{"id":12914,"date":"2026-03-31T10:59:49","date_gmt":"2026-03-31T07:59:49","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12914"},"modified":"2026-03-31T11:01:46","modified_gmt":"2026-03-31T08:01:46","slug":"les-60-ans-de-lasec-le-temps-du-corporatisme-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/les-60-ans-de-lasec-le-temps-du-corporatisme-1\/","title":{"rendered":"Les 60 ans de l\u2019ASEC. Le temps du corporatisme (1)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le 27 mars 1966 \u00e9tait n\u00e9e l\u2019Association des Stagiaires et Etudiants Originaires des Comores en France (ASEOCF) \u00e0 Aix-en-Provence. C\u2019est l\u2019anc\u00eatre de l\u2019Association des Stagiaires et \u00c9tudiants des Comores (ASEC) qui aurait donc aujourd\u2019hui 60 ans.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Par MOHAMED Bakari Abdallah<\/strong>, Historien de formation, D.E.A d\u2019histoire contemporaine (86-87), Universit\u00e9 de Paris-IV Sorbonne<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le 27 mars 2026, l\u2019Association des Stagiaires et Etudiants des Comores (ASEC) aurait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 son soixanti\u00e8me anniversaire. Elle a occup\u00e9 pendant une vingtaine d\u2019ann\u00e9es (1966-1986) une place centrale et singuli\u00e8re dans l\u2019histoire politique de notre pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette organisation de la diaspora \u00e9tait \u00e9tablie en France. Elle a exerc\u00e9 un r\u00f4le et une influence consid\u00e9rables sur les acteurs et les organisations qui ont milit\u00e9 pour la d\u00e9colonisation des Comores, l\u2019\u00e9mergence sur le front int\u00e9rieur du mouvement Msomo Wa Nyumeni (NYU), l\u2019\u00e9closion du p\u00f4le patriotique et r\u00e9volutionnaire et la naissance du Mouvement des Communistes Marxiste-L\u00e9niniste des Comores.<\/p>\n\n\n\n<p><a>Comment l\u2019ASEOCF, une association de type culturelle et corporatiste regroupant \u00e0 l\u2019origine la quasi-totalit\u00e9 des stagiaires et \u00e9tudiants comoriens en France, indiff\u00e9rente de tout engagement politique et id\u00e9ologique s\u2019est\u2013elle progressivement mu\u00e9e en une organisation militante, ind\u00e9pendantiste et r\u00e9volutionnaire&nbsp;?<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019historiographie officielle retient deux p\u00e9riodes pendant lesquelles deux g\u00e9n\u00e9rations de stagiaires et d\u2019\u00e9tudiants se sont confront\u00e9es politiquement et id\u00e9ologiquement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>1966-1972, le temps du corporatisme, du carri\u00e9risme et de l\u2019apolitisme\u00a0de la g\u00e9n\u00e9ration sans boussole id\u00e9ologique des fondateurs historiques de l\u2019ASEOCF\u00a0;<\/li>\n\n\n\n<li>1972-1985, du triomphe de la ligne anticolonialiste, anti-imp\u00e9rialiste, l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 la r\u00e9volution nationale d\u00e9mocratique et populaire \u00e0 la liquidation et l\u2019\u00e9chec du mouvement r\u00e9volutionnaire comorien.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Deux g\u00e9n\u00e9rations bouscul\u00e9es d\u00e8s la cr\u00e9ation de l\u2019association par la question de l\u2019ind\u00e9pendance qui la fait basculer dans la ligne politique et id\u00e9ologique anticolonialiste, anti -imp\u00e9rialiste et r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la th\u00e8se de l\u2019ASEC apolitique correspondant \u00e0 la p\u00e9riode 1966-1971, d\u00e9velopp\u00e9e et savamment entretenue par les tenants de la ligne r\u00e9volutionnaire est-elle objectivement fond\u00e9e&nbsp;? <a>&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les pionniers et universitaires Ahmed Ouledi, Naila Oumar et Ali Madi Djoumoi, les t\u00e9moignages de Mahamoud Ahmed Wadaane et d\u2019Idriss Mohamed qui ont \u00e9tudi\u00e9 et \u00e9crit sur ce syndicat r\u00e9volutionnaire ont sensiblement repris cette antienne officielle. Mais ce narratif m\u00e9rite \u00e0 mon sens d\u2019\u00eatre questionn\u00e9, revisit\u00e9 et nuanc\u00e9 \u00e0 l\u2019aune de la complexit\u00e9 de la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e et des documents disponibles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A. L\u2019ASEOCF, trait d\u2019Union et point de ralliement de l\u2019\u00e9lite comorienne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a>Dix ann\u00e9es avant la fondation de la premi\u00e8re association regroupant les stagiaires et \u00e9tudiants des Comores en France, le Territoire des Comores, un des derniers confettis de l\u2019empire colonial fran\u00e7ais finissant scolarisait \u00e0 peine 17% des jeunes \u00e2g\u00e9s de 7 \u00e0 14 ans.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le g\u00e9ographe Ren\u00e9 de Maximy estimait \u00ab&nbsp;qu\u2019entre 1957 et 1958 environ 3000 \u00e9l\u00e8ves fr\u00e9quentaient les \u00e9tablissements scolaires dans les quatre \u00eeles des Comores&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>2743 \u00e9l\u00e8ves du primaire<\/li>\n\n\n\n<li>93 dans le secondaire<\/li>\n\n\n\n<li>150 inscrits \u00e0 l\u2019\u00e9cole libre de la Mission Catholique.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><a>En 1965, 8750 \u00e9l\u00e8ves \u00e9taient enregistr\u00e9s dans les \u00e9tablissements par le m\u00eame auteur. Une progression importante due \u00e0 la volont\u00e9 politique du pr\u00e9sident Said Mohamed Cheikh de rattraper le retard accumul\u00e9 pendant plus d\u2019un si\u00e8cle de colonisation fran\u00e7aise.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Il faut rappeler qu\u2019en 1940, cent ans apr\u00e8s l\u2019installation de la France \u00e0 Mayotte, la troisi\u00e8me circonscription ou la province de Madagascar alignait un taux d\u2019alphab\u00e9tisation en fran\u00e7ais d\u2019\u00e0 peine 3% de la population.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019auteur de cette \u00e9tude bien document\u00e9e, le Territoire des Comores se heurtait \u00e0 un manque criant de cadres. Les postes interm\u00e9diaires de l\u2019administration coloniale et locale \u00e9taient essentiellement occup\u00e9s par des malgaches. Une carence que souhaitait combler le pr\u00e9sident du Conseil du gouvernement Said Mohamed Cheikh qui pr\u00e9conisait dans son plan quinquennal la formation au plus vite des cadres locaux.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce contexte que les stagiaires et les premiers bacheliers sortis des lyc\u00e9es de Madagascar et celui de Moroni nouvellement inaugur\u00e9 \u00e9taient envoy\u00e9s en France m\u00e9tropolitaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019\u00eatre le syndicat r\u00e9volutionnaire de grande r\u00e9putation nationale, l\u2019Association des Stagiaires et Etudiants Originaires des Comores en France \u00e9tait le \u00ab&nbsp;Trait d\u2019Union \u00bb, le point de ralliement de l\u2019\u00e9lite comorienne \u00e9tablie en France pendant la seconde moiti\u00e9 de la d\u00e9cennie 1960.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est difficile de dessiner le portrait de l\u2019intellectuel et du cadre comorien de cette d\u00e9cennie. Il manque en effet de donn\u00e9es statistiques pour d\u00e9terminer leurs origines sociales et g\u00e9ographiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne disposons pas non plus de rapports d\u2019ensemble sur l\u2019\u00e9tat de l\u2019enseignement dans l\u2019Archipel pendant cette p\u00e9riode. Et surtout, je n\u2019ai pas la comp\u00e9tence pour effectuer cet exercice.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il est unanimement admis que de nombreux stagiaires et \u00e9tudiants \u00e9taient incontestablement issus sociologiquement des familles de l\u2019aristocratie locale et moyennement ais\u00e9es. Des fils de bonnes familles proches du pouvoir local et originaires majoritairement des villes et des villages les plus importants de Ngazidja et de Ndzuwani.<\/p>\n\n\n\n<p>Une minorit\u00e9 de leurs camarades avaient des origines sociales tr\u00e8s modestes. On ne parlait pas encore d\u2019ascenseur social car l\u2019archipel \u00e9tait loin de la d\u00e9mocratisation de l\u2019instruction et de l\u2019enseignement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le seul point commun sur lequel on peut s\u2019accorder est que cette g\u00e9n\u00e9ration n\u2019avait aucune boussole id\u00e9ologique. Elle \u00e9prouvait une aversion aux id\u00e9ologies contraires \u00e0 la religion musulmane tr\u00e8s influente et dominante dans les mentalit\u00e9s et les traditions locales.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019isolement de l\u2019Archipel du reste de la plan\u00e8te par l\u2019absence de communication ne favorisait pas la circulation des hommes, des id\u00e9es, des id\u00e9ologies et des \u00e9changes culturels. Lesquels \u00e9changes \u00e9taient circonscrits aux pays limitrophes notamment de l\u2019Afrique de l\u2019Est, des sultanats de Zanzibar, d\u2019Oman et de la grande \u00eele de Madagascar.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 50, les \u00eeles Comores \u00e9taient un v\u00e9ritable rempart \u00ab&nbsp;Ngome&nbsp;\u00bb. Repli\u00e9es sur elles- m\u00eames et prot\u00e9g\u00e9es par les grandes murailles b\u00e2ties par les sultans, elles vivaient constamment dans la peur de l\u2019invasion religieuse, culturelle et id\u00e9ologique occidentale.<\/p>\n\n\n\n<p>Combien d\u2019\u00e9tudiants et de stagiaires avaient fait alors le d\u00e9placement d\u2019Aix-en-Provence, la ville de l\u2019impressionniste C\u00e9zanne o\u00f9 s\u2019est tenu le premier congr\u00e8s fondateur&nbsp;? Nul ne le sait exactement. Mais tout le monde pr\u00e9tendait avoir particip\u00e9 et exhibait le titre de fondateur de cette association.<\/p>\n\n\n\n<p>Combien \u00e9taient-ils et avaient adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019ASEOCF lors de ce congr\u00e8s&nbsp;? Ahmed Ouledi avance le chiffre de \u00ab quelques dizaines de stagiaires et d\u2019\u00e9tudiants, venus de toutes les acad\u00e9mies fran\u00e7aises&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un auteur anonyme d\u2019un article publi\u00e9 dans \u00ab&nbsp;Trait d\u2019Union&nbsp;\u00bb intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;l\u2019enseignement aux Comores&nbsp;\u00bb \u00e9voque \u00e9galement que le nombre de ressortissants comoriens n\u2019atteint pas la soixantaine, parmi lesquels des rares \u00e9tudiants et stagiaires en France dans le sup\u00e9rieur, bacheliers et non bacheliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ma part, j\u2019ai recens\u00e9 et \u00e9tabli une liste d\u2019une soixantaine de stagiaires et d\u2019\u00e9tudiants qui avaient acquitt\u00e9 leurs cotisations sur une p\u00e9riode qui s\u2019\u00e9tale de 1967 \u00e0 1971&nbsp;: Said Ali Kemal, Abdilahi Mohamed, Mtara Maecha, Chakira Mohamed, Sidi Oirithi, Fidaly, Farid Hassane, Sultan Chuzur, Mohamed Chaher, Said Ali Said Ahmed Charif, &nbsp;Nassuf Ahmed Abdallah, Bruno Humblot, Annik Novo, Mouhtar Ahmed, Nouredine, Bourhane, Youssouf, Ali Saleh, G\u00e9ant, Abdoulwahab Mohamed, Elamine, Said Ali Abdou Petit, Hamid, Nafion Zarcache, Abdallah Mohamed, Abdallah Daoud, Ali Yachourtu Bourhane, Moustoifa Said Cheikh, Mohamed Ali Soilihi, Aboubacar Said Salim, Said Abdallah, Ahmed Abdou Zaidou, Ali Toufael, Mohamed Loutoufi, Amad Eddine, Youssouf Moussa, Bacar Ahmed, Bourhane Alaoui, Said Hassane Mohamed Djaffar, Mlanao, Kader, Toilibou, Charles Novou,Laithi, Zile, Guy Albert, Mohamed Mfoihaya, Ali Haribou,Salim Idarouss, Said El Anis Djohar, Kalfane Amina, Balou Yacine, Mbaraka Abdallah, Turki,Ben Moussa Mouslim, Mack-Lucky Patrick<\/p>\n\n\n\n<p>La liste non exhaustive s\u2019appuie sur les mandats, les t\u00e9l\u00e9grammes et les courriers retrouv\u00e9s dans les archives de cette organisation. Elle m\u00e9rite d\u2019\u00eatre compl\u00e9t\u00e9e.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a>Fra\u00eechement arriv\u00e9s des \u00ab&nbsp;\u00celes de la lune \u00bb o\u00f9 l\u2019on m\u00e9connaissait les partis politiques et toute forme de syndicalisme, loin de leur pays et de leurs familles, ces \u00e9tudiants et stagiaires ressentaient la n\u00e9cessit\u00e9 de se retrouver pour partager le mal du pays.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Leur dispersion dans les villes acad\u00e9miques de France notamment \u00e0 Aix-en-Provence, Bordeaux, Paris, Montpellier, Grenoble, Lyon, Toulouse, Strasbourg et Saint-Etienne les poussait \u00e0 se retrouver r\u00e9guli\u00e8rement pour partager des moments de d\u00e9tente, de convivialit\u00e9 autour d\u2019activit\u00e9s culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p><a>Des c\u00e9r\u00e9monies et des manifestations soutenues et financ\u00e9es parfois par l\u2019Office de Coop\u00e9ration et d\u2019Accueil Universitaire (OCAU) et la rue Oudinot, si\u00e8ge du Minist\u00e8re des d\u00e9partements et territoires d\u2019outre-mer.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019en l\u2019an Mil neuf cent soixante- six et le vingt- sept mars a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Aix-en-Provence en vertu de la loi du 1<sup>er<\/sup> juillet 1901 une association dite \u00ab&nbsp;Association des Stagiaires et Etudiants Originaires des Comores en France \u00ab&nbsp;devenue en 1967 \u00ab&nbsp;Association des Stagiaires et Etudiants des Comores&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019esprit de ses fondateurs historiques, l\u2019association s\u2019\u00e9tait assign\u00e9e pour buts&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Unir tous les originaires des Comores afin de d\u00e9velopper les liens de solidarit\u00e9 sous toutes leurs formes\u00a0;<\/li>\n\n\n\n<li>\u0152uvrer pour l\u2019Unit\u00e9 des Comores ;<\/li>\n\n\n\n<li>D\u00e9fendre tous leurs int\u00e9r\u00eats ;<\/li>\n\n\n\n<li>Se prononcer sur le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, social et politique des Comores ;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le premier bureau issu de ce congr\u00e8s fondateur \u00e9tait pr\u00e9sid\u00e9 par Said Ali Kemal, petit-fils du sultan Said Ali et fils du prince Said Ibrahim, d\u00e9put\u00e9 au Palais Bourbon, d\u2019Abdillahi Mohamed comme vice-pr\u00e9sident et Mtara Maecha secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019origine, l\u2019ASEOCF \u00e9tait un mouvement \u00e0 but syndical. Elle s\u2019abstenait de toute prise de position politique. <a>La d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels et moraux \u00e9tait au centre des pr\u00e9occupations de ses fondateurs.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Un sujet fondamental en raison des conditions d\u2019accueil, d\u2019\u00e9tudes et de travail pr\u00e9caires qui leur \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9es. En plus du d\u00e9paysement, des difficult\u00e9s d\u2019adaptation socio-culturelle et de la rudesse du climat auxquelles ils faisaient face, les probl\u00e8mes de logement et d\u2019h\u00e9bergement en g\u00e9n\u00e9ral \u00e9taient au c\u0153ur de leurs principales revendications.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ASEC limitait son champ d\u2019action et d\u2019intervention \u00e0 la seule revendication de ses int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats. La r\u00e9ussite universitaire et sociale \u00e9tait la pr\u00e9occupation majeure de la g\u00e9n\u00e9ration des fondateurs historiques. Leur devise \u00e9tait caricaturalement r\u00e9sum\u00e9e par la formule \u00ab&nbsp;carri\u00e8re et bonne situation d\u2019abord, politique ensuite&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette conception \u00ab&nbsp;corporatiste&nbsp;\u00bb \u00e9tait vigoureusement d\u00e9nonc\u00e9e par la g\u00e9n\u00e9ration des \u00ab&nbsp;r\u00e9volutionnaires&nbsp;\u00bb arriv\u00e9e en m\u00e9tropole apr\u00e8s 1968. Elle \u00e9tait jug\u00e9e \u00ab carri\u00e9riste \u00bb et vilipend\u00e9e au VII<sup>e<\/sup> congr\u00e8s par l\u2019\u00e9quipe des r\u00e9volutionnaires qui s\u2019est empar\u00e9e de la direction lors du congr\u00e8s d\u2019Aix-en-Province qui a eu lieu entre le 25 et le 28 d\u00e9cembre 1972 avec l\u2019\u00e9lection de Moustoifa Said Cheikh en tant que pr\u00e9sident.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais est-il exact d\u2019affirmer que la majorit\u00e9 de la g\u00e9n\u00e9ration des fondateurs de l\u2019ASEOCF \u00ab&nbsp;collaborait&nbsp;\u00bb avec les autorit\u00e9s issues des nouvelles institutions de l\u2019autonomie interne ?<\/p>\n\n\n\n<p>Des responsables de l\u2019ASEOCF dont les noms n\u2019apparaissent nulle part dans l\u2019abondante documentation \u00e9taient suspect\u00e9s d\u2019entretenir des rapports \u00e9troits avec le minist\u00e8re des colonies et d\u2019\u00eatre au service des int\u00e9r\u00eats du colonialisme fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait de notori\u00e9t\u00e9 publique que certains de ces dirigeants ne d\u00e9clinaient pas les invitations du pr\u00e9sident Said Mohamed Cheikh lors de ses d\u00e9placements en m\u00e9tropole.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils donnaient du grain \u00e0 moudre \u00e0 leurs d\u00e9tracteurs qui juraient leur grand dieu que le pr\u00e9sident s\u2019offrait \u00ab&nbsp;le luxe de rassembler des dizaines d\u2019\u00e9tudiants et de stagiaires dans des restaurants parisiens pour leur vanter sa politique et ses r\u00e9alisations&nbsp;\u00bb. Esprit d\u2019ouverture ou tentative de r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019une \u00e9lite d\u00e9j\u00e0 attir\u00e9e par les chants de sir\u00e8ne du pr\u00e9sident Said Mohamed Cheikh&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ces accusations \u00e9taient r\u00e9cus\u00e9es par les tenants de la ligne corporatiste incarn\u00e9e par les fondateurs de l\u2019ASEOCF. Cette hypoth\u00e8se est difficile \u00e0 \u00e9tayer factuellement. Aucun indice n\u2019autorise \u00e0 corroborer cette all\u00e9gation. La documentation de cette organisation dispose de tr\u00e8s peu de traces sur cette p\u00e9riode.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bureau \u00e9lu au VI<sup>e<\/sup> congr\u00e8s tenu \u00e0 Paris en 1971, avec Houssen Cheikh Soilihi comme pr\u00e9sident, accusait dans un rapport du secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral que \u00ab&nbsp;les archives de l\u2019association \u00e9taient express\u00e9ment br\u00fbl\u00e9es par leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs&nbsp;\u00bb. Une assertion peu convaincante.<\/p>\n\n\n\n<p>Car la dispersion des membres du bureau dans les diff\u00e9rentes villes acad\u00e9miques universitaires de l\u2019Hexagone ne facilitait pas la r\u00e9union des archives et rendait par cons\u00e9quent leur conservation tr\u00e8s difficile.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut penser aussi que la direction r\u00e9volutionnaire triomphante au VII<sup>e<\/sup> congr\u00e8s s\u2019est laiss\u00e9 tenter de faire table rase du pass\u00e9 corporatiste en faisant disparaitre les stigmates du pass\u00e9 jug\u00e9 r\u00e9volu.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rares documents d\u2019archives retrouv\u00e9s ayant trait \u00e0 cette p\u00e9riode traite des questions d\u2019ordres comptables et financi\u00e8res. Il s\u2019agit de mandats des cotisations des membres, de quelques relev\u00e9s d\u2019op\u00e9rations bancaires effectu\u00e9es \u00e0 la Banque Nationale de Paris (BNP) et les d\u00e9penses d\u00e9taill\u00e9es r\u00e9alis\u00e9es par les tr\u00e9soriers des sections et du bureau.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces pi\u00e8ces sont d\u2019une importance mineure sur le plan politique. Elles ne nous \u00e9clairent pas sur les&nbsp;pr\u00e9tendues relations \u00e9troites entre les dirigeants de l\u2019ASEC de 1966 \u00e0 1971, le minist\u00e8re des Territoires d\u2019Outre-Mer et le gouvernement de Said Mohamed Cheikh.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, un document irr\u00e9futable prouve qu\u2019une subvention annuelle de 3000 FF \u00e9tait allou\u00e9e par le minist\u00e8re de l\u2019Outre-mer \u00e0 l\u2019association. A titre d\u2019exemple, c\u2019est par d\u00e9cision n\u00b0 177\/CAM du 22 mai 1969 que le compte n\u00b0 032.30 de l\u2019ASEC ouvert \u00e0 la Banque Nationale de Paris (BNP)- Agence Alesia, sis au 90 avenue du G\u00e9n\u00e9ral Leclerc a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dit\u00e9 d\u2019un montant \u00e9quivalent \u00e0 celui mentionn\u00e9 ci-haut.<\/p>\n\n\n\n<p>Il arrivait parfois que le fonds social de l\u2019OCAU finance \u00e9galement une partie des frais de d\u00e9placements d\u2019\u00e9tudiants qui en faisaient la demande pour participer \u00e0 des assises ou \u00e0 des manifestations.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La somme de 3000 FF en question parait d\u00e9risoire aujourd\u2019hui. Mais au vu de la situation financi\u00e8re et des besoins de l\u2019\u00e9poque, cette subvention minist\u00e9rielle satisfaisait pleinement les petites d\u00e9penses courantes de l\u2019association.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019ouverture du congr\u00e8s du 8 novembre 1969 \u00e0 Paris, Nassuf Ahmed Abdallah, tr\u00e9sorier adjoint indiquait dans son rapport financier manuscrit que les recettes de l\u2019ann\u00e9e 1968 s\u2019\u00e9levaient \u00e0 7520, 63 FF et les d\u00e9penses \u00e0 909,70 F, soit un b\u00e9n\u00e9fice net de 6610,93 francs.<\/p>\n\n\n\n<p>Il apparait sur la partie recettes des sommes modiques d\u2019environ 100 francs vir\u00e9es sur le compte de l\u2019association provenant de membres bienfaiteurs notamment le p\u00e8re d\u2019Yves Lebret et Melle Thomas, et de soci\u00e9t\u00e9s ou des \u00e9tablissements Kalfane, Breuil, Bambao et Castan.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article 3 alin\u00e9a 3 des statuts originels de l\u2019ASEOCF pr\u00e9cisait&nbsp;: \u00ab&nbsp;peut \u00eatre membre bienfaiteurs de l\u2019ASEOCF toute personne physique ou morale qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la promotion sociale des Comores ou qui poursuit des buts analogues \u00e0 ceux exprim\u00e9s dans les pr\u00e9sents statuts&nbsp;\u00bb.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La question qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulev\u00e9e est de savoir si l\u2019ASEOCF pouvait raisonnablement \u00e9chapper au contr\u00f4le politique de la rue Oudinot.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1966, les fondateurs de cette organisation n\u2019avaient pas la maturit\u00e9 politique pour oser faire face aux desiderata du minist\u00e8re des Territoires d\u2019Outre-Mer (TOM) et de \u00ab&nbsp;Dar Saanda&nbsp;\u00bb, si\u00e8ge du gouvernement local \u00e0 Moroni.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux autorit\u00e9s savaient user et abuser de la m\u00e9thode de la carotte et du b\u00e2ton. En subventionnant l\u2019association et une partie de ses activit\u00e9s, l\u2019OCAU et le pouvoir de Moroni s\u2019arrogeaient discr\u00e8tement un droit de regard sur les actions d\u00e9velopp\u00e9es par l\u2019ASEC. Ils encourageaient les activit\u00e9s \u00e0 caract\u00e8re culturelles dans lesquelles on venait danser le sambe, chigoma, Biyaya et go\u00fbter les mets du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces festivit\u00e9s attiraient parfois l\u2019attention, la curiosit\u00e9 et la pr\u00e9sence du repr\u00e9sentant du minist\u00e8re des d\u00e9partements et territoire d\u2019outre-mer. Si l\u2019on en croit les r\u00e9volutionnaires, le r\u00f4le des fonctionnaires de l\u2019OCAU d\u00e9passait le cadre de la seule gestion des trousseaux, des bourses et des logements.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces gestionnaires remplissaient \u00e0 certains \u00e9gards la fonction de \u00ab&nbsp;directeurs de conscience&nbsp;\u00bb. Ils d\u00e9conseillaient les stagiaires et les \u00e9tudiants de s\u2019impliquer et s\u2019engager en politique. Une dissuasion pour ne pas dire une interdiction que ne cessaient de leur rappeler les autorit\u00e9s comoriennes qui suivaient de pr\u00e8s ce qui se d\u00e9roulait dans l\u2019association.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les gouvernements du tr\u00e8s paternaliste pr\u00e9sident Said Mohamed Cheikh et du prince pr\u00e9sident Said Ibrahim n\u2019avaient pas besoin des rapports \u00e9tablis par les limiers de la direction de la surveillance du territoire (DST) pour surveiller l\u2019association et ses adh\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sence des fils des grandes familles tr\u00e8s proches politiquement et sentimentalement du pouvoir facilitait la circulation des informations. Elle permettait au gouvernement local d\u2019avoir un \u0153il vigilant sur l\u2019ensemble des activit\u00e9s de l\u2019association.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, l\u2019apolitisme dont il a \u00e9t\u00e9 question pendant la p\u00e9riode 1966-1971 convient d\u2019\u00eatre nuanc\u00e9. Le proc\u00e8s intent\u00e9 aux \u00e9quipes qui ont dirig\u00e9 l\u2019ASEC depuis sa fondation jusqu\u2019\u00e0 1971 rel\u00e8ve d\u2019une querelle de chapelle et de lutte de ligne id\u00e9ologique.<\/p>\n\n\n\n<p><a>La th\u00e8se de l\u2019ASEC apolitique est infond\u00e9e historiquement. M\u00eame si les tenants des deux lignes qui se sont affront\u00e9es au VII<sup>e<\/sup> congr\u00e8s semblaient curieusement \u00eatre d\u2019accord et affirmaient que l\u2019association n\u2019\u00e9tait pas engag\u00e9e politiquement.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a>Leurs divergences s\u2019articulaient autour de l\u2019interpr\u00e9tation du concept \u00ab&nbsp;politique&nbsp;\u00bb. Pour se d\u00e9fendre contre les partisans de \u00ab&nbsp;l\u2019id\u00e9ologisation et la r\u00e9volutionnarisation de l\u2019association \u00bb les fondateurs historiques recouraient aux sacro-saints statuts et \u00e9voquaient l\u2019apolitisme pour contrecarrer les vis\u00e9es des r\u00e9volutionnaires.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e9tonnant de constater que leurs adversaires qui ont r\u00e9\u00e9crit l\u2019histoire officielle apr\u00e8s 1972 se r\u00e9f\u00e9raient paradoxalement aux recommandations, r\u00e9solutions et mots d\u2019ordres politiques vot\u00e9s aux diff\u00e9rents congr\u00e8s qui se sont tenus de 1967 \u00e0 1971. P\u00e9riode durant laquelle les fondateurs historiques dominaient et dirigeaient encore l\u2019association.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u2019est-ce pas le deuxi\u00e8me congr\u00e8s r\u00e9uni en 1967 \u00e0 Marseille, soit une ann\u00e9e apr\u00e8s la cr\u00e9ation de l\u2019association qui recommanda l\u2019ASEOCF de s\u2019int\u00e9resser et de suivre de pr\u00e8s la situation politique, \u00e9conomique et sociale du pays&nbsp;? C\u2019est ce congr\u00e8s qui a modifi\u00e9 les statuts et le nom de l\u2019organisation. D\u2019ASEOCF, l\u2019association est devenue ASEC.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le rapport du secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral lu au VIIe congr\u00e8s par Aboubacar Said Salim, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du bureau sortant, l\u2019acquis du congr\u00e8s de Marseille \u00ab&nbsp;a \u00e9t\u00e9 la prise de conscience de la nature mystificatrice de l\u2019autonomie interne&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00eame secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral rajouta dans son discours que \u00ab&nbsp;d\u00e8s 1967 l\u2019ASEC a pris conscience de l\u2019erreur qu\u2019\u00e9tait son apolitisme et a commenc\u00e9 \u00e0 ressentir le besoin de s\u2019engager politiquement \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s dans l\u2019Archipel plus pr\u00e9cis\u00e9ment la grande gr\u00e8ve lyc\u00e9enne de mars 1968 a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 les choses. La naissance des premiers partis politiques sur le sol national notamment le Parti socialiste des Comores (Pasoco) a \u00e9norm\u00e9ment contribu\u00e9 \u00e0 cette prise de conscience patriotique et ind\u00e9pendantiste.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019au III<sup>e<\/sup> congr\u00e8s tenu \u00e0 Bordeaux en 1968 fut adopt\u00e9 le mot d\u2019ordre tr\u00e8s politique et d\u2019une port\u00e9e capitale \u00ab&nbsp;ind\u00e9pendance imm\u00e9diate avec \u00e9lections libres et d\u00e9mocratiques&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on le constate le corporatisme a essuy\u00e9 deux ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation de l\u2019ASEOCF son premier \u00e9chec lors de ce congr\u00e8s. Le curseur des divergences et des disputes tumultueuses qui opposaient les deux camps en pr\u00e9sence est positionn\u00e9 au c\u0153ur de la question de l\u2019ind\u00e9pendance et de la lutte contre le colonialisme et l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais. Or, les r\u00e9volutionnaires et l\u2019historiographie officielle continuent de minimiser jusqu\u2019\u00e0 ce jour la port\u00e9e historique de ce congr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Au IV<sup>e <\/sup>congr\u00e8s, l\u2019ASEC s\u2019est vu assigner le \u00ab r\u00f4le d\u2019avant-garde et \u00e0 s\u2019engager \u00e0 faire de la politique pour soutenir et d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de la masse paysanne et les autres couches sociales les plus exploit\u00e9es&nbsp;\u00bb.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intelligentsia comorienne est appel\u00e9e \u00e0 se d\u00e9gager des s\u00e9quelles n\u00e9ocoloniales et \u00e9tablir la fusion de sa pens\u00e9e la plus avanc\u00e9e avec le mouvement paysan contre ses ennemis int\u00e9rieurs et ext\u00e9rieurs.&nbsp; Il doit amener les comoriens \u00e0 une prise de conscience concr\u00e8te de l\u2019oppression, faire comprendre la n\u00e9cessit\u00e9 de la solidarit\u00e9 et de l\u2019unit\u00e9 du peuple pour d\u00e9fendre d\u2019abord une cause commune et fondamentale \u00ab&nbsp;l\u2019ind\u00e9pendance politique des Comores&nbsp;\u00bb.&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette position est r\u00e9v\u00e9latrice de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit d\u2019une grande partie de la jeunesse \u00e9tudiante arriv\u00e9e apr\u00e8s la gr\u00e8ve de mars 1968. D\u00e8s lors, le rapport de force s\u2019est invers\u00e9 favorablement \u00e0 l\u2019aile radicale incarn\u00e9e par Moustoifa Said Cheikh.<\/p>\n\n\n\n<p>Le VI<sup>e<\/sup> congr\u00e8s r\u00e9uni \u00e0 Paris a \u00e9lu Houssen Cheikh, Mohamed Ali Soilihi (Mamadou), Aboubacar Said Salim, Said El Anis Djohar, Amina Kalfane au premier bureau qui a rompu avec l\u2019\u00e8re des fondateurs historiques de l\u2019ASEOCF.<\/p>\n\n\n\n<p>La rupture d\u00e9finitive avec les objectifs originels du corporatisme incarn\u00e9e par les fondateurs historiques de l\u2019ASEOCF s\u2019est op\u00e9r\u00e9e le 28 d\u00e9cembre 1972 \u00e0 Aix-en-Provence.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur les 56 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s pr\u00e9sents \u00e0 cette assise retenue comme la plus importante de l\u2019histoire officielle de l\u2019ASEC, 53 avaient pris part au vote. Moustoifa Said Cheikh, qui s\u2019est port\u00e9 candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence du bureau rentrant (1972-1973), a recueilli 51 voix pendant qu\u2019Abdallah Daoud fut unanimement \u00e9lu au poste de vice-pr\u00e9sident aux affaires sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9quipe au complet est constitu\u00e9e de Kamaroudine Abdallah, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, Said Nafion Zarcache, vice-pr\u00e9sident aux affaires ext\u00e9rieures et Mbaraka Abdallah comme tr\u00e9sorier.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire retient que l\u2019ASEOCF de la g\u00e9n\u00e9ration sans boussole id\u00e9ologique est n\u00e9e et enterr\u00e9e \u00e0 Aix-en-provence par un des animateurs du mouvement lyc\u00e9en de mars 1968 devenu plus tard le leader charismatique du mouvement patriotique et r\u00e9volutionnaire comorien, Moustoifa Said Cheikh. Une belle revanche.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(\u00e0 suivre)<\/p>\n\n\n\n<p>Paris, le 24\/03\/2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 27 mars 1966 \u00e9tait n\u00e9e l\u2019Association des Stagiaires et Etudiants Originaires des Comores en France (ASEOCF) \u00e0 Aix-en-Provence. C\u2019est l\u2019anc\u00eatre de l\u2019Association des Stagiaires et \u00c9tudiants des Comores (ASEC) qui aurait donc aujourd\u2019hui 60 ans. Par MOHAMED Bakari Abdallah, Historien de formation, D.E.A d\u2019histoire contemporaine (86-87), Universit\u00e9 de Paris-IV Sorbonne Le 27 mars 2026, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":12915,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56],"tags":[92,580],"class_list":["post-12914","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","tag-a-la-une","tag-edition-577"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12914","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=12914"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12914\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12916,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12914\/revisions\/12916"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/12915"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=12914"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=12914"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=12914"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}