{"id":13361,"date":"2026-09-21T18:38:41","date_gmt":"2026-09-21T15:38:41","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=13361"},"modified":"2026-09-21T18:38:42","modified_gmt":"2026-09-21T15:38:42","slug":"msomo-na-hazi-apres-la-formation-le-difficile-defi-du-suivi-des-jeunes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/education\/msomo-na-hazi-apres-la-formation-le-difficile-defi-du-suivi-des-jeunes\/","title":{"rendered":"Msomo na Hazi. Apr\u00e8s la formation, le difficile d\u00e9fi du suivi des jeunes"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>La c\u00e9r\u00e9monie organis\u00e9e ce jeudi 17 au palais de Dar Nadjah a mis \u00e0 l\u2019honneur des jeunes d\u2019Anjouan b\u00e9n\u00e9ficiaires du programme Msomo na Hazi. Derri\u00e8re les attestations et les discours officiels sur l\u2019\u00e9ducation et l\u2019insertion professionnelle, une question reste pourtant pos\u00e9e : que se passe-t-il pour ces jeunes une fois la formation termin\u00e9e ?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par Ahmed Abdallah<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au palais de Dar Nadjah, \u00e0 Anjouan, l\u2019ambiance \u00e9tait celle des grandes occasions. Ce jeudi, plusieurs jeunes b\u00e9n\u00e9ficiaires du programme Msomo na Hazi ont re\u00e7u leurs attestations d\u2019apprentissage, marquant officiellement l\u2019aboutissement d\u2019une \u00e9tape de leur parcours. La c\u00e9r\u00e9monie s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e sous la pr\u00e9sidence du gouverneur de l\u2019\u00eele autonome de Ndzuwani, Dr Za\u00efdou Youssouf, en pr\u00e9sence notamment du ministre de l\u2019\u00c9ducation nationale, Bacar Mvoulana, des responsables du programme, du Coordinateur de l\u2019action gouvernementale dans l\u2019\u00eele, des maires et de plusieurs personnalit\u00e9s politiques et religieuses ainsi que des acteurs engag\u00e9s dans le d\u00e9veloppement de la jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 travers cette rencontre, les autorit\u00e9s ont voulu mettre en avant les efforts consacr\u00e9s \u00e0 la formation et \u00e0 la pr\u00e9paration des jeunes \u00e0 leur insertion dans la vie professionnelle et sociale. Un objectif qui r\u00e9pond \u00e0 une pr\u00e9occupation bien r\u00e9elle : permettre \u00e0 la jeunesse comorienne de disposer de comp\u00e9tences capables de lui ouvrir davantage de perspectives. Mais une formation, aussi importante soit-elle, ne constitue pas toujours une fin en soi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019attestation n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les b\u00e9n\u00e9ficiaires, recevoir une attestation repr\u00e9sente naturellement une reconnaissance du travail accompli. Celle-ci vient confirmer les connaissances et les comp\u00e9tences acquises durant le parcours de formation. Elle peut \u00e9galement constituer un \u00e9l\u00e9ment suppl\u00e9mentaire dans la recherche d\u2019un emploi ou dans la construction d\u2019une activit\u00e9. Mais, entre la salle de formation et le monde professionnel, le passage n\u2019est pas toujours \u00e9vident.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fois la c\u00e9r\u00e9monie termin\u00e9e, les jeunes devront retourner \u00e0 leurs r\u00e9alit\u00e9s quotidiennes. Certains chercheront un emploi, d\u2019autres tenteront peut-\u00eatre de mettre en place leur propre activit\u00e9. D\u2019autres encore devront trouver les moyens de continuer \u00e0 pratiquer ce qu\u2019ils ont appris. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce moment que commence une autre partie du parcours, souvent moins visible que la formation elle-m\u00eame : celle du suivi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pos\u00e9e parce que l\u2019exp\u00e9rience de nombreux projets men\u00e9s dans le pays montre que l\u2019\u00e9tape qui suit la formation peut parfois \u00eatre insuffisamment prise en compte. Des jeunes ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s par le pass\u00e9 dans diff\u00e9rents domaines, mais une fois les sessions termin\u00e9es, l\u2019accompagnement s\u2019est progressivement estomp\u00e9. Sans encadrement r\u00e9gulier, sans conseil ou sans moyens permettant de d\u00e9marrer une activit\u00e9, certains acquis peuvent finir par rester th\u00e9oriques. Le probl\u00e8me n\u2019est donc pas forc\u00e9ment la formation. Il se situe dans la continuit\u00e9 qui lui est donn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Des discours aux r\u00e9alit\u00e9s du terrain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La c\u00e9r\u00e9monie de Dar Nadjah a \u00e9t\u00e9 rythm\u00e9e par plusieurs interventions. Le directeur du programme Msomo na Hazi a pr\u00e9sent\u00e9 les diff\u00e9rentes actions conduites \u00e0 Anjouan ainsi que les principales r\u00e9alisations enregistr\u00e9es en mati\u00e8re de formation et d\u2019insertion des jeunes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le ministre de l\u2019\u00c9ducation nationale, Bacar Mvoulana, a pour sa part salu\u00e9 cette \u00e9tape et insist\u00e9 sur l\u2019importance de la formation dans l\u2019accompagnement des jeunes et le d\u00e9veloppement de leurs comp\u00e9tences.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le gouverneur de Ndzuwani, Dr Za\u00efdou Youssouf, a \u00e9galement rappel\u00e9 le r\u00f4le central de l\u2019\u00e9ducation dans le d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9. Dans son intervention, il a notamment d\u00e9clar\u00e9 que <em>\u00ab l\u2019\u00e9ducation, c\u2019est la plume \u00bb,<\/em> tout en pr\u00e9sentant la jeunesse anjouanaise comme une richesse pour l\u2019\u00eele. Ces paroles traduisent une ambition largement partag\u00e9e : investir dans la jeunesse pour pr\u00e9parer l\u2019avenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais entre les d\u00e9clarations prononc\u00e9es lors d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie et la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par les b\u00e9n\u00e9ficiaires, il existe parfois un espace qu\u2019il faut combler. C\u2019est celui du suivi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019apr\u00e8s Nouredine Abdallah, pr\u00e9sent lors de la c\u00e9r\u00e9monie, les beaux discours et les belles promesses risquent parfois de rester sans lendemain lorsqu\u2019aucun dispositif concret ne permet de prolonger les engagements annonc\u00e9s. Son inqui\u00e9tude rejoint une interrogation qui d\u00e9passe le seul programme Msomo na Hazi : que deviennent les b\u00e9n\u00e9ficiaires des projets une fois que les projecteurs se sont \u00e9teints ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019enjeu pour Msomo na Hazi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Msomo na Hazi, la remise des attestations peut donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00e9tape importante, mais pas comme le point final.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le v\u00e9ritable test se d\u00e9roulera progressivement sur le terrain, au fil des mois. C\u2019est l\u00e0 que l\u2019on pourra mesurer si les comp\u00e9tences acquises pendant la formation se transforment en opportunit\u00e9s concr\u00e8tes pour les b\u00e9n\u00e9ficiaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette p\u00e9riode pourrait \u00e9galement permettre aux responsables du programme de recueillir les exp\u00e9riences des jeunes eux-m\u00eames. Leurs r\u00e9ussites, leurs difficult\u00e9s et leurs attentes pourraient fournir des informations pr\u00e9cieuses pour am\u00e9liorer les prochaines actions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il ne s\u2019agit pas de remettre en cause l\u2019int\u00e9r\u00eat de former les jeunes. Au contraire, l\u2019importance de telles initiatives appara\u00eet pr\u00e9cis\u00e9ment dans un contexte o\u00f9 la jeunesse cherche des possibilit\u00e9s de qualification et d\u2019insertion. Mais une politique de formation gagne \u00e0 \u00eatre pens\u00e9e dans la dur\u00e9e. Car le risque, pour les projets successifs, serait de reproduire le m\u00eame sc\u00e9nario : former, remettre des attestations, organiser une c\u00e9r\u00e9monie, puis passer \u00e0 une nouvelle initiative sans savoir pr\u00e9cis\u00e9ment ce que sont devenus les b\u00e9n\u00e9ficiaires pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Apr\u00e8s les applaudissements, le terrain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La c\u00e9r\u00e9monie de Dar Nadjah a permis de mettre en lumi\u00e8re des jeunes qui ont franchi une \u00e9tape importante. Les discours ont rappel\u00e9 la place de l\u2019\u00e9ducation et de la formation dans la construction de l\u2019avenir de Ndzuwani.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Reste maintenant le plus difficile : faire en sorte que cet avenir ne s\u2019arr\u00eate pas au lendemain de la c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La jeunesse anjouanaise repr\u00e9sente effectivement une richesse, comme l\u2019a rappel\u00e9 le gouverneur. Mais cette richesse ne pourra produire pleinement ses effets que si les comp\u00e9tences acquises sont entretenues, valoris\u00e9es et accompagn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Msomo na Hazi vient de franchir une nouvelle \u00e9tape avec la remise des attestations. Pour les jeunes b\u00e9n\u00e9ficiaires, le parcours, lui, ne fait que commencer. Le v\u00e9ritable bilan du programme ne se mesurera donc pas seulement dans une salle de c\u00e9r\u00e9monie, mais dans les parcours professionnels qui se construiront ensuite sur le terrain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La c\u00e9r\u00e9monie organis\u00e9e ce jeudi 17 au palais de Dar Nadjah a mis \u00e0 l\u2019honneur des jeunes d\u2019Anjouan b\u00e9n\u00e9ficiaires du programme Msomo na Hazi. Derri\u00e8re les attestations et les discours officiels sur l\u2019\u00e9ducation et l\u2019insertion professionnelle, une question reste pourtant pos\u00e9e : que se passe-t-il pour ces jeunes une fois la formation termin\u00e9e ? 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