et reconnu qu\u2019en est\u2013il des citoyens lambda, qui ne connaissent personne et qui pensent que la torture est normale en Union des Comores?\u00bb<\/p>\n<p><strong><em>Les r\u00e9dactions de Masiwa, Alfajr et La Gazette des Comores<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que le pays vit une crise post-\u00e9lectorale particuli\u00e8rement pr\u00e9occupante , la gendarmerie n\u2019a rien trouv\u00e9 de mieux que de torturer\u00a0 et s\u00e9questrer pendant plusieurs heures un journaliste connu pour sa d\u00e9ontologie\u00a0: Touf\u00e9 Maecha. Il est accus\u00e9 \u00abd\u2019espionnage\u00bb. 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