{"id":1334,"date":"2018-11-01T07:16:06","date_gmt":"2018-11-01T04:16:06","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=1334"},"modified":"2018-12-18T07:17:04","modified_gmt":"2018-12-18T04:17:04","slug":"universite-des-salles-archicombles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/universite-des-salles-archicombles\/","title":{"rendered":"Universit\u00e9: des salles archicombles"},"content":{"rendered":"<div class=\"clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item\">\n<p><strong>Pas moins de 14500 \u00e9tudiants se sont inscrits \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 des Comores. Du coup, le casse-t\u00eate de leur accueil dans des conditions acceptables revient comme un boomerang qui perdure.\u00a0\u00a04 heures du matin, c\u2019est l\u2019heure qu\u2019il faut \u00eatre \u00e0 la facult\u00e9 de droit et des lettres pour esp\u00e9rer avoir une chaise. Sont 247 enseignants permanents et 49 \u00e0 contrat \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e qui ont la charge de ses \u00e9tudiants. Soit un ratio de 59 \u00e9tudiants par enseignant. Une situation qui explique la faiblesse de l\u2019encadrement. Mais, cette ann\u00e9e le Ministre de l\u2019Enseignement Sup\u00e9rieur, Mahamoud Salim a pr\u00e9vu des mesures d\u2019urgence. Elles seront appliqu\u00e9es d\u00e8s le premier semestre.<\/strong><\/p>\n<p>La rentr\u00e9e universitaire a eu lieu le premier octobre et le casse-t\u00eate de l\u2019accueil de ces milliers d\u2019\u00e9tudiants dans des conditions acceptables continue de hanter les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes. Les \u00e9tudiants quant \u00e0 eux ont le sentiment d\u2019\u00eatre abandonn\u00e9s. 26 jours depuis que les \u00e9tudiants de l\u2019Universit\u00e9 des Comores ont pris le chemin des campus. Une rentr\u00e9e \u00ab\u00a0forc\u00e9e\u00bb compte tenu de la conjoncture. Pas moins de\u00a0\u00a014\u00a0500 universitaires pour 247 enseignants permanents et 49 autres, avec un contrat \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, telles sont les donn\u00e9es.<\/p>\n<p>C\u2019est un constat, la rentr\u00e9e universitaire s\u2019est effectu\u00e9e dans des conditions pr\u00e9caires. D\u2019abord les caisses de l\u2019udc sont vides. Ensuite, les effectifs \u00a0dans les sites ont doubl\u00e9 pourtant, aucune salle n\u2019a \u00e9t\u00e9 construite pour accompagner cette augmentation.<\/p>\n<p>Ce sont des \u00e9tudiants qui se l\u00e8vent \u00e0 4heure du matin pour esp\u00e9rer avoir une chaise et suivre les cours. Certains passent toute la journ\u00e9e sans voir \u00e0 quoi ressemble leur enseignant ou le tableau, faute de place. Des hauts parleurs, pour permettre \u00e0 ceux qui sont loin derri\u00e8re de suivre les cours, il faut attendre que les \u00e9tudiants ach\u00e8tent la sono. Les salles construites pour accueillir une cinquantaine d\u2019\u00e9tudiants et qui, actuellement, re\u00e7oivent plus du double.<\/p>\n<p><strong>Dans le gouffre<\/strong><\/p>\n<p>Cela fait pratiquement 5 ans depuis que la facult\u00e9 des lettres et de droit remportent haut la main la palme des batailles rang\u00e9es de chaises. Cette ann\u00e9e 2018-2019 ne fait pas exception. \u00ab\u00a0Nous avons sorti les tables bancs pour ajouter des chaises, augmenter le nombre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la salle. Vu que la plupart de nos camarades s\u2019assoient \u00a0dehors pour suivre les cours. Nous n\u2019avons pas de table pour poser nos cahiers et \u00e9crire. Pourtant ce n\u2019est toujours pas suffisant. Plus d\u2019une vingtaine reste toujours dehors. Ce n\u2019est pas possible d\u2019apprendre dans des conditions pareilles\u00bb s\u2019insurge\u00a0\u00a0Moussuf Youssouf, en deuxi\u00e8me ann\u00e9e d\u2019Administration Economique et sociale.<\/p>\n<p>En effet, sont des salles pleines \u00e0 craquer dans un campus totalement insalubre. Ce dernier porte \u00e0 lui seul tous les probl\u00e8mes que rencontre l\u2019universit\u00e9 aujourd\u2019hui. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et aussi grandissante. C\u2019est un open space, tout le monde peut entrer et sortir sans aucun contr\u00f4le. Mais pas que. Ce sont les \u00e9tudiants eux-m\u00eames qui se chargent de sonoriser les salles. \u00ab\u00a0Nous cotisons \u00e0 chaque cours pour louer la sonorisation. Comme nous sommes nombreux c\u2019est capital. Pas de sono pas de cours. Pourtant l\u2019administration est au courant, notre chef de d\u00e9partement aussi. Mais ils n\u2019ont jamais lev\u00e9 le petit doigt\u00a0\u00bb accuse-t-il. Et une autre de rajouter, \u00ab\u00a0vous savez, d\u00e8s fois lorsqu\u2019on ne trouve pas de place, on glande dans la cour, jusqu\u2019\u00e0 la fin de la journ\u00e9e. On ne peut pas rentrer \u00e0 la maison. On \u00e9vite les questions. La solution est d\u2019attendre que les autres apprennent, \u00e9crivent et font des photos et nous envoyer par Whatsapp. Ce n\u2019est pas normal\u00a0\u00bb se d\u00e9sole Fahima, en deuxi\u00e8me ann\u00e9e de lettres.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e l\u2019effectif de la facult\u00e9 des lettres a doubl\u00e9\u00a0: 200 \u00e9tudiants pour la premi\u00e8re ann\u00e9e pendant que la troisi\u00e8me ann\u00e9e, en compte une centaine. Pourtant les salles sont pr\u00e9vues n\u2019en recevoir que la moiti\u00e9. Lorsqu\u2019on demande comment les \u00e9tudiants s\u2019assoient la r\u00e9ponse est \u00ab\u00a0on fait avec les moyens du bord\u00bb.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, certains responsables disent que c\u2019est \u00ab\u00a0normal que le niveau des \u00e9tudiants soit lamentable\u00bb, car l\u2019encadrement n\u2019est pas assur\u00e9, dans ces deux composantes. Sont 2750 \u00e9tudiants pour 27 enseignants rien que dans la facult\u00e9 des lettres. Cela veut dire que 59 \u00e9tudiants pour un enseignant. \u00ab\u00a0On n\u2019a pas de travaux pratiques. Comment voulez-vous que \u00e7a fonctionne? Sont des \u00e9tudes de lettres, pas des maths. Lorsqu\u2019on fait des exploitations de texte \u00e0 des groupes de 100, excusez moi, mais rien ne va\u00a0\u00bb s\u2019interroge un haut responsable du d\u00e9partement.\u00a0 Tout cela pour dire que \u00ab\u00a0certes l\u2019espace est un grand handicap, mais nous n\u2019avons pas non plus les ressources humaines n\u00e9cessaires pour dispenser un enseignement de qualit\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Mieux lotis que les autres<\/strong><\/p>\n<p>Si les responsables de la facult\u00e9 des lettres et sciences humaines sont tiraill\u00e9s par autant de probl\u00e8mes, \u00e0 celle des sciences, la rentr\u00e9e a eu lieu dans des bonnes conditions. C\u2019est une facult\u00e9 en plein travaux, o\u00f9 nous avons mis les pieds. Et un doyen qui accompagne les \u00e9tudiants pour la r\u00e9alisation. La norme c\u2019est \u00ab\u00a0une salle de 30 \u00e9tudiants. C\u2019est suffisant. Surtout avec cette chaleur \u00e9touffante\u00a0\u00bb, raconte Achmet Said Ahmed, Doyen de la facult\u00e9 des sciences. Et de rajouter, \u00ab\u00a0notre probl\u00e8me actuel sont les premi\u00e8res ann\u00e9es, d\u00e8s fois, seulement lorsque nos grandes salles sont prises. Mais j\u2019avoue que nous faisons tout pour que les \u00e9tudiants soient le plus \u00e0 l\u2019aise possible\u00a0\u00bb. Contrairement aux salles de la facult\u00e9 de droit et des lettres d\u00e9pourvues de bancs, \u00e0 l\u2019\u00e9cole de sant\u00e9, elles sont mieux \u00e9quip\u00e9es. M\u00eame constat \u00e0 Imamou Chafiou qui a une grande capacit\u00e9 d\u2019accueil. On trouve des salles d\u2019une capacit\u00e9 d\u2019une centaine d\u2019\u00e9l\u00e8ves. A l\u2019Iut aussi, les \u00e9tudiants sont mieux lotis. En plus, les sites sont s\u00e9curis\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Pour quelles solutions?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019universit\u00e9 des Comores a-t-elle \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e sur un coup de t\u00eate? Ou l\u2019espoir de voir des milliers d\u2019\u00e9tudiants comoriens \u00e9tait lointain. L\u2019une ou l\u2019autre cela n\u2019a aucune importance. Car \u00e0 chaque ann\u00e9e les effectifs augmentent. Ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es c\u2019est devenu un ring, ou des chaises s\u2019envolent pour atterrir sur des t\u00eates. Le fond de crise sur lequel la rentr\u00e9e 2018-2019 s\u2019est effectu\u00e9, n\u2019excuse pas les\u00a0\u00a0autorit\u00e9s de n\u2019avoir pas pris les mesures d\u2019accompagnement idoines, \u00e0 ce qui est devenue une normalit\u00e9. Ce n\u2019est pas normal, qu\u2019un \u00e9tudiant s\u2019assoit sur le bord d\u2019une fen\u00eatre pour suivre son cours.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, selon le Directeur de Cabinet du Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation Nationale et de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, Nourdine Salim, des mesures particuli\u00e8res seront prises d\u00e8s que le ministre sera de retour d\u2019Anjouan. Selon lui, Mahamoud Salim, a pris la d\u00e9cision de restructurer l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur, et l\u2019accueil serait une priorit\u00e9.<\/p>\n<p>A part l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre, de 1200 places en construction, des grandes salles m\u00eame si le toit\u00a0\u00a0serait en t\u00f4le seront bient\u00f4t construites \u00a0en urgence pour r\u00e9pondre aux attentes. Car \u00ab\u00a0aujourd\u2019hui, nous ne pouvons pas faire l\u2019\u00e9cole Aristote\u00a0\u00bb autrement des cours en plein air.<\/p>\n<p>Cette construction entrera en vigueur d\u00e8s que la note en conseil sera valid\u00e9e. Cette solution sera mise en \u0153uvre d\u00e8s le premier semestre. Le deuxi\u00e8me changement qui sera effectu\u00e9, est pour consolider la coh\u00e9sion sociale dans les milieux estudiantins. L\u2019Universit\u00e9 sera d\u00e9centralis\u00e9e, les plus grandes facult\u00e9s seront dispers\u00e9es dans les trois \u00eeles. Ainsi les \u00e9tudiants de la Grande Comore peuvent aller \u00e0 Anjouan ou Moh\u00e9li pour la facult\u00e9 des lettres ou droit ou encore l\u2019Ifere. La troisi\u00e8me mesure est d\u2019assurer un enseignement de qualit\u00e9 aux \u00e9tudiants comoriens. C\u2019est pour cette raison, \u00ab\u00a0qu\u2019avec l\u2019accompagnement du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, nous allons faire en sorte que les enseignants comoriens qui dispensent des cours \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur viennent pour prendre place \u00e0 l\u2019udc\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Des promesses<\/strong><\/p>\n<p>Sont des engagements pris envers des \u00e9tudiants\u00a0\u00a0cristallis\u00e9s par le manque de \u00ab\u00a0tout\u00a0\u00bb qui reviennent \u00e0 chaque ann\u00e9e les hanter. Le Ministre de l\u2019Education Nationale affiche une volont\u00e9 de mieux faire. Peut-\u00eatre le syndrome d\u2019un enseignant qui a v\u00e9cu les m\u00eames gal\u00e8res. Mahamoud Salim aurait le soutien inconditionnel d\u2019Azali Assoumani. Cependant aujourd\u2019hui et les enseignants\u00a0\u00a0qui s\u2019\u00e9tranglent la voix, et les \u00e9tudiants qui sont hant\u00e9s par les sc\u00e8nes de chaises volantes, ne se contenteront pas de discours. D\u2019ici la fin du semestre, ils mesureront par les actes concrets qui seront pos\u00e9 l\u2019importance que semble accorder \u00e0 l\u2019enseignement sup\u00e9rieur le \u00abNouveau Ministre\u00bb<\/p>\n<p>Par Hayatte Abdou<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pas moins de 14500 \u00e9tudiants se sont inscrits \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 des Comores. Du coup, le casse-t\u00eate de leur accueil dans des conditions acceptables revient comme un boomerang qui perdure.\u00a0\u00a04 heures du matin, c\u2019est l\u2019heure qu\u2019il faut \u00eatre \u00e0 la facult\u00e9 de droit et des lettres pour esp\u00e9rer avoir une chaise. Sont 247 enseignants permanents et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":1335,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-1334","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/1334","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=1334"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/1334\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1336,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/1334\/revisions\/1336"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/1335"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=1334"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=1334"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=1334"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}