{"id":12988,"date":"2026-04-27T13:50:59","date_gmt":"2026-04-27T10:50:59","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12988"},"modified":"2026-04-27T14:01:05","modified_gmt":"2026-04-27T11:01:05","slug":"hopital-al-maarouf-licenciements-dialogue-et-revendications","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/societe\/hopital-al-maarouf-licenciements-dialogue-et-revendications\/","title":{"rendered":"H\u00f4pital Al-Maarouf. Licenciements, dialogue et revendications"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Moroni, l\u2019h\u00f4pital Al-Maarouf est \u00e0 l\u2019arr\u00eat depuis le 9 mars 2026. Le personnel en gr\u00e8ve d\u00e9nonce des conditions de travail \u00ab&nbsp;d\u00e9sastreuses&nbsp;\u00bb, l\u2019absence de couverture sant\u00e9, des dossiers de retraite non r\u00e9gularis\u00e9s, des primes de garde trop faibles et une in\u00e9galit\u00e9 salariale. Face au mouvement, la direction de l\u2019h\u00f4pital Al-Maarouf a act\u00e9 le licenciement des gr\u00e9vistes et refuse le dialogue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Fatouma Ali Sa\u00efd Abdallah<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;h\u00f4pital Al-Maarouf est \u00e0 l\u2019arr\u00eat depuis le 9 mars. La direction a d\u00e9cid\u00e9 de licencier les meneurs de la gr\u00e8ve qui paralysent l\u2019\u00e9tablissement et refusent toute n\u00e9gociation. En face, les gr\u00e9vistes maintiennent cinq revendications et alertent sur des cons\u00e9quences graves pour les patients.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9cision de la direction est \u00ab&nbsp;d\u00e9j\u00e0 prise et reste inchang\u00e9e&nbsp;\u00bb, a soulign\u00e9 Zainoudine Ahamada, technicien en imagerie m\u00e9dicale, porte-parole du syndicat et vice-pr\u00e9sident du comit\u00e9 constitu\u00e9 par les contractuels, interrog\u00e9 par Masiwa. Les gr\u00e9vistes demandent l\u2019abandon des licenciements et l\u2019ouverture d\u2019un dialogue. Une proposition que la direction refuse cat\u00e9goriquement.<\/p>\n\n\n\n<p>La gr\u00e8ve, entam\u00e9e il y a plus de six semaines, bloque l\u2019acc\u00e8s aux soins pour des milliers de patients. Les services d\u2019urgence, la maternit\u00e9, la chirurgie et les consultations externes tournent au ralenti. Seul un service minimum est assur\u00e9 par de jeunes stagiaires et quelques volontaires recrut\u00e9s apr\u00e8s le d\u00e9but du mouvement. Cette situation inqui\u00e8te les familles qui ne trouvent plus de prise en charge adapt\u00e9e dans la capitale.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur place, des t\u00e9moignages font \u00e9tat d\u2019une d\u00e9sorganisation. Un patient anonyme affirme avoir d\u00fb guider de jeunes stagiaires recrut\u00e9s en renfort. \u00ab&nbsp;On m\u2019a demand\u00e9 comment on pr\u00e9pare une perfusion, alors j\u2019ai expliqu\u00e9&nbsp;\u00bb, confie-t-il. D\u2019autres malades hospitalis\u00e9s racontent devoir attendre plusieurs heures avant d\u2019obtenir un soin de base. Les proches sont parfois sollicit\u00e9s pour aider aux t\u00e2ches techniques, faute de personnel qualifi\u00e9 disponible dans les services.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des contractuels pour casser la gr\u00e8ve<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plus grave : une m\u00e8re de famille rapporte les confidences de sa fille, sage-femme \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Al-Maarouf. Selon elle, trois nouveau-n\u00e9s seraient d\u00e9c\u00e9d\u00e9s dans des couveuses. Elle met en cause le manque d\u2019exp\u00e9rience des nouvelles sages-femmes recrut\u00e9es apr\u00e8s le d\u00e9but du mouvement. Ces informations n\u2019ont pas pu \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9es de source ind\u00e9pendante. Contact\u00e9e, la direction n\u2019a pas donn\u00e9 suite. Plusieurs familles rencontr\u00e9es devant la maternit\u00e9 expriment leur angoisse et disent redouter de venir accoucher dans l\u2019\u00e9tablissement. Elles \u00e9voquent un climat de peur et d\u2019incertitude qui pousse certaines femmes \u00e0 chercher d\u2019autres structures, souvent \u00e9loign\u00e9es et co\u00fbteuses.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mouvement lanc\u00e9 le 9 mars s\u2019appuie sur cinq points. Les gr\u00e9vistes d\u00e9noncent d\u2019abord des conditions d\u2019exercice \u00ab&nbsp;d\u00e9sastreuses&nbsp;\u00bb : v\u00e9tust\u00e9 des locaux, manque de mat\u00e9riel de base, surcharge de travail. \u00ab&nbsp;Le quotidien met en danger agents et patients&nbsp;\u00bb, alerte Zainoudine Ahamada. Le syndicat exige un plan d\u2019urgence pour r\u00e9nover et \u00e9quiper.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le porte-parole du syndicat \u00e9voque la deuxi\u00e8me revendication des gr\u00e9vistes&nbsp;: la couverture sant\u00e9. Le personnel r\u00e9clame une mutuelle fonctionnelle avec un acc\u00e8s r\u00e9el aux pharmacies. Aujourd\u2019hui, beaucoup avancent les frais ou renoncent aux soins. Des agents t\u00e9moignent avoir contract\u00e9 des dettes pour se soigner ou soigner leurs enfants. La prise en charge promise n\u2019est pas effective dans les officines partenaires, ce qui cr\u00e9e un sentiment d\u2019abandon.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en vient au troisi\u00e8me point dans les revendications : la retraite. Une partie des agents n\u2019est pas inscrite \u00e0 la caisse de retraite. Des ann\u00e9es de cotisation manquent. Les syndicats demandent une r\u00e9gularisation imm\u00e9diate et le versement des arri\u00e9r\u00e9s. Des infirmiers et techniciens proches de la retraite d\u00e9couvrent des carri\u00e8res incompl\u00e8tes. Ils craignent de ne pas percevoir de pension malgr\u00e9 des d\u00e9cennies de service.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La direction refuse toute n\u00e9gociation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le porte-parole poursuit avec le quatri\u00e8me point : les primes de garde, jug\u00e9es trop faibles pour les nuits et les week-ends. Les gr\u00e9vistes estiment qu\u2019elles doivent \u00eatre revaloris\u00e9es pour compenser la p\u00e9nibilit\u00e9. Les \u00e9quipes assurent des tours de garde de douze heures sans mat\u00e9riel suffisant et avec des effectifs r\u00e9duits. La prime actuelle ne couvre pas, selon lui, les risques ni la charge de travail.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9quit\u00e9 salariale est la derni\u00e8re revendication \u00e9voqu\u00e9e par le porte-parole. Les contractuels veulent l\u2019alignement de leur traitement sur celui des fonctionnaires \u00e0 poste et anciennet\u00e9 \u00e9quivalents. \u00c0 t\u00e2ches \u00e9gales, l\u2019\u00e9cart de r\u00e9mun\u00e9ration cr\u00e9e des tensions entre coll\u00e8gues. Des sages-femmes et des techniciens contractuels disent accomplir les m\u00eames actes que les titulaires pour un salaire inf\u00e9rieur de pr\u00e8s de moiti\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis l\u2019annonce des licenciements, le climat s\u2019est tendu. Les gr\u00e9vistes organisent chaque jour des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales. Ils disent vouloir maintenir la pression jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ouverture de n\u00e9gociations. La direction de l&#8217;h\u00f4pital, de son c\u00f4t\u00e9, s\u2019appuie sur les nouvelles recrues pour assurer un service minimal. Aucune m\u00e9diation n\u2019a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e par le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 \u00e0 ce jour. Les tentatives de rapprochement men\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 civile il y a quelques jours n\u2019ont pas abouti.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un communiqu\u00e9 \u00e9crit, la s\u00e9curit\u00e9 civile a soulign\u00e9 qu\u2019elle organisera une marche pacifique cette semaine et un sit-in devant l\u2019h\u00f4pital pour d\u00e9noncer cette situation qu\u2019elle juge \u00ab&nbsp;inacceptable&nbsp;\u00bb. Des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile pr\u00e9parent aussi des actions pour exiger une solution rapide.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Moroni, l\u2019h\u00f4pital Al-Maarouf est \u00e0 l\u2019arr\u00eat depuis le 9 mars 2026. Le personnel en gr\u00e8ve d\u00e9nonce des conditions de travail \u00ab&nbsp;d\u00e9sastreuses&nbsp;\u00bb, l\u2019absence de couverture sant\u00e9, des dossiers de retraite non r\u00e9gularis\u00e9s, des primes de garde trop faibles et une in\u00e9galit\u00e9 salariale. 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