{"id":12937,"date":"2026-04-06T22:56:35","date_gmt":"2026-04-06T19:56:35","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12937"},"modified":"2026-04-06T22:56:36","modified_gmt":"2026-04-06T19:56:36","slug":"les-60-ans-de-lasec-la-question-de-lindependance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/non-classe\/les-60-ans-de-lasec-la-question-de-lindependance\/","title":{"rendered":"Les 60 ans de l\u2019ASEC. La question de l\u2019ind\u00e9pendance"},"content":{"rendered":"\n<p>Technocrates ou valet du colonialisme&nbsp;?<strong> <\/strong>Cette interrogation a fait l\u2019objet d\u2019un vif d\u00e9bat. Elle constitue la premi\u00e8re ligne de fracture qui a partag\u00e9 pendant deux d\u00e9cennies les cadres comoriens qui ont accompli leurs premiers pas de l\u2019apprentissage militant et politique dans l\u2019Association des stagiaires et \u00e9tudiants des Comores.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Par MOHAMED Bakari Abdallah. Historien<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"786\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2026\/04\/MOHAMED-Bakari-Abdallah-786x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12938\" style=\"aspect-ratio:0.7675862910855434;width:296px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2026\/04\/MOHAMED-Bakari-Abdallah-786x1024.jpg 786w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2026\/04\/MOHAMED-Bakari-Abdallah-230x300.jpg 230w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2026\/04\/MOHAMED-Bakari-Abdallah-768x1001.jpg 768w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2026\/04\/MOHAMED-Bakari-Abdallah-600x782.jpg 600w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2026\/04\/MOHAMED-Bakari-Abdallah-750x978.jpg 750w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2026\/04\/MOHAMED-Bakari-Abdallah.jpg 794w\" sizes=\"auto, (max-width: 786px) 100vw, 786px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>La g\u00e9n\u00e9ration des \u00ab&nbsp;r\u00e9volutionnaires&nbsp;\u00bb reprochait depuis 1972 aux fondateurs historiques de l\u2019ASEOCF de \u00ab&nbsp;pr\u00eater main-forte au syst\u00e8me colonial et aux pouvoirs politiques en place depuis l\u2019\u00e9poque de Said Mohamed Cheikh jusqu\u2019aux r\u00e9gimes post\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La litt\u00e9rature et le discours de l\u2019ASEC foisonnent d\u2019une infinit\u00e9 de qualificatifs associant la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration des cadres comoriens au colonialisme et \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le r\u00f4le de l\u2019intellectuel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ils \u00e9taient d\u00e9nonc\u00e9s en permanence et accus\u00e9s de \u00ab&nbsp;collaborer avec l\u2019ennemi principal du peuple comorien&nbsp;\u00bb pour perp\u00e9tuer le r\u00e8gne colonial et le cort\u00e8ge de mis\u00e8re qui s\u2019abat sur la population comorienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces accusations m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre nuanc\u00e9es et contextualis\u00e9es. \u00ab&nbsp;Trait d\u2019Union&nbsp;\u00bb, la publication de l\u2019ASEC dont le premier num\u00e9ro date de mars 1970 sous la direction de Charles Novou s\u2019est interrog\u00e9 en premier en ouvrant le d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es et la r\u00e9flexion autour du \u00ab&nbsp;r\u00f4le et de la place de l\u2019intellectuel comorien&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet organe de liaison, de r\u00e9flexion et d\u2019information a consacr\u00e9 trois articles int\u00e9ressants sur cette&nbsp;th\u00e9matique entre 1970 et 1971. \u00ab&nbsp;Dialogue avec l\u2019intellectuel&nbsp;\u00bb&nbsp;est le premier de la s\u00e9rie. Le manuscrit exhum\u00e9 des archives n\u2019est pas sign\u00e9, mais son auteur soulevait la probl\u00e9matique ainsi : \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce qu\u2019un intellectuel&nbsp;? Celui qui a fait des \u00e9tudes sup\u00e9rieures&nbsp;? Celui qui est all\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole&nbsp;? Ou celui qui est parti en France&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Difficile de le d\u00e9finir, r\u00e9pond-il en pr\u00e9cisant&nbsp;: \u00ab&nbsp;il est plus ais\u00e9 de dire ce qu\u2019on attend de lui&nbsp;\u00bb. L\u2019auteur du texte d\u00e9finit l\u2019intellectuel ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;un intellectuel est par essence un critique social, un individu dont le souci est d\u2019identifier, d\u2019analyser et par ce moyen de contribuer \u00e0 surmonter les obstacles qui emp\u00eachent d\u2019atteindre un ordre social meilleur, plus humain, plus rationnel. Il devient ainsi la conscience de la soci\u00e9t\u00e9 et le porte-parole des forces progressistes qu\u2019elle contient dans toute p\u00e9riode donn\u00e9e de l\u2019histoire. Il est in\u00e9vitablement consid\u00e9r\u00e9 comme un trublion et un g\u00eaneur par la classe dirigeante qui cherchera \u00e0 pr\u00e9server le statu quo et par les travailleurs intellectuels \u00e0 son service qui l\u2019accusent d\u2019\u00eatre un utopiste ou, dans le meilleur des cas, un m\u00e9taphysique et dans le pire, un s\u00e9ditieux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019auteur de ce papier, cette citation r\u00e9sume assez bien la place qu\u2019occupe l\u2019ASEC dans le jugement des dirigeants et des intellectuels \u00e0 leur service.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pourtant, l\u2019auteur dudit article estime que \u00ab&nbsp;le dialogue est possible si (sic) les politiciens du pays acceptent le d\u00e9bat&nbsp;\u00bb.<a> Aux Comores, poursuit-il, \u00ab&nbsp; les intellectuels qui se trouvent l\u00e0-bas se divisent en trois groupes distincts&nbsp;: les non-engag\u00e9s qui attendent en silence leur salaire rondelet chaque fin du mois&nbsp;; <\/a><a>les intellectuels mercenaires qui profitent de leurs positions politiques ou de leurs postes de directions dans la fonction publique pour piller les deniers de l\u2019Etat<\/a>&nbsp;; <a>enfin ceux qui ont r\u00e9solu de ne pas se laisser corrompre (les moins nombreux) et qui cherchent une voie juste dans une fonction publique despotique et corrompue&nbsp;\u00bb.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intellectuel est l\u00e0 \u00ab&nbsp;pour cautionner&nbsp;\u00bb et non pour critiquer, contester et d\u00e9sapprouver, conclue l\u2019auteur en pr\u00e9cisant les tracas auxquels il peut s\u2019attendre s\u2019il remplit la mission de l\u2019intellectuel critique.&nbsp; D\u00e8s qu\u2019il parle, sa bourse est menac\u00e9e, d\u00e8s qu\u2019un cadre de la fonction publique conteste, il est mut\u00e9 d\u2019\u00eele en \u00eele, de ville en village jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puisement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9aliste ou pragmatique&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur de ce papier soul\u00e8ve et s\u2019adresse \u00e0 l\u2019aile gauche de l\u2019association qui s\u2019appr\u00eatait \u00e0 ravir la direction. Pour lui \u00ab&nbsp;l\u2019intellectuel se doit de garder son esprit critique, non seulement vis-\u00e0-vis de l\u2019ennemi d\u00e9pist\u00e9, mais envers ses amis et envers lui-m\u00eame. Il ne s\u2019agit pas de faire un bon diagnostic pour ensuite n\u2019avoir aucune th\u00e9rapeutique ou appliquer une mauvaise m\u00e9dication&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00eame auteur poursuit son argumentation \u00ab&nbsp;l\u2019ASEC est \u00e0 ce stade&nbsp;: l\u2019ennemi est d\u00e9pist\u00e9, les probl\u00e8mes essentiels sont cern\u00e9s, il nous faut maintenant, tout en continuant \u00e0 approfondir les probl\u00e8mes, chercher des solutions ad\u00e9quates, r\u00e9elles et non plus verbales et par trop th\u00e9oriques\u2026 les r\u00e9alit\u00e9s du pays se r\u00e9v\u00e8lent \u00e0 la fois contraires au mode de vie estudiantin, mais r\u00e9fractaire aux solutions r\u00e9alis\u00e9es \u00ab&nbsp;in vitro&nbsp;\u00bb dans l\u2019abstraction, domaine o\u00f9 l\u2019intellectuel est le plus \u00e0 l\u2019aise&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus acerbe et tr\u00e8s critique, il rajoute \u00ab N\u2019est- il pas frappant dans les s\u00e9minaires et autres congr\u00e8s de voir avec quelle aisance et quelle volubilit\u00e9 l\u2019intellectuel traite de probl\u00e8mes politiques et th\u00e9ories sur diff\u00e9rents mod\u00e8les, mais de constater aussi le silence qui y r\u00e8gne d\u00e8s qu\u2019on parle \u00e9conomie et qu\u2019on veut avancer des chiffres&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Partisan d\u2019un dialogue constructif, l\u2019auteur de cette contribution dans \u00ab&nbsp;Trait d\u2019Union&nbsp;\u00bb conclut son analyse \u00ab nous, membres de l\u2019ASEC, ne demandons qu\u2019\u00e0 dialoguer avec ceux qui dirigent le pays (gouvernants, partis) pour d\u00e9montrer le bien \u2013 fond\u00e9 de nos positions. Encore faut-il nous consid\u00e9rer comme des gens responsables et non comme des utopistes farfelus&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette approche ne recueille pas l\u2019assentiment d\u2019un autre militant, auteur d\u2019un article paru dans la m\u00eame publication et intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Prise de conscience et r\u00f4le de l\u2019intellectuel&nbsp;\u00bb.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Lors du VII<sup>e<\/sup> congr\u00e8s r\u00e9uni \u00e0 Aix-en-Provence du 25 au 28 d\u00e9cembre 1972, le d\u00e9bat est revenu sur la table. Il \u00e9tait centr\u00e9 autour de la th\u00e9matique \u00ab&nbsp;du r\u00f4le et des responsabilit\u00e9s des intellectuels face aux enjeux politiques et socio-\u00e9conomiques de l\u2019Archipel&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette probl\u00e9matique tr\u00e8s int\u00e9ressante et pertinente avait retenu l\u2019extr\u00eame attention des congressistes. Ils \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 d\u00e9finir la notion \u00ab&nbsp;d\u2019intellectuel&nbsp;\u00bb et ce qu\u2019il repr\u00e9sentait dans la soci\u00e9t\u00e9 comorienne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9taient consid\u00e9r\u00e9s comme \u00ab&nbsp;grands pr\u00eatres de l\u2019id\u00e9ologie dominante, toutes personnes \u00e9duqu\u00e9es dans les \u00e9coles et les universit\u00e9s du pays colonisateur\u2026 ayant acquis l\u2019id\u00e9ologie dominante et appris \u00e0 m\u00e9priser les travailleurs et \u00e0 se consid\u00e9rer comme les \u00e9lites et les techniciens du progr\u00e8s&nbsp;\u00bb. La messe \u00e9tait dite.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette d\u00e9finition parait caricaturale aujourd\u2019hui. Mais elle correspondait parfaitement aux accusations formul\u00e9es contre les premiers cadres comoriens qui commen\u00e7aient \u00e0 retourner au pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ne recueillait pas l\u2019adh\u00e9sion de toute l\u2019\u00e9lite de l\u2019\u00e9poque. Les cadres retourn\u00e9s dans l\u2019archipel supportaient mal d\u2019\u00eatre trait\u00e9s comme \u00ab&nbsp;les agents et les auxiliaires de l\u2019exploitation et de la r\u00e9pression ou les supp\u00f4ts du colonialisme et de l\u2019imp\u00e9rialisme&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce d\u00e9bat id\u00e9ologique et politique qui les opposait, les \u00ab&nbsp;Historiques&nbsp;\u00bb invitaient leurs d\u00e9tracteurs \u00ab&nbsp;\u00e0 ne pas th\u00e9oriser sur la r\u00e9volution mondiale et \u00e0 oublier les Comores, tout comme certaines organisations d\u2019\u00e9tudiants qui s\u2019ing\u00e9nient \u00e0 se diviser en multiples extr\u00eames gauches et qui oublient manifestement leur but premier qui est le progr\u00e8s de leur pays&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019aile r\u00e9volutionnaire conduite par Moustoifa Said Cheikh est appel\u00e9e \u00e9galement \u00e0 \u00ab&nbsp;se m\u00e9fier du verbe et \u00e0 pr\u00e9server l\u2019image d\u2019unit\u00e9 que donne ce creuset qui est l\u2019ASEC, la chose la plus importante que nous offre cette association&nbsp;\u00bb (sic).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les fondateurs de l\u2019ASEOCF appelaient les r\u00e9volutionnaires \u00e0 ne pas \u00ab&nbsp;tout foutre par terre, mais \u00e0 b\u00e2tir avec nos faibles moyens&nbsp;\u00bb. Ils pourfendaient \u00e0 leur tour leurs procureurs et les traitaient d\u2019irresponsables en s\u2019appuyant sur des r\u00e9solutions ant\u00e9rieures recommandant les \u00e9tudiants et stagiaires ayant achev\u00e9 leurs \u00e9tudes de rentrer au pays pour le servir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Retourner pour servir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En effet, l\u2019\u00e9pineuse question du retour au pays remontait, il est vrai, \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1970. Dans un article fort int\u00e9ressant, \u00ab&nbsp;Trait d\u2019Union&nbsp;\u00bb l\u2019avait abord\u00e9e en ces termes \u00ab&nbsp;Le premier devoir de l\u2019intellectuel comorien est de retourner servir son pays, une fois ses \u00e9tudes finies. Le retour au pays est une exigence prioritaire, absolue, un principe qui ne se discute pas \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet article met en exergue la prise de conscience effective manifestement pr\u00e9sente dans l\u2019esprit de nombreux stagiaires adh\u00e9rents de l\u2019association. Pour cette frange de l\u2019\u00e9lite naissante, le pays avait besoin des cadres moyens, de techniciens sup\u00e9rieurs et de tous les bras n\u00e9cessaires pour sa construction.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autonomie interne conc\u00e9d\u00e9e aux autorit\u00e9s comoriennes en 1961 et renforc\u00e9e en 1968 rendait au pouvoir local des services administratifs qui revenaient de plein droit aux cadres du pays. Ces postes nouvellement cr\u00e9\u00e9s devaient \u00eatre occup\u00e9s et surtout dirig\u00e9s par des nationaux. Certains voyaient l\u00e0 la satisfaction de l\u2019une de leurs vieilles revendications, \u00ab&nbsp;la comorianisation de la fonction publique&nbsp;\u00bb. Ils avaient saisi cette opportunit\u00e9 pour retourner au pays et r\u00e9pondre ainsi \u00e0 l\u2019appel du pr\u00e9sident Said Mohamed Cheikh. D\u2019autres h\u00e9sitaient \u00e0 franchir le pas de peur de se trouver noy\u00e9s dans le syst\u00e8me dont ils ne cessaient de pourfendre les abus et surtout l\u2019imperfection.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux attitudes dissimulaient fort mal le d\u00e9bat qui tenaillait l\u2019ASEC \u00e0 l\u2019\u00e9poque sur l\u2019attitude \u00e0 adopter face au pouvoir. Ce dilemme mal r\u00e9solu continuera de peser tr\u00e8s lourdement dans la conscience des cadres de l\u2019\u00e9poque. Il constituera le principal reproche formul\u00e9 contre cette organisation par les gouvernements successifs, dont celui du pr\u00e9sident Ali Soilihi.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de la ligne officielle de l\u2019ASEC en 1972 sur le th\u00e8me du retour ne souffre d\u2019aucun doute. \u00c0 part les d\u00e9clarations d\u2019intention bien argument\u00e9es dans \u00ab&nbsp;Trait d\u2019Union&nbsp;\u00bb de juin 1970, aucune r\u00e9solution sur le th\u00e8me du retour au pays n\u2019a \u00e9t\u00e9 discut\u00e9e par une assise r\u00e9glementaire de l\u2019ASEC. Le discours officiel exhortait les intellectuels r\u00e9volutionnaires \u00e0 servir le peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a fallu attendre l\u2019ann\u00e9e 1979 pour qu\u2019une assise de port\u00e9e nationale r\u00e9examine cette question. Dans l\u2019intervention de la direction centrale (DC) du II<sup>e<\/sup> Conseil d\u2019administration du XI<sup>e<\/sup> congr\u00e8s r\u00e9uni \u00e0 Aix-en-Provence du 22 au 24 d\u00e9cembre 1979, le sujet a \u00e9t\u00e9 enfin abord\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mot d\u2019ordre \u00ab&nbsp;Tout pour le front principal&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9. Cette assise a marqu\u00e9 un tournant d\u00e9cisif. Les r\u00e9percussions ult\u00e9rieures le confirmeront par le retour d\u00e8s la fin de l\u2019ann\u00e9e 1978 du premier contingent des premiers dirigeants, notamment Youssouf Moussa, Mohamed Abdou Soimadou, Houssen Cheikh Soilihi, Aboubacar Said Salim, Abdou Soefou et Moustoifa Said Cheikh.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Paris, le 24\/03\/2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Technocrates ou valet du colonialisme&nbsp;? Cette interrogation a fait l\u2019objet d\u2019un vif d\u00e9bat. 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