{"id":12815,"date":"2026-02-23T10:25:40","date_gmt":"2026-02-23T07:25:40","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12815"},"modified":"2026-02-23T23:41:09","modified_gmt":"2026-02-23T20:41:09","slug":"eveil-de-la-conscience","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/eveil-de-la-conscience\/","title":{"rendered":"\u00c9veil de la conscience"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Le danseur et chor\u00e9graphe Salim Mze Hamadi Moissi alias Seush a tenu une conf\u00e9rence dans le local de Faliki ya Masiwa \u00e0 Sarcelles le 1er f\u00e9vrier 2026. L\u2019auteur est venu pr\u00e9senter son nouveau livre intitul\u00e9 \u00ab L\u2019\u00e9veil d\u2019un Comorien \u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Mohamed Issihaka, M\u00e9diateur culturel, Fondateur d\u2019Udzima Culture et directeur du journal Almashawiri de Diboini.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Artiste et intellectuel aux multiples facettes, il a invit\u00e9 le public \u00e0 une r\u00e9flexion profonde sur la notion d\u2019\u00e9veil de la conscience. Dans son intervention, il a d\u2019abord invit\u00e9 chacun \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur ce que signifie r\u00e9ellement \u00ab s\u2019\u00e9veiller \u00bb. Selon lui, s\u2019\u00e9veiller, c\u2019est \u00eatre capable de se mesurer soi-m\u00eame, d\u2019\u00eatre conscient de ce que l\u2019on dit et de ce que l\u2019on fait. Il a expliqu\u00e9 que, pour croire en quelque chose, plusieurs \u00e9l\u00e9ments peuvent entrer en jeu, notamment la peur et l\u2019\u00e9motion. Mais, pour lui, ob\u00e9ir suppose de croire, et croire suppose de comprendre. Autrement dit, sans compr\u00e9hension, il ne peut pas y avoir de v\u00e9ritable engagement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur a \u00e9galement soulign\u00e9 que nous ne disposons pas encore d\u2019une richesse culturelle pleinement exploit\u00e9e et que l\u2019essentiel est de se poser des questions pour mieux se conna\u00eetre. Il a rappel\u00e9 que cette d\u00e9marche de questionnement ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui dans son propre parcours : depuis son enfance, il se posait d\u00e9j\u00e0 de nombreuses questions et cherchait \u00e0 comprendre le pourquoi et le comment des choses, au-del\u00e0 de ce qu\u2019on lui apprenait et de l\u2019\u00e9ducation re\u00e7ue. Alors que beaucoup de personnes ayant ce go\u00fbt pour la r\u00e9flexion s\u2019orientent g\u00e9n\u00e9ralement vers la s\u00e9rie litt\u00e9raire, lui a pourtant choisi la s\u00e9rie scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a ainsi \u00e9voqu\u00e9 son parcours professionnel, notamment les ann\u00e9es durant lesquelles il a travaill\u00e9 aux Comores au service de la MaMwe (l\u2019ancienne soci\u00e9t\u00e9 publique d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9), \u00e0 la Grande Comore. Il a ensuite insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de se remettre en question en permanence afin de mieux comprendre notre soci\u00e9t\u00e9 et nos comportements, illustrant ses propos par un exemple tir\u00e9 de l\u2019Inde.<\/p>\n\n\n\n<p>Abordant la culture comorienne, notamment le \u00ab&nbsp;anda&nbsp;\u00bb (le grand-mariage), il a estim\u00e9 qu\u2019elle est souvent marqu\u00e9e par une forme d\u2019\u00e9gocentrisme, davantage tourn\u00e9e vers le fait de se montrer que vers une v\u00e9ritable logique de d\u00e9veloppement collectif. Cette premi\u00e8re partie de son intervention \u00e9tait centr\u00e9e sur l\u2019\u00e9veil par la peur et la prise de conscience.<\/p>\n\n\n\n<p>Le conf\u00e9rencier a ensuite abord\u00e9 la question de l\u2019\u00e9ducation comorienne, qu\u2019il juge largement fond\u00e9e sur la soumission. Selon lui, cette \u00e9ducation n\u2019encourage pas \u00e0 poser des questions, car la peur de s\u2019exprimer reste tr\u00e8s pr\u00e9sente. Il a pris son propre parcours comme exemple, \u00e9voquant son s\u00e9jour au S\u00e9n\u00e9gal, o\u00f9 il a rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s d\u2019adaptation. Il expliquait se sentir parfois en d\u00e9calage, voire per\u00e7u comme agressif, tant la mani\u00e8re dont il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 aux Comores diff\u00e9rait de celle des S\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n\n\n\n<p>Issu du monde artistique, notamment du rap, il a \u00e9galement \u00e9voqu\u00e9 la place de l\u2019art et des artistes dans la soci\u00e9t\u00e9 comorienne. Selon lui, contrairement \u00e0 ce qui se passe dans d\u2019autres pays, les artistes, qu\u2019il s\u2019agisse de chanteurs ou de danseurs, peuvent, chez nous, \u00eatre influenc\u00e9s ou manipul\u00e9s par le pouvoir politique, soit dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des gouvernants, soit dans celui de certains artistes, et jamais dans celui de la population.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs questions ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es par le public, notamment celle-ci : pourquoi la diaspora comorienne n\u2019arrive-t-elle pas \u00e0 se d\u00e9velopper autrement qu\u2019\u00e0 travers des actions classiques, comme la construction de b\u00e2timents, de routes ou l\u2019\u00e9lectrification ?<\/p>\n\n\n\n<p>Selon l\u2019\u00e9crivain, une partie de la r\u00e9ponse se trouve du c\u00f4t\u00e9 des autorit\u00e9s : dans d\u2019autres pays, il existe un minist\u00e8re de la diaspora charg\u00e9 de valoriser et d\u2019accompagner cette derni\u00e8re, ce qui n\u2019est pas le cas chez nous. Mais il a aussi point\u00e9 un probl\u00e8me plus profond : notre conscience collective n\u2019est pas suffisamment \u00e9veill\u00e9e. Entre nous, a-t-il expliqu\u00e9, la confiance fait d\u00e9faut ; nous ne nous confions pas assez et nous ne nous entraidons pas suffisamment. Il a r\u00e9sum\u00e9 cette r\u00e9alit\u00e9 par une phrase forte : \u00ab Je pr\u00e9f\u00e8re parfois donner mon argent ailleurs que de le donner \u00e0 un compatriote comme moi. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers l\u2019ensemble de son intervention, il a appel\u00e9 la population \u00e0 se poser des questions et \u00e0 oser dire ce qu\u2019elle pense, condition essentielle, selon lui, pour faire \u00e9voluer les mentalit\u00e9s et la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Salim Mze Hamadi Moissi alias Seush avait d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 un magnifique premier livre tout en couleur intitul\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les danses traditionnelles des Comores (Ngazidja)&nbsp;\u00bb aux \u00e9ditions C\u0153lacanthe.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 lire \u00e9galement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00ab&nbsp;SEUSH, les danses traditionnelles&nbsp;\u00bb (Masiwa n\u00b0 334 du 28 juin 2021).<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab&nbsp;\u00ab&nbsp;Massiwa&nbsp;\u00bb de Seush sur la chaine \u00e9ph\u00e9m\u00e8re d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la culture en France&nbsp;\u00bb (version internet 2 f\u00e9vrier 2021).<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab&nbsp;Tche-Za School&nbsp;: un nouveau d\u00e9fi pour le danseur Seush&nbsp;\u00bb (Masiwa n\u00b0312 du 25 janvier 2021).<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le danseur et chor\u00e9graphe Salim Mze Hamadi Moissi alias Seush a tenu une conf\u00e9rence dans le local de Faliki ya Masiwa \u00e0 Sarcelles le 1er f\u00e9vrier 2026. L\u2019auteur est venu pr\u00e9senter son nouveau livre intitul\u00e9 \u00ab L\u2019\u00e9veil d\u2019un Comorien \u00bb. Par Mohamed Issihaka, M\u00e9diateur culturel, Fondateur d\u2019Udzima Culture et directeur du journal Almashawiri de Diboini. 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