{"id":13167,"date":"2026-06-29T15:40:25","date_gmt":"2026-06-29T12:40:25","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=13167"},"modified":"2026-06-29T15:40:26","modified_gmt":"2026-06-29T12:40:26","slug":"dernieres-visites-de-lunesco-avant-la-reconnaissance-internationale-des-medinas-des-sultanats-des-comores","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/dernieres-visites-de-lunesco-avant-la-reconnaissance-internationale-des-medinas-des-sultanats-des-comores\/","title":{"rendered":"Derni\u00e8res visites de l\u2019UNESCO avant la reconnaissance internationale des m\u00e9dinas des sultanats des Comores"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La semaine derni\u00e8re, des d\u00e9l\u00e9gations de l\u2019UNESCO et de la Fondation ALIPH ont visit\u00e9 plusieurs lieux historiques des Comores en vue de leur inscription au Patrimoine mondial.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par Fatouma Ali Sa\u00efd Abdallah<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sous un soleil de fin de saison s\u00e8che, les d\u00e9l\u00e9gations de la Fondation ALIPH (Alliance Internationale pour la Protection du Patrimoine, install\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve) et celle de l\u2019UNESCO ach\u00e8vent la premi\u00e8re phase de leur mission d\u2019\u00e9valuation \u00e0 Ngazidja ce 24 juin. Pendant une journ\u00e9e enti\u00e8re, la d\u00e9l\u00e9gation internationale a parcouru trois villes embl\u00e9matiques de l\u2019\u00eele : Ntsoudjini, Itsandra et Iconi. L\u2019objectif \u00e9tait de constater, mesurer et \u00e9couter, afin de dresser un diagnostic complet des sultanats historiques avant la signature officielle de leur inscription, pr\u00e9vue le 25 juillet prochain en Cor\u00e9e du Sud lors d\u2019une session internationale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mission ne s\u2019est pas limit\u00e9e \u00e0 Ngazidja. Le lendemain de leur visite sur ces trois villes, les d\u00e9l\u00e9gations d\u2019ALIPH et de l\u2019UNESCO ont visit\u00e9 Moroni, capitale de l\u2019archipel o\u00f9 une convention a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e avec la mairie. Apr\u00e8s Ngazidja, la d\u00e9l\u00e9gation a pris la direction d\u2019Anjouan, plus pr\u00e9cis\u00e9ment des villes de Mutsamudu et Domoni, pour poursuivre l\u2019\u00e9valuation et rencontrer les communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette tourn\u00e9e marque le passage entre le travail d\u2019archives et l\u2019action sur le terrain, car ce que d\u00e9fendent les deux organisations aux Comores, c\u2019est un ensemble vivant : des portes, des palais, des places, des chants, des v\u00eatements, des savoir-faire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ntsoudjini : la porte, les tombeaux et la m\u00e9moire \u00e9crite<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mission a commenc\u00e9 t\u00f4t le matin \u00e0 Ntsoudjini, ville perch\u00e9e au nord-est de Ngazidja. Premier arr\u00eat : le <em>ngome<\/em>, l\u2019enceinte fortifi\u00e9e qui structure encore aujourd\u2019hui le c\u0153ur de la cit\u00e9. Les experts d\u2019ALIPH et de l\u2019UNESCO ont observ\u00e9 l\u2019\u00e9tat des remparts, l\u2019usage des mat\u00e9riaux locaux et la mani\u00e8re dont la ville s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e autour de ce noyau d\u00e9fensif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 quelques m\u00e8tres, la d\u00e9l\u00e9gation s\u2019est arr\u00eat\u00e9e devant une porte symbolique et historique. Sobre, massive, elle n\u2019a rien d\u2019ornemental. Elle a \u00e9t\u00e9, pendant des si\u00e8cles, le seul point d\u2019entr\u00e9e et de sortie de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas n\u2019importe quelle porte. C\u2019est l\u2019unique porte par laquelle toute la population entrait et ressortait. Elle servait de guide et constituait s\u00e9curit\u00e9. Elle permettait \u00e0 l\u2019\u00e9poque de savoir qui est sorti et qui est entr\u00e9 dans notre ville&nbsp;\u00bb, a expliqu\u00e9 un notable aux membres de la d\u00e9l\u00e9gation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette porte n\u2019\u00e9tait donc pas qu\u2019une structure en pierre. Elle \u00e9tait un outil de contr\u00f4le, de protection et de r\u00e9gulation sociale. En p\u00e9riode de troubles, elle \u00e9tait ferm\u00e9e. En temps de paix, elle devenait le lieu des arriv\u00e9es, des \u00e9changes et des retours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La visite s\u2019est ensuite poursuivie dans un secteur moins connu du grand public : dix-sept tombeaux dans un site, dispers\u00e9s, en partie recouverts par la v\u00e9g\u00e9tation. L\u2019hypoth\u00e8se avanc\u00e9e est que ce sont les tombes de guerriers, mais il est impossible de conna\u00eetre leurs identit\u00e9s. &nbsp;Pour les experts, ces s\u00e9pultures repr\u00e9sentent un enjeu de documentation \u00e0 prot\u00e9ger d\u2019urgence, car elles sont vuln\u00e9rables \u00e0 l\u2019\u00e9rosion et \u00e0 l\u2019oubli.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dernier point d\u2019arr\u00eat \u00e0 Ntsoudjini : dans une m\u00e9dina de la ville o\u00f9 subsistent des \u00e9critures anciennes. Encore lisibles par endroits, elles forment un t\u00e9moignage direct de l\u2019histoire \u00e9crite locale. \u00ab&nbsp;Toujours vivantes&nbsp;\u00bb, selon les habitants, ces inscriptions relient la ville contemporaine \u00e0 ses anc\u00eatres lettr\u00e9s, copistes et chroniqueurs des sultanats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Itsandra : Citadelle, palais royal et places du pouvoir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Itsandra, au nord-ouest de Moroni. Ici, le patrimoine nous parle d\u2019autorit\u00e9 et d\u2019urbanisme. La d\u00e9l\u00e9gation a commenc\u00e9 par la citadelle, ensemble fortifi\u00e9 qui domine la ville. Puis elle est entr\u00e9e dans le palais royal d\u2019Itsandra, monument exceptionnel construit avec des techniques de ma\u00e7onnerie traditionnelle encore visibles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout au long du parcours, des femmes et des hommes ont anim\u00e9 la visite par des danses traditionnelles. Les percussions, les chants et les pas rythm\u00e9s ont donn\u00e9 \u00e0 la visite une dimension vivante. Car \u00e0 Itsandra, le patrimoine ne se visite pas en silence : il se traverse en musique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s le palais, la d\u00e9l\u00e9gation s\u2019est dirig\u00e9e vers les <em>mabangwe<\/em>, les places publiques de la ville. Dans la tradition comorienne, le <em>bangwe<\/em> n\u2019est pas un simple espace vide. C\u2019est le lieu de la d\u00e9lib\u00e9ration. C\u2019est l\u00e0 que les citoyens se r\u00e9unissaient pour d\u00e9cider de la guerre ou de la paix, pour r\u00e9gler les conflits, pour organiser la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les experts ont not\u00e9 l\u2019articulation entre le palais, la citadelle et les <em>mabangwe<\/em> : un syst\u00e8me urbain pens\u00e9 pour faire coexister le pouvoir, la d\u00e9fense et la parole collective. Itsandra illustre donc un mod\u00e8le d\u2019organisation sociale et politique que l\u2019inscription au patrimoine mondial voudrait reconna\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Iconi : La ville des rois, du Fukuni et d\u2019un peuple patrimoine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Iconi est la ville de la m\u00e9moire vivante. Et les d\u00e9l\u00e9gations l\u2019ont ressenti d\u00e8s leur entr\u00e9e. Elles ont \u00e9t\u00e9 accueillies par des femmes et des hommes en habits traditionnels, interpr\u00e9tant chants et danses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le moment le plus symbolique a \u00e9t\u00e9 le passage par la porte Fukuni, une porte historique, charg\u00e9e de symboles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Fukuni, c\u2019est la porte par laquelle passaient les sultans de la ville. C\u2019est la porte par o\u00f9 les guerriers passaient pour aller \u00e0 la guerre, et par o\u00f9 ils rentraient lorsqu\u2019ils revenaient de la guerre. C\u2019est une porte historique, un patrimoine parmi les patrimoines d\u2019Iconi.&nbsp;\u00bb, a expliqu\u00e9 l\u2019un des guides locaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Faire entrer les h\u00f4tes par Fukuni, c\u2019\u00e9tait les inscrire symboliquement dans la continuit\u00e9 des souverains d\u2019Iconi. C\u2019\u00e9tait leur montrer que la ville ne se visite pas seulement par ses monuments, mais aussi par ses passages et ses rites.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s Fukuni, la d\u00e9l\u00e9gation a travers\u00e9 quatorze sites d\u2019Iconi : les ruelles, les maisons en pierres de corail, de portes sculpt\u00e9es et de cours int\u00e9rieures. Chaque quartier raconte une \u00e9poque, une famille\u2026 les sultanats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La visite s\u2019est conclue au palais royal Kaphviri Dj\u00e9w\u00e9. C\u2019est dans ce palais qu\u2019ont vu le jour et qu\u2019ont habit\u00e9 plusieurs rois d\u2019Iconi. Ses murs, ses charpentes et sa cour int\u00e9rieure portent les marques de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ali Nahouza, maire de Bambao ya Mboini, s\u2019est exprim\u00e9 en expliquant que \u00ab cette visite montre que notre histoire peut parler au monde. Iconi porte la m\u00e9moire de plusieurs si\u00e8cles. Avec l\u2019appui d\u2019ALIPH et de l\u2019UNESCO, nous pr\u00e9parons le 25 juillet en Cor\u00e9e du Sud comme une \u00e9tape pour faire reconna\u00eetre et prot\u00e9ger durablement ce patrimoine.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Moroni : Une signature pour engager la capitale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la capitale, une signature a eu lieu entre la Fondation ALIPH et la mairie de Moroni, en pr\u00e9sence des autorit\u00e9s municipales et des acteurs du patrimoine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le maire a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab&nbsp;la signature d\u2019aujourd\u2019hui engage la commune \u00e0 prot\u00e9ger ses m\u00e9dinas et \u00e0 former les jeunes aux m\u00e9tiers du patrimoine. Avec ALIPH et l\u2019UNESCO, nous voulons que la conservation devienne une opportunit\u00e9 pour les artisans et pour la ville.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette signature compl\u00e8te le volet institutionnel de la mission. Elle lie la capitale aux villes visit\u00e9es et donne \u00e0 Moroni un r\u00f4le de coordination dans la mise en \u0153uvre du plan de sauvegarde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Anjouan : La mission se poursuit \u00e0 Mutsamudu et Domoni<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s Ngazidja, la d\u00e9l\u00e9gation a quitt\u00e9 Moroni pour l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan. Elle y a men\u00e9 des \u00e9valuations dans les villes de Mutsamudu et Domoni, deux cit\u00e9s historiques dont les m\u00e9dinas, les ports et les fortifications compl\u00e8tent le dossier national.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019objectif reste le m\u00eame : v\u00e9rifier l\u2019\u00e9tat des sites, rencontrer les habitants, recueillir les r\u00e9cits et documenter les savoir-faire pour constituer un dossier complet \u00e0 pr\u00e9senter en Cor\u00e9e du Sud le 25 juillet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les villes visit\u00e9es, la reconnaissance officielle de la communaut\u00e9 internationale sera un engagement \u00e0 s\u00e9curiser les b\u00e2timents les plus fragiles, former des ma\u00e7ons et des artisans, documenter les portes, les tombeaux, les palais et les places, et aussi transmettre les chants, les v\u00eatements et les gestes qui donnent sens \u00e0 ces lieux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La semaine derni\u00e8re, des d\u00e9l\u00e9gations de l\u2019UNESCO et de la Fondation ALIPH ont visit\u00e9 plusieurs lieux historiques des Comores en vue de leur inscription au Patrimoine mondial. Par Fatouma Ali Sa\u00efd Abdallah Sous un soleil de fin de saison s\u00e8che, les d\u00e9l\u00e9gations de la Fondation ALIPH (Alliance Internationale pour la Protection du Patrimoine, install\u00e9e \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":13170,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56],"tags":[599,97],"class_list":["post-13167","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","tag-edition-589","tag-trending"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/13167","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=13167"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/13167\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13172,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/13167\/revisions\/13172"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/13170"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=13167"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=13167"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=13167"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}