{"id":1954,"date":"2019-02-13T22:57:48","date_gmt":"2019-02-13T19:57:48","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=1954"},"modified":"2019-02-13T23:03:43","modified_gmt":"2019-02-13T20:03:43","slug":"autrefois-dans-notre-enveloppe-sociale-uswa-ezi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/autrefois-dans-notre-enveloppe-sociale-uswa-ezi\/","title":{"rendered":"Autrefois, dans notre enveloppe sociale Uswa-ezi"},"content":{"rendered":"<p>Le syst\u00e8me foncier est un enjeu de taille dans le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9. Ayant \u00e9t\u00e9, pendant des lustres, le socle des fondamentaux de la vie \u00e9conomique et \u00a0sociale, la terre pr\u00e9sentait plus qu\u2019une richesse. Elle a \u00e9t\u00e9 le pi\u00e9destal de la famille et de la communaut\u00e9. Son importance se distinguait dans la graduation de ses statuts.<br \/>\n[ihc-hide-content ihc_mb_type=&#8221;show&#8221; ihc_mb_who=&#8221;2,3,4,5,6,9&#8243; ihc_mb_template=&#8221;1&#8243; ]La gestion de la terre cultivable et de b\u00e2ti d\u00e9pendait du statut foncier commun\u00e9ment reconnu. On en classait, en effet, plusieurs formes de propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re dont la l\u00e9galit\u00e9 juridique non \u00e9crite mais int\u00e9gr\u00e9e se transmettait de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. La remise en cause de cette nomenclature fonci\u00e8re provoquait des conflits antagonistes entre les membres d\u2019une lign\u00e9e, d\u2019une famille \u00e9largie, d\u2019un mdji ou entre des localit\u00e9s ayant un patrimoine foncier en partage. Le respect des r\u00e8gles d\u2019appartenance garantissait la paix sociale et la solidarit\u00e9.<br \/>\nLe statut foncier correspondait au niveau organisationnel de la soci\u00e9t\u00e9. Les terres de propri\u00e9t\u00e9 individuelle relevait du statut Miliki (appropriation individuelle), celles appartenant \u00e0 la famille sont le Manyahuli (patrimoine familial matrilin\u00e9aire ), celles provenant d\u2019un h\u00e9ritage sont class\u00e9es Wiratha, celles donn\u00e9es \u00e0 la communaut\u00e9 pour une utilit\u00e9 collective Nabi ( leg) et celles appartenant \u00e0 la communaut\u00e9, c\u2019est l\u2019Uswa-ezi.<br \/>\nL\u2019uswa-ezi, c\u2019est un domaine intercommunautaire mis \u00e0 la disposition des plusieurs localit\u00e9s limitrophes ou \u00e0 une grande ville par les anc\u00eatres soucieux de pr\u00e9server l\u2019unit\u00e9 du mparano wa midji (coop\u00e9ration intercommunautaire). Il s\u2019agissait d\u2019un espace cultivable de plusieurs hectares accessibles aux midji b\u00e9n\u00e9ficiaires. L\u2019uswa-ezi \u00e9tait reparti en zonages communautaires, ce qui permettait aux ressortissants de chaque localit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la terre. Les paysans ayant acc\u00e8s aux terres de l\u2019uswa-ezi ne pouvaient que pratiquer des cultures annuelles du fait que toute production p\u00e9renne serait une marque de propri\u00e9t\u00e9. On pouvait, ainsi, faire des parcelles tournantes \u00e9tant entendu que l\u2019absence des cultures de cycle court laissait libre le champ, m\u00eame si des d\u00e9limitations \u00e9taient souvent observ\u00e9es.<br \/>\nL\u2019\u00e9tendu du terroir permettait la conservation de la fertilit\u00e9 par une jach\u00e8re pluriannuelle respect\u00e9e par tous les paysans. La viabilit\u00e9 de cette jach\u00e8re offrait aux communaut\u00e9s des midji d\u2019exploiter les herbes vivaces en forme de paille (pbindambe) pour la toiture des cases avant l\u2019abondance des cocotiers et pour l\u2019usage de leurs feuilles (uhandza). La d\u00e9friche d\u2019un uswa-ezi mis en jach\u00e8re durable demandait des gros bras pour enlever les mottes dures appel\u00e9es Ipabohosi. Comme la texture d\u2019une prairie bien entretenue, la jach\u00e8re offrait une belle vue de pbindambe \u00e0 perte de vue, ce qui distinguait la bonne gestion de la terre par les usagers de l\u2019Uswa-ezi.<br \/>\nLe fait que des paysans de diff\u00e9rentes localit\u00e9s se c\u00f4toyaient dans les m\u00eames espaces de travail, cela cr\u00e9ait et renfor\u00e7ait les liens de solidarit\u00e9 et d\u2019entente mutuelle.<br \/>\nCette forme d\u2019organisation et de redistribution des terres cultivables traversa des si\u00e8cles de stabilit\u00e9 fonci\u00e8re, jusqu\u2019\u00e0 sa quasi-disparition \u00e0 nos jours. Le d\u00e9clin du syst\u00e8me s\u2019explique par<br \/>\n&#8211; la politique de d\u00e9possession des terres fertiles par les sultans au b\u00e9n\u00e9fice des exploitants coloniaux et notamment le contrat de 1885 qui conc\u00e9da au botaniste fran\u00e7ais L\u00e9on Humblot le droit d\u0019exploiter, dans toutes l\u0019\u00eele de Ngazidja, toutes les terres qu\u0019il voudra faire cultiver.<br \/>\n&#8211; La pression d\u00e9mographique qui a engendr\u00e9 une pression fonci\u00e8re<br \/>\n&#8211; La pratique des cultures de rente par les exploitants coloniaux exigeant l\u0019importance de superficie cultivable (vanille, sisal, ylang-ylang, cocoteraie&amp;.)<br \/>\n&#8211; La redistribution des terres de certains uswa-ezi \u00e0 des familles \u00e9largies ou \u00e0 des lign\u00e9es pour constitution de manyahuli.<br \/>\nL\u2019uswa-ezi a connu quelques poches de r\u00e9sistance dans certaines r\u00e9gions de Ngazidja. On peut citer Shamadani et Itsundzu dans le washili , Hotsawo, Shindini et Kafuni dans les hauts de Mitsamihuli, Handzimbe et Damasoha dans le Hamahame etc. Dans les grandes villes du pays, le uswa-ezi r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 est partag\u00e9 entre les grandes familles et l\u2019\u00c9tat qui en a fait un domaine public. [\/ihc-hide-content]<br \/>\nPar Dini Nassur<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le syst\u00e8me foncier est un enjeu de taille dans le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9. Ayant \u00e9t\u00e9, pendant des lustres, le socle des fondamentaux de la vie \u00e9conomique et \u00a0sociale, la terre pr\u00e9sentait plus qu\u2019une richesse. Elle a \u00e9t\u00e9 le pi\u00e9destal de la famille et de la communaut\u00e9. 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